CHOIX DU CHAMP DE BATAILLE (^7 JUIN
tr .Ite sur Wavres pour garder ses communications. Le maréchal Grouchy était encore à Gembloux, il mar chait avec précaution. Cela se conçoit; il n'avait peutêtre pas toutes les illusions de TEmpereur sur la ruine complète des Prussiens. Les reconnaissances du général Paj )1 avaient indiqué que l'ennemi se retirait en toute hiilepar Namur sur Liège, tandis que Blûcher opérait sa retraite sur Wavres , des extrémités au centre de la ligne, pour se joindre à Bulow et donner la main au duc de Wellington ' . Remarquons bien ceci : Ney aux Quatre-Bras ne s'était pas rapidement porté sur la position, parce qu'il craignait d'avoir en lace toute l'armée anglaise; le maréchal Grouchy ne se dirigea pas immédiatement sur Wavres , parce qu'il craignait d'être cerné par toute l'armée prussienne. L'un et l'autre pouvaient être coupés, et ils furent timides, incertains ; ils firent presque la même faute.
La position de l'armée anglo-belge au Mont-Saint- Jean, très souvent critiquée au point de vue général de stratégie, était néanmoins parfaitement appropriée à l'esprit et au caractère du soldat anglais, et au but que se proposait le duc de Wellington. Le talent d'un général ne consiste pas à suivre certains principes généraux de stratégie, mais à comprendre parfaitement les éléments qu il a sous sa main, le caractère des soldats dont il dispose, et le résultat qu'il veut obtenir. Les Français auraient été horriblement placés dans la position du Mont- Saint-Jean, avec une seule mauvaise route pour retraite, des bois, des hauteurs, dans lesquels on pouvait être coupé et battu; mais le duc de Wellington connaissait
1 Ce fut d'après l'avis du général Mu- principe de stratégie ; « qu'il faut toujours fling que Blùcher se relira sur la chaussée marcher en communication avec la plus de Wavres à Bruxelles, d'après ce grand grande masse de troupes disponibles. »
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la fermeté des soldats anglais et allemands derrière des lignes ; il savait le jeu formidable de son artillerie , les feux bien nourris de son infanterie; il n'avait pas cessé un moment d'être en communication avec Blùcher et Bulow; or, il était convenu qu'à heure fixe, le corps prussien de Bulow viendrait sur le champ de bataille ; Bliicher marcherait pour arriver pres(jue immédiatement après dans la direction de la ferme de la Haye-Sainte. Le comte Pozzo di Borgo fit deux voyages la veille, au camp prussien, pour arrêter ces points de manœuvres, et Bliicher lui-même vit le duc de Wellington à Bruxelles. Tout se résumait donc dans l'examen de cette seule question : « combien de temps Tannée anglaise pourraii-elle résister? Si elle pouvait soutenir Taltaque française pendant le temps voulu, elle aurait Bulow pour appui, et Bliicher tomberait sur le flanc des Français, » Le choix du champ de bataille au Monl- Saint-Jean ne fut déterminé que par ce motif; cette position n'était pas offensive, elle n'était que défensive ; il ne s'agissait pas de prévoir une retraite, mais d'assurer une résistance. Rien de plus, lien de moins.
Les voyageurs qui ont parcouru en pèlerins le champ de bataille de Waterloo , où le lion belge s'élève comnie un souvenir et une menace, ont pu se faire une idée de ce grand duel qui se donna là, il y a déjà vingt-cinq ans. La position que choisit le duc de \\ ellington était celleci : son centre, composé de divisions anglaises et belges , s'était placé en avant du Mont-Saint-Jean; il s'appuyait à gauche sur la chaussée de Charleroi , occupant ainsi la ferme de la Haye-Sainte, vaste cercueil de sang ' . Adroite, 5 divisions anglaises et belges s'étaient placées en arrière
1 J'ai visité en détail ce champ de bataille charlatanismes du guide, ou y recueille des en 1839-184U. AbslraclioD faite des petits traditions curieuses sur la bataille.