‹ Les celtes, la Gaule celtiqueChapitre 9 sur 67 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Etablis dans notre pays, les Celtes répandirent au dehors, de divers côtés, leurs tribus guerrières et aventureuses.

Ils franchirent les Pyrénées, et, en se mêlant aux Ibères dans une partie de l'Espagne, ils en firent une Celtibérie,

Il est rapporté que d'autfes tribus gauloises, prenant une direction opposée, repassèrent le Rhin, et réussirent à s'établir sur quelques points de la Germanie ^ . Tacite y montre en effet des peuples qui se

^ Fuit antica tempus quum GerçQanos Galli superarent ultro bella inferrent., trans Rhenum colonias raitterant (Oses. De bell. GalL VI, 24).

distinguaient par leur langage de tous ceux d'alentour : leur langue n'était point celle des Grermains, mais la langue de la Gaule ^ Était-ce bien, comme on le supposait •, des colonies jetées par la Gaule en Germanie? Il se pourrait que ce fussent des tribus restées en arrière dans la marche des Celtes vers l'extrême Occident'.

Tite-Live * raconte qu'au temps de Tarquin l'Ancien un roi des Bituriges, tout puissant en Gaule, jugea bon de la décharger d'un excès de population par deux émigrations qui partirent sous la conduite de ses deux neveux, Sigovèse et Bellovèse. Le sort décida de la direction que prendrait chacun d'eux : Sigovèse marcha par la forêt Hercynie vers les régions danubiennes, tandis que Bellovèse franchissait les Alpes pour descendre en Italie. — Il y a de la légende dans ce récit; mais le fond en est confirmé par l'histoire qui nous montre deux courants d'émigrations gauloises.

^ Gothinos gallica... lingua coarguit non esse Grermanos (Tacite, 76., 43).

* Credibile est Galles in Germaniam transgresses (Gfcrm., 28).

• Autrefois un sentiment patriotique fit imaginer que les Francs avaient été une des colonies gauloises établies en Germanie ; la Gaule n'aurait donc été conquise que par ses propres enfants. La langue des Francs, qui fut incontestablement un dialecte germanique, donne un démenti péremptoire à ce système chimérique.

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On voit des bandes sorties de la Gaule, errer au Nord de la Grèce qu'elles ravagent. Ces bandes se trouvèrent en face d'Alexandre qui reçut d'elles

une réponse où respirait leur confiance superbe ' : Alexandre ne dédaigna pas leur alliance. Après sa mort elles continuèrent de fournir des troupes soldées à ses successeurs. Les Gaulois ne tardèrent pas à sentir leur force, à élever leurs prétentions : la Grèce menacée dut son salut à une seconde victoire des Thermopyles; ils se vengèrent en pillant le temple de Delphes. En étendant plus loin leurs ravages, les Gaulois arrivèrent jusqu'à Bysance. La proximité de l'Asie les tenta ; ils y passèrent. L'Asie-Mineure était alors devenue comme une autre Grèce. Les petits Etats dont elle se composait se trouvaient engagés dans une lutte difficile contre des successeurs d'Alexandre ; les Gaulois se mêlèrent à la lutte, et leur concours fut très-utile à la cause des petits Etats. Mais les auxiliaires se changèrent bientôt en maîtres. La puissance sans règle qu'ils exerçaient souleva contre eux une ligue à la iète de laquelle se mit un roi de Syrie ; la victoire

^ V. Arrian, Alex,, I, 6. Les Gaulois se vantaient de ne craindre que la chute du ciel.

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qu'il remporta le fit appeler le sauveur de l'Asie. Les Gaulois ne la firent plus trembler; mais ils restèrent en possession d'un vaste pays borné par la Bithynie, la Phrygie, la Cappadoce et le Pont ; pays qui prit d'eux le nom de Galatie ^

Que garda-t-il de gaulois?

Les Galates ne résistèrent point à l'influence de la civilisation supérieure qui les entourait : le nom de Gallo-Grecs qu'on leur donna témoigne de la transformation qui s'était opérée chez eux.

On ne découvre en Galatie aucune trace du druidisme. La religion des Galates était celle de la Phrygie, le culte de la grande déesse qui devint la Cybèle de Rome ; culte impur dont les rites étranges furent portés de tous côtés par des prêtres appelés Galls.

La constitution politique ne ressemblait pas davantage à celle de la Gaule •. Strabon ' nous donne un aperçu de cette constitution et des vicissitudes qu'elle subit. La Galatie avait été divisée primitivement en trois tribus (Tolesboyes, Troemes et Tectosages), dont chacune fut subdivisée en quatre parties nommées tétrarchies, parce que chacune avait à sa tête

^ V. Robiou, Bist, des Gauloù d'Orient, 1866. — Perrot. Galatia provincia romana. 1867.

* M. Robiou s'est égaré dans des rapprochements •forcés avec les coutumes galloises qu'il ne connaissait que par des expositions peu exactes. Je m'occuperai plus loin du pays de Galles et de ses coutumes.

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