LE GRAND CONDÉ
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Dès le berceau Condé fut grand. 11 remporta sa première victoire sur la paresse si naturelle dans l'enfance: à huit ans, il savait le latin; à onze, il composait un traité de rhétorique et soutenait avec succès des thèses de philosophie. Klève des jésuites de Rourges, il suivait leurs cours avec autant d'assiduité et de simplieilé de cœur (pie s'il n'avait pas été un prince du sang. Doeile envers son père, à qui il écrivit de charmantes lettres en latin, le jeune due d'Enghien se soumettait aveuglément, aux ordres du prince «le Condé. Il avait le coeur bon, mais une immense fierté, et ce fut ce dernier sentiment qui causa ses fautes.
Son orgueil se révolta d'abord quand il vil le faste royal dont s'entourait Richelieu; mais surtout il fut froissé lorsqu'il lui fallut épouser mademoiselle de Maillé-Rrézé, nièce du cardinal.
Pour se venger, il sauva la France à Rocroy. Cette célèbre bataille, gagnée par un général de vingt-deux ans contre des phalanges jusqu'alors réputées invincibles , détruisit le prestige formidable de la puissance espagnole. Le souvenir en est encore palpitant, bien que