‹ Les cent et une lettres bibliographiques a m. l'administrateur général de la Bibliothèque nationale par m. Paul LacroixChapitre 5 sur 8 · XXII · texte numérisé non relu

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Voici venir le premier volume d'un ouvrage qui n'en ■ que deux, par bonheur, et dont le second avaU S 1 re mis en place, par mes soins. J 6

lettre de série J.) ' <<'«'ng<MS encore la

Celle réintégration esl d'autant plus importante, que la Ira-

duclion de Suétone, par Levesque, de môme que votre traduction de Piaule, n'ayant pas été réimprimée, la Bibliothèque Nationale n'avait plus un seul exemplaire de ce livre à mettre à côté des traductions précédentes de Baudouin, Laharpe, Delislc de Sales, etc. Vous ne pouvez trop tenir à voir au grand complet l'innombrable série de vos traductions d'auteurs latins, traductions si utiles pour les jeunes citoyens du collège Bourbon ou Bonaparte, qui fréquentent assidûment la Salle de lecture de la Bibliothèque Nationale, comme les élèves du collège Charlemagne profilent du voisinage de la Bibliothèque de l'Arsenal, comme les externes des collèges Henri IV et Saint-Louis se sont emparés de la Bibliothèque de Sainte- Geneviève. A propos de traductions, celle des Commentaires de César, par Varney, vous a fait défaut , et je me flatte de la reconquérir, quelque jour, à votre intention.

Si le service de la Salle de lecture, ainsi que celui du prêt au dehors , étaient mieux entendus et mieux ordonnés , vous sauriez toujours, à point nommé, par quelles mains de lecteurs ou d'emprunteurs, ont passé les livres qui manquent sur vos rayons; vous sauriez que, tel jour, tel ouvrage a été confié à telle personne j vous sauriez que cet ouvrage a été lu ou prêté deux fois, dix fois, cent fois, dans le cours de l'année, dans l'intervalle d'un lustre ou d'un demisiècle. Ainsi, au moment où je vous restitue {'Histoire des douze Césars, que le hasard m'a fait rencontrer dans la défroque d'un vieux bouquiniste , vous devriez pouvoir nous rendre compte de la sortie de ce livre qui, peut-èlre depuis quinze ans, vagabonde hors de la Bibliothèque ; vous devriez pouvoir nous dire, avec certitude, s'il a été volé dans votre Salle de lecture et par qui il a été volé ; ou bien s'il s'en est allé courir les champs, par la fausse route du prêt ; et si l'emprunteur a été infidèle par négligence, par déloyauté, ou par force majeure. J'en demande, répondrez-vous , plus qu'un bibliothécaire n'en doit et n'en peut faire? Je demande, Monsieur l'Administrateur général, ce que vous obtiendrez sur-le-champ de M. JPanizzi, conservateur de la bi-

bliotlièque du British Muséum. M. Panizzi vous dira, par exemple, si la chose vous préoccupe, combien de lecteurs et quels lecteurs se sontattaquésà votre Conjuration cT Etienne Marcel, depuis notre révolution de février 1848.

Ce n'est pas sans raisons que je vous invitais à faire ûn voyage à Londres, et une visite au British Muséum ; car, votre Lettre à M. librim le prouve que trop, vous ne soupçonnez pas quelle est l'organisation de cette Bibliothèque modèle, et vous ne croyez pas que la Bibliothèque Nationale ait à lui envier quoi que ce soit, fût-ce son directeur, aussi bon bibliographe que bibliothécaire éprouvé. Vous ne comprenez pasque, dans cet établissement qui renferme 431,539 volumes, le récolement général ait pu être exécuté en moins - de trois semaines par trois employés ? Vous voyez dans l'énoncé de ce fait une figure de rhétorique (vous en voyez partout) qui a nom catachrèse ; mais, encore une fois, allez voir cette Bibliothèque admirablement organisée, dirigée et surveillée par M. Panizzi et ses collaborateurs ; vous comprendrez alors que ce récolement général, qui vous semble un conte de bibliothécaire, s'est fait aussi facilement et aussi promptement que vous Ta dit M. Libri. Ce n'est pas la machine à vapeur appliquée au récolement des livres d'une bibliothèque , c'est un système simple et ingénieux à la fois , qui fonctionne tous les jours, et qui, au jour dit, donne la preuve mathématique de sa justesse et de son excellence. Souvenez-vous de l'œuf de Christophe Colomb et tâchez de découvrir une Amérique en fait d'administration de la Bibliothèque Nationale ; découvrez du moins autre chose que les bas-fonds, les écueils et les abîmes, au milieu desquels vous conduisez votre barque d'Administrateur général de cette déplorable Bibliothèque.

Celle du British Muséum vous offre son exemple à suivre les yeux fermés : 1° Supprimez le prêt de livres au dehors ; 2 8 exigez des lecteurs le dépôt et l'enregistrement d'un certificat de notoriété ; 3° dressez inventaire exact de tout ce que renferme la Bibliothèque ; 4° reconnaissez-vous res-

ponsable de tous les livres et autres objets inventoriés, après

un récolement général; 5° mettez à jour vos catalogues et publiez-les d'une manière convenable , avec l'aide, s'il le faut, des bibliographes; 6° réclamez l'inamovibilité des bibliothécaires; 7° contentez-vous d'administrer administrât ivementj sans descendre dans 1rs détails de service qui appartiennent aux conservateurs spéciaux ; 8° écartez de la Bibliothèque les lecteurs oisifs, au prolit des lettrés et des crudits; D employez votre autorité et votre crédit à faire commencer les travaux délinitifsd'agrandissement et d'appropriation dans les bâtiments de la rue Richelieu ; 10° abandonnez une jurisprudence inique et ridicule, qui consiste à faire admettre l'imprescriptibilité du droit de la Bibliothèque ; 11° ayez lamour-propre d'un bibliothécaire cl non pas seulement celui d'un comptable ; songez que la Bibliothèque qui vous est confiée est la plus belle du monde, et qu'elle mérite d'être administrée comme une bibliothèque et non comme un dépôt de mendicité.

Un mot encore sur votre jurisprudence : Si quelque libraire honnête et consciencieux vous rapporte un livre, un manuscrit important, qu'il aurait acquis de bonne foi, gardez-vous bien de lui dénier l'indemnité à laquelle il adroit; et si vous daignez lui accorder cette indemnité qui encouragera des restitutions du même genre, tâchez au moins qu'elle ne soit pas dérisoire. Je me souviens qu'un do nos jeunes libraires les plus distingués, M. Guillemot, trouva chez un épicier, dépeceur de livres, un volume manuscrit, relié en maroquin rouge, que le fatal couteau allait anéantir : c'était le premier tome d'un recueil sur les pairs de France (cela vous regardait) : le timbre, le rtunéfi i , les armoiries témoignaient de Toriginede ce manuscrit. M. ( I uilleiuot le p irti religieusement à la Bibliothèque, où l'on constata que le précieux volume était absent depuis plus de quarante ans. Apres bien des démarches et des pourparlers qui durèrent plusieurs mois, on remboursa, sans intérêts, les douze francs que M. Guillemot avait payés, pour racheter et sauver le bien de l'Etat mis en

péril par l'ignorance d'un épicier ! Le véritable épicier était certainement à la Bibliothèque du Roi ; je crains qu'il n'y soit encore.

Agréez, etc. Paul LACROIX

(BIBLIOPHILE JACOB)

6 octobre 1849.

Monsieur l'Administrateur général,

Voici encore un volume de la charmante Bibliothèque de Choisy-le-Roi, que la révolution de 92 avait réunie à la Bibliothèque Nationale.

{Recueil des Oraisons funèbres prononcées par messire Esprit Fléchier; nouv. édil. Paris, Jean Desaint, 1740, in— 12 , relié en maroquin rouge, tranche dorée, aux deux L couronnées el aux armes du roi ; timbre de la Bibliothèque Nationale, X. 3810.

Cet ouvrage et celte môme édition étant décrits, sous le môme numéro, dans le Catalogue imprimé des Belles-Lettres, publié en 1760, il est certain que notre exemplaire avait, depuis 1792, remplacé un absent, par les soins attentifs de Van Praet qui fut toujours possédé du désir de cacher les pertes de sa chère Bibliothèque. Il pouvait ainsi se faire illusion.

Ledit exemplaire, que j'ai l'honneur de vous renvoyer en assez bon état, après vingt-deux ans d'absence, vous prouvera que la Bibliothèque du Roi ne prêtait pas ses livres les plus rares -, et que le prêt à domicile semblait inventé pour encourager les lectures édifiantes. Ainsi, je parierais volontiers que votre Conjuration dÉtienne Marcel était rarement en place, sous la Restauration. Que les temps sont changés! s'écrie Abner, qui lut peut-être, comme vous, administrateur général de la bibliothèque de l'implacable Athalie.

Quant à la Bibliothèque du château de Choisy-le-Roi, elle a fourni quantité de jolis exemplaires à celle de la Nation, dans laquelle on l'avait incorporée avec plusieurs autres provenant des châteaux royaux. Mais je ne sais comment il

s'est fait que beaucoup de ces exemplaires se soient mis en campagne ; j'en ai rencontré souvent ;i Paris et à Londres, qui ne se pressaient guère de vous revenir. Je regrette moins, je l'avoue, les livres de piété, que les romans qui ont décampé de la sorte. Ces bibliothèques de résidences royales contenaient quelques ouvrages assez libres, qui eussent pu arriver, dans votre Enfer, tout naturellement. Je doute pourtant que l'on y ait trouvé Thérèse philosophe, le Portier des Chartreux , les poèmes de Dulaurens et les ordures du poète Robbé. C'est dans la bibliothèque particulière de M œe Dubarry, à Luciennes, que s'étaient donné rendez-vous ces obscœna, reliés très-galamment aux armes de la comtesse.

Vous aviez pourtant, au fin fond de votre Enfer, bon nombre d'éditions de la Pucelle de Voltaire avec des gravures qui en faisaient le piquant; et ces exemplaires illustrés avaient une origine plus ou moins royale. Certes, ce ne sont pas les rois de France qui ont repris leurs livres partout ou ils les retrouvaient. Qu'avez-vous fait, qu'a-t-on fait de toutes ces Pucelles? Ont-elles passé, 'de votre Enfer, en paradis? *

Agréez, etc.

(BIBLIOPHILE JACOBV

7 octobre 1849.

Monsieur l'Administrateur général,

C'est une belle et utile institution que la Bibliothèque Nationale, qui prête de tels livres à ses emprunteurs ordinaires :

Abrégé de la vie des Sainte pour tous les jours de l'année, par M. J*" (Jauffret?). Tome second. Rouen, Mcgard, 1812, ln-12, relie en veau racine, aux armes du roi; timbre de la Bibliothèque Uoynle, H. 3320.

Que vous semble-t-il des avantages du prêt, au point dè

vue d'un pareil livre? Vous en serez étonné vous*môme, vous qui ne vous étonnez de rien, fût-ce la décadence et la ruine de la Bibliothèque. Si fracius illabatur orbi$. De l'homme d'Horace à l'homme de Plaute, il n'y a qu'une traduction.

Je me permettrai de vous répéter ce qu'on raconte de la sortie de ce volume hors de la Bibliothèque du Roi. Un de vos prédécesseurs, non moins académicien, mais plus bibliothécaire, avait le privilège d'être admis, le soir, dans la loge d'une des plus charmantes actrices de Paris, qui réunissait autour d'elle une cour de beaux-esprits. N'avez-vous pas fait ligure aussi dans cette cour-là (et je ne dis pas figure de rhétorique), Monsieur l'Administrateur général, vous qui, taillé sur le patron des amoureux de théâtre, étiez plus remarquable et plus remarqué qu'Elleviou dans son meilleur temps? Votre humble prédécesseur n'avait pas ces avantages \ il savait causer assez peu pédantesquement, et, de plus, il savait admirer en silence la divinité du lieu. Quand cette belle et gracieuse personne était en scène, ses amis tenaient cercle dans sa loge, et notre bibliothécaire, qui s'y était quelquefois trouvé seul, avait l'habitude de se pourvoir d'un livre, d'un livre de la Bibliothèque du Roi, d'un livre d'érudition ou de littérature. Je vous laisse à penser s'il était exact à le rapporter avec lui. Mais un jour il se trompa de volume, et prit distraitement celui que je vous renvoie aujourd'hui, au lieu d'un tome de iSicéron. 11 arriva de bonne heure dans la loge de la princesse. Ah î Monsieur, j'aurais donné une bonne pinte de mon sang pour être à la place de l'académicien ou plutôt de son volume; car, en l'ouvrant, il s'aperçut de son erreur ^ il voulut faire bon cœur contre fortune, et tâter de cette lecture édifiante : le sommeil s'empara de lui, et si fortement, que, ce livre tombé de ses mains, il n'ouvrit pas môme les yeux, pendant que l'adorable Elmire s'habillait en riant devant lui ; il ne s'éveilla qu'au dernier acte du Tartufe^ et vous comprenez qu'il oublia le trop soporifique volume sur la toilette qui l'avait recueilli, entre un pot de rouge et

un flacon de blanc de perle. « Depuis quand ôtes-vous ici ? lui demanda malignement l'aclrice. — Hélas! madame, reprit-il en soupirant, une autre l'ois, je ferai semblant de dormir. >» Quant au volume, tombé du ciel chez Elmire, il y resta sans être ouvert, et depuis il passa successivement dans la loge de Marton, puis dans celle de Lisette, puis dans celle d'Araminte ; mais il n'eut pas l'avantage d'être lu par personne, ni de faire la moindre conversion. C'est pourquoi vous le revoyez, après, trente ans d'absence, aussi neuf, aussi vierge, que s'il eût été conservé dans la boîte aux agnus de ces dames.

Mais, dira-t-on, la Bibliothèque Nationale a bien assez de Vies des saints pour se passer de celle-là. Je ne pense pas ainsi : la Bibliothèque étant centrale et générale, tous les livres, toules les éditions y ont une importance relative à peu près égale, et cette Bibliothèque, qui reçoit le dépôt gratuit de tout ce qui se publie en France, ne saurait souffrir la moindre lacune dans ce dépôt. Voilà pourquoi je réclame, avec tant d'énergie, et l'abolition du prêt et la suppression du public inconnu. La Bibliothèque Nalionalo ne peut être un cabinet de lecture. Entre tous les inconvénients du prêt au dehors, je vous signalerai celui qui résulte de la non-identité de l'emprunteur. Rappelez-vous ce nommé Vateb..., qui vous emprunta, sous le nom de mon illustre ami Alexandre Dumas, une centaine de volumes, qu'il vendit sans vous .en demander la permission? Si l'on vous faisait jamais, sous mon nom, un emprunt du môme genre, j'en serais fort honteux, et j'êttaqueraja le voleur en diffamation.

Ne serait-ce pas ce Vateb... qui vous aurait emprunté presque toue vo» livres basques ? Vous en trouverez les Desiderata dans la nouvelle édition des Proverbes basques de Oihenart, publiée par mes amis Gustave Brunet et Francisque Michel. Je ne soupçonnais pas qu'on fît tant de cas du basque, dans notre Babel parisienne. ^ ^ v ,M

8 octobre 1849.

Monsieur l'Administrateur général,

Je suis confus de vous renvoyer un livre aussi gras, aussi usé, aussi déshonoré ; on dirait un bréviaire de vieux chanoine, ou plutôt un des livres les plus maniés de votre Salle de lecture actuelle. Il y a pourtant vingt années au moins, qu'il en est hors.

Précis historique de la Révolution française, par J.-P. Rabaut. Quatrième édit. Para, Treuttel et Wurtz, 1807, in-18, fig , rel.en veau jaspé, aux armes de l'Empereur; timbre de la Bibliothèque Nationale, L. 1899.

Si ce volume était précieux ou rare le moins du monde, e vous conseillerais de le mettre entre les mains des habiles restaurateurs île livres, qui se sont formés et perfectionnés à Paris, grâce aux encouragements des grands amateurs, tels que MM. Libri, Armand Bertin, Jérôme Pichon, Motteley, Cicongne,etc. La bibliatrique (l'imprimeur, j'en demande pardon au savant M. de Boissonnade, créateur de ce mot, m'a fait dire biblialatrique, dans mes Lettres à M. Hatton, que je vous conseille de lire pour vous instruire sur le compte des experts que vous n'aviez pas Thonneur de connaître), la bibliatrique, médecine ou restauration des livres, est à la fois une science et un art , que la Bibliothèque Nationale a trop négligés, si non dédaignés. Donner des soins aux beaux livres, c'est prouver qu'on les aime; voilà comment la Bibliatrique est Mlle de la Bibliolâlrie.

Dans le cas où vous auriez un meilleur exemplaire du Précis de Rabaut Saint-Etienne, un exemplaire relié en maroquin rouge, fût-il aux armes du roi, je vous invite à y joindre quelques autographes. C'est ainsi que Chàteaugiron, Pixérécourt et M. Fossé d'Arcosse illustraient les beaux exemplaires de leurs bibliothèques ; c'est ainsi qu'ils comprenaient la collection d'autographes... Mais j'oubliais que vous

avez une horreur invincible contre les autographes et les autographophiles!

Cette horreur-là est, à coup sûr, de date récente, et vous n'eussiez point, j'imagine, avant février 1848, reproché à M. Libri de montrer trop de sympathie et de complaisance pour les autographophilcs, lorsque vous étiez si curieux d'obtenir de lui le don d'un autographe de Napoléon. M. Libri avait eu le bonheur de découvrir un trésor, un carton tout rempli de correspondances et d'ouvrages écrit! par Bonaparte, officier d'artillerie; mais une lettre autographe du grand homme n'en était pas moins un objet de haute valeur. M. Libri, avec sa générosité ordinaire, vous en Ht don, et, à voir votre joie en recevant ce présent impérial, il ne pouvait guère penser que vous renonceriez si fièrement au démon des autographes, à ses pompes et à ses œuvres. Il y a des conversions de toute sorte. Or donc, puisque vous diriez volontiers, en parodiant le mot célèbre de Valentine de Milan : Fi des autographes ! qu'on ne m'en parle plus! \e vous propose de transmettre au département des manuscrits le don que vous a tait M. Libri, et sons cette réserve que l'autographe de Bonaparte (valant 200 à 300 francs) sera dûment enregistré, numéroté et estampillé, pour qu'il n'ait jamais le sort de l'autographe de Molière. Avant d'en finir avec cet autographe, j'arrêterai un moment votre sagesse sur les procédés el les suites de votre jurisprudence en matière d'imprescriptibilité du droit de la Bibliothèque.

Qu'adviendrait-il, si l'on découvrait, dans quelque note d'un ouvrage imprimé en 1847, le renseignement suivant: <« L'original de cette lettre autographe d % . Napoléon Bonaparte se trouve chez M. Naodët, directeur de la Bibliothèque du Roi. » On pourrait, avec un peu de bonne volonté, vous refaire votre procès de l'autographe de Molière, et vous poursuivre, à propos de lettre, avec la lettre de l'ancien règlement de la Bibliothèque, lequel défend aux conservateurs de posséder des collections de même nature que celles qu'ils conservent. Mionnet, en devenant premier employé

du Cabinet des Antiques, se défit de toutes les médailles qu'il avait recueillies pour son usage ; mais, en revanche, répondrez-vous,GosselIin garda son médaillier, et l'augmenta même considérablement, à l'ombre du Cabinet des Antiques, qu'il n'en conservait pas moins bien. Je sais que, pour vous défendre d'une possession illégitime, vous invoqueriez le nom du précédent possesseur, M. Libri ; néanmoins, vous seriez dans une extrême perplexité, en apprenant que la Bibliothèque a fait acquisition, en 1845 et 184>, de deux amas de papiers historiques, relatifs à l'Empire et à l'Empereur. Eh bien ! Monsieur, voici de la pâture toute faite pour des experts qui voudraient vous chercher noise et vous infliger la peine du talion?

N'en est-ce point assez pour vous faire prendre en aversion les autographes, et surtout les autographophiles? Si M. Libri ne vous avait pas donné une belle lettre de Napoléon Bonaparte, vous n'auriez pas aujourd'hui la crainte d'être convaincu de posséder ou d'avoir possédé cette lettre ; ce sera d'un bon esprit, même en gardant la lettre, de garder rancune à M. Libri et à sa dangereuse générosité. Vous verrez, Monsieur, que, dans la prévision de ce qui s'est passé, il songeait peut-être à vous séduire. Singulier homme vraiment que ce M. Libri, qui donne en pur don des autographes, valant dix ou quinze louis la pièce, et qui arrache de sa propre main (au dire des experts et compagnie), dans les manuscrits de la Bibliothèque du Roi, des feuillets valant à peine cinq sous chacun !

Agréez, etc. Paul LACROIX

(BIBLIOPHILE JACOB)

9 octobre 1849.

Monsieur l'Administrateur général, Je me proposais de vous envoyer aujourd'hui les deux volumes de la Minéralogie de Brongniart, édition de 1807, aux armes de l'Emu *reur et au timbre de la Bibliothèque Impé-

uigitizeo uy

riale : on les avait découverts, à mon intention, parmi les livres d'un honnête et actif libraire, M. Asselin, quai des Augustins ; mais M. Asselin a préféré vous les rendre lui-même, ce qu'il doit avoir fait à l'heure où je vous écris. Vous ne manquerez pas sans doute de lui tenir compte de ses déboursés, si vous ne lui allouez pas d'honoraires; autrement, ce serait décourager pour toujours les libraires qui auraient envie d'imiter la conduite de M. Asselin. Nous verrons jusqu'où fléchira voire jurisprudence et votre front d'airain.

En attendant, voici, pour ne pas en perdre l'habitude, un volume à réintégrer à la place qu'il a quittée depuis vingt à vingt-cinq ans.

Élat militaire de la Franco pour l'année 1780, 31* édition; par M. de Bousscl. Paris, Onfroy, 17so, petit in-12, relié en maroquin rouge, Irancbe dorée; timbre delà Bibliothèque Impériale, L, 2008.

Ce n'est qu'un almanaeh, Monsieur, niais vous savez mon faible pour les almanachs où l'on trouve l;ml de perles historiques, biographiques , archéologiques, perdues dans le fumier des noms propres et des questions de personne. 11 en est des almanachs, comme des vins, qui gagnent à vieillir. Jugez, par exemple, de l'importance qu'acquerra Y Aima" nach Royal de 1816 ou V Almanaeh National de 184$, dans trois ou quatre siècles ; l'historien y puisera de précieux renseignements ; ayez doue soin que la collection de cet Almanaeh des favoris de la fortune soit toujours complète dans les archives de la Bibliothèque; un jour, ce bienheureux Almauacli dira ce que vous avez été, ce que vous êtes, ce que vous serez.

Ne concentrez pas toutefois votre sollicitude sur V Almanaeh royal ou national ; l'intéressante famille des Almanachs appelle aussi vos sympathies et vos soins. Celle famille, hélas! est un peu décimée à la Bibliothèque-, 11 y a des vides déplorables dans les meilleurs endroits, et l'on peut assurer qu'ils ne seront jamais comblés, à l'exception de quelques rares retours au logis. Rien ne passe plus vite que les boni-

mes et les almanachs. Villon demandait : où sont les neiges d y antan?Je vous demanderai avec plus d'à-propos : où sont les almanachs de l'année dernière? Mon Dieu! ne soyez pas si dédaigneux à l'égard de mes chers almanachs, et ne me renvoyez pas avec eux aux calendes grecques.

Je ne vous parlerai pas de certains almanachs que la Bibliothèque a possédés et qui n'existent plus môme dans le témoignage de nos contemporains : tels étaient ces deux Almanachs pour les années 1533 et 1535, almanachs calculés sur la noble cité de Lyon, par maître François Rabelais. N'allez pas croire cependant que je les aie vus, vos Almanachs rabelésiens, circulant chez quelque libraire ou quelque amateur? je confesserai môme que je ne connais leur existence, que par une note de Huet et par deux citations consignées dans les Rabelœsiana elogia, d'Antoine Le Roy, dont le manuscrit original et inédit se conserve à la Bibliothèque dans l'ancien fonds du roi. Mais, sachez-le bien, le célèbre Gabriel Naudé, dont vous n'ôtes pas le descendant, avait eu en mains ces précieux almanachs, que j'irais chercher à Rome s'ils y étaient allés. J'espère encore que vous les retrouverez en continuant l'œuvre de votre Catalogue, fût-ce en 1880. Vous ne soupçonnez pas qu'une portion des livres et des manuscrits de la bibliothèque particulière de Rabelais sont entrés, je ne sais comment, ni à quelle époque, dans la collection du roi ? M. Richard, qui a rendu d'incontestables services à la Bibliothèque en dirigeant l'immense classement du non porté, a découvert deux volumes avec Yex-libris autographe du curé de Meudon ; le savant helléniste, M. Miller, a découvert deux manuscrits grecs offrant aussi la signature de l'immortel curé de Meudon. Ces découvertes- là sont de bon augure pour celle de mes deux almanachs que je vous redemanderai sans cesse, comme Auguste criant : «Var us, rendsmoi mes légions ! »

Mais vous avez bien d'autres almanachs à retrouver, sans vous arrêter à XAlmanach des honnêtes gens, ni à YMmanach des honnêtes femmes, qui devaient se perdre nécessairement

au temps où nous vivons. Je vous recommande surtout les divers almanachs des marchands, notamment Y /llmanach des corps de marchands, qui commença en 1753, et qu'on attribue à La Cliesnaye des Bois : ce dernier almanach contient, pour l'année 1768, une dissertation que j'aurais été bien heureux délire, avant de publier mon Histoire des corporations ouvrières ; mais la Bibliothèque, cette fois comme en mill<\ a trahi mes espérances. Au reste, il n'est pas étonnant qu<* les almanachs d'adresses aient disparu, dans le dernier siècle aussi bien que de nos jours, à la Bibliothèque. C'est peut-être vous, Monsieur l'Administrateur, qui avez pris la sage mesure d'en refuser la communication au bon public de votre Salle de lecture ; car, lorsqu'on prêtait encore de ces sortes délivres vers l'année 1833, il fallait racheter tous les ans trois ou quatre exemplaires de Y almanach du Commerce et de Y almanach royal. Singulier vol que celui-là, et plus difficile qu'aucun autre, vu la grosseur du volume !

L'immense bibliographie des almanachs est encore à faire ; car l'utile travail de M. Quérard, dans la troisième livraison de son remarquable Dictionnaire <le< ouvrages anonymes et polyonymes ne sert qu'à mipu\ faire comprendre l'importance de celle catégorie bibliographique. Vous aurez égard à nos regrets, en préparant votre Catalogue dont les almanachs occuperont bien un volume (Dis ignotis). On assure que celte prodigieuse multiplication de l'espèce-almanachs as ait fait eraindre que la Bibliothèque du Roi ne fut plus assez vaste pour les contenir tons de là) « s mille et un projets de reconstruction, de transporlation et de déménagement de ladite Bibliothèque. Aujourd'hui, enfin, Dieu soit loué, après tant de doutes, de luttes et d'intrigues, il est décidé que la Bibliothèque restera où elle est, et recevra sur son terrain tous les développements qu'elle attend et qu'elle peut comporter. Grâces en soient rendues à la raison, à l'intelligence, à la droiture et à l'éloquence de l'honorable M. Vilet! c'est lui quia obtenu de la Chambre des représentants cette grande et solennelle sanction de l'élablissemenldélinitif delà Bibliothè-

que Nationale! Vous, qui n'êtes pas architecte et qui n'aspirez pas à devenir entrepreneur, vous auriez laissé, sans mot dire, abattre les bâtiments de la Bibliothèque, et transporter ses trésors ailleurs, super flumina Babylonis, à l'aide des paniers de l'invention de feu M. Letronne! Peu vous importait, on effet, pourvu que vous fussiez toujours et partout Administrateur général. Aussi, êtes-vous demeuré neutre dans le débat qui est clos désormais et qui ne se rouvrira pas, j'espère. Ouf! la Bibliothèque Ta échappé belle. Montez au Capitole, Monsieur l'Administrateur général, et dans les travaux qui vont avoir lieu pour augmenter le logement des livres, faites réserver une salle spéciale pour les almanaehs; en récompense, je vous dédierai bientôt YAlmanach de la Bibliothèque Nationale, avec des prédictions plus sûres que celles de Mathieu Laensberg.

Agréez, etc.

(BIBLIOPHILE JACOB)

12 octobre 1849.

P. S. Je vois avec peine que l'administration de la Bibliothèque Nationale, qui veut bien m'adresser des renseignements, en m'accusant réception des livres que je lui envoie pour être réintégrés, ne se pique pas de reconnaissance à mon égard : Je ne lui ai demandé pourtant qu'un seul eiemplaire du premier volume inachevé et inédit du Catalogue de votre Jurisprudence? Ce volume ne m'a pas été accordé, en vertu d'une délibération solennelle du Conservatoire. Je n'en continuerai pas moins à vous offrir, avec le plus pur désintéressement; une longue et brillante théorie de livres à estampilles : il y en aurait un chaque jour à votre porte, si je n'avais pas autre chose à faire que de m'exercer dans le genre épistolaire et de prouver, à mes frai», que 50,000 volumes ont disparu,

A DIFFERENTES ÉPOyUhS, DE LA BIBLIOTHEQUE NATIONALE.

La suite à l'ordinaire prochain.

POSTULES.

Notre appel aoi bibliophiles cl aux libraires a été entendu : chacun s'est cru intéressé à protester contre la jurisprudence de M. l'Administrateur général, qui soutient l'imprescriptibililé du droit de la Bibliothèque Nationale ; chacun s'est empressé de nous fournir des armes pour continuer notre polémique, en nous envoyant des livres à estampilles qui ont appartenu à la Bibliothèque et qui en sont sortis par différente!» portes. Outre ces livres, que nous ferons parvenir en temps cl lieu ù Al. l'Administrateur général, nous avons reçu la lettre suivante, que nous nous sommes hâté de lui transmettre, après en avoir gardé copie.

le 12 octobre 1849.

Au moment où il n'est question dans le public que des perles énormes, des spoliations inconcevables, éprouvées par le déparlement des livres imprimés, comme par celui des manuscrits, à la Bibliothèque Nationale, permettez-moi d'avoir recours à vos lumières et à votre obligeance pour vous prier de vouloir bien prendre un renseignement dont j'ai besoin.

Dans une Lettre adressée à M. Libri et publiée récemment, M. Naudet, Administrateur général de cette Bibliothèque , après avoir blâmé la facilité avec laquelle, à son avis, certains amateurs achètent des livres ou d'autres objets provenant de la Bibliothèque Nationale, s'exprime ainsi (p. 30- 31) :

« Mais des échanges et môme des venles ont aliéné des « livres du domaine public.

« Ecoutez M. P. Lacroix qui vous apprend que ces livres « étaient marqués d'une seconde estampille portant le mot dou- ■ bliî. De plus, les catalogues, les registres de ces ventes <> anciennes subsistent ; les aeles d'échange subsistent. « Qu'on veuille bien prendre chez nous des informations « avant d'acheter : la prétention à la bonne foi vaut la peine « qu'on s'en informe. »

Ces quelques mots de AI. Naudet semblent destinés à imposer aux bibliophiles de nouvelles obligations.

J'ai le goût des livres et j'en achète assez fréquemment. II m'est arrivé plusieurs fois, comme il est arrivé à tous les amateurs, de voir mettre en vente des volumes portant l'estampille de la Bibliothèque Royale ou Nationale. Jusqu'à présent, je n'avais pas fait grande attention à cette circonstance; mais aujourd'hui, me trouvant dans un cassemblable, je crois devoir m'efforcer de donner satisfaction à M. l'Administrateur général, ne fût-ce qu'à titre d'essai. Cependant comme M. Naudet n'épargne pas trop les amateurs dans sa brochure, et, comme il a prouvé , à propos de la fameuse signature de Molière, qu'il ne reculait pas devant l'idée de faire rentrer, dans la Bibliothèque Nationale, des objets que cette Bibliothèque avait publiquement vendus, il trouvera tout simple, j'espère, qu'en le consultant, un amaleurprenne ses précautions. — Voici le fait :

On m'offre dans ce moment-ci un magnifique exemplaire d'une édition gothique, en trois volumes in-folio, du Lancelot du Lac. Cet exemplaire est d'ancienne reliure aux armes, et avait fait partie d'une célèbre collection, avant d'entrer à l'ancienne Bibliothèque Royale dont il porte l'estampille. Je voudrais savoir si ce rare et bel ouvrage esl sorti légitimement de la Bibliothèque Nationale. Le livre est imprimé à Paris ; permettez cependant que, par précaution, je ne vous dise pas, aujourd'hui, la date de l'édition qui est décrite dans le Manuel du libraire. Comme il n'y a qu'un très - petit nombre d'éditions gothiques du Lancelot, et qu'il n'est aucunement probable qu'on ait aliéné, à l'ancienne Bibliothèque Royale, plusieurs de ces éditions portant toutes la môme reliure, aux mômes armes, et provenantde la môme collection, il doit ôtre très-aisé à M. le Directeur général de nous dire quelle est l'édition gotiiique du Lancelot du Lac, qui, après avoir appartenu à une collection célèbre, a pu ôlre régulièrement vendue par la Bibliothèque Nationale. Si Naudet. à l'aide des registres qu'il possède, découvre que l'édition qu'on m'offre en vente, et que je lui laisse le soin de deviner, est sortie irrégulièrement de la Bibliothèque, je m'engage à acheter cet ouvrage, et à en faire présent, par votre entremise, à la Bibliothèque Nationale. Si, d'autre part, M. Naudet peut prouver que ce livre a été vendu ou échangé régulièrement, je vous engage, monsieur, à faire savoir au

public qu'en cette partie, du moins, les registres de la Bibliothèque Nationale sont tenus régulièrement. Vous pouvez prendre pour moi l'engagement formel de cette restitution éventuelle. Seulement, vous ne trouverez pas mauvais, j'espère, que, pour le moment, du moins, je ne livre pas mon nom à M. Naudet. Je yeux bien faire un essai; je veux môme offrir une sorte de prime d'encouragement à l'exactitude de l'Administration de la Bibliothèque Nationale ; mais je ne veux pas m'exposer à des tracasseries, et, au besoin, à des poursuites judiciaires. Si M. Naudet recouvre , par le moyen que je viens d'indiquer, ce Lancelot, qui est un livre d'un très-grand prix, je puis lui annoncer que d'autres livres, non moins importants, seront probablement réintégrés de la même manière, à la Bibliothèque Nationale ; il y a là , ce me semble, de quoi stimuler son zèle d'Administrateur.

Vous savez, monsieur, qu'à moins de vouloir interdire absolument le commmcrce des vieux livres, on ne saurait laisser longtemps en suspens des propositions de ce genre. Pour les beaux livres, surtout, il faut se décider à l'instant, sous peine de se les voir enlever par d'autres bibliophiles. M. Naudet sait cela tout aussi bien que personne. Evidemment, il se trouve en mesure de répondre, sans retard, aux questions des libraires et des amateurs qu'il invile péremptoirement à aller prendre des informations à la Bibliothèque, avant d'acheter. C'est avec beaucoup de peine que j'ai obtenu un sursis, de la personne qui m'a proposé de me vendre ce Lancelot. En donnant à M. Naudet trois jours entiers pour répondre à la question que je vous prie de lui adresser de ma part, je mets à une très-grande épreuve la patience du vendeur. Je pense que vous pourrez avoir la bonté de transmettre, demain, 13 octobre, ma demande à M. Naudet. S'il n'a pas répondu le 16 octobre, à midi, à la question que je vous prie de lui adresser pour moi, je me croirai autorisé à penser que, malgré la déclaration de M. Naudet, on ne sait pas, à la Bibliothèque Nationale, ce qui est sorti régulière-

Si, comme il l'annonce, M. Naudet a réellement l'intention d'établir à la Bibliothèque Nationale un bureau consultatif de ce genre, il fera bien de tenir ses registres en ordre, car non-seulement les libraires et les amateurs, qui pren-

draient sa proposition au sérieux, ne lui accorderaient pas trois jours comme je le fais, mais le plus souvent ils ne lui accorderaient pas môme trois quarts d'heure pour répondre. La besogne de ce bureau pourrait devenir fort rude, si les possesseurs actuels s'avisaient tout à coup de vouloir prendre des renseignements sur ces vingt mille volumes, qui, d'après l'assertion motivée d'un savant conservateur de la Bibliothèque Nationale (M. Paulin Paris), ont été volés depuis un siècle, à cette Bibliothèque, et qui se trouvent répandus dans la circulation commerciale ou dans les cabinets des amateurs.

Agréez, monsieur, l'assurance de ma considération la plus distinguée.

La réponse â cette lettre ne s'est pas fait attendre : on aurait pu prendre le temps de la faire plus explicite. La voici :

Paris, le 15 octobre 1849.

Le Secrétaire de V administration à M. Paul Lacroix.

Monsieur,

Je suis chargé par M. l'Administrateur général de vous faire savoir que votre lettre datée du 13, et qui n'a été déposée chez le concierge que le dimanche 14, avec la note anonyme qui y était jointe, a été remise à MAI. les conservateurs du département des imprimés.

Us ont constaté qu'un exemplaire du Lancelot du Lac, appartenant alors à la Bibliothèque Nationale, a été l'objet d'un échange en l'an 1815.

Si votre anonyme veut s'assurer de l'identité de son exemplaire, il n'a qu'à le présenter à MM. les conservateurs, qui sont prêts à lui donner tous les renseignements qu'il pourra désirer.

J'ai, Monsieur, l'honneur de vous saluer.

Am. BOUVIER.

Celle letlre, «ignée Am. Bouvier, nous a appris que l'administration ou pin lot H. l' Administra leur général avait un secrétaire. C'est sans doute pour répondre à nos Cent et une Lettres.

Nous avons donc remis la letlre de ce secrétaire à notre anonyme, qui ne pouvait la laisser sans réplique. Voici celle qu'il nous a prié de publier, pour obliger M. l'Administrateur général a la lire et peut-être à y répondre.

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