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LA ROCHEFOUCAULD, LKS FEMMES DE LA KHON'DE

ville vint à l'Hôtel de Ville s'installer avec la duchesse de Bouillon.

Plus tard ce fut madame de Longueville qui, à son tour, dut fuir devant Mazarin triomphant. Marsillac la protégea encore et la mena jusqu'à Dieppe, où elle réussit, à travers mille dangers, à s'embarquer pour la Hollande.

Le prince de Condé avait été arrêté avec le prince de Conti ; ce fut le signal d'une nouvelle rupture et l'avènement d'une héroïne de plus, la princesse de Condé, qui, accompagnée de son jeune fils, le duc d'Enghien, et protégée par l'épée du due de Bouillon et de Marsillac (maintenant duc de la Rochefoucauld), lit à Bordeaux une entrée triomphale.

Depuis ce moment, la Rochefoucauld, toujours animé par sa passion aveugle pour madame de Longueville, ne cessa de Combattra à côté du prince de Condé; il déploya de grands talents militaires en Guienne. 11 était avec les Frondeurs dans cette affaire sanglante du faubourg Saint-Antoine, où les rebelles, refoulés par Turenne, allaient tous succomber, si Mademoiselle, la tille de Gaston d'Orléans, n'eût pris l'audacieux parti de faire tirer le canon de la Bastille sur les troupes royales.

On le voit, du premier au dernier jour, le drame de la Fronde fut mené par les femmes; mademoiselle de Monlpensier y joua un rôle énergique, à côté de son père si irrésolu. Mais aussi elle y perdit l'espoir d'épouser jamais son cousin Louis XIV, et l'on sait quelle bizarre destinée conduisit cette princesse si opulente à manquer tous les mariages projetés pour elle et à s'attacher follement à l'aventurier Lauzun.

Mais revenons au duc de la Bochefoucauld ; cette dernière équipée lui fut fatale; il faillit y perdre les yeux. Lorsque, après de longues souffrances, il se trouva guéri, son humeur guerroyante était passée.

Le grand règne s'ouvrait. La Rochefoucauld devint l'ami du jeune souverain dont il avait combattu avec tant d'acharnement le ministre. Il ouvrit son esprit à la méditation, et, dans le commerce si élevé de madame de la Fayette et de la marquise de Sablé, il puisa des encouragements, des lumières, une direction de goût qui le conduisi-

LE GRAND CONDf:

rent à écrire ses Pensées. Quelque curieux (|ue puissent être ses Mémoires, ils n'auront jamais la valeur du petit volume qui a classé le duc de la Rochefoucauld au nombre des meilleurs écrivains d'un siècle qui fut si éminemment littéraire. On ne doit pas oublier que les Pensées suivirent de neuf ans seulement la publication des Provinciales, et que c'est le seeond ouvrage en prose dont le style soit net, précis, dégagé des formes embarrassées et vieillies dont le passé avait obstrué la langue. Homme d'action, philosophe, écrivain, on peut doue dire que la Rochefoucauld ne fut médiocre en rien.

Util

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