‹ Les cent ballades: poème du XIVe siècle composéChapitre 60 sur 77 · LXX INTRODUCTION · texte numérisé non relu

LXX INTRODUCTION

maîtresses, l'une toute de pureté intangible, l'autre de beauté plus abordable, terminent leur dialogue par ces vers :

Nous aimons, c'est assez ; chacun a sa façon. . . Et la femme qu'on aime aura toujours raison.

C'est, mieux exprimée, la pensée de Jean de Mailly. Nous nous garderons bien de prendre position dans un pareil débat; nous laissons aux lecteurs le soin de juger eux-mêmes, et d'après leur expérience, leur âge, leurs goûts, leur tempérament, leurs idées morales, de dire qui a raison du bon chevalier Hutin ou de la Guignarde jolie.

En terminant cette introduction, nous ne saurions oublier d'adresser nos plus vifs remerciements à tous ceux qui ont bien voulu contribuer à améliorer notre travail, et en particulier à notre commissaire responsable, M. Auguste Longnon, qui une fois encore nous a permis de mettre à contribution sa science à la fois si précise et si variée.

Paris, 3 novembre 1905.

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LES""éE«T p 'BALLADES

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Ainsi qu'en chevauchant pensoie, Vint près de moy uns chevaliers :

« A quoy pense&jrpus, amis chiers? »

Je lui dis qu#^,itftaVoie.

Lors m'aparlh^flyîvolentiers, Pour ce qu'il vidque jeune estoie.

i. Ce titre ett emprunté aux mu. A et F, dû il figure à Fexplieit. Vers i. On lit en Me de cette ballade, dam B, au deuoia de les miniature de tète : Le chevalier ancisn . — a. E pont.

« Amis, vostre cuerest en voie Amoureuse et voz desïriers; S'avez droit, car je ne saroie ia Deviser un plus doubt mestiers.

Aussi Amours en ses dangiers Me mist quant vostre aage avole, Et me fu doulxesfais premiers,

Lors entra en mon cuer la joie Qui y fu puïidix ans entiers, Car Amours, que si chier tenoie, so Me fist de ses biens parsonniers

Et me fu vrai* et drolcturiers, Car 11 aceut que ïoiaux serole ; Sy m'en fist ses dons plus pleniers, 34 Pour ce qu'il vit que jeune estoie.

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LES CENT p^LLApSS

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Et des biens qu'Amours me donna Le premier fu Doulce Pensée, Qui depuis tenu joieux m'a Plus que nulle autre, mainte année, Car dedens moy fu si fermée Qu'a peine s'en peûst partir ; Et avec ly me fu donnée Plaisance et Amoureux Désir.

Et plus, car il m'abandonna Espérance qui tant m'agrée, Qui ou droit chemin m'adreça De servir m'amour désirée, Ma dame, ma chierté loée, Mon cuer, quaoque je vols chérir; Par quoi me crut nuit et journée Plaisance et Amoureux Désir.

Alors mon cuer dutout laissa Le désirer d'autre rien née ;

Vers 11. Ctvtrt tu Qjottté en margt tbuuC.

4 téà êéifrr 1 éÂLLÀftès

Plus ne volt, plus ne couvoita

20 Fors la joieuse destinée

D'estre amé de la plus prisée Qu'on peûst ou fronde choisir, Pour qui en mon cuer fist entrée

24 Plaisance et Amoureux Désir.

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Ainsi la pensée nouvelle

De quoy Amours me fist présent

M'aprist a sentir l'estlncellc

4 Amoureuse, qui liement

Me fist vivre et joieusement , Et par qui me vint la leetse Ou je vesqui puis longuement

8 Du gré de ma belle maistresse.

Et sachiez que de douceur tele M'est le souvenir bel et gent.

Car certes meilleur ne plus belle

12 Ne peusse servir nullement :

Ce fu mon joleux pensement, Mon bien, m'amoureuse richesse ' Qu'Amours m'envoia proprement

16 Du gré de ma belle maistresse.

Brief, tant de joie me vint d'elle, Et je l'amay si tendrement

Ver» 9. de mont/ut dam C

Conques dame ne damoiselle Ne servy nul plus loialment, Et pour le guerredonnement La fist de moy daippt et princesse Amours, a qui fu ligement Du gré de ma belle maistresse.

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US CBMT lUlAMI

Tel fu l'amoureux guerredon Que j'euz pour loialment servir La belle qui me tîsi le don De mes pensées seigneurir Et de moy tout sien retenir.

Celle fu dame et tresmontaine Des biens qu'Amours peuent merir Et de beauté la souveraine.

Et de tous avoit ce renom, Pour ce qu'on ne pouoit choisir En ce monde, ce disoit on, Nulle plus plaisant a velr; Et eroy que Dieu la fin venir Pour estre la droitte fontaine De lolauté qu'on doit chérir Et de beauté la souveraine.

Sa grant beauté fu achoison De maint cuer d'onneur enrichir ; Son gent corps, sa plaisant façon Faisoit les tresbons amleudrir

Et maint hault penser acueiilir :

Pour les biens dont elle estoit plaine Se fist fleur des dames tenir Et de beauté la sou^fraine.

•i.i-ijo'i UHJJ Awtnf. a>.\li izaï/.

Ado ne crut en moy la pensée D'estre plaisant et gracieux, Et de faire que renommée Fust bonne de moy eri tous lieux, Car bien souvent l'Amoureux Dieux Me disoit que trop bien dévoie Estre bon, puis que je servoie Celle qui toutes autres passe De tous les biens dont dame a grâce, u Et que faire me convenoit .

Que vaillant fusse en toute place, .

Et que ma dame le vouloit.

Après me dist sans demourée :

« Mes commandemens te faix tiens c Que les jours de çb^acune année « Et les uuis îe^WiiKHJËieux ; « De nul De soies «jnjvyeux,

■ Maintien tousjours ton cuer en joie, « Jamaiz bien d'autrui ne t'cnnoie,

■ Aime Dieu et s'amour pourchace,

« Renommée des bons n'efface, « Ne soustiens ja rien contre droit ! »

Ainsi dist Amours que j'ouvrasse, 24 Et que ma dame le/vouloit.

c Ta dame soit de toy amée ; « Loe ses faiz, ses riz, ses jeux ; !

« Fay ce qui lui plaist et agrée, « De ce soies trescurieulxi « Sers la tousdiz de mleulx en mleuix, 3o « fin «on gré faire fesbanoie,

« Beau filz, car c'est la droitte voie « D'onnéur, qui ^illèhie ertchace.

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« Garde bien qu'en toy ne s'enlasse c Deslr d'amer autre qui soit 1 »

La dist Amours 4ûé ûie fermasse, 36 Et que tna damé le voulolt.

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LUS CRNTi RAI.tA.DSS;

« Lié, gent, joieux, doulz et plaisans,

■ Prisant les faiz de bonne gent

< Soies et les femmes amans

« Et toute rien communalment « De l'amour, dont generalment

• Doit estre amé chascune chose ;

■ De cucr qui en honneur repose

• Ces poins maintien toute ta vie, « Et ta dame, ton cuer, t'amie

« Orra par ce mainte nouvelle

< De toy, dont tousjours sera lie, « Tant lui sera plaisant et belle.

« Parlans >i«po, ne jrap f jaUtn* , « Ne vcul que soles nullement; « Mais parole en lieu et en temps « Et de tout gracieusement; « Vetz toy et chjuigte nettement, « Les faiz d'aûtnstjpmal ne glose,

Vert i . La ballade manque dans B par suite et l'arrachement 4e deux feuillets.

« Pense en t'amour qui est la rose « De bien, d'onneur, de courtoisie « La plus belle, la plus jolie « Qui soit, et la pensée tele « Yert a ton cuer foie assouvie, 24 « Tant lui sera plaisant et belle.

« Eslodge tôy de inësilisans, « N'escoutd point leur parlement, « Car a tous miès faiz sont nuîsans, « Et je les hé tt ô j> fliôf teliïieft t ; « Et sàèhés que l^côimemeiit 3o « De tel gëtft Vièflt d la parclôse

Cuise

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« A sur toy, et je té juf qu'elle « Ta loiauté n oublîra mie, 36 «Tantïiiî^^StW^ife! rl/i]

Vers 22. A, E enli ^uU£ ^J.'A; EJT dé* thë*fiiâns.

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tHS CENT . KXDLÀDIS | l3

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« De te dire que larges soies

o N'est mestier, car bien apparçoy

<t Etcongnoiz que se tu a voies

« Les biens du monde tous a toy,

« Toutdourroyes, et, par ma foy,

« C'est l'une des conditions

« Qui plus me plaist, car tous les. bons,

« Les beaux, les preux, plains de vaillance

a Qui amerent dès leur enfance, ,.

« Furent de ce faire joieux,

« Et du maintenir sans doubtançe

" Ta dame t'en aimera mieux. , -,

■ #, Ea ioane» g«Mtes d*rue«(4pws., « D'onnorer dames ne rt&tryp -M * D'estre secret maintien les voies, c Porte tousdiz joliz arroy, .

« Soles en l'amoueuse loy « DebonnairdgMdb, preudoms,

.. La ballade marque daittR.— n Cmiax. — 17. Ctoiex;

n turcharge dam C.

14 tBS CKKT TSAU.ADBS

« Plaisant entre les compagnons ; « Vuide de toy oultrecuidance, « Souvent jurer, mentir, ventance ; « Garde ne soies orguilleux ; « Et de tenir cette' ordenance 24 « Ta dame t'en aimera mieux.

« ChanwV^ocerfOu^^TOtirtioitt,

« rJe^îéSfaïfètoolW'coyr "

« Et s^n'Mitile'tëH^o^ 00 ' J

« i^z'ré p^flwwfrtf 'dltir* :

« Se^elftr'pilsseir^^^itftBf ,ouT 3o < De vaillancelï'faààlx; rëridifls,

'« Mais dù'àJàsl toiitè» 1« éidsbirt '

»Oèi«

"^'"«"MâtriUeltfiléé'iiéstfeacoàWtntiâncfc.

« S'éri «sàtïlt Vlertr/deVitit te laàce, « En niine^éï estliie^e.isntôu'èdeux « Où'PrOeice les bààs ( ivincë i ; '• ; 36 « Ta danïeVen aîiheW infétii. J '

Vers 24- C ÀWc. -^ ai. <3 soicf, ^ s«. <t *eï preux. - 39. C passe. —36. G-nJel** .»i . ^i ; b t nonno'C] -

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<H «:> ,fl ,A fi^vatft^iièw soiëVptfrtifcioiL nu - .zz auv « Je t'enseigne que tes effors ^ luoî ° '

« Et tes désirera soient mis « A avoir gens qui cuer et corps « Aient mis ^j^tonneur dès lors 18 « Qu'ils s 9 aiwB^|^emierement«

Vers i. Les vers t à 26 manquent dans B. — a. C Gardes* 3. C aies.

« Ainçois en prens moins, car tel gent « Un en vault miex que d'autres troiz ; « Plus d'onneur font en tous endroiz « A leur maistre, et bien le saras « A resprouvej^^tyse ce croiz, 24 « Des bons plus prisez en seras.

« De ch^r^^^qi^g^w,^^ 9 g »

« A leutfim-gl&lftteQpmjj *a * 3o « Entr'eulxf f^ro&M^#J*»8*!,JÏÏ »

« Au mJeïd-wrwîî^^Wii^fc^rQ'i^

« D'e^^i^fjtiMt^ilibSSMCMr n'A »

36 « b^w»ii4>fai§j|i|iwf<fiii«#m»a »

Vers 22. et est */ofctfr4rçt46ioe *6-£jfPilfer#* A, B, C, F, G toutes. gl0Ï[9 2DJ 0JJp n 8 j DW19 *| 5 f. »

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« Et se tu es tant eureui

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« Que grana guerres puisses ti

Rui Iijti jiîyjuliJTejfc or.

« La en verras de bqaujc, de pi

, -33i^pi mm lup alha ei A »

« Qui vomaront en honneur monter

' « Met paiae de ceuli la passer,

* Fay que tu soies le meilleur -, (

« Tenu; lors te croistra valeur

« Par tout et bonne renommée,

« Et ce resjolra le cuer

« A la belle qui tant t'agrée.

« Telz fais sont assez plus greveux

* A faire que a deviser,

« Mois Fortune se tient de ceulz

« Qui emprennenta conquester.

« Conquiers honneur : ne dois doubler

■ Paine, péril, n'autre labeur;

« Aime et prie Nostre Seigneur,

« Maintien toy en haute pensée,

« Car ton bien fait sera douceur

a A la belle qui tant t'agrée.

Vers 6. C soiez.

« S'on tient les champs, soies sogneux

■ D'o ceulx de l'avangarde aler, * Car c'est le plus aventureux ;

« On y puet honneur coaquester

■ Plus qu'ailleurs. Mais se séjourner

■ Vouloit l'ost, fay pour ton honneur « Qu'avec le premier empreneur «Ailles sans fdire deînoûree : '

c Ce ne despUlroit "a mil fiier

■ À la belle qui tant t'agrée. .

.jLtÏMfi-iï.,-;

« Encor te recommans je bien,

« S'on vient a ordener frontières, „

« Qu'en la plus prochaine te tien

« Des ennemis, et voies quieres

« Que vai 11 an s gens lez toy acquières.

« La est le chemin et l'entrée 1 ' ■" 1 '-' •'■*

« De trouver mainte grant journée

■ Et d'armes faire en mainte guise ;

* Telle vie est moult honorée,

« Etchascun bon la loe et prise.

« Chevauche souvent et retien « Les chemins, les pas des rivières; « Avec les vaillaas va et vien :

« Se courre vont, entr'eux te hères.

« La verras qu'en maintes manières « Puet estre Vaillance esprouvéc • Par jouster, par ferlr d'espee, < Et le cuer cui Proesce atlse « Moustre la sa haute pensée, « Et chascun bon la loe et prise.

« Comme chevalier te contien ; « Au retour chevauche derrières ; « Se besoing est, le fès soustien ; « Tourne souvent, la jouste quieres :

« Entier te tien, ne laisse arriéres « Sans toy nul de ton assemblée, « Se tu vois gent qui conquestée « Puist estre par hardie emprise, « Fîer éns, car c'est valeur loée, « Et dbateûù fc&ti là lôé et prise.

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« En tous fàiié (faites' te' travâttlê"

■ A ton poiioîr et main lit soir!

« S'a escarmouche vois qu'on aille,

« Va y, la pourra on veoîr

« Ton corps se tu lefaiz valoir.

« Se tu es a siège tenir,

• Souvent va au guet, car venir

« Y puet mainte bonne aventure

« Ou tu pourras bien acquérir

t L'onneur qui tousjours ans bons dure.

« Aussi d'ordenance te baille « Que du siège ne dois mouvoir « Jusqu'en fin ; maiz, se pour vitaille ■ Dont l'ost soit fort a pourveoir,

< Vois un capitaine esmouvoir « Qui voist l'estandart asseyr

< Pour vivres a l'ost accueillir, f Va avec lui, et met ta cure

« D'y bien faire, pour ensieuïr

« L'onneur qui tousjours aus bons dure.

s Et se la chose a ce se taille

« Que tes ennemiz asseoir

« Viennent ville ou chastel, sans faille

■ Va dedeos, fay apparcevoir

■ Qu'a droit quicres honneur pour voir.

« Et se tes gens veulent saillir,

« Sail premier, et au recueillir « Derrier soies, le fès endure ;

■ Ce hardement la fait florir

« L'onneur qui tousjours aus bons dure,

LES CENT BALUDES

« Du rendre' m-, tien parlement « Ktquamhorsdeos touwru, « Tantost su» nul delaieraent « En la première guerre vas, « S'elle est bonne, que tu sans ; « Et s'il y a nul compaignon « Gracieux et de bon renom « Qui le veulle d'armes requerre, « Ottroie lui, car c'est raison :

a Ainsi pourras honneur conquerre.

« Et te délivre prestement

« D'acomplir ce que promettras,

« Et le fay bien et llement

« Trestout le miex que tu pourras;

« Et, en ce faisant, acquerras

« Loenge et pris a grant foison.

« Entretien chascune saison

« De hanter le mestier de guerre ;

« Soles sages, preux et preudom :

« Ainsi pourras honneur conquerre.

24 LÉS CENT BàLLÀDKS

« Gouverne toy si doucement « Envers tous ceulx ou tu vendras, « Que chascun veulle bonnement « Loer les faiz que tu feras

25 « Ou te servir, se mestier as.

« Se prisonnier vient de prison, « Donnes lui, et saches que don • « Les cuers de mains a un asserre.

« Pense hault, tien t'oppinion s

3o « Ainsi pourra* hontieur coaquerre.

rf * • ' -» à s

;;' it: .

« Et se ld gûértê e3t faillie,

« Fay tost de telînl pal* ;

« N 1 arreste, qùôy que nul die,

«c D'onneur qtié ftt as efhpris « Veult qUe ton cufcf entetltls

« A quérir chèVftîôrie

« En tous lîétiiJetsé tôÙ5dl2 '

Yi

« Le fournis, 12 «A tanneur oc faudra* mfc, ; ,

« Après, t'en va en Surie, « Par navie,

« Au sépulcre, ou Dieu fu miz,

« Et maidè dêvôte Vie,

« Humble et lie ; 1 8 « Rens lui grâces et merciz ;

« Aime le, creîns et cheriz, « Obeiz;

« Humblement merci lui prie.

« S'ainsi le fais, beau doulz filz, « Soies fiz, 24 « A honneur ne fauldras mie .

« Puis soit ta voie accueillie

« Sans detrie « Par les desers arrabiz, « Droit ou fu ensevelie « Et servie 3o « Des anges çle Paradiz

« Celle a qui Dieu fu amis

« Et maris, « Katherine l'enseignie :

« S'en lui est ton cuer. espris « Et assiz, 36 « A honneur ne faudras mie.

Vers as. A Sainsi te maintiengs beau dôùli filz; C Sainsi te maintiens beau filz.

LIIS CBMT MXULuMtA

« De toy son bien avisée

« La contrée, « Ce que faire s'en pourra; « Tu ne scez se destinée

« Affermée « Est qu'on voise par delà ■ A ton temps, et se de ça

« Te vient ja c Nouvelle d'aucune armée « Qui s'apreste, va droit la ;

c Ce sera «Pjoeice biaarenoramée. ■.■.■■..

■ La puet estre la journée

« Ordenéc « Qui en hautt^i te mettra, « Car t'en Turquie est menée,

• A l'entrée < Tantost la bataille ara <c Ou ailleurs; maiz en ceulz la

<t Gent y a

*8 LBS CENT BALLADES

« De guerre plus adurée :

« Qui contre ceulx preux sera « Doublera 24 « Proesce bien renommée.

« Et s'au retraire en galée,

«c Empressée c Vois la gent qui t'amena « Par Sarrazins, qui l'entrée

« Destournée 3o « Leur aient, or y parra

« Qui leur effort soustenra,

« Et sera « Le plus preux de rassemblée ; « Pour voir, cil qui te fera

« Acquerra 36 « Proesce bien rénommée.

Vers 33. preux est c* wntorg* dma G ; C lassemble.

ty^

LES CENT KUXAIMiS

« Et se bon etir t'envoie a Et ottroie '

* Que tu te puisses trouver

* Ou Fortune ceulx avoie

« A qui joie « Veuh de Vaillance donner, c C'est de combatre sur mer,

«Ton penser

* Et ta volenté emploie

« D'y tous autres surmonter

« Et passer ;

« C'est d'onneur la droit te voie.

x Garde ton cuer ne recroie

« Ne s'ennole « De Proesce désirer, * Mais-^JriMgBKjùpjj^iteploie,

« Voulloyr d'en haut pris monter

Vert 10. De corrigé m Dr datu C. — 18. Voullorr eit tn * charge data C.

3p .JLBS ÇWT flA&UDff

a Et de nom de preux porter,

« Et amer « Celle qui ton cuer maistroie, « Servir, creindre et honnorer

« Et doûbter ; 24 « C'est d'onneur la droitte voie.

« Souvent tes. nouvelles oie,

« Sache et croie « Que tu l'aimes sans fausser.

« Et des siennes te renvoie,

« Ce lui. prpie* 3o « Et te veulle commander

« Son vouloir et ordener ;

t-^ i.li •■• 1 IIU i >»

« Trespasser .

« Ne dois la volenté soie : , ,

-urnorçiy: «vj-ttup 2001 v (1 »

« Sers la bien, c'est la nomper « QulnVpèr.,.

36 « C'est d'onneur la droitte voie.

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o Et s'en ta présence adresse

« Qu'aucun blesse « L'onneur que conquise aras, n Qui par parole t'apresse

* Menterresse, « Par ton corps t'en deffendras, « Et la chose a tant menras

« Et feras * Que chascun par ta proesce « Dira que le droit en as :

« En ce cas, « Doublera ta haidiesce.

t Et quant l'euvre tricherressc,

« Traîtresse, • D'aucun home congnolstras « Contre^« f j| ii ne laisse

«Ne ne cesse"" « Jusques le vray en saras.

Vera 5. La vers 5 à 36 manquent dam B par suite de terraehement de quatre feuilleta.— 18, C Tant que le vny.

« Adonc, s'autre preuve n'as,

« Prouveras « Par toy l'euvre pecherresse ; « Dieu et droit vers toy mettras.

« Tel poùrchaz 24 « Doublera ta hardiesse.

« L'Egljsg e| le peuple esdresse,

« N'entrelaisse « Bien a faire ou, tu pourras:

« Se dame sçç? en tristesse

3o « De ^psuf , pv fau£ dfiy %

« Son droit pour ljij maintendras ; « Lors seras

« Et pour lejejj gi^eferas,

36 « Doublera ta hardiesse.

LES CENT BALLADES j 33

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