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Mrs nfOÊéf ûé 1« (lart de ses ennemis) des ntéeMnts et dei
ignorants.
Coniinuëa dodô« Monsieur, à fdire la chasse à Vos liftes voléSf égarés ou perdus. Les plus communs n'auront pas de raison pour persévérer dans leur existeOce vagabonde i ainsi, vous flaires par retrouver certainement quelques-'uns des vetumes dépareillés qui rendent incotnplets vos trois eftesi'' plaires dil TsfcMoil dé Paris^ de Sébastien Mercieri fie sont là les livres qu^en lit quoildienDement à la Bibliottiéqiie Va* tionalë. Qhria in tgeetsia/
Agrées^ etc.
Paul LACROIX
(BIBLIOPHILE JACOB)
12 septembre 1849.
P. S. Grâce à yous^ Monsieii^ on n'tara plas ie scandale d'une ?ente publique par autorité de justice, dans laquelle tous les livres adjugés porteront l^êstarfltiitié de H Ëîbîtotbiqttë du ROI : «Test ^(Jùl-tànt té ijul arrfVi fth 1884 ou MBi l^tl ill*ëii s(nilr>ént^ à^m h rfécObfitttré dii M6dl> éMi illlli d'Allai.
Monsieur l^Admînîstratéur généfàl,
Je vous parlais hier» par hasard de souvenir, du Tableau de Ports ; Sébastien Mercier ne soupçonnait pas, en 1782, que la Bibliothèque du Roi , devenue Nationale en 1849, ne saurait fournir un seul exemplaire complet de son ouvrage à ses nombreux lecteurs, qui peuvent, il est vrai, en acheter un, sur les quais, moyennant 5 ou 6 fr. ! Voici justement un de ses volumes dépareillés, à l'estampille de la Bibliothèque Impériale,
Tàbl^»a êé HrU (pM Merefer)» iioîlv; «ditlbfi^ corrigea et augmenlM. TMie prc(lBie# el toid0 second. Amsierdmnti 1782, itt-a«$ te» deuK tooMtf en un volKiafi relié en veau. JU 2048.
QM9i toftleeteoraordinaircMidu TiibUmie P0rii veataîenl
YM» fim rti^nstUe d'avoir laissé œ tolmne èôurir lëa champs et tuanqu^r à Idur Appel quoUdien^ tous leul* f épon<< dreZr preuves en main^ qae ledit yolume élait sorli de la Di* bNolhëqiie du Aoi^ bien longtemps avant que vous y en» tressiez, f^im Pruet régnait ahrt/
Gomme ce Mercier était d'humeur rogue et superbëi de son vivant (il n'estimait guère, en fait d'écrivaifis fratiçals^ que lui etsmiaMi Restifde la Bretonne), il pourrait bien vous demander compte, à la Bibliothèque Nationale, des ouvrages qu'il lui avait donnés en dépôt pour les transmettre à Tadmiration de la postérité : je vous dbnseille de ne pas lui déclarer que ce dépôt a été très-fidèlement gardé ; car il vous dirait aussitôt, comme Dieu à C&itï : « Qu^as-tii fait de VAn 2440, édition citt trois volumes in- Jâ? » Il sël*a tout ôeif, nédhtlidlris, d'apprendre que ses œuvres, tant t)rétées, tant luëii, tâht tfiâ-* niées â la Bibliothèque Nationale, ôUt dispafu en partie darlil cet établissement, sans qu'il puisse s^erï prendre h sa terrible prophétie de la Conflagration de touteê les bibliothêguee de Punkerii Racontez-lui, pour le mettre en iiedse^ que la Biblk>tbèqtie avait déjà usé ou perdd deujc exempiaifes dé VJH 2440, lorsque Yan Praet s'empara de celui que la fiibliothéque du Tribunat léguait à une nouvelle génération de lecteurs, liseurs ou Itsallleurs t cet exemplaire, que le tlrïibre istpêfiA îlepfotégea pas mieux que l'estampille foyMé ti'â-« vait ptotêgé ses prédécesseurs, s'en est allé aussi cottiihe léi autres, ett tbus léguant son épitaphe, id est l^â lettre de séHe et hoû mlttiéro d'ordrtî : t. 2284.
Que Votl dise endoi-e que Sébastieti MefCtel' ti*a pas d'ettthottsf^^tes admirateurs, à la Bibliothèque Nationale !
S'il revient des llttibes pour voué faire tlëite, prétëiie« seâ gestions, eti lui atiilohçatit que, des innombrables roinaflli de son feyniqtie Pylade Restif de la Bretonne, il t^ous resté Mên une centaine de VOtlirbe§ plus ou moins isolas, tè» Cm* tef/ipoîrainH, tés NuiîÉ de Parié, te Dtàme de ta vie, été., fié sont potirtàfit pas déêi litres qu'on aille lire cfae^ vods, qirot^ ^ti'ilaii'tfdntpMftt mérité â'étré Mis Qsûi voti^^nM Lé
citoyen Mercier vous rappellera peut-être qu'on a trouvé un grand nombre de ces romans-là, fort honorablement re* liés en maroquin, aux armes du roi, de la reine et des princesses, dans les collections de livres, transportées en 1799, des Tuileries et des châteaux royaux, à la Bibliothèque Nationale.
Agréez, etc. Paul LACROIX
(BBUOPHILR JACOB).
13 septembre 1849.
Monsieur TAdministrateur général, ' J'ai honte de vous déranger pour si peu de chose : ce n'est qu^un pauvre volume des Mémoires secrets de Bachaumont, que je viens vous prier de replacer sur un rayon, où les rangs sont encore bien éclaircis, hélas !
Hémoires secrets pour servir à l'histoire de la Répnbltqtte des lettres en France, depuis J762 jusqu'en 1787 (par de Bachaumont, Pidaniat de Bfairobert, Mouffle d'Angerviile, etc.}. Tome trente-troisième. Londres, John Adamson, 1788, in-12; timbre de la Bibliothèque Nationale, L. 1899.
La collection, dite de Bachaumont, quoiqu'il n'ait eu part qu'aux premiers volumes des trente-six qui la composent, a été souvent réimprimée, soit en France, soit a l'étranger ; mais les exemplaires de ces éditions , en gros ou petits caractères, étaient déposés alors à la Bastille plutôt qu'à la Bibliothèque du Roi. Le judicieux éditeur de la nouvelle édition, annotée et malheureusement inachevée, de ces curieux Mémoires, M. Ravenel, vous dira sans doute qu'on les trouve partout, excepté peut-être à la Bibliothèque. Il n'est pas de livre qui ait été, d'ailleurs, plus feuilleté, plus épluché, plus pressuré , plus dépouillé , depuis vingt-cinq ans : on en aurait usé dix exemplaires, si la Bibliothèque Royale ou Nationale les avait eus. Ce serait donc un moyen infaillible d'augmenter encore le nombre de vos habitués (j'allais dire
abonnés), que de placer cet écriteau à la porte : ici on lit»
SANS RÉTRIBUTION, LES MEMOIRES DE BAGHÀUMONT. jE«-
suyex vos pieds.
Mais à l'heure où je vous écris, il n'y a pas, chez vous, de ces Mémoires, vingt volumes disponibles, appartenante plusieurs éditions et à différents exemplaires : ce n'est pas la peine d*en parler. Je trouverais plus grave que vous ne pussiez présenter un seul exemplaire complet du grand recueil des Historiens des Gaules, dont vous êtes pourtant aujourd'hui un des savants éditeurs; je parierais même... A coup sûr, je perdrais le pari, puisque l'honnête bouquiniste Tabary, qui ne sait pas même le latin, a fait reproduire en facsimilé, parle procédé lithographique, le treizième volume infolio, qui manquait à la plupart des exemplaires, et surtout à celui de la Bibliothèque du Roi. utinam/
Agréez, etc.
Paul LACROIX
(BIBUOPHILB JACOB).
14 septembre 1849.
P. S, Je rouvre ma lettre, en m'apercevant que J'ai laissé à la campagne le volume des Mémoires de Bachauroont, que Je voulais vous adresser avec cette lettre, écrite en présence de l'humble déserteur. Je nQ puis , donc vous faire remettre ledit volume : ce retard ne sera pas perdu et l'espère bien, au lieu d'un volume, vous en rapporter deux, peut-être davantage. Mais uno avulso non déficit aller; le volume que Je vous envoie et dont l'éloigoement décomplétalt un ouvrage usuel composé de neuf tomes, ce volume, dis^Je, vous prouvera ce que J'ai avancé, au sujet des livres sans estampille et même sans numérotage, que la Bibliothèque du Roi livrait à ses emprunteurs. Vous avouerez, Monsieur TAdministrateur général, qu'il faut des yeux de bibliophile pour reconnaître la propriété de la Bibliothèque dans le volume suivant :
Annales dramatiques ou Dictionnaire général des Théâtres, par une société de gens de lettres, tome cinquième. Paris, BabauU, 1810, in-8, relié en veau racine, fil., aux armes du roi.
N'oubliez pas de remarquer que ce volume ne porte ni estampille, ni lettre, ni numéro, ni signe quelconque, qui accuse son origine, hormis les armes du roi ; mais, en revanche, les autres volumes de la collection, que vous pouvez avoir encore à la Bibliothèque, sont dûment lettrés, numérotés, estampillés. Et nunc, reges^ inteUigitel
Moncieur PAdminiflirateuF général,
Ca n'e^t rien qu*un volume i^olé des E$ms hUtoriqy^ mr Pmsi il vous servira peuMlre à compléter un des e^em«plaira défectueux de ce livre, qui fait les délices des lecteurs perpétuels de la Bibliothèque Nationale, et qui n'a peut-être jamais vu tous ses volumes en place sur les rayons. Youf QP avez bien pourtant quelques tomes dépareillés, je le crois du moins» comme pour témoigner des nombreuses éditions, que le spirituel ouvrage de Saint-Foix a obtenues dans ]» derni^ siècle.
Essais historiques car Ptrfs, 4le Monsieur ëe ftaiot-Foii. Tome ie|rtièiiie et dernier. Paris^ V« Dachesne, 1777, in-12, relié en maroqaia r#uge, aux armes iu rois Umbra ie la Bibliothèqae Rojale, L. 2048.
Il n'est pas étonnant que les livres sur Paris aiept été beau eoop lui, beaucoup prêtés, et par cooséquent, souvent perdus, depuis cinquante ans : on s'est occupé de rhistoire de cette ville avec une sorte de passion, et plusieurs ouvrages, destinés à remplacer ceux de Sauvai, de Brîce et de Piganiol de la Force, aujourd'hui trop arriérés, sont loin d'avoir épuisé la matière, ni même défloré le sujet. Il faut remarquer, toutefois, que les nouveaux historiens de Paris incom^ èent toujours è la Bibliothèque Nationale, sans avoir une bîr bliothëque particulière qui défraye leurs travaux ; tant pis pour eux, car, chez vous, ils doivent se passer souvent des livres les plus nécessaires et les plus communs.
Je me rappelle que, vers 1832, je demandai à M, Van Praei on portefeuille, provenant de je ne sais quelle colléetHNi, dans lequel on avait rassemblé les pièces les plus rar€is et les plus curieuses sur l'ancien Paris : c'étaient les Cris de Paris^ au nombre de cent sept (Par., Nîc. Buffet, 1549, in-8» de 16 ff.'goth.}, les Rues et églises de PariSy avec la dépense qui se
fait ekêpiejaur (a. h ni d., in^4* de 10 ff. goth.) ; «'étaîMit d'autres opuscules en vers et en prose, la plupart imprimés ep gotbique, relatifs aux événeimepta dont Paris «^vait été le théâtre au aaiiiàme sièole. La note, en vertu de laquelle j'a^ vais fait ma demande, pouvait passer pour très^sacte : on apporta donc le portefeuille; il était vide ou à peu près! Je m'ea irtaignia à M. YaqPraet, qui prit de mes mains ce partefeuille, rouvrit et Texamina en faisant clapoter ses ïàvres^ se* aoua sa tète blanche avec impatience, haussa les épaules, et dit en soupirant i m Que voulez^vous ? on prend tma lei! a
Je respectai ses souffrances debibliotliéeaire (alors, Finon^ dation dea lecteurs eommeaçait à la Bibliothèque), et je me emformai à $a trisie pensét. Mais» dans une autre eirooft^ •tance, je ne pus me défendre d'un mouvenient de sui^ prise et de dépita lorsque, sur ma demande, M. Yaq Praet BKi remit lui-^méme un carton, à moitié vide, dans lequel miraient dû se trouver les opuscules de son fougueux an« tagontste en bibliographie, le fameux abbé Hive i « Noue n'avons que eela, me dit* il avec humeur, et c'est déjà trop. »
Ai)! si Fabbé Rive était encore de ce monde bibliographie^ que, il s'humaniserait peut-être, et au lieu de foire la Chatêi au» biblkffraphei , il ferait, comme moi , sans br&it et saos celàre, la chasse aux livres Voies ou perdus de la KHie4hè« que Nationale.
Agrées^ eto.
15 iseptembre 1$49.
Monsieur 1* Administrateur généra!,
Plaise à IHeo que le volume, tant soit peu moisi, que j'ai rhooneur de voua adresser^ po»r être réintégré à la fli-
bliothèque Nationale, complète au moins on exemplaire du
recueil auquel il appartient!
Des Ëlats généraux et autres assemblées nationales, tome troisième. Po' riSf Buisson, 1788, in-8*, rel. en man rooge, aui armes da roi; timbre de la Bibliothèque Royale, L. 1932 Pè.
Le recueil de Mayer, fait à l'impromptu, sans plan, sans ordre et sans critique, sous Tinspiralion de Monsieur, frère du roi Louis XYI, est d*autant plus important pour l'histoire des Etats généraux, que les monuments originaux de cette histoire ne sont pas encore publiés , malgré mes instances auprès du Comité historique du ministère de Finstruction publique, dans le sein duquel nous avons l'occasion de nous rencontrer quelquefois. Cependant ce recueil, dont il a existé plusieurs exemplaires dans votre Bibliothèque, serait fort en peine d'y mettre en ligne ses dix-huit volumes bigarrés de différentes reliures. La faute en est aux études qu'on a faites, depuis la Charte de 1814, des institutions de l'ancienne monarchie et des droits du tiers État : c'est vous-même, Monsieur l'Administrateur général, qui avez donné le premier élan à ces études, par votre ouvrage de circonstance, intitulé : Conjuration d'Etienne Marcel contre VauioritéroyaUy ou Histoire des Etats généraux de là France, en 1355-58. (Paris, Egron, 1815, in-8% à l'emblème des fleurs de lys) Si cet ouvrage était à faire maintenant, vous le jetteriez dans un autre moule, j'imagine, et vous n'auriez pour cela qu'à relire, avec la foi et la conscience dont vous parlez dans votrç Lettre d M. Libri, le volume de Mayer, que je m'empresse de vous faire parvenir.* N'oubliez pas, néanmoins, que Mayer était le scribe ordinaire de Monsieur, depuis Louis XVIII, à qui vous avez dédié, je crois, votre ConjurtUion d'Etienne Marcel.
J'ai appris avec plaisir que la Bibliothèque Nationale avait découvert enfin un exemplaire complet d'une autre collection sur les Etats généraux, recueillie par ordre du comte d'Artois, imprimée à ses frais et non publiée, à cause de son émigra-
tîon : Recueil de pUeee arigimlee et anàhtmUiqim eonetrn^nÈ la tenue des Etats- Généraux d'Orléans^ deBloiset deParis^ depuis 15G0 jusqu'en 1614. (Paris, Barrois, 1789, 9 vol. iDT8^) Cette collection, à peine citée par les bibliographes et bien préférable à celle de Mayer ou du comte de Provence, est si rare, qu'on n'en connaît que trois ou quatre exemplaires, entre autres celui de la Bibliothèque de l'Arsenal.
Agréez, etc.
Paul LACROIX
(bibliophile JàGOB).
16 septembre 1849.
Monsieur l'Administrateur général,
Le volume que je vous adresse aujourd'hui ne complétera pas, malheureusement, l'exemplaire auquel il appartient.
Histoire universelle des Théâtres de tontes les nations, depuis Thespis jusqu'à nos Jours, par une société de gens de lettres (l'abbé Goapé, Testu, DesfoDiaines et Lefuel de Mericourt), tomeX, 1'* et 2* parties. Paris f o* Duchesne, 1780, in-8» (les figures ont été arrachées), rel. en mar. ronge, aux armes du roi ; timbre de la Bibliothèque Royale, Y. 135.
Le traducteur des comédies de Plaute ne peut voir avec indifférence les ouvrages qui traitent du théâtre ancien et moderne; celui-ci, qui est resté malheureusement inachevé malgré la protection du comte d'Artois, à qui l'éditeur l'avait dédié, comptait à la Bibliothèque du Roi plus de cinq beaux exemplaires provenant des bibliothèques particulières de Louis XVI, de Marie- Antoinette, de madame Elisabeth, etc. Vous pouvez vérifier ce qu'il vous en reste. Je reconnaîtrai cependant volontiers que le treizième tome devait manquer dans la plupart de ces exemplaires, soit qu'il ait paru longtemps après les autres, soit qu'il n'ait pas été distribué à tous les souscripteurs. Demandez, sur ce point, l'sivisd'unde vos humbles collaborateurs.
Cknwi» je vous l'ai déjà inwnaé, la Bibliothèque Nationale a fiiit des pertes énormes, sinon irréparables, dans la classe du Théâtre ; car si tes livres qui composent cette elassç sont les plus communs et les moins coûteux, ces livres-là ont tou* jours trouvé des partisans parmi la foule légère de vos lecteurs inconnus. Je n'accuse pas les humhlen coUaborateurê^ dont vous prenez si paternellement la défense, quand personne ne les attaque ; mais je me souviens qu'à une époque peu éloignée (vers 1829), les jeunes employés (ils avaient alors des loisirs que votre austère administration ne leur permettrait plus, si le public les leur eût laissés) erraient dans les salles désertes, un vaudeville à la main. Ces pièces de théâtre se dispersaient ensuite comme les feuilles de chêne où la sibylle inscrivait ses oracles : voilà pourquoi les cartons, où ejles devraient être rangées par ordre alphabétique, n'ont pas même gardé Tespérance de les voir revenir. Ainsi, par exemple, eherebeE-y Robêti^Macaire (vous serez bien étonné, en apprenant qu'il est devenu rare) et rassurez-nous sur soq sort. Quant au /eu dtL prince; ^asSQts et Mère ^oHe^joyté qux Halles de Paris^ l'afk milh cinq çfm et unsie (un ()es trois ou quatre ei^emplaires eonnus de l'édition originale), je suis bien certain que le savant historien des Origines du théâtre \t tient enfermé sous trois clefs dans la Réserve, et il n'a pas tort, car maître Pierre Qringoire ne repasserait plus le détroit, comme Joan JLemsiire dea Belges et sa très-hay^^ ^ fr^i-pifîisan|# iPamf» s'il passf^it jamais en Angleterre.
Agréai etc.
Paul LACROIX
(BIBLIOPHIUI JACOB).
19 iSBltmltffi 1848.
Monsieur l'Administrateur général, .
Yoiçi encore un de oesî volumes dépareillés qui n'ont pas d'autre mérite que de venir compléter UQ ^ esLeP)|Aairei
de là Biblioilièq«u3 Nationals, où \h ouvnigtg iaeemplete représentaient seulement â3,3i6 voluine^» en i-an de grAee ie34.
li'Csprli^ d9 U Mgpei p^r AQqa«tii,kom« second. P»m,#fli1f^«fi^, |7^, lo 1^, rel. en inardi|. rpuge^ ^m armps du roi ; timbre 4e I4 BjMlptli^qi^ Royale, L. 1676 |)ort^.
Ce volume, encore humide et taché de moisissure (il était enfermé depuis vingt ans dans une armoire) ne provient pas, il faut l'avouer, de ce terrible non porté que vous avez fait, le premier, non pas cataloguer, non pas inventorier, mais ranger dans les séries, par ordre de matières, et sous Tempire des lettres de division catégorique; c'est tout simplement un volume très-commun du fonds porr^, où puisaient naguère les emprunteurs qui, sans penser à mal, ont laissé trop de traces de leur passage. Ce volume, du reste, n'est pas de peux dont Fabsence puisse être souvent regrpUép, P3r Qp ne lit plus guère les ouvrages d'Anquetil, du moins à la Bibliothèque Nationale où messieurs de la lecture sont plus friands de fruit nouveau. Aussi, je ne vop^ cherche pas querelle au sujet de certains volumes d'Anquetil, portant l'estampille de votre Bibliothèque, volumes que j'ai rencontrés de par lé monde. Ja n'oublie pas non plus que la roi lMm$ XVh Af Arî^-Aptoinatte, Mv"> Elisabeth, le eomtede PFOv^l|ce, et plusieurs gfan(ip personnages, dont les bibliothèques fpr^t tr^nsfiârées ai| dépôt de la rue de Richelieu, en 93 et 03, avaient chaeun |eiir Amwtil tout eptier, relié en maroquin, ^nx arrpejSi c'était rtiifitoire à la mode en ce temps-lii, AMPetil a t}4 bpn parfois, et je vous recommande surtout VJntri§u$ du Oabimt^ doat j'ai vu quelque part, s'il m^en souvient, un trés-joli exemplaire aux armes du roi et au timbre de la Bibliothèque Royale .
Au reste, il y a dès eaiprunteuf« libre$ h la Biblipttièque, et je ne désespère pas du retpur volontaire d'un grand nomibre de livres absents. Rappelez-vous ce lecteur qu'on avait arrêté * fa porte, nanti d'un volume qu'il emportait souasen manteau, et qui, après un interrogatoire estra-légal, efioduit
chez le commissaire de police, déclara, en pleurant, quil ne prenait des livres que pour les lire chez lui, à son aise, le soir^ entre chien et loup ; il vous prouva qu'il reslituail fidèlement, au bout de quelques mois, les volumes qu'il avait pris ainsi pour son instruction. C'était un garçon coiffeur du quartier de la Bibliothèque. Vous étiez tenté de l'envoyer aux galères, pour le punir d'avoir abusé de votre Salle de lecture, mais le commissaire de police se contenta de le faire coucher en prison. Ce coiffeur graissait et empommadait vos livres, mais du moins il ne laissait pas dedans, en guise de sinet, un os de côtelette de porc, comme celui que j'ai trouvé, un jour (vouspouvez vous en convaincre vous-même : scripta manent)^ dans le second volume de votre exemplaire du Catalogue det Rolles gascons (Londres, 1743, in-fol.). L'auteur de cette distraction n'était pas un coiffeur, mais un charcutier. Agréez, etc. Paul LACROIX
(BUUOPBIUt MGOB).
18 septembre 1849.
Monsieur l'Administrateur général.
J'ai l'honneur de vous faire remettre un volume, dont l'absence n'a pas été certainement remarquée à la Bibliothèque, depuis trente ans, et dont le besoin ne se faisait guère sentir dans votre Salle de lecture.
L'Onanisme, dissertation sur les maladies produites par la masturbation, par M. Tissot. Lausanne, Marc Chapuis, 1764, in-12, rel. en veau; Umbre de la Bibliothèque Impériale ; D. de T. 2653.
C'est là un de ces livres qu'on ne demande jamais et que
l'on ne prêterait pas à la Bibliothèque Nationale, où il devrait
fi'en trouver au moins une trentaine d'éditions; celle-ci est la
seconde publiée sous les yeux de l'auteur, qui en offrit à Toltaire un exemplaire que le malin vieillard adressa plai- ^^ipimenjt à Fi^ëron, avec cette dédicace : Tibi e$ amids. Le
Yolume, que je suis heureux de vous renvoyer» si fatigué qu'il soit, a sa place marquée dans la Médecine, dont lé catalogue est, dit-on, achevé et prêt à être livré à l'impression. Vous nous avez appris vous-même cette bonne nouvelle dans un de vos rapports au ministre de Tinstruction publique, qui était alors un littérateur, un académicien, que j'aime, que j'estime, que j'honore, sans avoir, comme tant d'autres, charge de reconnaissance. M. le comte de Salvandy pourra vous dire, en passant, ce qu'il pense de mon caractère ; il vous dira aussi qu'il tn'a souvent accusé d'obstination et d'aveuglement à votre égard : lequel de nous deux était le plus aveugle ?
J'en reviens à votre prochain catalogue de la Médecine. Je suis étonné, je l'avoue, du choix de la matière qu'on a mise à jour avant toutes les autres ; il faut qu'on ait voulu proGter de l'immobilité poudreuse des livres qui traitent des sciences médicales, livres inconnus, oubliés, abandonnés, depuis qu'ils sont déposés dans le sépulcre de la Bibliothèque Nationale. Le choix de la Médecine, pour inaugurer le Catalogue général de la Bibliothèque, ressemble au choix malheureux qu'un poète avait fait de Childebrand pour héros d'une épopée française. Enfin, peu importe; commencez par la Médecine, pourvu que vous commenciez ; ne laissez pas de côté cette seconde édition de VOnanismcj qui, je le crains, ne sera pas accompagnée de beaucoup d'autres dans la nomenclature de votre Catalogue, si ce n'est au chapitre des desiderata et des amissa. Les livres de cette espèce sont à peu près les seuls qui aient disparu dans l'innombrable famille des ouvrages de médecine, que vous possédez intacte, et que vous ferez bien de classer sous quatre ou cinq cents titres et paragraphes (comme dans le catalogue imprimé de la Bibliothèque de Liège}» ne serait-ce que pour donner un échantillon de votre catalogographie, qui nous coûte déjà plus de deux cent mille francs.
Agréez, etc.
Paul LACROIX
(BmJOPHBLR «ACOB).
19 septembre 1849.
— S2 — ne contient plus fe rare et précieux recueil des poèmes Utiïis du cardinal du Bellay (^Salw. MAcami odarum libri (m; accessere Jo. Beilaii cardinaJis poemala aliquot. Parisiis, Rob. Slephanus, 1546, in-S*"), qui se trouvait dans Texemplaire que cite le Catalogue de Tabbé Saliier. Il est possible, néanmoins , que cet exemplaire ait été sauvé par M. Van Praet, et porté en tapinois dans quelqu'une de ses cachettes.
Ces volumes de poésies latines ne m'intéresseraient pas tant, moi profane, si je n'y avais découvert plusieurs pièces de vers adressées à Rabelais et non encore recueillies par les éditeurs de maître François. Nous parlerons un autre jour, s'il vous plait, de Rabelais, de ses éditions et de celles que regrette la Bibliothèque Nationale, qui est cependant plus riche en ce genre qu'aucune autre bibliothèque, grâce aux bons soins d'un savant qui aime les livres et qui les connaît, votre honorable collègue, M. Lenormand ; comme lui, j'aime les livres, et surtout ceux de Rabelais. Si j'avais la faiblesse de dérober jamais un volume dans votre Bibliothèque, Monsieur l'Administrateur général, ce serait l'exemplaire unique d'une édition primitive et inconnue du second livre de Rabelais, que vous a cédé dernièrement mon an)i Gustave Brunet (deuxième du nom), de Bordeaux, pour l'amour de Pantagruel.
Agréez, etc. Paul LACROIX
(BIBUOPHILB JACOB).
20 septembre 1849.
F. S. C'est avec le plus grand plaisir, Monsieur TAdminislrateur général, que, par actial ou par voie d'échange, je me propose de réintégrer, A MBS FRAIS, tous les U vrcs que je pourrai découvrir, appartenant ou plutôt ayant appartenu à la Bibliothèque NaUonale. Cette fantaisie, cette bonne action de bibliophile pourra bien m'entrainer dans une dépense assez forte; mais peut-être alors Tadminislration de cette Bibliothèque voudrat-elle reconnaître le service que je vais lui rendre, en m'envoyant, par eiemple, un exemplaire du second volume du Catalogue imprimé de votre Jurisprudence, volume inachevé qui n*a jamais été mis au jour et dont Yous possédez une vingtaine d'exemplaires inédits dans vos greniers.
La suite à Vordinaire prochain.
Imprimerie de Hbnruteb et G% rue Lemercier, 24. Bâtignollei.
Monsieur l'Adminislrateur général,
Voici un volume, qui n'avait été admis*, ce me semble, à la Bibliothèque, que pour y remplacer un bel exemplaire relié en maroquin rouge, aux armes du roi et aux LL. couronnées.
Histoire da Calendrier romiio , qui contient ion origine et les divers changemens qui lai sont arrivez, par H. Blondel , professeur royal en malhémalique et en architecture. La Baye, Arnout Leers, 1684 , pet. in-8», relié en vélin blanc; timbre de la Bibliothèque Royale, V+2369.
Ce volume, qui fut tiré évidemment du dépôt général des livres provenant des couvents supprimés, porte cette autre indication d'origine : Recol. Paris. 1770. ex donoS. 11 9 fi. C'est à la sollicitude de Van Praet, que la Bibliothèque devait de posséder cet exemplaire qui n'était pas trop propre à lui faire oublier celui qu'elle avait perdu. On conçoit que Blondel, maître de mathématiques du Dauphin, ne pouvait se dispenser de Ggurer, dans la collection du roi, lelié en maroquin, doré sur tranches, et armorié à trois Qeurs de lis. Qu'était-il devenu depuis ? C'est ce que vous ne sauriez nous dire, puisque vous n'êtes pas sorcier. La Bibliothèque avait mieux gardé sans doute la première édition, in-4<>, de cet ouvrage, publiée en 1682, car elle ne la réclama point parmi les livres qu'elle avait le droit de choisir dans le catalogue de Falconnet. On n'accusera pas du moins Fabre d'Ëglantine d'avoir emprunté révolutionnairement la seconde édition qui vous manquait, pour y puiser les éléments de son Calendrier républicain. A propos de Fabre d'Ëglantine, Monsieur l'Administrateur général, je vous demanderai quel était le sort des livres de la Bibliothèque Nationale, prêtés à des conventionnels qu'on décrétait d'accusation, qu'on jijgeait et qu'on exécutait dans l'espace de vingt-quatre heures? Les gens qu'on guillotinait le soir avaient-ils le temps et l'humeur de vous renvoyer le matin les livres qu'ils vous avaient
empruntés, reliés aux armes du tyran? Les conservateurs de la Bibliothèque Nationale s'occupaient-ils alors, comme vous le faites avec Un eèle digne d*an meilleur résultat, de se mettre en quête et de courir après l'ombre de quelques livrer perdus, en laissdilt tant de bons livres se perdre tous les jours enlrô les mâlns sales et igtioranteà d'un public illettré?
Vous êtes tout fier, Monsieur l'Administrateur, quand on vmi« demandé un litrCj de pouvoir dire t « Le voici, «Vfec la lettre et le numéro du catalogue. »» Ainsi avez -von* Riit un peu bien légèrement, pour répondre k M. Libri qui vous envoyait de Loiîdres un bel exemplaire du Thrésor de la langue ftançoi%e^ par Nlcot (et non paà Nicod, comme vous le dites), relié en maroquin fouge, aux armes du roi. Cet exemplaire, sân« estampille et isand numéro, est pourtant, n*ên doutez pas, le bel exemplaire, le véritable t^xemplalfe de la collection du roi, que la Bibliothèque avait peut-être égaré depuis un siècle. Vous avez beau nous représenter un autre exemplaire, avec reliure de cent cinquante ans et estampille ancienne, inscrit au Catalogue imprimé des Belles- Lettres, ôous le n** 1337, X., cela ne prouve rien, ai ce n'est que cet exemplaire-là , relié en veau brun, était à sa place en 1750, au moment où Tabbé Saliier faisait paraître le vo* lume du Catalogue où il se trouve * mais cela ne prouve-pa» que Texemplâire du roi (je désigne de la sorte celui qui por* tait comme une livrée royale la reliure bien connue en maroquin rouge aux armes de France) n*âit pas existé à une époque antérieure, avant la conspiration de Cellamare , si vous voulez, et ne puisse !*entrer à la Bibliothèque, où sa place a été prise par un intrus, après votre Cmtpittiiiôn d'È^ Umne Marôèl.
Sachez-le bien, Monsieur l*Àdmînistrateur général. Il est certains livres qui doivent être nècessaii^ment, à la Bibliothèque du ttoî, revêtus de la reliure uniforme en maroquin rouge armorié; l'époque de leur publication, la matière dont ilè traitent, le nom de leurs auteurs, les circonstances particu*
mem de |«»r cooifmftltit^n^ a« lèu^ dMicnee t!t de leur pf k vflégQ) sont iiutént de preuves à peu p^ès certeitieft dé V^\^^ tence d'un exemplaire eux aftfies du roi ; m exemplaire ft pu diBparattre^ le vide qu'il avait toissé « pu élre rempli au ca^ tidogueetsur learayonâpar \ï\\ exem^Âiire eummuU) reliéetl Yèeu et môme en basane aana armoiries; mais on sent mieux alors et Ton regrette dAvantage'ion absente ^ t>«rilen esidei livres comme des bibliothécaires et des académit;len« \ m n'est pas lés i^emphicer que de leur succéder^ Je viiui dé« eiare done em(M Une ibis que M» Libri vous a représenté le seul exemplaire du Thrésor de Nic6l que la Bibliothèque du Roi puisse evotier comme slen% Il n'est pas estampillé^ c'est vrai \ il n'offre aucun signe de repère, lettre ou nn» méro) j'en conviens ; mais il était sorti sans doute de la Bi» bliottiè()ue^ iorsque le timbrage et le numérotage n'y étateni posencore introdoits pour les besoins du catalogue» Rappelel* ▼ous qM les maisons de Paris ne furent numérotées qu'a«i milieu da dtx^buitième siède? Oseriez*vous soutenir que \m livres delà Bibliothèque l'ont été longtemps auparavant? A eoap sAt*» ils ne l'ont pas été tous^ puisque vous rencontrsn çà et là des volumes qui ne le sont point encore. Il Wj a pai siiL môik«tué jM emprunté à la Bibliothèque (comme vous aQUeUi messieurs, disait Brîdoie) un recueil de pièees sur les orflévres) et je l'ai fiiit timbra pièce à pièce sous mes yeuX) pœr tfu'on ne m'eecMSât pas de Tavoir emporté^ ainsi que PalMin emporta son drap^
CroyeKHmoii pas de ftiosse honte; eesssi d« nier ta pu» Êemitéde votre Tkrégor de Nicot, qui n'M pas de ces pan* Très diabtes qu'on relteit en veau à la BiMiottièque du Roi» Je eoavîeiHhraî voloatiers, avee vous, que la reliure d'oré$m nmiDÊ de la Biiriiotbèque était souvent semblable aux reUerei qu'on faisait pour les livres de^ résidences royales ei même pour Les exemptaires de présents. Mais les IPere, dits de l« collection du roi, les deux LL entrelacées et eouronnées, amsi que l'écusion à trois fleurs de lis avec la couronne de France, furent toujours employés pour les livres de la Bi-
bliothèqoe Royale, après avoir été fabriqués exprès pour elle sous le ministère de Colbert. Ces fers étaient si bien appropriés et réservés aux reliures de la Bibliothèque, qu'ils furent repris et remis en usage , à partir de 1815» quand la Restauration commença son œuvre par ramener chaque chose à Tanclen état. Voyez, Monsieur TAdministrateur général, si votre Conjuration d'Etienne Marcel, publiée en 1815, n'a pas été reliée avec les mêmes fers, les mêmes doubles L et les mêmes armes du roi, que la Conjuration de Fiesque, par le cardinal de Retz, ou la Conjuration des Espagnoh contre Venise^ par Saint-Réal ?
On comprend, du reste, que vous n'ayez pas daigné vous amuser aux bagatelles de la reliure, quoiqu'un savant numismate, un archéologue de premier ordre, votre collègue à l'Institut, M. Charles Lcnormand, soit le créateur de votre Musée historique de reliures à la Bibliothèque; quoique ce conservateur du Cabinet des Antiques ait eu la faiblesse de montrer du goût, du savoir, eC même de l'expérience dans cette futile question de la reliure, dont Charles Nodier s'est plus préoccupé que de la quadrature du cercle et de la direction des ballons.
Je vous raconterai, un autre jour, comment la Bibliothèque Nationale voit aujourd'hui tant de hideux exemplaires tenir la place de ses plus beaux volumes en maroquin rouge. Ne vous h&tez pas, cependant, de soupçonner la République Française (première du nom) et de jeter la dernière pierre à la Convention, qui avait imaginé de faire enlever à l'emportepièce toutes les armes du roi sur les couvertures des livres de la Bibliothèque. Cette ingénieuse opération n'aurait guère coûté que 150,000 fr. à forfait. Ce forfait-là eût reçu immédiatement son exécution, si la Bibliothèque avait été administrée alors par un citoyen attaché, comme vous, à son devoir, et, comme vous, exact à le remplir aveuglément.
Agréez, etc. Paul LACROIX
(BlVUOPBILB «AOOB).
I«r oclobre 18(9.
Monsieur TAdministrateur général,
Je vous parlais hier de certains ouvrages qui doivent avoir ou qui du moins ont eu , à la Bibliothèque Nationale, un exemplaire d'élite relié en maroquin rouge, aux armes de France, comme destiné à faire partie de la collection du roi. Yoici, aujourd'hui, que je vous signale un de ces ouvrages; voilà que je vous renvoie un de ces exemplaires.
Origine des postes chez les anciens et chez les modernes, par M. Lequien de la Nenrville, de rAcadémie royale des Inscriptions et médailles. Paris, Pierre Giffart, 1708, in- 12, relié en mar. rouge, aux armes du roi, avec deux Umbres portant Bibtiathecœ Regiœ^ et deux numérotages, F. 3209, et F 4500.
Tous avez certainement plusieurs exemplaires de ce livre, mais on peut parier qu'aucun de ceux qui vous restent ne vaut celui-ci que sa reliure attachait plus particulièrement à la collection du roi. Tous conviendrez, avec moi, que le savant ouvrage d'un membre de l'Académie des tnscriptions n'était pas fait pour s'habiller de veau ou de basane, dans la Bibliothèque Royale, comme les Aventures du sieur d^As- MNicy, comme les tragédies de M. Pradon , comme les galanteries de M. Le Pays. Louis XIY n'entendait pas que ses pensionnaires, membres de ses Académies, fussent vêtus à l'instar des goujats littéraires qui faisaient foule dans la Bibliothèque , comme le menu des courtisans dans les antichambres de Versailles.
II serait difficile de dire avec certitude à quelle époque ces beaux exemplaires ont été enlevés et ont cédé la place à des successeurs indignes qui se sont attribué insolemment le rang et le numéro des absents : il en est des livres perdus comme du mari de la matrone d'Éplièse : Mieux vaui goujat debmê qu'empereur enterré. En conséquence, on a trop vite oublié les élégantes et riches reliures qui décoraient tant de
volumes, que le malheur des temps a remplacés par d^autres plus modestes et moins dignes d'un roi -, on s'est accoutumé à des reliures communes qui semblent, en quelque sorte, un anachronisme dans une collection que Louis XÎY et Coibert iY^ieqt wrichie^ sign^qds fraii|. Ile^t perinis d'uvancor que l^ mét^morpfao^e^ 0a YQlqpies, que ja déplora, Qot w liaq H iQutesi les époquefi, mais ptq» particulièrement au dix-^Uui* tièuiQ siàçlQ, lorsque les pourvqyaurs des bibliotbèquea d'u* (Qilleur« ne recplaient devant ^uoun saorifice ni aucune d^ marche pour conquérir de be^^x exemplaires. De là, l^i ventes a l'encan de doubles ou soi-disant tels. Dans lesdites ventes, on glissait toujours quelques livres uniques qui s^en allaient tomber directement dans le cabinet des prinçip^^i^ {ima(efpr^, san3 m^mç que ceui^rci fq^Qt à r^ffàt pour lei guetter au passage. Dieu sait tout ce qu'une main complais santé et intéressée pouvait glisser dans de pareilles ventes, pi) Girardot de Préfond, &aignat, M*»»» de Poo^psidour, te duc da Is VaUièra trouvèrent di^^ fqervmUeia; Qp aoou9q le li** braire Cburdin d'avoir été la plu« «droit ipterpiiédisiiro dQ eea veqieii e( de ges éebanges qui Grent la (Qrtupe de^ biliUotbè^ «mosi i^rUculières et 1^ rqiae den Çil^liolbèqu^ publique» ^m te dernier siècle.
ÏH)^UF «ivpir M»§ idée de cp que la Bibtothèque du Roi i perdu par ces ventes et par ceii échanges, pa^s^ en rfiyw vos livres d? (lhc^^e< et Yoyea ce qp^ voua avez i^uvé 4p oes }ivr^ qui se cçimpUieut par certaines dan^ la colleçUon du roj. \j^ wi^ dQFrapçp aim^^eot trçp (^ Qhasfie, pour ne p«i| avoir pon-fteuie(\^^pt im^ ^^ traité^ de véuçrie et de faqean* nerie, mais encore toutes les éditionfj ^^ ç^ traités |ii ftQUw vept réimprimée et pourvut si rare^, £b hiepj VQ^^^>Yez mfliqtenant, par exemple, que Irûis e:(q(UPiair^ de l«i iTén^r^ de Ou Fouilloux, en éditions du «eia^ième «ièclQ: Vun» G4it^ |}e§ H^rmfz etJBQUcheU fi^res^ est. iqcqmpl^ d^ plusieurs çn» hiWS qui semblent avoir été arrf^çhés dQ ia ip^ip i^piçar^r^ (^ l'efuiroih l'autre, relié ep vieux pwaquiq, m^ «Jne8,«tf
\»M^ exvm^ érçinié, pQ«)r {ivoir é\^ pr^^tè pe()4w( #x, mi»
à un artiste qui en « oopié les Qgures ; le troisièmei m^gfé sa reliure récente en maroquin du Levant, est un horri* ble exemplaire, trouvé dans les reliques de la Bibliothèque du Tribunal. Ab uno dUee ùmtieê. Vous n^avee qu'à visiter l'admirable collection de livres de ohasse réunie par M. Jérôme Pichon, pour vous assurer que la Bibliothèque Nationale ne possède rien ou presque rien dans cette série de livres précieux. Je vous conseille d'en rejeter la faute sur Louis XIV, qui avait extrait de sa Bibliothèque de Paris la plupart des ouvrages cynégétiques pour les mettre à Versailles et dans ses rendez-vous de chasse : Louis XIV avait même voulu garder le célèbre manuscrit original de Gaston Phoebus, que ^incendie du château de Neuiily a (ait rentrer au dépôt delà Bibliothèque Nationale, après un siècle et demi d'absence et de pérégrinations.
Ce n'est pas vous, Monsieur TAdministrateur général, qui auriez permis A Louis XIV de s'approprier ainsi le bien de l'État : vous lui auriez dit son fait (sans figure de rhétorique), eemme vous avez dit le sien au prisonnier de Ham, qui osait demander l'autorisation d'emprunter des livres, en regrettant de ne pouvoir venir les lire dans votre §alle de lecture. Louis XIV formulait son système en ees termes : VEiat^ €'$$$ moij vous pouvez dire aussi, pour définir votre système i ta Bibliothèque» c'est moi!
Agréez, ete.
Paul LAOROIX