‹ Les celtes, la Gaule celtiqueChapitre 50 sur 67 · ISA · texte numérisé non relu

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toute sa force. — J'ajouterai une autre remarque. Si les Kymris avaient été Cimmériens, ils n'auraient point parlé un idiome celtique ; car les Cimmériens ne furent point Celtes, mais Germains. C'est ce que Strabon, Pline, Tacite * attestent pour les Cimbres, derniers restes des Cimmériens. Le témoignage de Tacite surtout est d'un grand poids. Tacite, en effet, sut très-bien distinguer en Germanie certains peuples qui n'étaient pas d'origine germaine, mais d'origine celtique, puisqu'ils parlaient un idiome analogue à celui de la Gaule*. Les Cimbres ne sont point rangés parmi ces peuples par Tacite. Les Cimmériens, ancêtres des Cimbres, n'appartinrent donc point à la famille celtique, mais à la famille germaine. — Mais qu'importe après tout? Le lien imaginé entre les Gallois et les Cimmériens est sans réalité; l'invasion de la Bretagne et de la Gaule par des Kymris n'est qu'un roman.

On voit sur quels fragiles fondements repose le système d'Am. Thierry. Ce système présenté avec un grand art, enveloppé d'un appareil éblouissant d'érudition, recommandé par le nom d'un illustre frère,

< Strabon YII, i. — Plin, H. N. iv, 28. — Tacit. Germ. 43. $ • Gothinos gallica... lingua coarguit non esse Germanos.

k. (Gcm. 43.)

n'en obtint pas moins le plus grand succès ; les deux Thierry furent salués comme les rénovateurs de notre histoire. Reproduit par M. Henri Martin dans son ou • vrage monumental, répété dans presque toute nouvelle histoire de France, ce système acquit l'autorité d'une vérité historique désormais incontestable. Le nom des Belges fut effacé de nos annales ; on ne parla plus que de Kymris.

Ce grand crédit a cependant baissé depuis quelque temps. Si je ne me trompe, le temps n'est pas éloigné où l'on reviendra aux données si simples que César nous fournit sur les populations de la Gaule ; où Toa rendra aux Belges leur nom et leur caractère ethnique ; où enfin disparaîtront du frontispice de notre histoire les figures mythiques qui en ont pris possession. C'était bien la peine d'en avoir banni Priam et Francus pour y installer Hu et Nemeidh * . . .

^ Un savant à qui Ton doit d'intéressantes études sur les monuments dits celtiques (V. infr., ch. III), M. Al. Bertrand, a imaginé un système nouveau : notre pays aurait reçu d*abord des Celtes, puis des vjralls ou Gaulois qui s'établirent dans l'Est, ou plutôt dans le Sud-Ouest. J'ai eu lieu d'apprécier en passant cet autre système (V» 5Wjor.,p. 77-79.)

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