LE GR AND CONDÉ
trémilé î L'Espagne du moins ne fut pas ingrate envers lui, et, dans le traité des Pyrénées, don Louis de Haro stipula la restitution au prince de Condé de tousses honneurs et dignités.
Louis XIV, qui pouvait plus facilement pardonner les torts de son cousin que les oublier, laissa s'écouler huit ans sans lui confier de commandement. Il lui donna, en 1668, la Franche-Comté à conquérir; ce fut pour Condé l'affaire de six semaines. Les guerres de Hollande et la victoire de Senef terminèrent celte existence de triomphe. Quand le prince, au retour, se présenta à Versailles, le roi vint andevant de lui au haut du grand escalier. Comme Condé avait peine à monter, à cause de la goutte qui le tourmentait : « Mon cousin, ne vous pressez pas, dit le roi ; il est tout simple qu'on ait de la peine à marcher lorsqu'on est aussi chargé de lauriers que vous l'êtes. »
La dernière époque de celle vie glorieuse fut la retraite d'un sage sous h «s frais ombrages île Chantilly. Là, tous les mérites étaient accueillis. Bossuet en a laissé ce témoignage : « 11 n'y avoit livre qu'il ne lût, il n'y avoit homme excellent, ou dans quelque spéculation, ou dans quelque ouvrage, qu'il n'entretînt. Sa conversation éloit un charme, parce qu'il savoil parler à chacun selon ses talents. »
La duchesse de Longueville, sa sœur, revenue de ses égarements et pénitente comme Madeleine, eut, avec liourdaloue, l'honneur de ramener à la religion cet homme de bien et de génie.
En apprenant la mort de Condé, une mort qui fut toute chrétienne, Louis XIV prononça cette belle parole: «J'ai perdu aujourd'hui le plus grand homme de mes Élats. » Le reste fui dit par Bossue! , dans son oraison funèbre.
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