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CAPITULATION DE PARIS. RESTAURATION DE LOUIS XVIII

Marche des alliés sur Paris. — Le duc de Wellington et le prince Bliicher. — Esprit des deux armées. — Débris de Waterloo. — Le corps du maréchal Grouchy. — Terreur militaire à Paris. — Propositions d'un armistice. — Commissaires députés. — Réponse des Prussiens.

— Pourparlers avec les Anglais. — Correspondance de Fouché. — Préparatifs de défense à Paris. — Les maréchaux présents. — Projet des royalistes pour éviter l'occupation de Paris. — Fouché. — M. de Vilrolles. — Le maréchal Davoust. — Questions posées pour la capitulation. — Puérilité des travaux de la Chambre des représentants.

— Ses haines forcenées. — Conseil de guerre et de défense. — Entrevue pour la capitulation. — Rédaction et signature. — Entrée des Anglais et des Prussiens à Paris. — Les exigences. — Louis XVIII à Arnouville. — Négociations. — Plan des royalistes. — Situation morale de Paris. — L'armée. — Les fédérés. — La bourgeoisie. — Louis XVni à Saint-Denis — Traité et convention. — Entrée du Roi. — Tristesse de l'occupation militaire.

2S Juin au 8 Juillet 181S.

La connaissance profonde que le duc de Wellington et le prince Bliicher avaient acquise de Pétat de démoralisation de Tarmée française, brisée à Waterloo, les avait encouragés à poursuivre vigoureusement leur marche, en refoulant devant eux ces forces dispersées ; non seulement la frontière était franchie, mais encore les places

MARCEIE DES ALLIES (25-50 JLIN 1815). 295

du premier et du second ordre étaient on cernées, ou réduites par la force des armes ; les Prussiens étaient maîtres de Guise, les Anj>lais de Cambrai. Le 26 juin déjà, Péronne s'était rendue aux alliés ; ils marchaient sur Saint-Quentin et Laon , ne rencontrant devant eux aucune résistance ; quelques troupes éparses, des fuyards en masse, pas une seule place qui se résignât à un siège ; on aurait dit que la France se livrait toute seule, et qu'après les grandes funérailles de Waterloo, il n'y avait plus dans le pays aucune force matérielle, aucune puissance morale pour résister aux étrangers.

Le caractère et l'esprit des deux généraux en chef qui dirigeaient les armées envahissantes, différaient de beaucoup : le duc de Wellington, bien que ferme dans ses résolutions militaires, n'osait rien avec impétuosité; chacune de ses marches était refléchie, chacun de ses plans raisonné ; il n'en était pas ainsi de Bliicher, hardi, impétueux comme un chef de partisans. Les troupes anglaises étaient froides, solides sous les armes, mais sans enthousiasme; les Prussiens étaient animés d'un esprit ardent, impétueux; presque tous enfants de la patrie allemande, formés dans les universités au nom de la liberté, ils venaient en France avec un sentiment de haine contre Bonaparte ; peu satisfaits des résultats de la campagne de ^81 4 et des avantages obtenus par les traités , ils étaient impatients de reconquérir ce que la diplomatie ne leur avait pas donné l'année précédente. Dans le nouveau plan d'invasion convenu à Avesnes, la direction des Anglais et des Prussiens n'était pas la même; l'armée anglaise se portait par Cambrai sur Péronne et le Beauvaisis, parce que le duc de Wellington avait souvenir des temps où l'Angleterre possédait la Normandie et la Picardie. Bliicher, au contraire, s'étendait vers Laon et

LES CEiNT JOURS.

Reims, parce qu il voulait agrandir les possessions allemandes vers la Belgique et la Lorraine ; non seulement on avait un dessein d'invasion rapide et absolue, mais encore la volonté d'en profiter par une rectification de frontières ; et c'est en quoi la Chambre des représentants avait commis une faute immense en ne proclamant pas Louis XVIII, seul moyen d'enlever tout motif à la marche de l'étranger.

Le seul corps un peu considérable que la France put opposer à la double invasion anglaise et prussienne, était celui du maréchal Grouchy ; tout le reste n'était plus que débris. La garde impériale elle-même, oubliant son ancienne réputation de discipline et de constance militaire, avait quitté ses rangs; la désertion, cette maladie incurable des armées, avait fait des progrès alarmants; la contagion s'étendait du haut en bas. Le maréchal Grouchy, seul, conservait intactes les divisions qui ne s'étaient point engagées à Waterloo ; il avait pour lieutenants des hommes d'une fermeté incontestable, les généraux Excelmans et Gérard , lleille, Pajol, Vandamme et Rellermann, qui maintenaient la discipline dans les rangs pressés. Le corps du maréchal Grouchy comptait près de 52,000 hommes, dont 6,000 de cavalerie' ; beau noyau de troupes sur lequel devait s'appuyer sa retraite. Seulement il était à craindre que la vue de tous ces débris de Waterloo n'influât sur l'esprit des soldats , et ne les démoralisât complètement. Le maréchal Grouchy eut quelques légers engagements avec les Prussiens, mais sans aucune importance; on exagéra les succès remportés par son corps, afin de relever un peu

Le 26 juin le maréchal Grouchy complaît 32,000 hommes, dont 6,500 de cavalerie et cent huit pièces de canon.

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