‹ Les Celtes dans les vallées du Pô et du DanubeChapitre 16 sur 144 · îçi\ tôv 'ASpcav KeXtoî · texte numérisé non relu

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a-til vu que les Carnes et les Japyges avaient émigré de la rive gauche sur la rive droite du Rhin et s'étaient avancés jusqu'à l'Adriatique? Cet érudit était si imbu de la tradition recueillie par Tite-Live qu'il introduit ailleurs, dans le texte même de Strabon, l'affirmation de l'origine transrhénane des Celtes du Danube !.

Arrêtons-nous un instant. Nous touchons à l'an 300. Tirons quelques conclusions de ce qui précède :

1° Constatons d'abord l'époque tardive à laquelle le nom de la Celtique et celui des Celtes se répandent dans le monde hellénique. Si, vers 500, la Celtique est nommée en passant par Hécatée, si Hérodote, vers 450, constate la présence des Celtes aux sources du Danube, nous ne les voyons entrer vraiment en scène qu'en 3902.

2° Les seules mentions précises des auteurs anciens antérieurs à l'an 300 nous montrent les Celtes établis aux sources du Danube, en Ombrie, sur le golfe Ionien, voisins des Illyriens avec lesquels ils entrent en lutte. Aucun historien, durant cette période, ne nous les montre occupant la rive gauche du Rhin. C'est là un fait bon à constater, bien qu'il n'y ait pas lieu d'en tirer des conclusions précises, vu l'ignorance où étaient

1. Strabon, Vil, i, 1 (trad. Tardieu, t. II, p. 2) : « L'Ister sert de limites septentrionales aux populations illyriennes et thraces qui, avec un certain nombre de tribus étrangères celtiques et autres (xoù ooa tovtoi; àva|j.é|xtxTat twv KcVrixân), occupent tout le pays jusqu'à la Grèce.» La Porte du Theil traduit : « Avec tous ceux qui sont venus de Gaule ou d'ailleurs se mêler avec eux » (trad. de Strabon, t. III, p. 3).

2. Les expressions que Tite-Live met dans la bouche des Étrusques à propos du siège de Clusium, à une époque où leur domination s'étendait jusqu'aux Alpes : Formas hominum invisitatas (V, 35), gentem invisitatam, novos accolas (V, 17), ne peuvent laisser aucun doute sur la date récente des relations des peuples italiens eux-mêmes avec les Gaulois (Galli).

les anciens du cours de ce fleuve et des populations qui habitaient ses bords.

3° Du jour où ils font du bruit dans le monde, les Celtes apparaissent aux yeux des Grecs, puis aux yeux des Romains (avec la dénomination de Galli), sous l'aspect d'une race belliqueuse, pépinière de mercenaires, se substituant peu à peu, en cette qualité, aux Ibères et aux Ligures. Leur nom est bientôt entouré d'un tel éclat que, comme celui des Francs au moyen âge, à la suite des grandes expéditions des Croisades, il absorbe ou rejette dans l'ombre celui de toutes les autres nations de l'Occident1. Les premières tribus celtiques devaient être des tribus pastorales et agricoles, ayant traîné longtemps une existence ignorée et inoffensive : leur valeur guerrière et leur esprit d'entreprise se révélèrent tout à coup quand, à la suite de circonstances que nous entrevoyons à peine, quelques populations belliqueuses et turbulentes se dégagèrent de la masse paisible et établirent leur ascendant sur elle. C'est les armes à la main et par la terreur de leurs exploits que les Celtes se firent connaître du monde antique : on les voit prendre alors, dans la géographie d'Ephore, une place très considérable2. Éphore leur attribue, en effet, un domaine égal à celui des Scythes, des Indiens, des Éthiopiens, c'est-à-dire qu'il les présente comme les maîtres de l'Europe occidentale, dont le nord appartient aux Scythes :

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