‹ Les cellules géantes existent-elles dans les diverses lésions de la syphilis: recherches histologiquesChapitre 8 sur 11 · INT · texte numérisé non relu

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tous les intermédiaires depuis l’état normal, jusqu'à l'état que nous venons de décrire: la couronne de noyaux bien visible que l’on aperçoit à la périphérie est formée par les noyaux des cellules qui tapissent le conduit sudoripare; ces dernières, sous l'influence de l'inflammation, se sont gonflées et ont restreint la lumière du canal qui, sur certains points, finit par être complètement oblitérée soit par les cellules qui se trouvent sur le plan inférieur, soit par suite d’une infilexion en ce point du canal glandulaire.

Les vaisseaux, surtout les capillaires superficiels, sont très dilatés ; du côté de leur périthélium, on conslate une prolifération active et une infiltration marquée d'éléments embryonnaires ; leur endothélium est gonflé et fait saillie dans la lumière du vaisseau sans jamais toutefois arriver jusqu'à l'oblitérer complètement. Jamais nous n'avons constaté la prolifération des cellules de l’endothélium.

À la période de guérison apparente de la papule, lorsque les taches ont passé du rouge au jaune grisàtre, on rencontre encore une quantité notable de cellules embryonnaires infiltrées dans le derme, mais elles sont néanmoins beaucoup moins nombreuses que dans la première période de leur évolution. De plus, leur sroupement autour des vaisseaux est moins nel. Elles ont conservé leurs caractères histologiques : elles n’ont toutes qu’un seul noyau et 1l est impossible de voir ni cellule géante typique, ni cellule géante avortée. Seules les altérations des vaisseaux ont complètement rétrocédé. On voit donc qu’à cette période la lésion est encore loin d’être parfaitement guérie.

En résumé, sur les vingt-six papules syphihtiques que nous avons examinées, nous n'avons Jamais Vu une seule cellule géante. Pourtant il n’est pas douteux que, dans certains cas, on peut en rencontrer. Nous avons pu examiner dans le laboratoire de M. le professeur Audry des préparations de dix papules syphilitiques ; nous n'avons rien vu sur neuf; mais sur une nous avons constaté très nettement, entre les faisceaux conjonctifs du derme très écartés, trois ou quatre grosses cellules géantes typiques avec réaction de cellules épithéhoïdes tout autour. Nous n’en avons pas vu au milieu des cellules embryonnaires infiltrées autour des vaisseaux. C’est là le seul cas où nous ayons pu en voir; soit une proportion de un sur trente-six cas. Elles sont donc excessivement rares.

Il aurai été intéressant de savoir sous quelle influence elles se développent : malheureusement nous n'avons pu avoir aucun renseignement sur le sujet qui était porteur de cette papule ; Nous ne SAVONS pas si on doit admettre ici un processus de réaction inflammatoire chronique banal ou un processus de tuberculose se surajoutant au processus syphilitique et produisant dans les points de moindre résistance, c'est-à-dire dans les points où la syphilis à fait des localisations, une lésion de nature tuberculeuse avec celluies géantes.

Les observateurs qui reprendront cette question devront donc pour l’élucider définitivement faire des inoculalions avec les productions soumises à leur examen.

Notre ami M, le D'Gallavardin à eu l'occasion d'examiner

histologiquement un cas de pemphigus syphilitique du nonveau-

né, Aucune préparation ne présentait de cellules géantes.

L'adénopathie syphilitique.

Les auteurs ne mentionnent pas les cellules géantes dans les ganglions lymphatiques frappés par l'infection syphilitique : il nous a paru intéressant de les y rechercher cependant, car si le virus syphilitique produit. comme le bacille de la tuberculose, une inflammation avec cellules géantes, nous devons en lrouver dans les ganglions syphilliques comme on en trouve dans les gangnons tuberculeux.

Mais une difficulté se présente el sur laquelle nous insistons fortement : la coexistence de la syphilis et de la tuberculose chez le même individu. Un ganglion enlevé chez un syphilitique peut être un ganglion tuberculeux, car nous savons avec quelle facilité la tuberculose se développe dans les ganglions et, dès lors, 1l est tout uaturel d’y rencontrer des cellules géantes. Nous sommes donc obligés de n’accepter comme réellement et exclusivement syphihtiques que les ganglions enlevés à l'autopsie chez des syphilitiques dont l'intégrilé parfaite au point de vue de la tuberculose sera constatée à l’autopsie.

M. Paviot a observé un cas qui montre bien les confusions de ce genre : un homme syphihtique, àgé de trente-quatre ans meurt avec des accidents cardio-rénaux. À l’autopsie, on constate une adénopathie généralisée : les ganglions lombaires, mésentériques, préverté-

braux et bronchiques élaient engorgés. On prélève de

D EUNES

tous ces ganglions pour l'examen histologique, Ils contenaient, en très grand nombre, de grosses cellules céantes avec follicules tuberculeux typiques. Mais le malade avait une pleurésie droite et, étant donnée la nature si souvent tuberculeuse de cette affection, on ratlacha la présence des cellules géantes dans les ganghions à la tuberculose et non à la syphils.

Nous n'avons pas pu faire l’autopsie de syphihtiques morts avec une adénopathie, mais nous avons pu examiner cinq ganglions de l’aine, enlevés chez des syphilitiques encore porteurs de leur chancre. Ces malades ont été tout d’abord soigneusement examinés au point de vue tuberculose. Rien dans leurs antécédents héréditares collatéraux et personnels; de plus, dans tous ces cas, le ganglion enlevé était unique et provenail manifestement de l’infection par le chancre.

À l'examen histologique, ces ganglions présentaient les mêmes lésions que les adénites aiguës d'origine quelconque. Sur les coupes, on voyait que les travées qui partent de la capsule du ganglion et qui, en s'anastomosant, forment le tissu réticulé de la substance caverneuse étaient épaissies: les cellules endothéliales, qui revèlent la surface de ces travées, étaient gonflées, troubles, granuleuses et faisaient saillie dans les espaces lymphaliques. Ces derniers étaient distendus et remplis par une énorme quantité de petites cellules rondes, à un seul noyau ; jamais nous n'avons vu une seule cellule géante.

Nos recherches, sur ce point, se sont bornées là. Mais nous rappelons que toute observation avec exa-

men histologique et dans iaquelle les cellules géantes

Ep es seront signalées, sans qu'on ait spécifié que le sujet porteur des ganglions, était parfaitement indemne de

tuberculose, doit être considérée comme n'étant pas démonstrative.

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