‹ Les cent joursChapitre 27 sur 98 · OUVERTIIRE DE LA CAMPAGNE (^ 5 JUIN · texte numérisé non relu

OUVERTIIRE DE LA CAMPAGNE (^ 5 JUIN

Zieten qui formaient Tavant-garde de Tarmée du mnrcclial Bliieher, vigoureusement poussés, opérèrent leur retraite en bon ordre. La division de Jérôme Bonaparte eut riionneur d'ouvrir la campagne. Quelques beaux coups de sabre distinguèrent la brillante cavalerie des généraux Clarv et Lefebvre-Desnouettes. Le 45 juin à midi, Napoléon entrait à Cbarleroi et les grandes opérations stratégiques commencèrent.

Surpris par cette attaque rapide, impétueuse, Zieten avait gagné la petite cbaussée de Ligny pour de là s'appuyer sur Namur, la base d'opérations de l'armée prussienne ; cette retraite se fit avec ordre et sang-iroid. Zieten jeta un corps d'infanterie dans les bois en avant de Fleurus; des feux bien nourris annoncèrent que là était un corps d'élite qui opposait une ferme résistance. L'Empereur ordonna de le charger ; les Prussiens se formèrent en carrés et firent leur retraite; Zieten s'appuyait sur Blùcber et lui donnait le temps d'offrir bataille. C'est dans une de ces charges que le général Letort, brave officier, fut frappé d'une balle dans la poitrine '. La résistance de Zieten donna le temps à Blûcher de prévenir le duc de Wellington de Tattaque subite des Français; les Anglais s'ébranlent aussitôt et se dirigent sur le point des Quatre-Bras , pour se porter sur le liane gauche des Français et maintenir les communications. La rapide et brillante marche de Napoléon ne permit point à ce plan de s'exécuter en entier; les divisions anglaises arrivaient au pas de course sur les Quatre- Bras où devait s'engager bientôt une véritable bataille; mais elles n'y étaient point réunies encore en masse lorsque Ney reçut l'ordre d'attaquer avec vigueur.

1 L'Empereur écrivit de sa main au bas d'un petit bulletin ; «Letori va mieux.H T.». 12

Pour bien comprendre la situation au ^5 juin, TEnipercur se trouvait entre les deux armées prussienne et anglaise, avec toute liberté de se porter sur l'une ou sur l'autre. Il y avait avantage et inconvénient dans cette position: comme les Prussiens et les Anglais réunis présentaient par leurs masses des forces plus considérables que l'armée de Napoléon, ils pouvaient, par une marche bien combinée, l'entourer et le broyer entre les deux armées; mais, de son côté, TEmpereur pouvait, en séparant les Anglais et les Prussiens, les battre partiellement, puis se porter indifféremment sur Bruxelles ou Namur. Dans cette alternative, Napoléon se décida pour une attaque d'abord dirigée contre les Prussiens, et voici son raisonnement ' : Bliicher, avec son caractère hussard , sa tactique militaire hardie, pourrait marcher plus rapidement, se précipiter avec jilus de hardiesse; si donc les Français se portaient vers Bruxelles, Bliicher pourrait opérer sa marche de flanc, et les surprendre au moment où la bataille s'engageait avec les Anglais. Au contraire, le duc de Wellington avait un caractère prudent, tacticien, méthodique; il n accourrait pas aussi activement au secours des Prussiens par les Quatre- Bras; d'où l'Empereur conclut qu'il valait mieux at-

* L'armée française sur Ligny était forte de 7 1,000 hommes, et de î40 bouches à

feu, savoir :

Infant.

Gavai.

Artill.

U. à feu.

2« corps, division Girard.

3 corps.

i,iyo

ft — —

Garde.

Corps de cavalerie Pajot.

— d'Excelmans.

— de Miiiiaud.

71,940 hommes.

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