‹ Les célebrités françaisesChapitre 61 sur 208 · A H TOT · texte numérisé non relu

A H TOT

Liait aspirer et dévorer la scienœ. Tantôt, dans le jour, il se plaçait sous un porche d'église, et, à l'ombre des piliers, poursuivait ses leelurcs et son travail : tantôt, la nuit, faute de chandelle, il lisait à la clarté des rayons de la lune. El il étudia si bien, que, à 1 âge de dixneuf ans, il fut reçu maître ès arts. Une circonstance imprévue le mit un peu mieux dans ses affaires : il avait clé chargé par une noble dame de conduire ses fils au collège ; en outre, sa pauvre mère, Marguerite des Amours, lui envoyait régulièrement un pain chaque semaine, par le coche de Melun.

Ce fut ainsi qu'Amyol apprit le gree sous Jean Évagre et Jacques Tusan, l'éloquence sous Pierre Danès et les mathématiques sous Oronce Fi née.

Une cause voilée de mystère, j>eut-élre une inculpation de complicité avec les réformateurs, obligea Àmyot à quitter brusquement Paris. C'est à Bourges que nous le retrouvons; il y embrassa la profession religieuse dans l'abbaye de Saint- Ambroise. Peut-être, au sein de cette retraite paisible, se fût enfoui à jamais le génie du traducteur de Plutarque, si l'abbé Jacques Collin, qui devint lecteur de François l,r, n'avait mieux auguré de ce jeune homme de vingt-trois ans, qu'il lit connaître à messire Sacy Bouchctel, secrétaire d'État. Celui-ci lui confia l'éducation de ses enfants et le recommanda à Marguerite, la sœur du roi. Grâce à cette digne princesse, Amyot obtint une chaire de professeur à l'Université de Bourges. Il l'occupa dix ans, et mil ce temps à profil pour travailler à ses traductions. François 1er, ayant lu quelques-unes des pages d'Amyot, conçut pour lui une si haute estime, qu'il s'empressa de lui conférer le bénéfice de l'abbaye de Bellosane.

La faveur du cardinal de Tournon le fit nommer précepteur des ducs d'Orléans et d'Anjou'. C'était au retour d'un voyage qu'Amyol avait fait en Italie avec M. de Morvilliers, envoyé de France à Venise. — Lorsque Charles IX fut monté sur le trône, il ne cessa de témoigner la plus vive amitié à celui qu'il continua d'appeler « son maître. » Il le nomma grand aumônier et curateur de l'Université de

« Itepubi Charte IX d Henri III.

Page 1