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ÉMIGtlATIONâ GAULOISES &i
un tétrarque, au dessous duquel étaient placés un chef militaire et un chef civil. Les trois tribus furent reliées entre elles par un gouvernement central qui consistait en un sénat composé de trois cents membres fournis par les dpuze tétrarchies. Cette constitution subit plus ti'un changement dans le cours du temps : au-dessus des tétrarques s'éleva dans chaque tribu un chef supérieur * ; ces trois chefs de tribu se réduisirent ensuite â deux, finalement à un seul : la Galatie eut ainsi son BacrjXeîîç ^.
La Galatie était alors bien près de perdre sa nationalité. Une attaque imprudente d'Antiochus^ roi de Syrie, Contre les Grecs avait attiré les Romains en Asie. Les Galates devinrent les alliés de Rome ; ils la servirent contre Mithridate. Mais l'alliance avec Rotne tournait bientôt en vassalité : l'histoire nous montre le roi Dejotare ballotté éfttre Pompée et César, réduit ensiiite à faire plaider sa cause devant César par Ciôéron *. Auguste ne fit guère que transformer le fait êû droit quand il déclara la Galatie province romaine*.
Comme elle avait subi l'influence de la Grèce, elle subit alors éelle de Rome : elle fut organisée comme les autres provinces de l'Empire.
* Tite-Live donne à ces chefs de tribus le titre de RegutL (^kxviïi, 18-19.)
^ C'est le titre qii^il porte sur les médailles. (V. ÉckeL cf oWr. Numism.f t. Ht, Galatia.)
^ V. Gicêron, Pro rièg. Dejotaro.
^ Dion, XLiii, 26;
Et cependant, après plusieurs siècles, saint Jérôme retrouvait encore chez les Galates la langue qu'il avait, dans sa jeunesse, entendu parler en Gaule ^
D'autres tribus gauloises franchirent les Alpes et s'établirent en Italie.
Si l'on en croit un auteur ancien, les Gaulois, à une époque reculée, occupèrent l'Ombrie ^. Rien ne confirme ce témoignage isolé : la langue de l'Ombrie, n'avait rien nie celtique '.
Mais ce qu'il y a de bien certain, c'est que les belles
^ Galatas, excepte serraone grîEco que omnis Oriens loquitur, propriam linguam eamdem pêne habere quam Treviros. (ProL Comm, in ep, ad Gai, y c. m.) — Saint Jérôme avait habité Trêves. — Ce que dit saint Jérôme est confirmé par ce qu'on lit dans Lucien sur un charlatan qui rendait en Galatie ses oracles en langue celtique. M. Perrot a cependant soutenu que les Galates n'avaient pas dû conserver si longtemps leur vieil idiome (Rev, Celliq., p. 176 et s.). Mais des raisonnements, si habilement qu'ils soient déduits, peuventils prévaloir contre de tels témoignages ?
* Ombros Gallorum veterum propaginem esse Marcus Antoninus refert (Serv. ad JEneid,, XIII, 743). — On peut lire dans Am. Thierry (ch. i) l'histoire arrangée par lui d'un empire ombrien que les Etrusques auraient renversé.
^ Cette langue nous est connue par les tables Eugubines, que M. Bréal a interprétées savamment : c'était un de ces anciens dialectes italiques qui furent absorbés par le latin, ou tombèrent à l'état de patois.
contrées qui s'étendent des Alpes au Pô se couvrirent de Gaulois sortis de notre pays*. Elles devinrent une autre Gaule, transalpine au point de vue de notre contrée, cisalpine pour Rome qui la nommait ainsi. Ce ne fut point sans doute le résultat d une expédition unique, mais d'expéditions faites à diverses reprises, dont il ne se conserva qu'une tradition mêlée de légendes. On ne saurait accepter dans ses détails le récit qu'on lit dans Tite-Live d'une émigration gauloise conduite par Bellovèse en Italie, tandis que son frère Sigovèse en conduisait une autre vers le Danube ; on ne peut davantage admettre la date qu'il assigne à ces expéditions. Mais la fausseté d'une date et le caractère fabuleux de certains détails n'infirment pas une tradition constante. Elle attestait, ce qu'on veut aujourd'hui contester 2, que les Gaulois établis dans la partie supérieure de l'Italie étaient venus non de notre pays, mais d'ailleurs. Je crois volontiers ce qui est rapporté, que les vignobles de l'Italie furent un des attraits qui attirèrent de ce côté les émigrations gauloises ^.
Polybe ^ décrit les mœurs des Gaulois cisalpins.
' Voy. dans un chapitre suivant la réfutation d'un système de M. AI. Bertrand.
3 Eam gentem gallicam traditur fama dulcedine frugum, maximeque vini, nova tum voluptate, captam Alpes transisse, agrosque ab Etruscis ante cultes possedisse (Tite-Live, V, 35).