‹ Les Celtes dans les vallées du Pô et du DanubeChapitre 140 sur 144 · Iliade, XV11I, 561 et suiv · texte numérisé non relu

Iliade, XV11I, 561 et suiv

d'or » {Iliade, XVIII, 518), où les sillons prennent une teinte noirâtre comme celle de la terre labourée :

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« Déjà Brunn, continue M.Milchhœfer, a montré jusqu'à l'évidence que la décoration du bouclier d'Homère est conçue dans un esprit essentiellement artistique et digne des Hellènes'. Gela passe aujourd'hui pour une vérité indiscutable. En ce qui concerne les modèles techniques et les sujets, on s'en est généralement tenu aux bas-reliefs assyriens et surtout aux coupes d'argent et de cuivre repoussées et gravées, dont on possède de nombreux spécimens provenant de Chypre, de l'Italie et de NiniveV Et c'est sur de pareils ouvrages que serait fondée la description homérique ? Je considère comme un grand bien que nous puissions maintenant nous émanciper du recours à cet art mixte et sans esprit (jener geistlosen Mischkunst) » M. Milchhœfer ajoute que la provenance phénicienne des armes mentionnées dans Vlliade n*cst rien moins qu'établie : même l'armure d'Agamemnon, présent de Cinyras de Chypre (Iliade, XI, 19), peut avoir été fort bien chypriote sans être phénicienne. D'autre part, comme les gemmes dites insulaires et les chatons gravés des bagues en or mycéniennes n'ont rien qui rappelle l'art phénicien ou assyrien, on commence à comprendre que l'on s égare en cherchant dans les pays d'Orient, en particulier dans l'Orient sémitique, l'origine de l'art dont le bouclier d'Achille est un témoin.

Dans la seconde édition de son Homerisches Epos, publiée en 1887, M. Helbig trahit l'influence d'idées analogues3:

« Le bouclier, dans son ensemble, est une œuvre de la fantaisie poétique. Mais les descriptions des scènes particulières ont souvent été suggérées par des représentations figurées. On doit admettre que ces représentations se trouvaient surtout sur les vases métalliques importés par les Phéniciens ou sur des imitations grecques de ceux-ci. Toutefois, il faut aussi, semble-t-il, reconnaître ici Y intervention du souvenir d'œuvres grecques, dans lesquelles l'esprit national s'était déjà élevé à une expression individuelle. » Celte solution est éclectique ; elle marque cependant, même chez un savant aussi prudent que M. Helbig, un commencement de réaction contre la part exclusive faite aux modèles orientaux dans la genèse de la description homérique.

Mais il y a plus : si l'on veut trouver des œuvres dont le caractère et les sujets rappellent de très près le bouclier homérique, ce n'est ni à l'Egypte ni à l'Assyrie qu'il faut s'adresser. M. Brunn, après avoir mis en lumière, dès 1868, par la simple analyse

1. Bruun, Die Kunst bei Homer, daus les Abhandlunyen de l'Académie de Munich, t. XI (1868).

2. Uu spécnueu du Musée d'Athènes, portant une inscription phénicienne, aurait été découvert près d'Olympie (Furtwaengler, Bronzen aus Olympia, p. 54).

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