LE CORPS DU MARÉCHAL GROUCHY (25-50 JUIN
Dans le fait, M. de Groiicliy, tout en maintenant Tordre et la discipline, s'était mis en pourparlers avec les généraux alliés, et particulièrement avec les Prussiens. On parlait d'armistice; on avait vu un colonel ennemi en calèche avec un des aides-de-camp du maréchal Grouchy : c'était évidemment par ordre du gouvernement provisoire. Mais cela faisait naître mille conjectures, mille soupçons; les partis politiques pénétraient sous la tente; le nom de M. le duc d'Orléans, prononcé dans l'armée du maréchal Soult, l'était également dans le corps de M. de Grouchy, comme un refuge pour le parti militaire ; ce nom était sympathique aux deux chefs de division, les généraux Excelmans et Gérard; lui-même, le maréchal Grouchy, avait des relations avec M. de Pontécoulant et M. de Valence; il pouvait voir dans le triomphe de l'idée de ^688 une puissante garantie pour la patrie. En résumé, jusqu'alors tout se bornait sous la tente à des pourparlers d'armistice.
Cet armistice en effet devenait l'objet des préoccupa-
Minislère de la guerre. armée. 11 faut la faire appuyer sur votre
Au même. gauche, la meure du côté de Compiègne,
Paris, leî'ijuin i8i5, à minuit, et lui faire occuper, y compris Pontoise,
« Monsieur le Maréchal, tous les ponts sur l'Oise, en y faisant faire
« Je reçois à l'instant votre lettre du 24, des ouvrages de circonstance et établir des etje'm'empresse d'en communiquer leçon- batteries derrière. Il y a à Compiègne une tenu à la commission de gouvernement , manutention qui servirait à cette armée, qui sans doute sera l'ititerprèle de toute la Jusqu'à ce que vos services soient bien or- France, en proclamant que vous, les gêné- ganisés, lirez vos subsistances de Reimsraux et les troupes ont bien mérité de la « un grand désordre règne dans les i", patrie. Les témoignages de reconnaissance 2<' et 6^ corps. Prenez, ainsi que je vous l'ai de la nation, j'aime à le croire, ne peuvent mandé hier au soir, de fortes mesures, et être mieux décernés que dans cette cir- faites écrire circulairement dans toutes les constance. communes pour que l'on arrête tous les
l'Vous allez vous trouver avec des trou- maraudeurs et qu'on les conduise à votre
pes qui, malheureusetnenl, ont été dans ce quartier-général. J'ai l'expérience qu'un
grand revers du .8, et qui, selon tous les exemple fait à propos suffit pour ramener
rapports, s'en ressentent encore. Prenez l'ordre.
toutes Us mesures nécessaires pour cmpê- •< Veuillez, Monsieur le Maréchal, m'en-
cher que la contagion ne gagne votre belle voyer la relation détaillée de vos affaires ,
500 LES CENT JOIUS.
lions à Paris ; les plénipotentiaires partis pour Haguenaii, MM. deLafayette, d'Argenson, Sébastiani, de Lnforest, Benjamin Constant, n'avaient pas Tordre dans leurs instructions de traiter des points militaires; leur mission était toute politique et d'information; ils ne devaient stipuler une suspension d'armes que comme une conséquence de plus hautes délibérations ; organes des représentants, ils allaient demander aux quatre puissances la paix sous un roi agréé par elles, avec un gouvernement de leur choix. Une telle mission purement diplomatique ne suspendait pas les hostilités, et c'est cependant ces hostilités qu'il fallait arrêter au moment où les Prussiens et les Anglais débordaient sur le territoire. Les terreurs étaient grandes à Paris, non seulement par la crainte que pouvait inspirer l'approche des armées alliées, mais encore par suite de l'agitation que la défaite de Waterloo avait jetée parmi les faubourgs. La Chambre des représentants venait de déclarer la ville en état de siège; toutes les autorités civiles étaient suspendues, et la commission de gouvernement appelait les fédérés à un service actif. Les jacobins pouvaient renouveler quelques-unes de leurs grandes journées révolution-
pour que toute la France puisse la con- « Il y a un assez mauvais esprit parmi
naître, et désignrz-moi les officiers et sol- les habitants de Boissons et du territoire,
dats pour lesquels vous demandez des ré- Prévenez-en les généraux et officiers pour
compenses. que ce mauvais esprit n'influe pas Fur le
M J'ai fait un ordre du jour pour faire re- soldai, et qu'on se mette toujours en garde
joindre les généraux , officiers et soldats contre les perfides suggestions de nos en-
qui avaient abandonné leur poste. nemis intérieurs.
« Cherchez à communiquer avec la gar- « Mettez des gendarmes en sauvegarde
nison de Laon pour remonter son moral, chez les maîtres de poste.
Vous enverrez des détachements de cava- « Recevez, mon cher maréchal , l'assu-
lerie commandés par de bons officiers, pour rance de mon estime et de ma haute consi-
communiquer avec La Fère, Ham, et avoir déralion. »
des nouvelles positives des colonnes enne- Le maréchal, ministre de la guerre,
mies qui se trouvent dans cette direction. Signé, prince d'Eckmùhl.