LA ROCHEFOUCAULD1 - LES FEMMES DE LA FRONDE
Il y avait trois ans que Henri IV avait péri, lorsque naquit ce gentilhomme, qui devait donner au nom de la Rochefoucauld l'illustration du pelit livre des Maximes morales. D'abord il fut appelé le prince de Marsillac. Pour son malheur, avec les plus belles qualités de l'esprit, mais avec un caractère irrésolu, il se trouva jeté de bonne heure au milieu des factions, et ce qui tout d'abord le rangea contre Richelieu, ce fut la disgrâce de son père, le duc de la Rochefoucauld, qui, compromis dans l'affaire du duc de Montmorency, fui exile à Blois. Déjà Marsillac s'était distingué dans deux campagnes contre les Espagnols ; ce ne fut pas assez pour désarmer les rancunes du sombre cardinal. Alors le jeune homme s'attacha à madame d'Haulefort et à la duchesse de Chcvrcuse, grandes amies de la reine, par conséquent ennemies de Richelieu, qui osait presque- traiter Anne d'Autriche en criminelle d'État, à cause de ses relations avec la duchesse. Marsillac favorisa la fuite en Espagne de madame de Chevreuse; pour ce fait galant, il eut huit jours de Bastille.
Après la mort de Richelieu, Marsillac sortit de sa retraite forcée, qui n'avait pas duré moins de deux ans, se déclara contre Mazarin, vit Anne d'Autriche, qu'il avait si bien servie, tourner contre lui, et fut envoyé de nouveau en exil.
Victime des femmes, une femme le consola; ce fut la duchesse de Loogueville, l'héroïne de la maison de Condé. Si Marsillac avait pu hésiter à se ranger parmi les Frondeurs, l'ascendant de la belle duchesse eût dissipé ses irrésolutions ; c'était un temps où la galanterie se mêlait aux combats, où, dans les romans comme dans la vie réelle, il se donnait de grands coups d'épéc et il se débitait des phrases quintessenciées. Après la fuite de la cour, madame de Longue-
•V-pti 1615, mort on 1080.