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CHAPITRE II

LA RELIGION CELTIQUE. — LE DRUIDISMil.

Le souvenir des grandes divinités de la Gaule resta moins vivace dans l'imagination populaire que la croyance à de petits génies plus mêlés à la vie de chaque jour, exerçant sur elle une action plus directe, comme les fées, les duz de la mythologie gauloise ^ Vous retrouverez aujourd'hui même cette croyance chez les différents peuples de langue celtique, et particulièrement dans notre Basse-Bretagne 2. Les duz y sont encore redoutés ; mais on y croit surtout aux fées. Après avoir amusé notre enfance, elles ont cessé de hanter nos demeures, fâchées peut-être de ce qu'on y doute de leur pouvoir magique ; mais le Breton leur garde une foi robuste. Il n'agitera pas sans besoin la fontaine sous laquelle les fées aiment à dormir ; s'il les aperçoit à la clarté de la lune pei-

* V. Supr. p. 146. — V. sur les fées un très-savant petit livre de M. Maury : Les Fées du moyen âge, 1843.

• V. Villemarqué : Chants bretons, I, préface.

gnant leurs blonds cheveux, il se détournera par discrétion ; et s'il entend au loin le chœur joyeux de leurs danses aériennes, il pressera le pas pour ne pas troubler leurs jeux : elles pourraient, les méchantes, se venger en lui jetant un sort.

Les fées tiennent une large place dans les vieilles littératures celtiques, dans celles de l'Irlande comme dans celles du pays de Galles. Les Mabinogion mettent souvent en scène Kéridwen, la reine des fées, et le prince des duz, le malin Gwion. Voici, par exemple, ce que raconte un Mabinogi sur lequel j'aurai lieu de revenir plus loin. Au temps du roi Arthur, Gwion avait été chargé par Kéridwen de surveiller un bassin où bouillait une liqueur magique. Par la faute de Gwion, trois gouttes tombent sur son doigt : il le porte à sa bouche ; la liqueur merveilleuse opère, et Gwion reçoit le don de prophétie. Kéridwen irritée poursuit Gwion qui prend toutes sortes de foîTnes pour lui échapper ; Kéridwen lutte avec lui de ruses et de transformations. Enfin Gwion se fait grain de blé ; Kéridwen se fait poule, et avale ce grain qui la féconde. Après quelque -temps, elle met au jour un bel enfant. Ce fut Taliesin.

Ce conte recouvre certainement quelque mythe celtique : dans le bassin de Kéridwen on reconnaît aisément le chaudron de la sorcellerie.

De tels mythes ne sont pas sans charme. Mais ce qui aurait un plus grand intérêt, ce serait de pénétrer le secret des doctrines, supérieures sans doute au culte populaire, que les druides réservaient à leurs initiés.

De même que les Romains avaient cru retrouver leurs faux dieux en Gaule et en Germanie, des auteurs chrétiens ont cru y retrouver le vrai Dieu.

Un savant du seizième siècle, qui, le premier, débrouilla dans un gros ouvrage les antiquités de l'Allemagne, Cluvier, disait : « Le soleil, la lune et « Vulcain, c'est-à-dire le feu, fm^ent adorés des Ger- « mains ; voilà manifestement le seul vrai Dieu, les « trois personnes de la Trinité : le soleil, c'est le « père; la lune, c'est le fils; et le feu, le Saintce Esprit *. » — Plus tard, un bénédictin entreprit chez nous de mettre en lumière la religion des Gaulois K Dom Martin fit des premiers druides les conservateurs fidèles de la révélation primitive. Malheureusement, ajoutait-il, ce monothéisme s'altéra peu à peu et dégénéra en polythéisme; mais plus à l'extérieur qu'au fond, et pour le gros du peuple plutôt que pour les

^ Clavier. Germania antiqua^ p. 202.

^ La religion des Gaulois, tirée des plm pures sources de T antiquité, (1727, 2 vol. iii-4.)

druides : ils distinguèrent toujours un dieu suprême au-dessus de divinités subalternes; Esus, dans son origine au moins, fut le vrai Dieu'. — Un pasteur protestant, Pelloutier, dans son volumineux ouvrage sur les Celtes*, interpréta de même leur religion dans un sens chrétien : « Ne reconnaître qu un seul Dieu, disait-il, et avoir en même temps plusieurs objets de culte religieux, Il semble qu'il y ait là de la contradiction. Il ne faut pas douter que les Celtes ne se tirassent d'affaire par quelque distinction semblable à ce que Ton appelle aujourd'hui le culte de latrie et de dulie. Si les temps et les termes ont changé, les idées sont à peu près les mêmes. » — Chiniac de la Bastide^ disait plus simplement :« Les Gaulois, comme les autres nations, partagèrent l'administration de l'univers entre plusieurs divinités distinctes ; mais il me' paraît en même temps incontestable qu'ils conservèrent toujours l'idée d'un dieu spirituel, tout-puissant et unique, et que ce n'est qu'à la faveur de cet être suprême et unique que leurs dieux subalternes recevaient les honneurs de la divinité. »

L'idée que des hommes pieux s'étaient faite ainsi du druidisme a été reprise en notre temps par sentiment patriotique, et pour l'honneur de la Gaule.

* Liv. !•', ch. "VI. Liv. II, ch. ii. « Eût. des Celtes, éd. 1771, t. V, p. 91. 8 ZHscours sur la nature et les dogmes de la religion gauloise,

M. Jean Reynaud d]abord *, puis M. Henri Martin 2, et enfin M. Catien Arnoult', se sont plu à idéaliser le druidisme, à suppçser un monothéisme caché sous son polythéisme apparent^ et à faire d'Esus un Jéhovah gaulois ^.

A cette idée, déjà ancienne, on en a mêlé d'autres, d'origine récente, suggérées par les vieilles littératures des pays de langue celtique.

Parlons d'abord de l'Irlande**.

^ Les vues qu'il avait exposées en 1846 dans une Encyclopédie universelle furent ensuite développées dans un livre intitulé : V Esprit de la Gaule, livre dédié par M. J. Reynaud à son ami, M. Henri Martin.

2 Histoire de France, t. I et III. Dans les critiques qui vont suivre il a été loin de ma pensée de vouloir déprécier un monument aussi imposant, qui a de si belles parties ; œuvre de grand labeur et de grand savoir, où circule partout une sève puissante.

• Histoire de la philosophie en France, période gauloise, 1858.

• J. Reynaud. Esprit de la Gaule, 23-26. H. Martin, I, 57, Gatien Arnoult, 145

Quelle signification eut le caractère sacré que les druides attribuaient au gui de chêne, t à cette plante vivace et touf jours verte, qui ne vit pourtant point par elle-même et ne c subsiste que de la sève qu'elle puise dans Tarbre où elle c prend racine ? Peut-on voir là autre chose que le mystère € de la création, la créature unie au créateur et distincte du € créateur ? » (H. Martin, I, 69.)

• Le druidisme s'établit-il en Irlande? Les témoignages précis manquent. Mais le nom de druide est resté dans la

Nos connaissaDces réelles sur son paganisme se réduisent à ce que l'hagiographie nous en apprend. Ainsi l'on voit par les légendes de saint Patrick qu'à certain jour de l'année tous les feux devaient s'éteindre, et les prêtres obtenaient du soleil un feu nouveau. Le feu de sainte Brigitte fut un vestige de ce culte du feu ^

On s'est flatté de pénétrer plus avant dans le vieux culte de l'Irlande. Des auteurs anciens parlent vaguement de mystères cabbiques célébrés dans la Samothrace, et Strabon fait mention d'une île, qu'il ne nomme pas, où se célébrait un culte semblable. On a supposé que cette île fut l'Irlande. Il restait à découvrir le caractère de ce culte. Un professeur renommé de l'Allemagne, Schelling, qui enseignait une philosophie nouvelle des religions, avait interprété selon son système le culte mystérieux de la Samothrace. Un savant genevois, M. Pictet, s'éprit de l'idée de Schelling et appliqua cette chimère allemande à l'Irlande. Faisant pour sa mythologie ce que le baron d'Echstein avait fait pour son histoire légen-

langue comme synonyme de sorcier. Tel est le rôle que jouent les prêtres de Tancien culte, qualifiés de druides, dans de vieilles compositions romanesques analysées par O'Gurry (Mannersand custims oftke ancientirish, lect. IX). Ils sont plu* tôt appelés mages dans leshagiographes latins. Le mot druide figure dans une inscription publiée récemment, mais d'une authenticité très-douteuse. (V. Publications de l'École des hautes études, fascic. XXXV, art. de M. Gaidoz.) ' < V. Girald, Top, Hihem, U, 34.

daire, il crut retrouver dans certains noms les divinités irlandaises, et, à l'aide de Tétymologie, il se flatta de découvrir leur rôle dans la vieille mythologie*. Ces idées qui ont séduit Michelet^, M. Henri Martin ', M. Catien Amoult *, étaient une fantaisie de jeunesse que Tauteur a désavouée plus tard.

C'est surtout la littérature galloise qui a semblé être pleine de Révélations.

Cette voie fut ouverte au commencement de ce siècle, en Angleterre, par un membre du clergé anglican, le Révérend Davies*. La philosophie française cherchait alors à expliquer l'origine de tous les cultes. Dupuis imagina son explication astronomique. Boulanger avait dès auparavant exposé un autre système

* Système exposé dans la Bibliothèque universelle de Genève, t. XXIV; et ensuite dans une brochure publiée sous ce titre : Du culte des Cabires chez les anciens Irlandais,

2 Hist. de Fr. I. Eclaircissements, IL

3 V. son Histoire de France, I, 469-470, et ses Etudes d^ archéologie celtique, p. 81, 269 et s.

^ Histoire de la philosophie en France, période gauloise, p. 182-216.

* Davies avait publié en 1804 ses Celtic researches on the origin, traditions and language of the ancient Bretons, livre de philologie fausse, chimérique; il publia eu 1809 un second ouvrage plus chimérique encore que le premier : Mythology and rites of the british Druids,

dans son Antiquité dévoilée. En fouillant le sol dans ses travaux d'ingénieur, Boulanger fut frappé des bouleversements causés par les eaux dont il trouvait partout les traces ; la terre rendait ainsi témoignage du déluge biblique, ou de quelque grand cataclysme analogue ; Boulanger expliqua l'origine des religions par l'impression que le déluge avait laissée dans l'esprit des peuples. Un savant anglais, Bryant, s'inspirant du système de Boulanger, rattacha aussi au déluge les mythologies anciennes*. C'est sous l'influence de ces idées que Davies aborda l'étude du druidisme. Il fut très-frappé de ce qu'il lisait au commencement des triades ; un débordement des eaux auquel Hu met fin ; l'humanité anéantie à l'exception d'un couple sauvé, avec un couple de tous les animaux, sur un vaisseau merveilleux. Comment à ces traits ne pas reconnaître le déluge, l'arche de Noé, la terre séchée par le soleil ? Davies crut découvrir dans ces triades le fond du culte druidique : ce fut un culte Hélio-arkite dans lequel le souvenir de Tarche s'alliait au culte du soleil adoré sous le nom de Hu.

Plein de son idée, Davies se tourna vers les poésies apocryphes qui portent les noms de Merlin, de Taliesin ^. Il les croyait authentiques, composées dans

* New System or analysis of ancient mythology, 1774.

* V. Supr, p. 265. Je renvoie aux livres de Sliultz, sous le pseudonyme de Ban Marte {Die Sagen von Mer lin) ^ et de Nash {Tahesin), ceux qui seraient curieux de connaître dans le

un temps où des survivants du corps druidique pouvaient encore exister» où ses traditions n'étaient point encore perdues complètement. Davies supposa que l'obscurité de ces poésies recouvrait de profonds mystères, enveloppés de ce voile pour n'être compris que par des initiés. — Voici, par exemple, une élégie attribuée à Merlin, où sont décrits les charmes qu'avait autrefois un beau verger, dévasté maintenant par des barbares. C'est la Cambrie qui fut représentée sous cette figure par quelque barde patriote, au temps où elle soutenait contre l'Angleterre la lutte que j'ai racontée ailleurs. Davies voit dans cette pièce tout autre chose : ce verger c'est le druidisme persécuté; les blanches fleurs des pommiers sont l'image du vêtement blanc du druide ; leurs branches étendues figurent le druidisme porté de l'île de Bretagne dans les régions voisines. — Dans un autre poème le gardien d'un troupeau de marcassins les avertit de se tenir sur leurs gardes, parce qu'ils sont guettés par un cruel ennemi. Le sanglier parait avoir été chez les Gallois un emblème national; c'est aux Gallois que la recommandation fut adressée, sous ce symbole, dans quelque intervalle de paix. Davies voit dans les marcassins les jeunes adeptes du druidisme à qui étaient donnés des enseignements secrets. — Rien n'embarrassait Davies, pas même de trouver les Nor-

détail les poèmes mis sous le nom de Merlin» de Taliesin, et rexplication vraie qu'elles comportent.

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mands nommés dans de prétendues pièces du sixième siècle: c'est, disait-il, une interpolation. On y lit de fréquentes invocations à Jésus, à Marie : Davies voyait là une précaution prise pour écarter le soupçon : ce fut comme la goutte de miel qu'on met sur le bord du vase pour dissimuler l'amertume de la médecine présentée au malade. Avec de tels procédés d'interprétation l'on conçoit que Davies ait trouvé dans ces poésies ce qu'il y cherchait, la confirmation de son système.

L'interprétation des triades et des poésies attribuées à Merlin, à Taliesin, a été un peu plus tard entreprise de nouveau par un auteur allemand, Mone, dans une histoire du paganisme du Nord *.

Mone se pique de ne pas répéter ce qu'un autre a écrit. Le culte noachique imaginé par Davies se change, dans l'ouvrage de Mone, en un culte cosmogonique. Mone voit dans les triades un récit symbolique de la création : le monstre tiré des eaux figure la séparation de l'élément liquide et de l'élément humide ; les bœufs de Hu nous apprennent que le monde fut créé au printemps sous le signe du tau-

^ Mone s'était donné- la tâche de compléter ainsi le grand ouvrage de Greuzer. Geschichte des Heidenthums im Nordlichen Europa, 1822, t, II.

reau. Le vaisseau qui, selon Davies, représentait Tarche de Noé, est, selon Mone, la figure de File (aujourd'hui Anglesey) qui fut le grand sanctuaire du diiiidisme. Merlin, Taliesin, interprétés d'une manière différente, viennent justifier le système de Mone comme ils ont justifié celui de Davies *•

Voilà un aperçu des chimères anglaises, allemandes, que la vieille littérature galloise a suscitées chez nos voisins.

L'ouvrage de Mone est resté comme inconnu en France ; je ne l'y vois cité nulle part.

Davies a eu chez nous meilleure fortune : ses interprétations du pseudo-Merlin, du pseudo-Taliesin, ont été en partie reproduites, sans qu'on ait accepté le système dans son ensemble.

J'ai dit plus haut quelle couleur MM. Jean Rey-

* Plus tard encore un autre auteur allemand, M. Eckermann, professeur à Gœttingue, s'est engagé dans la même voie. Partant aussi de l'idée que de grands secrets druidiques 'étaient recelés dans les poèmes de Merlin et de Taliesin, il en a repris l'interprétation en s'inspirant des idées de Davies et de Mone, mais bien plus de celles de Davies, quoiqu'il n'admette pas son culte noachique. (Lehrbuck der Religions geschichte, III band. Die Kelten. 1848.)

LA REUeiON CELTIQUE — LE DRUIDISHE 407

naud, Henri Martin, Gatien Amoult ont eu à cœur de prêter au druidisme. On avait fait d*£sus un Jéhovah gaulois ; Hu, considéré comme un personnage historique et mythologique tout à la fois, est devenu Tincarnation d'Esus * .

Le mythe de Kéridwen et Gwion était fait pour attirer particulièrement l'attention. Davies avait vu dans Kéridwen la personnification de l'arche. Dans le système de Mone, Kéridwen était devenue la grande déesse de la Nature; son bassin était la figure de la science qui en découvre les mystères; la lutte de Gwion contre Kéridwen représentait les efforts qu'il faut faire pour arracher à la nature ses secrets ; les transformations de Gwion étaient l'image des systèmes que la science invente et abandonne pour d'autres. Je retrouve dans M. Henri Martin une idée analogue : « Ce symbole profond et enfantin tout à la fois recèle la lutte de la nature et de l'esprit ». Mais voici ce que Mone n'avait pas découvert : Gwion, ce chef des petits génies que les Gaulois nommaient duz, fut, le croirait-on ? le Tentâtes à qui la Gaule offrait, comme à Esus, des sacrifices sanglants ; il fut le démiurge, ordonnateur du monde dont

* M. Am. Thierry avait fait de Hu un patriarche déifié, devenu l'Esus des Gaulois. M. H. Martin, a émis une supposition inverse : c Le Hu puissant de la tradition historique passait, selon toute apparence, pour une incarnation du personnage cosmogcviique ». (III, 353).

Esus était le créateur...* — Le petit Gwion identifié avec le terrible Teutatës ! Toutes ses transformatioiis dans le Mabinogi gallois pâlissent auprès de celle-là. ..

L'établissement du druidisme en Bretagne et en Gaule a été expliqué par la légende galloise.

Am. Thierry avait supposé qu'il y fut introduit par Hu, patriarche des Kimris belges*.

Hu, selon M. H. Martin, ne fut point le vrai fondateur du druidisme : il ne fut que le réformateur d un sacerdoce patriarcal, héréditaire, établi antérieurement dans notre Occident par Nemeidh. « La vraie « gloire de Hu est d avoir donné l'essor au génie natif « de la Gaule, en chassant de la sphère religieuse le « principe fataliste de l'hérédité '. »

Ce que j'ai dit plus haut sur la fable des triades me dispense de discuter l'hypothèse greffée sur cette fable.

Une phase nouvelle s'est ouverte dans le néo-drui-

^ H. Martin. Hist. de Fr,, I, 57.

a V. Hist. des GauL, part. II, ch. !•'.

^Hist. de France, T, 65. •

disme de notre temps par la publication d'une pièce intitulée : Mystère des Bardes de tîle de Bretagne ' .

« Le livre des arcanes vient d'être révélé au inonde savant, disait M. Henri Martin *. C'est là que la pensée druidique a déposé ce qu'elle contenait d'immortel. Là reposent des arcanes qui, transmis durant des siècles par une tradition orale, furent enfin livrés à l'écriture. Si l'on soulève le voile du sanctuaire, on est ébloui de la splendide apparition qui rayonne sur l'autel. » M. J. Reynaud voyait de même dans le Mystère un des legs les plus précieux de la nationalité gauloise * » .

La pièce qui a excité cet enthousiasme se compose d'une série de triades au nombre de quarante-six. Beaucoup sont des sentences morales, philosophiques, religieuses, auxquelles l'emploi de cette forme ternaire donne une originalité plus apparente que réelle» Quant au système, il a deux parties : l'une se rapporte à Dieu, l'autre à l'homme. — La théodicée du mystère nous montre un dieu unique qui est la vie, la science et la puissance ; être parfait en lui-même dans §es volontés et dans ses œuvres, suprême puissance, su-

* Le Mystère des Druides de l'île de Bretagne, ou la doctrine des bardes gallois du moyen âge, sur Dieu, la vie future et la transmigration des âmes. Texte original, traduction et commentaire par Ad. Pictet. Genève 1856. Une première publication du mystère avait été faite dans la Bibliothèque universelle de Genève, novembre et décembre 1854.

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