‹ Les célebrités françaisesChapitre 98 sur 208 · BOSSUET · texte numérisé non relu

BOSSUET

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Ouand on vient d'écrire un nom aussi éclatant, il n'est besoin de l'accompagner d'aucun de ci'.s commentaires qui sont comme des recommandations auprès de la postérité. — Bossue! , cela dit tout : c'est la gloire éternelle, c'e^t le génie, c'est le caractère, et, de plus, une vie pleine d'action. Bien que né sous Louis XIII, ce grand homme appartient pleinement à la pléiade de Louis XIV : il eût suffi à illustrer le règne illustre entre tous.

Jacques-Bénigne Bossuet, qui devait être la lumière et la gloire de l'Église, naquit à Dijon en 10*27. Il dut son éducation si parfaite aux pieux enseignements des jésuites qui dirigeaient le collège de Dijon. La famille de Bossuet occupait un rang considérable dans l'antique parlement de cette capitale de la Bourgogne. Dès l'âge de quinze ans, le jeune homme donna les plus grandes espérances, et fut un des élèves les plus distingués du collège de Navarre, ce berceau de tant de renommées, lorsqu'il vint terminer ses études à Paris. Il soutint avec éclat sa première thèse, fut reçu docteur en Sorbonne, puis ordonné prêtre en 1655. Partout il remplit son ministère avec un zèle et un mérite qui le firent distinguer et rappeler à Paris. Il y prêcha le carême, en IG6'2, devant le roi et la reine mère : on vit la foule se presser pour entendre sa puissante et éloquente parole.

L'habitude des livra saints avait donné à son langage comme une autorité prophétique, un style antique et lier, dont lui seul avait le secret. Combien devaient le relever encore, du haut de la chaire de vérité, les mâles accents, la majesté du geste, la noble et calme figure de l'orateur, appuyés de l'imposante autorité de sa vertu ! Jamais l'évèque de Meaux n'était plus sublime que lorsqu'il rappelait aux grands de la terre le néant des honneurs, «les richesses, des plaisirs de la vie, devant quelque tombe entrouverte. Il fallait à cet

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esprit hardi, à celle maie vigueur, des sujets élevés, «les occasions extraordinaires, comme la mort imprévue d'Henriette d'Angleterre ou celle du grand Coudé, |wur consterner et enthousiasmer son auditoire. Alors les inspirations sublimes, les images fortes et pittoresques, jaillissaient de son àme; sa parole était souveraine et en- Irainai t. Au contraire, dans les discours ordinaires, il manquait de celte onction doua; et pénétrante qui s'adresse au cœur, et il disait lui-même que, lorsqu'il faisait le prône du dimanche dans sa cathédrale, il endormait son auditoire.

Saint-Simon, ce photographe de son siècle, ce censeur si impitoyable, se plut à rendre justice à Bossnel. Il a dit : « C'éloil un homme dont la vertu, la droiture et l'honneur éloient aussi inséparables que la science et la vaste érudition. »

Louis XIV, le mi-soleil, le majestueux despole, auquel le noble évèque ne craignit jws de dire la vérité et de prêcher la pénitence avec une liberté de langage digne des premiers siècles, lui donna toute son estime et s» vénération, cl lui confia l'éducation du Dauphin. Bossue t comprit la responsabilité attachée à celle difficile fonction d'élever un homme destiné à gouverner les autres; et ce fut pour lui, pour son instruction, qu'il traça d'une plume, non moins éloquente que si parole, ce Discours sur l'histoire universelle, admirable peinture à la fois chrétienne et philosophique, tableau saisissant des grandes époques de la vie des empires et des peuples; ouvrage qui plaça Bossuel au rang des meilleurs historiens.

Parmi ses autres écrits, on cite d'abord ses Oraisons funèbres, litres immortels à l'admiration de la postérité; les Méditations sur "Evangile, V Histoire des variations de /' Eglise protestante. En iGl \ , l'évèque-hislorien entra à l'Académie française, sur laquelle il projette encore ses rayons.

Dans un âge avancé, ce grand homme continua d'avoir un infatigable amour pour l'étude. Il ne se reposait des devoirs du culte et de l'enseignement que par la lecture assidue des Pères de l'Église.

— Ah ! monseigneur, lui «lisait un jour son jardinier, qui se plaignait du jkmi de goût de son maître pour les arbres, si je plan-

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Liis des saint Augustin et des sainl Cln ysostome, vous y feriez plus d'attention.

Bossuel mérita le litre de Père de l'Église, cor il lut le bouclier de la religion et le modèle toujours admiré de l'éloquence chrétienne. Par un privilège spécial de la Providence, l'évèque de Meaux conserva la force de son jugement, l'éclat de sa pensée, jusqu'au jour où son âme immortelle alla rendre compte à Dieu de sa sainle cl brillante carrière

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