I. Nal., ms. nouu. acg.Jr
Donques, mon tresdoulx chier enfant, Se pour tel meschef escheuer, Et pour recevoir joie grant,
4 Et pour tost en hault pris monter,
Vous plaist Loiauté forjurer, Au moins d'amer en un seul lieu.
Vos maulx verrez en bien tourner :
8 Nul n'y peut nuire, si non Dieu.
Ne ja n'en sarez amer tant Qu'encor n'en doiés désirer.
S'ainsi faittes, je vous crëant
1 2 Que vos joies verrez doubler;
Par ce pourrez faire muer Toutes vos tristesses en gieu ; S'a ce vous voulez accorder,
16 Nul n'y puet nuire, si non Dieu.
Vers I. On lit en tête de cette ballade dans B, à droite de la miniature: Enamorat ef MaquereUe. — 14. B, C, F^ G jeu; E geu.
Car deslolauté tant ne quant N'a en plusieurs femmes amer Et faire a chascune semblant D'elle seule chérir, doubler.
Servir, obéir, honnorer.
S'a ce faire estes enteniieu.
De joie arez a cuer combler ; Nul n'y peut nuire, si non Dieu.
LBS CENT BALLADES
Promettre pouez seurement A chascune qui nom d'ami Voua dourra, que si loiaument L'amez, qu'en tout ce monde cy N*amez rien autant comme li; Et certes vous lui direz voir. Tant que serez en ce parti, D'autre amour ne vous peut chaloir.
S'ainsi le juriez a cent,
A nulle n'ariëz meiiti,
Se vo cuer dedfermé se sent
De l'amour dont je vous chasti ;
Tant amerez celle de qui
Brief pourrez les joies avoir,
Que vo cuer sera assouvy :
D'autre amour ne vous peut chaloir.
Quant a lors, maiz certainement Dès que d'elle serez parti.
Vers 5. A, B, C, F lui; E luy. — 17. ha troisième strophe V, 1 7^24) manque dans E.
La première qui doucement
Vous ara de s'amour saisy,
Vueil qu'amez autant, et ainsi
Par ce pourrez tous biens avoir
Et estre joieui et joly :
D'autre amour ne tous peut chaloir.
LB8 CENT BALLADES lyS
Adez celle dont plus prochain Vous verrez, amerez le plus Et qui de s'amour plusxertain
4 Vous fera, car telz est li us
De bon compains qui au dessus Veult estre de bonne fortune, Et qui a les vouloirs perduz
8 De se tenir dutout a une«
Ainsi sachiés que souverain Serez de joie plus que nulz, Tant vous vendra Leesse a plain,
t2 Tant serez partout bien venuz
Et de tous gracieux tenuz. Telz biens donne Amours et afine A celui qui se trait en sus
i6 De se tenir dutout a une.
Vers 9. La deuxième strophe (v. g- 16) est répétée dans E; les itrophes deuxième et troisième sont interverties dans F*
LES CENT ULLACBS
Car par estre de joie plain,
Serez des femmes bien volus;
Tout eUr vous vendra a main,
Mais que par vous soit mainte nuz
Ce dont me felstes refuz,
N'a pas long temps, par gnmt rancuac,
En loant les biens malostruz
De se tenir dutout a une.
Vers i8. C de femme*. — 19. B, C a plain {cotrigi ei JaiuC); Gaamain,