‹ Les célebrités françaisesChapitre 96 sur 208 · LK GRAND CONDÉ · texte numérisé non relu

LK GRAND CONDÉ

plus de deux sièeles aient passé sur ce grand événement ,qui inaugura d'une manière si triomphante la régence d'Anne d'Autriche.

Bossue! a contribué à éterniser le souvenir de la bataille de Rocroy; il l'a décrite en historien et en stratégiste.

L'année suivante (1614), ce fut à Fribourg et contre le célèbre général Mercy <pic d'Enghien se mesura en victorieux ; la lutte dura trois jours: ce fut le pendant de Ifarignan. Turenne était le lieutenant du due d'Enghien, qui lui laissa l'honneur d'attacher son nom à la capitulation de Landau. Chaque année est marquée par des victoires nouvelles; en I6t.*>, d'Enghien défait et tue Mercy dans les plaines de Norlingue; il achève la campagne de Flandre en prenant Dunkcrqne, au bout de treize jours de tranchée. Si le prince ne put s'emparer de Lérida, dont il avait ouvert le siège au son des violons, il répara dignement cet échec par la victoire de Lens.

La Fronde commençait à troubler l'État. D'Enghien, devenu prince de Condé par la mort de son père, offrit d'abord loyalement ses services à la cour. Il voulait agir militairement; et, s'il eût été écoulé, combien de malheurs prévenus! Mais l'astucieux Mazarin ne pouvait croire à la bonne foi; et, d'ailleurs, la supériorité morale du vainqueur de Rocroy gênait le cardinal. Condé parla avec hauteur; on l'arrêta, le 1S janvier 1650. « C'est donc là le prix de mes services! » s'écria-t-il. Sa captivité dura treize mois. Le délassement du prince était de cultiver des fleurs, circonstance qui inspira à mademoiselle de Seiidéry le quatrain suivant, qui vivra plus que les longs romans de l'illustre Madeleine :

votant c(>s h illrt- qu'un illustre jwerriei- Arrosa «l'une main qui painia «les Uitailles, Soutiens-toi uu'Anollou liàlissait «les murailles. VA ne félonne ps si Mar* est jardinier.

Le ressentiment jeta ouvertement le prince dans les rangs des Frondeurs, puis dans ceux des Espagnols. Mais, comme si la fortune l'abandonnait dès qu'il se séparait de la cause nationale, il subit défaites sur défaites, en compagnie de l'archiduc don Juan. Combien son âme si (1ère devait souffrir d'avoir été réduite à une pareille ex-

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