‹ Les cent joursChapitre 44 sur 98 · PROCLAMATION DE CAMBRAI (28 JUIN · texte numérisé non relu

PROCLAMATION DE CAMBRAI (28 JUIN

rjes dont les succès ont trop indiqué la source. Si les acquéreurs des domaines nationaux ont conçu des inquiétudes, la Charte aurait du suffire pour les rassurer. N'ai-je pas moi-même proposé aux Chambres et fait exécuter des ventes de ces biens? Cette preuve de ma sincérité est sans réplique. J'ai reçu, dans ces derniei's temps, de mes sujets de toutes les classes, des preuves égales d'amour et de fidélité. Je veux qu'ils sachent combien j'y ai été sensible, et c'est parmi tous les Français que j'aimerai à choisir ceux qui doivent approcher de ma personne et de ma famille. Je ne veux exclure de ma présence que ces hommes dont la renommée est un sujet de douleur pour la France, et d'effroi pour l'Europe. Dans la trame qu'ils ont ourdie j'aperçois beaucoup de mes sujets égarés, et quelques coupables. Je promets, moi qui n'ai jamais promis en vain, l'Europe entière le sait, de pardonner, à l'égard des Français égarés, tout ce qui s'est passé depuis le jour où j'ai quitté Lille au milieu de tant de larmes, jusqu'au jour où je suis rentré dans Cambrai, au milieu de tant d'acclamations. Cependant le sang de mes sujets a coulé, par une trahison dont les annales (la monde n'offrent pas d'exemple. Celte trahison a appelé l'étranger dans le cœur de la France; chaque jour me révèle un désastre nouveau. Je dois donc, pour la dignité de mon trône, pour l'intérêt de mes peuples, pour le repos de l'Europe, excepter du pardon les instigateurs et les acteurs de cette trame horrible. Ils seront désignés à la vengeance des lois par les deux Chambres, que je me propose d'assembler incessamment. Français, tels sont les sentiments que je rapporte au milieu devons; celui que le temps n'a pu changer, que le malheur n'a pu fatiguer, que l'injustice n'a pu abattre, le roi dont les pères régnent depuis huit siècles sur les vôtres, revient

pour consacrer le reste de ses jours à vous défendre et à vous consoler \ »

Cette déclaration de Cambrai, véritablement politique, portait Tempreinte d'un programme et non plus d'une proscription; le roi disait ce qu'il voulait faire pour réparer le mal ; des paroles de clémence étaient jetées aux partis ; à Texception de quelques coupables, tout le reste était pardonné; le gouvernement avouait même qu'il avait commis des fautes ; le roi s'enorgueillissait de ce qu'aucun des membres de sa famille n'avait paru avec l'étranger. Quel sentiment profondément national dans ces paroles destinées aux Cbambres, au peuple! on voulait arrêter l'invasion ennemie ; quel résultat si l'on pouvait obtenir le rétablissement de la maison de Bourbon sans que le drapeau étranger se montrât à Paris ! Vaine espérance ! les partis agités ne permettaient pas la réalisation de tels projets ; quand on a laliaine au cœur, est-ce qu'on rédécliit surlesmallieursde lapatrie! Au xvi^siècle, l'Europe se partageait en partis protestant et catliolique ; au xix" siècle, il y avait des blancs et des bleus; et au milieu de ces divisions, qui songeait encore à la France ?

Une fois Louis XVlll à Cambrai, toutes les négociations avec Paris prirent une activité remarquable. M. de Talleyrand, présidant le ministère, se réserva un blanc-seing pour négocier avec tous , et Fouclié fut son représentant au centre même de l'action politique; maître des passe-ports, il put en délivrer à tous, et l'on se rendit en foule à Cambrai'; on ne peut dire alors

1 La seconde proclaniaiioD porte la date sieurs places du Nord pour éviter qu'elles

de Cambrai, le 28 juin. ne fussent livrées à l'étranger. Sans cela,

* Les généraux surtout se hâtèrent de évidemment les Anglais auraient garde

faire leur soumission au roi ; le général Dunkerque. Clarke fit prendre le drapeau blanc à plu-

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