‹ Les cent et uneChapitre 8 sur 9 · ai · texte numérisé non relu

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' le.Buisbi0nc0rtàiiideii*âTotrJiimaitttttilJim«iBempri^ m ottvrage<'ià à Votre Blbliolhèqiie i <m M me aoupçotmert SuM piide tousftireanefefttituUoitedroitei etdéinêitiittre de le ftorte A Tebri d'une méehinte «filiire. Mais» je l'avouenU MotigieûrVAdaiitiisirateur général, depuiaquitiieou Yingt ana> j'ai uaé quelquetota du privilège du prêt (eomnie voua Ittirea, meaaieura)) et» parmi les livrée que la Bibliolbàque n'a prêtée ai généreuaemetit, livrei que Je lui ai reatituéi avec un edin religieux, U eh eit aane dbute aueuna que d%^ ttea hcteura ou emprunteura ont touchés après moi. Geéi est une question grave, et même très^rave, comme diaent les ttperta* 6i, par aventure, od ne retrouvait plus A la Bibfio» tbèque un des vcdumes qui m'ont été eommuniquéf, est^nse è dire qu'on m'aecuserait de l'avoir pris, et qu'on viendrait m'en demander compte 7 Souventi et principidement pour dm ouvrages fort précieux, Je lea ai remis en mains propres au conservateur qui me les avait confiés. £ti bien I il suffirait d'une indication Vague, laissée par mégarde sur un registre, pour me causer de l'ennui, sinon des désagréments? Tout oe qui se passe en fait de Bibliothèques publiques, de livres â estampiliea et d'experts, est bien fait, ce me semble, pour Bt»Us donner à réfléchir. La Bibliothèque du Roi et son Admi» niairateur général sont des buissons d'épines, dit«on i qui s'y frotte s'y pique, c'est la devise de Jean Sans^Peur et de certaines gens. J'ai recours A vos lumières pour me Mre d'avance réponse A tout t il ne s'agit pas seulement d'être in« nocentr il faut encore le paraître*

Que répondrais-je si l'on me demandait lotit A coup deff nouvelles dé votre exemplaire d'^M6tMa FmeMU^ qui a été euM mes mains^ pendant plus de quinae Jours, m tWf

Où 1838 ? C'est lin Uen abominable livre, mats c'est on livre rarissime, et un bibliophile ne peut se dispenser de le connaître de vitu^ ne serait-ce que pour distinguer l'édition originale de la contrefaçon. J'avais donc emprunté ce petit volume, que la Blblothëque du Roi ne dédaigna pas d'achetar, à la vente du duc de LaYalliëre, moyennant la somme de 35 francs : il vaut aujourd'hui plus de 500 francs , parce que des remords de conscience ont décidé la plupart des possesseurs de ce livre inf&me à détruire leurs exemplaires. H en existe à peine cinq ou six de Tédition originale. C'est un livre qu'on ne prête à personne, dans votre Salle de lecture, bien entendu \ j'avais obtenu de l'emporter avec moi pour comparer avec l'exemplaire que possédait mon vieil aoii Guilbert de Pixerécourt, dont je rédigeais alors le Catalogue avec Charles Nodier. Je vous parle de 1837, Monsieur : vov» n'étiez encore que simple et très-45imple conservateur à la Mazarine. J'ai donc rendu à votre savant collègue, M. Ma* gnin, l'exemplaire qu'il avait bien voulu me permettre de faire scrlir de la Bibliothèque. Qu'arriverait-il si, dans l'in* tervalle des douze années qui se sont écoulées depuis, VAki* iiade FaneiuUo avait disparu de la place qu'il occupe à si bon droit dans votre Enfer ? On se demanderait naturellement quel est le lecteur ou l'emprunteur qui a, en dernier lieu, consulté le volume absent ; on se souviendrait de moi, sans doute, et si une note malencontreuse, oubliée dans vos re* gistres, allait donner un démenti à mes explications, on ne réclamerait qu'à moi cet affreux livre que les bibliophiles achètent au poids de l'or. Par bonheurymes souvenirs bi* biographiques me viendraient en aide pour prouver que, dans le cours de 1846, un conseiller aulique de Vienne, bi« bliographe érudit et ingénieux, a fait exprès le voyage de Paris, afin d'examiner YMeibiade FaneiuUo de la Bibliothèque du Roi. Il a pu dire, en s'en retournant satisfait: reni, Vidij reddidù

. Les appréhensions que je vous soumets à l'égard de oe yiAnn» que je donne au diable bieii volontîersi n'ont rien

que de très-po68ible et de fort naturel : je me souviens d'un fiât qui les tonfirme. Quand je composais YHi8ioir0 de Soù-^ $an$j j'obtins de la Bibliolbèque de cette ville, par l'obligeante intervention du maire, Tbonorable M. Quinette, communi* cation du manuscrit d'une histoire inédite, recueillie par Cabaret) M. Quinette me remit lui-mdme, à Paris, les deux volumes in-folio de cette histoire, que je gardai pour mon travail pendant plus de trois mois. V Histoire de Soissans ter« minée et imprimée, je renvoyai à M. Quinette le manuscrit qu'il m'avait conflé, et il voulut bien m'en accuser réception. Un an plus tard, le bruit courut à Soissons que j'avais c<Hifisqué le manuscrit de Cabaret. Il y a du scandale à Soissons tout comme à Landernau. Le bibliothécaire de la ville m'écrivit lettre sur lettre pour nxe prier, pour me sommer de restituer le manuscrit. J'en écrivis à M. Quinette, qui avait totalement oublié les circonstances de la restitua tion. J'eus alors, comme dit Panurge, la puce à l'oreille, et je craignis d'être bel et bien convaincu d'avoir perdu ou détruit ce pauvre Cabaret. Que faire? Que répondre? Si les experts avaient eu force de loi en ce temps là, j'étais dénoncé et accusé comme spoliateur de bibliothèque publique, comme voleur de Cabaret. Par bonheur pour moi, les experts étaient encore sous la férule de leur professeur de rhétorique. Après de longues et pénibles recherches, je décou^ vris la lettre de M. Quinette, certifiant la remise dji manuscrit entre ses mains, au moment même où M. Quinette découvrait, de son côté, le manuscrit oubUé au fond d'une armoire. Ce manuscrit éis^ autographe ; mais quel prix peut-on attacher à un autographe de Cabaret 7 On a donc jugé inutile de ^ s'assurer qu'aucune page n'avait été arrachée dans ce ma^ nuscrit. Il est vrai que je l'avais reçu sans le collationner. Or, par la jurisprudence qui court, on ne saurait prendre trop de précautions là-dessus, et je m'effraye en songeant que je suis délenteur de votre manuscrit de Rabelais depuis deux ans et plus, en vertu, il est vrai, d'une autorisation du ministre (c'était. alors le digne et excellent M. de Salvandy, que

je ràgNitteMi tott]durf , uns être payé pour eela). Gê manàsdrtt autographe et inédit, o'est moi qui Tai raeonnu à la BiMio* thèque du Roi ; c*«gt moi qui Tal aimoneé au monde savant f c'est moi qui ai charge de le publier. Voilà certes pkis d'un titre plausible pour le tenir sous le rayon de ma lampe de travail. Mais sMI y manquait un feuillet, un feuillet autogra-* phe de Rabelais, comment me justiflerais-Je de Tabsenoe de ce feuillet précieux? Eh ! Monsieur TAdministrateur général, quand j'ai accepté le dangereux dépôt de ma trouvaille, ai* }e pris la précaution d'en compter les feuillets et d'en établir le nombre ? Bien plus, Je me rappelle que ce volume, qui en Ibrmait deux avant d'être relié, il y a vingt ou trente ans, est imparfait A la fin, sans que rien constate ce qui peut y manquer. Le bibliothécaire, avant ou après la reliure, n'a pas laissé dans ce volume une note analogue à celle que M. Ghampoliion* FIgeac a eu la précaution d'inscrire de sa main et de signer, dans le premier tome du Jîeeueil ie oAanfons, dit de Maure» pas: « Cejourd'hui, fai reconnu l'absence de tel feuillet dé« chiré. » Une note du môme genre constate ki soustraction des premiers cahiers du manuscrit autographe de VHitieirê ieioini LwjAs^ par Lenain de Tillemont. II y a là de quoi tran<^ quilliser les lecteurs et les emprunteurs A venir. Dieu mer-» cl! Je ne suis pas un des ces autographophiles dont le nom seul vous feit dresser les oreilles ; Je crois avoir àoquis, par vingt-cinq ans de maniement de livres et de manuscrits, une bonne réputation de bibliophile (sou venez-vous que J'ai trouvé dans la bibllothëque de M. de Soieinne deux ou trois cent mille francs en billets au porteur et en rouleaux d'or). Cependant, c'est une merveilleuse chose qu^un autographe de Rabelais *, un seul feuillet de cette sacro-sainte écriture vaudrait peut-être deux ou trois cents francs, et, dans le triste temps de^démoralisation où nous sommes, Caton pour^ rait faillir pour moins que cela ! Monsieur, Monsieur, je vous quitte, pour aller voir si mon, si votre manuscrit de Rabelais est intact! Celui qui oserait porter une main profiine sur PcMivre dé mettre François ne serait, A coup sûr, ni un

hmmi^ M$^4ttmii^j ni un §oHU§U3f Mê^fréeUum i J9 1» livre* m» niM pitié à TOtn» Juritprudenoe «l à ses ministres ) je demaiidems, eommo Harpagon, des échafiiuda ! des bûur«« Fiaux i desexperta! Je ferais pendrelout le monde, pour que le voleur n'éehanpfti pointé ee trop juste ehàtiment, et Je me papdrais moi»ménae, aprte lui, de désespoir.

Agréez, etc.

VAlSh LACROIX

8 noyerabrt 1849.

P. ^. A propo» dQ I(9lK»l9is » M. Hagnlq, qqi l'aime ^iqme \^ fiUi, ii|'|ippreD(| qa'il 4 retroiiyé rédilioq oriffinale in- 16 du Cinquième et dernier livre des faicts et dicts heroïqties du bon Pantagruel , reliée naguère avee la Navigation du Compaignon à la houteilU; celte édition fi rare, que fafatf douvent eberphée Inalilement seut le n« 830 T*, se trouverait au« km9tWfP«kr$rrmr, lens Is numéro de la seconde édilioq, donnée ee téiè* Je crains qq'H a'f «It encore là une au^re erreur, mais je snii trop ipalade pour y 9|ier ?oir, En attendant, j^aimo mieiix croire à la bonne nouvelle que H. A|agnlq 4 bien voulu me transmettre. Et nunCf plaudite^ civet.

Monsieur TAdministr^teur général ,

Je vous remercie d'avoir fett eette solennelle déclaration dans votre Leêêrê à M. Ubri f «.Notre exemplaire de Nioot {le Tkrenar de la lemgue firanpoiee), avee une reliure de œnt cinquante ans, et une estampille ancienne, se trouve en place. » C'était dire un ne$êiô vos oflSoiel à l'exemplaire de Nicot, en maroquin rouge» aux armes du roi» que M. Libri vous oflVait si généreusement pour être réintégré à la Bi«* bliotbéque Nationale. Mais la Bibliothèque Nationale n'a rien perdu 5 elle ne demande rien, elle n'accepte rien. F'ade relre^ Satanael dU-elle à M. Libri, qui lui présentait ce magnt^ fique exemplaire d'un livre rare et précieux, en n'accusant personne de l'avoir soustrait depuis un sièele. M. Libri est donc resté mattre de son exemplaire qu'il vous eôt donné

avec (Sa libéralité ordinaire, et que voua avez si péremptoirement refusé. Voilà comment la Bibliothèque Nationale en est réduite à n'avoir qu'un seul exemplaire, relié en veau brun, et déjà bien fatigué, d'un excellent ouvrage qu'on ne réimprimera jamais, et dont les philologues se serviront toujours.. Ce n'est pas là rendre hommage au docte Jean Nicot» qiii a importé en France le tabac (en usez-vous, Monsieur?) ou nicotiane , et qui a publié le premier vocabulaire français, le précurseur du Dictionnaire de l'Académie française.

Moi qui ne prends pas de tabac, et qui use souvent du Thresor de Nicot, j'ai prié M. Libri de me confier ce beau volume, que vous n'avez voulu ni reconnaître ni recevoir* Je l'ai reçu, moi, avec autant d'empressement que de gratitude, et j'ai constaté aussitôt qu'il n'avait pu sortir que de la Bibliothèque du Roi. N'en doutez pas, Monsieur *, c'est bien, là le vérilable exemplaire du roi, tandis que votre exemplaire en veau. brun est un pauvre et modeste remplaçant qui ne devait pas tromper Tœil exercé d'un bibliothécaire tel que M. Magnin. Ce vérilable exemplaire ne porte pas d'estampille, j'en conviens ^ mais il porte au dos les restes d'une étiquette où l'on distingue encore la lettre de série X, tracée à la main, comme sur tous les livres de cette série à la Bibliothèque ^ en outre, le feuillet de garde accuse l'existence d'un double numérotage qui a été gratté, en haut et au milieu du verso. Il suffît d'avoir quelque peu examiné la physionomie caractéristique des anciens livres de la Bibliothèque du Roi, pour affirmer (sans être expert, bien entendu), que le Thresor de Nicot a fait partie de ces livres, et pour avancer qu'il a dû. être soumis au nouveau numérotage qui accompagna la rédaction du Catalogue imprimé de 1750. Quant à la lettre de série X, elle est encore un témoin irrécusable de l'origine de l'exemplaire. Ce n'est point à dire pourtant que cet exemplaire soit sorti de la Bibliothèque par une porte illégitime.. N'avez-vous pas, d'ailleurs, pour excuse, les ventes et les échanges dédoubles, qui se faisaient autrefois d'une manière si régulière et si loyale ? Il est possible que ce Thresor ait été.

— lis —

échangé en 1815, comme le Laneeloi du Lae. On ne saurait mettre trop de malheurs sur le compte de 1815. Je garderai, pour ma part de dépouilles opimes (quoique je ne sois pas un Cosaque), ce superbe exemplaire en maroquin rouge, qui fera contraste avec les tristes vestiges de ma bibliothèque {Camposûbi Troja fuit)^ et j'écrirai dessus cette note édi- Gante : « Exemplaire appartenant jadis à la Bibliothèque du Roi, renié et repoussé par M. l'Adminislrateur général de la Bibliothèque Nationale, qui ne veut pas que cinquante mille volumes aient disparu de cette Bibliothèque à différentes époques. »

Tous ne Taurez donc pas, mon Thresor de Nicot, puisque TOUS vous contentez du vôtre {Jurea mediocritas) en veau brun. Je le léguerai peut-être à la Bibliothèque, quand le ^rand jour de la réforme aura brillé pour elle : alors, plus de prêt au dehors, plus de Salle de lecture publique, mais un catalogue bien rédigé, bien classé, et bien imprimé. Ce n'est pas l'affaire d'un Administrateur général. En attendant l'an de grâce de ce catalogue, je vous enverrai, non pas un Thresor de Nicot, sans estampille, mais un misérable volume estampillé, qui trouvera plus de lecteurs dans votre chauffoir philanthropique :

Tableau de Paris (par Mercier), nouT. édit. Tomes troisième et quatrième. Anuierdam, 1782, in-8, les deux tomes reliés en un volume, veau marbré; timbre de la Bibliothèque Impériale, L. 2048.

Cela vous aidera toujours à compléter vos 4,248 ouvrages incomplets (en 1834). C'est le travail de Pénélope; c'est le tonneau des Danaides.

Agréez, etc.

PAUL LACROIX

(BSBLIOPHIU JACOB).

14 novembre 1849.

XXXVM.

Monâidur rAdmiâiBtmteur général)

Quand un ouvrage est Incomplet à la Bibliothèque Nationale» il est bien rare que tous les exemplaires de cet ouVrage, que possède la Bibliothèque» ne soient pas également Incom* piets *, car les lecteurs et les emprunteurs s*adressent volontiers aux. mêmes livres usuels: il leur en teste toujourl^ quelque chose aux mains. Ainsi, je retrouvais, ces jours derniers, trois volumes du Dictionnaire des Origines ^ de Dorigny, et j'en retrouve encore un aujourd*huî, mais différent des autres par la reliure, et appartenant évidemment à un double exem^ plaire.

bfciioBtiAtre dei Or tgities, ou Èpmitteft 4ti innnUoni uiilei [pàf Mal- Bapliiie^Abrabam Dorlgny)» iL-'M. Paris^J.'Fr. BaHkH^ nT7| iii*l«ir«lié en vtau racine, tranche bleue, marbrée de blanc: Umbr« de la Biblioihéque Impériale, P. 620.

Kusiieis^vdUBdiaLOxempbires de ce livre^là, Un seraient loui plus ou moins incomplets \ car les compilatduri) pour (|ttiUi Bibliothèque semble faite, se jettent perpétuellement comme des corbeaux sur des ôomptldttons de cette espèce, pour ea tiror d'autres compilations qui serviront elles-mêmes à de futurs compilateurdi Ainsi va le monde des compilateurs. Vous jugez bien. Monsieur l'Administrateur général, que j'ai peu d*entrailles pour de pareils bouquins, et que Je pteufe seulement les volumes qu'il serait impossible de remplacer. Dieu soit loué ! tant qu'il y aura des quais pout* étaler de VteU3C livres, le Dictionnaire des Origines de Dorigny S'y promènera plus souvent que celui qu'il a engendré sous la paternité nominale de Noël et de Carpentier. Quant à ce dernier, je gagerais Molière contre Plante, et Naudé contre Naudet, que vous en avez perdu au moins deux exemplaires. Acceptez-vous mon enjeu ?

AifA)nfteK-tnoi de tné mppeier dans cesse Naudé, le grand bibliothécaire, le docte bibliographe NâUdé, quand je songe à vous, l'ai toujours aimé les contrastes. N'ayez pas peur que je fasse confusion à votre endroit. Je relisais tantôt le JVattctifcand, qui ne vous concerne guère, et je me prenais à regretter quMn ne pensftt plus à recueillir les conversatiodS de nos contemporains fameux, la quintessence de leur esprit et de leur érudition, k Tinstar des ana d^autrefois. YoiU comment j'ai été conduit tout droit à désirer un recueil de cette espèce, qui se nommerait iViitMbtanai ne le trouvez pas mauvais. Dans ce recueil, que Ton pourrait confier à quelque historiographe de bibliothèque, On n'omettrait pas lea paroles mémorables que vous avex prononcées en plein Gon- ^enrttôire, ious les ministères de MlVf. Yillemaini Cousin^ Sal¥indy) CarnOt» Achille de Yaulabelle et de Falloux $ ce serait lo code politique des bibliothécaires. On y verrait comment vous aves réussi à fonder votre règne sur les ruinée dtCbampollion-FigeacetdeRaoul Rochette. f^Mrks tâ^ê iUB plaçai itd ^cta Caionù Vous ne Serei pas surpris que je reste l'ami dévoué de Champollion, misérablement Ciiom* nié ; vous m'approuvez , sans doute , lorsque je proteste contre l'inaolente destitution d'un de nos savants les plus illustres) Raoul Roohette.

Mais parlons d'ana. Etes-vous bien édifié sur vos richesses en ce genre ? Vous croyez probablement que les ana, de même que les itmans, sont eiceptés de la lecture eourante el ren* fermés sons vingt clefs, comme le Cécube et le Falerne d^Hoface ? Nenni, Monsieur \ les ana se lisent, les ana se prêtent* les ana s'égarent, à la Bibliothèque Nationale. On vous a laissé letanascientifiques>hi8torique6,littéraires,MffMi9tctiifi9 î^erftarfofid, /^ofattoM, LmgueruMa et mai tpàûnti; mais VOUS fi'avét plue rleO) ou presque rien des recueils anecdotiques, plaiSâUtâ, joyeux, Casôônidna^ Çrivomana^ Bievrianâ^JmoU diana, etc. Toiis ces ana ne flairent pas comme baumey en effet| et Fœuvre de Cousin d'Avalon se sent un peu des lieux que fréquefUaii Vâuieur. Ce n*est pas une raison pourtant d^

aire maison nette, à l'endroit des ana. Il y a du bon dans les ana, même dans ceux de Cousin d'Avalon ; une collection de ces sortes de livres serait très-curieuse, et celle que le li-braire Hécart, de Yalenciennes, avait formée (elle appartient maintenant à M. Louis Boca), mériterait de se faire relier en maroquin à la Bibliothèque Nationale. Faites l'appel de vos ana, de ces brebis égarées qui courent les champs, et tâchez de les réunir sous votre houlette, en écrivant sur votre cha* peau, ainsi que le Colin de La Fontaine :

C'est moi qat suis Naadet, berger de ce troapeao.

Que si Ton vous demandait encore le Poinsineiakaj comoie ou le demande tous les jours au bureau des conservateurs, remémorez-vous que les mystifications du petit Poinsinet sont à la fin des Mémoires pour servir à la vie de Jean Mon" netj écrits par lui-même comme supplément au Roman oo— mt4tte(Londres et Paris, Barbou, 1772, 3 vol. in-12). C'est un ouvrage assez divertissant, qui s'en est allé depuis si long** temps qu'on désespère de le revoir à la Bibliothèque Nationale.

Agréez, etc.

Paul LACROIX

(BULIOrniLB JACOB).

I& novembre 1849.

P. S. J'attends, j'attendrai toajours le volume do Catalogne inédit dé votre Jurisprudence, volume qui ne verra Jamais le Jour et que la criUqa« des bibliographes, plutôt que la révolution de 1793, a mis au pilon. Mais J'attache beaucoup de prix à ce volume , que vous estimez peut-être au delà de sa valeur, puisque vous ne l'avez pas encore accordé â mes sol* licitations réitérées. Je conviens que les volumes dont Je vous offire la restituUon gratuite ne sont pas des raretés telles que votre Catalogue t Je tâcherai de vous présenter quelque chose de mieux» qui paisse vont permettre de considérer comme un échange le don que Je réclame de la Jlibliothéqoe Nationale et de son Administrateur général. S'il est vrai que les proverbes soient la sagesse des naUons et des bibliophiles : Les peUta présents entretiennent l'amitié.

La suUe à Vordinaire prochain.

Monsieur TAdminislrateur général.

Ne prenez pas mon silence pour de l'oubli : les bibliographes sont malades comme de simples mortels, et davantage, parce qu'ils travaillent autant que les administrateurs généraux de bibliothèques se reposent. Je recommence donc (puisque mon médecin me le permet) notre correspondance intime» et je compte bien que, pour la terminer, vous ne me renverrez pas lettres et portrait. Malgré Tusage, je continuerai à dire Téptlre après Tévangile. Or, voici l'évangile de ce jour :

Les Crimes des Rois de France, depuis Clovis Jusqu'à Louis Seize, par Louis La Vicomterie ; nouv. édit. augm. des derniers crimes de Louis XVL Paris, au bureau des Révolutions de Paris , 1792, in-S" de 484 pages, avec cinq gravures; relié en basane marbrée; timbre de la Bibliothèque Nationale; P^ L. 1900.

N'est-ce pas là une belle rentrée de piques noires^ comme disait en son jargon mattre François Rabelais qui a prédit, dans sa Pronosticaiion Pantagrueline^ que vous seriez directeur de la Bibliothèque du Roi? Le joli volume que je vous envoie (c'est la bonne édition ayant le frontispice en couleur, et portant le chiffre de l'honnête M. Prudhomme ] , cet aimable ouvrage, vous démontrera les errements des livres révolutionnaires, qui ne pouvaient pas rester en place à la Bibliothèque, quand elle était Royale. A quels monstres , grands Dieux ^ livrez-vous Vunivers! s'écriait le frontispice colorié des Crimes des rois de France, et toutes les brochu* res, tous les journaux, toutes les affiches de la Révolution ( il y a là-dedans des pièces bien curieuses et bien rares, Monsieur?) répétaient à l'en vi ce vers, en guise de mot d'ordre, pour s'autoriser à sortir de ia Bastille-Bibliothèque du tyran. Le plus grand nombre, vous le savez, n'avaient pas encore reçu la souillure du timbre royal : ils sont rentrés dans le monde de la liberlé, encore purs et immaculés. C*est

alors que vous avez imposé, à ceux qui restaient sous les verroux, un gardien, un cDriservaleur spécial, Bonus Achatesj M. RaveneL Ce conservateur ad hoc avait pour attributions spéciales le classement et le cataloguement de vos livres de (a Révolution, qui ne s^atlendaient guère à vous voir penser à eux ; mais que ne fait- on pas, pour avoir un conservateur de plus ? Ce conservateur vous est arrivé avec des projets mirifiques : il allait mettre enfin un peu d'ordre dans votre collection révolutionnaire, qui n'était pas trop mal rangée, et qui n^avait besoin que d'un inventaire ; bagatelle ! 30 ou 40,000 cartes à lever (ce n'est pas moi qui les ai brouillées, Monsieur ?) et voilà toute la Révolution cataloguée. Je vous laisse à deviner si j'étais joyeux de Ténorme tfâvall que l'on préparait ainsi t)out* riion usage ! car il faut bien que vous sachiez que j'avais offert mes trèshumbles services au Comité des Chartes et inscriptions, pour publier une nouvelle édition de la Bibliothèque historique de la France^ du père Lelong et de Pevret de Fontette, contiliuée jusqu'ëh 1814, voire }uiM]a'en 1815, dans l'intérêt de votre Conjuration d'Etienne Marceh N'était-ce pas là un courageux et patriotique projet, que cette publication bi* biographique , qiii vous eût dotifié toute faite Timinense lidîneficltttui'e de l'Histoire de Ffàncë, pour votre Catalogue général de là Bibliothèque ? Yous comptiez sans doute sur lîioi, dOÊnibé je eouiptals ëui* vous, ou du moins sur votre àlter ego, ée bon M. HaVenel. Noud comptions tous sAOs nolfe hôte.

Depuis que ôe bon M. Hâtenel à été |)réposé comme con- Éervateur-adjOiut, d'abord, et ensuite ôoûime conservateur spécial, à vos livrei^ de la Révolution^ vous étes^Vous enquis, §Ur ce point, de ce qui s'est fait et de ce qui ne se fait pas ? Vous qui avez traité si rigoureusement (en 1819) la question délicate de la Beéponêahilitê graduelle deê agents du poUtoir exécutif, chez le llbfaife l)elaUnay, au Palais-Aoyal, et non pas, il est vrai, chez vous, à la Bibliothèque de la rue Richelieu ; tous AVez suivi sanii doute aVëô intéirétles infatigables

tr&y&tfid&fdtreMfl nti Râf^ml» enfiiit dëclàMettietit et de «âtaiogue? Je voys dihii, ftioi, eë que J'en mIb, ce qye J'ed «i ty$ il y A peu d'ëuniSes t ee bon Ms Rnvenel iivAil eu h ebftritéble intenliofi de elàsser ees lirten el même de les caUk loguei' ) il ii'étftit donné beaucoup de peine pour les remuer et m déi^ngef , de eorte qu'U erée le plus beau ehàos (]ai êé 8Dil Mit depuis eelul d'OVide i liYres pflr<-ei, brochures pâh« M,* jnui'ndUi d'un côlé, affiches de Tautrei le tout hërs dert râyonS) en piles, en paquets^ en tas, en liasses, en cartons. £nadmii*ant ce prodigieuk dérangement, je me rappelai le ¥ers dd Bôileau : « Souvint un beaià déiordre eêt un effet de Furî. » Mais» parmalhedr^ cet erfte(-là ne se faisait sentir que par rimpossibililé de trouver ce qu'on cherchait. Ce bon M. BdTenel avait fini, me dit^-on, par y perdre son latin» peu ou prou^ et par tourner les talons à la pauvre Révolution qui est peut-être encore^ à l'heure où je vous écris, àtten* dant sous les comble! quelque bonne âme de bibliothécaire qui la Tasse l'entrer au moins dans son lit. Et pourtant, Mon^ sieur rAdministrateur général, vous vous étiez montré plein d%ards et de bon vouloir pour cette Révolution ou pour son Conservateur, en lui accordant de longues tables, en bois de chêne, qui devaient servir, me dit- on, à CoHationner les jourbaux et à coordonner les brochures. N'ëël^il pas fâcheux que ce bon M. RaVenel n'ait presque pas f^lt usage desdites tables qu'on avait si généreusement fabriquées exprès pour lui? M. Ravenel est très-capable de faire Uh excellent catalogue avec ses tablés, quand il le voudN \ par malheur, s'il le veut, il ne le veut guère^ et son catalogue révolutionnaire reste en. plan , comme celui do la Bibliothèque. Quant à ce dernier, e'est votre arRiii*e} et je vous le donne À terminer, voire à commencer) en diï^ en vingt) en cent ani.

Il s'agit bien du Catalogue, Vraiment ! Il a'agit d'êtt*e eou^ Ché conservateur dans le budget de la Bibliothèque i e'est ce qui s'appelle cutûtùso inêtfiptue^ aelOn Tel pression usitée dans les bibliothèque^ de couVents et dans les martyrologes. Vous touchez tfès-exactement Voa honoraires d'Admi-

nistrateur général, mais vous ne touchez pas aux travaux du Catalogue, et pour cause. Vous attendez sans doute que vos 4,^48 ouvrages incomplets aient reconquis leurs volumes dépareillés ; tel que le bonhomme de la fable, qui attendait que la rivière eût fini de couler, vous attendez que vos 50,000 volumes absents soient rentrés, plus ou moins écloppés, au logis ; mais il faut bien vous le répéter, et souvent et toujours, afin que vous soyez convaincu des pertes journalières de la Bibliothèque, dussiez-vous n'en être jamais consolé, ainsi que la Rachel de la Bible : noluU consolarii quia non 8unt : vos volumes dépareillés ont complété d'autres exemplaires que les vôtres, ou bien ils ont passé par les mains terribles du regra(tier et de Téquarisseur de livres ; quant aux absents qui sont complets, chacun dans un seul volume, un grand nombre a péri également et de la même manière ; les autres sont partis pour l'étranger, ont franchi nos lignes de douane et traversé les mers ; les autres ont vu leur timbre etTâcé, gratté, lavé, coupé ; les autres, qui n'en avaient pas, circulent impunément sous vos yeux, dans le commerce de la haute et basse librairie \ les autres ont changé de vêtement et se sont déguisés en maroquin, pour entrer honnêtement chez les amateurs ; les autres subissent un dur esclavage super flumina Babylonis (ce sont , si vous voulez , les quais de Paris) ; la plupart, enfin, pourront bien errer encore hors de la Bibliothèque, pendant un siècle, comme les âmes des morts aux rivages du Styx.

Mais il faut que je vous ravisse un dernier et agréable espoir : vous pensiez probablement que les 40,000 volumes^ saisis au domicile de M. Libri et mis sous le séquestre, de par la révolution de Février, vous restitueraient au moins la moitié de vos 4,248 ouvrages incomplets, y compris sans doute les Crimes des rois de France^ en un seul volume, que je vous adresse aujourd'hui ? Mais point ; M. Libri ne s'est pas donné la peine de détourner un seul de vos livres, ni même de s'en faire le détenteur complaisant : c'est à n'y pas croire, et pourtant la chose est certaine : pas un seul

LITEB DE LA BlBLIOTHiQUB IHJ ROI DAlfS LBS IMMENSES

oOLLEGTioiis DE M. LiBRi ! Certes, il aori fait bonne garde, ce savant bibliophile, poar empêcher qoe ces livres de la Bibliothèque, qui se rencontrent partout, ne se trouvassent chez lui ! Acquérir et posséder légitimement des livres au timbre de la Bibliothèque Royale, Impériale ou Nationale, c'est chose si aisée et si commune, que M. Libri n'aura pas daigné s*amuser k ces bagatelles. Mais enlever les livres de la Bibliothèque Mazarine, par exemple, voilà nn problème qu'il était difficile de résoudre , et M. Libri est un grand mathématicien : la Bibliothèque Mazarine, c'est là le jardin des Hébrides. N'en avez-vous pas été le dragon, je veux dire le conservateur ?

Agréez, etc.,

Paul LACROIX

(BDUOrnU JACOB).

l«JaiiTier 18IÎ0.

Monsieur l'Administrateur général ,

Je vous ai parlé plusieurs fois de certains livres qui font la pftture presque exclusive de vos lecteurs et de vos emprunteurs ordinaires. Ainsi , le recueil des Ephémérides, dont je vous ai rendu déjà quelques volumes de la seconde édition, est-il du nombre de ces ouvrages usuels, à l'aide desquels on pourrait remplir tous les soirs une Salle de lecture aussi grande que la vôtre. Je vous adresse aujourd'hui , en l'honneur de la nouvelle année qui commence bien pour vous (n'êtes-vous pas encore et toujours Directeur de la Bibliothèque Nationale?), le premier volume de la 3« édition du susdit recueil.

Éphémérides politiques, littéraires et religieuses, présentant pour chacnn des Jours de l'année un tableau des événements remarquables qui datent de ce même jour dans l'histoire de tous les siècles et de tous les pâTs (par Noël et Planche). Troisième édit., revue et augm. Janvier. Paris,

tmmkf^f MlSi ri^HéHP VfiiYi granit, dePl*! h l-NcoHrpQMe ^l |«i qrro^ii (le riimperçurî timbra 4p U BjbnpMêqne |fiip4ri9i6| 6i H^p.

G'^st çncor§ pn volqme à défalquer di| nombre H^ âQ,QOQ absente flM§ pteMr§ la pibUoHièque, votre très-humble serr v«ntei Çf9^/»p^o n^ pouvait ipconêûhr 4h ^épc^rt (j['Wy«if... A propos, eombien ¥QU8 m^nque-t^il d'é(lition« 4§ T^lémaque? yingl; PU trente ? Qq f^jt \\w prodigieuse consommation de Tilmf^qHff ddos votr§ 89|le d^ leptyr§, §( Toq peut dire qpo rpy vrage de Fénelofii demanda toys {es jours par dj^ ou

dpy«§ teetQurs, feUgwe toys Iqs jgyrs ayUnt d'pxemplaire§ et autant d'employés, Vive Ulys§el yjvfi CalypisQl vive M. Naudet! N'est-il pas édJSsfit de voir la »m littérature

affriander ainsi vos féaux habitués de la Bibliothèque Nationale? Que Féneion vous protège, ainsi que les livres qui n'ont pas suivi le mauvais exemple de vos 4,248 ouvrages incomplets! Qu'il vous rende, s'il se peut, tous les Téléma^ que qui vous manquent et que le diable emporte !

Or ça , savez-vous comment SQnt punis les indiscrets qui s'avisent de raconter tout haut les petites misères de la Bibliothèque? M. Paulin ]^Ari8, entre autres, apprendra ce qu'il m eû(^te à dire la vérité et à déplar^r» sans y dire contraint Qt foroé, qu'on ne r9trpiiverait paa diiemm'i^a^ de m($, en comparant les artiplas du Catalogue impnmé ayec les volumes en plaae. Passe encore si M, Pauliq paria l'aût osé dire, mais récrira ! Sepipt^ man^t , Monsieur TAdministpataup général , et vous n'ave^s pas l'esprit tranquille k pet égard. Eh bien I voulepcrrvpys cpqnattre le phlMm^Dt qu§ }a justice do la Bibliothèque du fio\ ^t Compagnie a in^lgé à votre savant collègun? Ypua ignorep;! sans dPUto (m que n'ignorei-vous pas?), que Af. Paulin Paris a df^brouiilé, mieux que Villon, Vart confus de nos vieux rofu^fi^î^fs; ypys ignorez qu'il a publiéi pour la première foia, pn 1S3?, li romans de Bêrtê am granspiéSf en 1833, h Homim^Q frmms ; en 1835 , li romans de Garim h Lskevain^ vous ignores que ces publications ont servi de point de départ, ainsi que de

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