‹ Les célebrités françaisesChapitre 81 sur 208 · MALHERBE · texte numérisé non relu

MALHERBE

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» Enfin Malherbe tint... » — <>t hémistiche île Uoilcati su présente tout d'abord à la pensée lorsqu'on éeril on prononce le nom du célèbre poète de (!aen. — Malherbe était de bonne famille, el il porta dans la république des lettres, dans le gouvernement des l imes, la roideur du gentilhomme. Il lui plus que le maître du Parnasse français; il en fut le tyran. Jamais n'exista plus grand éplucheurde mots. Le sentiment de sa mission lui donna aussi un orgueil intraitable ; tout Malherbe est dans certaines anecdotes qui prouvent à quel point insensé il poussait l'amour-proprc. Au resle, c'est ce qui caractérise les novateurs: on ne peut rien fonder qu'à la condition de détruire, el pour détruire, comme le lit Malherbe, il faut avoir I àme sans pitié et la main rude.

Ainsi qu'il advint à tant d'hommes illustres du seizième siècle el de la première partie du dix-septième, François de Malherbe prit d'abord le parti des armes; il se distingua dans les rangs des catholiques. Il était alors en Provence, où le fixa une alliance honorable avec une jeune veuve, lille d'un président du |wrlemcnl d'Aix. I>a légende rapporte que, en venant à Paris, où il vécut vingt-trois ans, c'est-à-dire jusqu'à sa mort (de 1005 à MV28), il oublia d'emmener sa femme, laquelle continua d'habiter sa ville natale. Il faut conclure de là que Malherbe n'était capable d'aimer que les Muses. Plus tard, la Fontaine «levait donner un nouvel exemple d'un oubli semblable.

Si Malherbe, déjà célèbre par les trompettes de la renommée, avait cru qu'il se remettrait en bon équipage à Paris, il ne tarda pas à mesurer son erreur. Henri IV encourageait médiocrement les poêles, lui (pii était un peu trop prodigue pour ses caprices personnels; il confia Malherbe à M. de Bellegarde, son grand écuyer,

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qui lui donna une pension de mille livres, la table el la nourriture de son cheval. Charles avait mieux traité Ronsard ; c'est que les Valois, il faut le reconnaître, furent de grands et intelligents protecteurs des arts et des lettres.

Bien que Malherbe, dans ses relations, manquât de souplesse cl décochât à brûle-pourpoint des mots fort acérés, il se montra fort complaisant à l'endroit des souverains et ministres; Henri IV, la régente, Louis XIII, Richelieu, reçurent tour à tour son encens. Il aimail le pouvoir et l'orthodoxie, en royauté comme en religion, et il n'entendait pas raillerie sur ce double sujet ; mais il prenait la revanche de sa soumission sur les gens qui avaient quelque rapport avec lui. C'est ce dont témoigneront les traits suivants. — Le poète Desporles, ayant invité Malherbe à dîner, voulut par courtoisie lui aller chercher un exemplaire de ses Psaumes. Le potage était servi. « Ne vous dérangez pas, lui dit brusquement Malherbe; votre soupe vaut mieux que vos Psaumes. — Un jour qu'il avait eu l'honneur de dîner avec l'archevêque de Rouen, celui-ci invita les hôtes à venir à l'église lui entendre prononcer une homélie. Malherbe, au lieu de se lever, s'étendit dans un fauteuil en disant : « Merci, monseigneur, je dormirai bien sans cela. » — Un provincial se présente chez lui et demande le président Maynard. Malherbe le toise et répond avec hauteur : « Il n'y a ici de président que moi ! » — Nous pourrions citer vingt autres anecdotes de même nature; mais Malherbe ne s'cst-il pas peint lui-même tout entier lorsqu'il a dit :

Les ouvrages communs vivent quelques aimée» : Ce que Malherbe écrit dure éternellement.

La princesse de Conti lui disait un jour : « Je veux vous montrer les plus beaux vers du monde, que vous n'avez point vus. — Pardonnez-moi, madame, répondit-il, je les ai vus; car, s'ils sont les plus beaux du monde, il faut nécessairement que ce soit moi qui les aie faits. »

Il fut de la cour de madame de Rambouillet, quoiqu'il n'eût pas l'afféterie qui déparait ce cénacle littéraire. 11 aima même la bril-

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