‹ Les cent ballades: poème du XIVe siècle composéChapitre 88 sur 97 · I. Nal., ms. nouu. acg.Jr · texte numérisé non relu

I. Nal., ms. nouu. acg.Jr

Donques, mon tresdoulx chier enfant, Se pour tel meschef escheuer, Et pour recevoir joie grant,

4 Et pour tost en hault pris monter,

Vous plaist Loiauté forjurer, Au moins d'amer en un seul lieu.

Vos maulx verrez en bien tourner :

8 Nul n'y peut nuire, si non Dieu.

Ne ja n'en sarez amer tant Qu'encor n'en doiés désirer.

S'ainsi faittes, je vous crëant

1 2 Que vos joies verrez doubler;

Par ce pourrez faire muer Toutes vos tristesses en gieu ; S'a ce vous voulez accorder,

16 Nul n'y puet nuire, si non Dieu.

Vers I. On lit en tête de cette ballade dans B, à droite de la miniature: Enamorat ef MaquereUe. — 14. B, C, F^ G jeu; E geu.

Car deslolauté tant ne quant N'a en plusieurs femmes amer Et faire a chascune semblant D'elle seule chérir, doubler.

Servir, obéir, honnorer.

S'a ce faire estes enteniieu.

De joie arez a cuer combler ; Nul n'y peut nuire, si non Dieu.

LBS CENT BALLADES

Promettre pouez seurement A chascune qui nom d'ami Voua dourra, que si loiaument L'amez, qu'en tout ce monde cy N*amez rien autant comme li; Et certes vous lui direz voir. Tant que serez en ce parti, D'autre amour ne vous peut chaloir.

S'ainsi le juriez a cent,

A nulle n'ariëz meiiti,

Se vo cuer dedfermé se sent

De l'amour dont je vous chasti ;

Tant amerez celle de qui

Brief pourrez les joies avoir,

Que vo cuer sera assouvy :

D'autre amour ne vous peut chaloir.

Quant a lors, maiz certainement Dès que d'elle serez parti.

Vers 5. A, B, C, F lui; E luy. — 17. ha troisième strophe V, 1 7^24) manque dans E.

La première qui doucement

Vous ara de s'amour saisy,

Vueil qu'amez autant, et ainsi

Par ce pourrez tous biens avoir

Et estre joieui et joly :

D'autre amour ne tous peut chaloir.

LB8 CENT BALLADES lyS

Adez celle dont plus prochain Vous verrez, amerez le plus Et qui de s'amour plusxertain

4 Vous fera, car telz est li us

De bon compains qui au dessus Veult estre de bonne fortune, Et qui a les vouloirs perduz

8 De se tenir dutout a une«

Ainsi sachiés que souverain Serez de joie plus que nulz, Tant vous vendra Leesse a plain,

t2 Tant serez partout bien venuz

Et de tous gracieux tenuz. Telz biens donne Amours et afine A celui qui se trait en sus

i6 De se tenir dutout a une.

Vers 9. La deuxième strophe (v. g- 16) est répétée dans E; les itrophes deuxième et troisième sont interverties dans F*

LES CENT ULLACBS

Car par estre de joie plain,

Serez des femmes bien volus;

Tout eUr vous vendra a main,

Mais que par vous soit mainte nuz

Ce dont me felstes refuz,

N'a pas long temps, par gnmt rancuac,

En loant les biens malostruz

De se tenir dutout a une.

Vers i8. C de femme*. — 19. B, C a plain {cotrigi ei JaiuC); Gaamain,

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