‹ Les cent joursChapitre 31 sur 98 · BATAILLE DE WATERLOO {AS JUIN · texte numérisé non relu

BATAILLE DE WATERLOO {AS JUIN

sence de ces visages basanés par les feux de Marengo, d'Austerlitz, d'Iéna, les Prussiens s'arrêtèrent ; les forces presque égales rétablissent le combat ; les divisions Duhesine, Mouton et Morand pouvaient lutter glorieusement avec les troupes de Bu low. Cependant il faut remarquer déjà qu'à ce moment les réserves de TEmpereur sont engagées, la jeune et la vieille garde se trouvent en ligne ; quelle ressource pouvait-il rester en cas d'un revers '?

L'attaque du centre de la ligne du duc de Wellington parle marécbal Ney se développait en face du Mont-Saint- Jean ; des cbarges de cavalerie intrépides, soutenues, se multipliaient; les Anglais, informés de l'arrivée procliaine deBliicher, réunirent leurs efforts pour maintenir leurs positions. Toutes les réserves de cavalerie s'engageaient successivement avec plus d enthousiasme que de régularité; la valeur brillante du maréclial Ney se montra comme un témoignage de désespoir; et Ion vit , chose merveilleuse , connne à la Moskowa, toute la cavalerie, le sabre haut, gravir le Mont-Saint-Jean en brisant des carrés entiers, et s'emparer des hauteurs garnies d'artillerie. Ce mouvement admirable de courage était, hélas! bien hasardé ; le duc de Wellington en prolite, il jette sa cavalerie sur les rangs ébranlés; elle est soutenue par une infanterie, brave, solide ; tout était en gagé, cuirassiers, dragons, grenadiers à cheval, lanciers, chasseurs de la garde, hussards, dans un pèle-môle affreux où nul ne se reconnaissait plus". On fit desprodi-

1 On sait qu'un des grands mobiles de tins français, prussien, anglais, pour se faire victoire de l'Empereur c'était de conserver une juste idée de la bataille de Waterloo; uue puissante réserve de la garde qu'il em- mais le tableau raisonné, siratégique,m'a été ployait comme dernier éclat de la bataille, tracé dans plus d'une causerie par le géué-

^ U est boa de comparer les trois bulle- rui de Jominiavec sa supériorité habituelle,

ges; des régiments anglnis tout entiers disparurent comme riierhe des champs après la grêle; les Écossais tombèrent Icrmes à leurs rangs, mais il résulta de cette mêlée un désordre de cavalerie indicible ; on se presse les uns sur les autres, on tombe ; le feu meurtrier des batteries anglaises laboure le champ de bataille à bout portant.

Dès ce moment, le succès commence à devenir douteux ; car voici Tétat de la bataille : les Prussiens de Bulow sont arrêtés vers Planchenoît par les divisions de la jeune et de la vieille garde ; au centre, le duc de Wellington, qui attend Blùcher, redouble ses charges et reprend rotfensive; TEmpereur, au milieu du feu, a vu la faute de Ney, ce désordre de la cavalerie; niais peuton l'abandonner ? il faut le soutenir en enlevant aux Anglais leurs dernières positions ; cette cavalerie venait d'être ramenée sur le champ de bataille, abîmée sous la mitraille ; on doit appuyer les cuirassiers dont le casque brille sur les hauteurs du Mont-Saint-Jean; Ney prend avec lui quatre bataillons de la moyenne garde, et s'avance l'épée au poing; des cris d'espoir se font alors entendre : « La victoire est à nous, Grouchy arrive! en avant , la garde va donner ! » Ces mots rendent quelque ardeur aux rangs un peu confus des escadrons et des bataillons pressés ; l'intrépide Ney à la tête de sa colonne d'attaque marche une fois encore sur le Mont-Saint-Jean ; il est accueilli par une décharge d'artillerie à bout portant; les grenadiers ne s'arrêtent pas, ils courent tumultueusement, presqu'en désordre : ce n'est plus la fermeté des vieux jours, la solidité de la bonne infanterie ; c'est de la rage, de la fureur. Le duc de Wellington s'aperçoit de ce tumulte : il lance une formidable cavalerie au milieu de ces bataillons, refoulés en un instant les uns sur les autres ; le cheval du maréchal Ney

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