L. II
Ils hitbitaieDt des bourgs sans muFailles, des maisons dépourvues de meubles ) couchaient sur Therbe ou la paille. Ils ne se nourrissaient que de viande, occupés surtout de guerre, très-peu de culture ; nulle industrie : l'or et les troupeaux étaient les seules richesses dont ils fussent jaloux, parce qu'on pouvait à tout événe* ment les emporter avec soi.
Ces établissements ne purent se faire sans des luttes sanglantes. Les Gaulois cuvaient pour principe que la terre appartient au plus fort : telle fut la réponse faite un jour par un de leurs chefs aux Etrusques qui lui demandaient de quel droit il envahissait un territoire ^ .
Les guerres contre les Etrusques aboutirent à mettre les Gaulois en face des Romains dont TËtrurie réclama le secours. Rome se prêta volontiers à soutenir l'Etrurie contre des barbares qui excitaient ses propres inquiet tudes •. Un Brenn (chef) gaulois, par un mouvement soudain, tombe sur Rome et s'en empare. Les Gaulois purent donc, un jour, écraser au berceau la puissance romaine. Enivré par ce succès, le Brenn fit entendre aux vaincus le mot cruel qui a retenti dans l'histoire '; mais l'invasion de son pays par un peuple voisin Tempêcha de pousser jusqu'au bout les suites de sa victoire : il se contenta' de rançonner Rome* Episode
^ Omnia fortiorum virorumesse (Tite-Live, V, 36). ^ Novos accolas cum quibuB nec pax satis ûda, nec bellum pro certo sit (Tite-Live, V, 19).
» VaB victis (Tite-Live, V, 48).
pénible pour l'orgueil de la future maîtresse du monde ! On peut voir dans Tite-Live comment il fut arrangé de manière à sauver l'honneur des armes romaines ^
La crainte subsista longtemps de voir se renouveler ces jours néfastes : les Cisalpins restaient toujours menaçants. Comme une prédiction portait que les Gaulois prendraient deux fois Rome, on imagina d'inhumer vifs deux prisonniers gaulois; et l'on dit qu'ainsi la seconde prise de possession de la terre romaine était accomplie'. On n'était cependant pas rassuré: car à tout mouvement des Gaulois le tumultus gallicus était proclamé, et les citoyens avaient à courir aux armes sans les formes d'un enrôlement régulier*. Avec d'autres peuples Rome combattait pour la victoire ; avec les Gaulois pour l'existence *.
^ J'fti guivi le récit de Polybe, 1. Il» NuUp meQtipn dp Camille surprenant les Gaulois et les chassant.
2 V. Tite-Live XXII, 57. — Plutarch. In MarcelU — P, Gros. IV, 13.
3 Au tepips . de César le tumultus gallicus faisait encore Tobjet de prévisions législatives devenues de style. (Voy. le c. Lxii de la Lex Genetivœ , commentée doctement par M. Griraud, Journal des Savants, 1876^1877.)
* Gum Gallis pro sainte, non pro gloria certari (Salluste, Jugurth.).