INTRODUCTION III
Les treize réponses qui terminent les Cent Ballades sont dues pour la plupart à des auteurs bien connus, tels que le duc de Berry, le duc de Touraine (plus tard duc d'Orléans), Renaud de Trie, etc . Les uns se déclarent partisans du vieux chevalier Hutin, le bon conseiller de la première partie du poème, dont le' nom nous est ainsi révélé; les autres tiennent pour la Guignarde^ c'est-à-dire pour la coquette, qu'ils ne désignent pas autrement; d'autres enfin répondent d'une façon évasive. Quelques unes de ces réponses nous donnent de plus le nom du jeune bachelier, auteur partiel de l'ouvrage, qui se trouve appelé Seneschal à plusieurs reprises.
On voit facilement de quel intérêt peut être une pareille œuvre pour l'histoire de la société française et de la vie chevaleresque au moyen âge. Sainte- Palaye, s'il l'eût connue, l'aurait certainement utilisée pour ses travaux. Les Cent Ballades ne semblent pas cependant avoir été signalées antérieurement à l'abbé De La Rue, qui, connaissant un desmanuscrits de la Bibliothèque nationale (fr. 220 1 , anc. 7999) et celui de Bruxelles, attribue la composition de l'ouvrage à Jean de Saint-Pierre, alias Jean d'O, seigneur d'O, sénéchal héréditaire de la comté d'Eu, au comte d'Eu, Philippe d'Artois, à Boucicaut et à Crésecque " . La notice de l'abbé De La Rue passa inaperçue, car lorsqu'en i836, Michaud et Poujoulat réimprimèrent le Ltpre des Faits de messire Bouciquauty ouvrage où se ren-
I . Essais historiques sur les Bardes, les Jongleurs et les Trouvères normands et anglo^normands, t. III (1834), p. 336-337.