SITUATION DE PARIS (25-50 JUIN
liai l'cs contre les propriétés et les personnes \ Aux temps d'invasion , T ennemi souvent est moins à craindre que les dissensions intérieures ; les meneurs d'un peuple qui se voue à la mort sont exigeants; ils offrent leur vie , mais ils veulent les prolits de leur cause : de là ces pillages organisés et ces accusations de trahison qui, semées dans la multitude, la portent à tout tenter contre les riches.
Voilà le véritable péril pour une capitale pressée par l'ennemi; ses fortifications peuvent-elles la préserver de l'anarchie qui gronde ? Paris avait tout à craindre; les fédérés organisés en bandes parcouraient les rues en poussant des clameurs ; des hommes du peuple ivres, déguenillés, se réunissaient pour dénoncer les parjures et effrayer la bourgeoisie. A Paris donc, tout ce qui possédait avait peur, on appelait à grands cris la fin de la guerre; l'ennemi était encore loin, et l'on parlait déjà de capitulation et d'armistice. Or, dans le but de mettre un terme à cette crise, la commission de gouvernement résolut d'envoyer d'autres députés auprès du duc de Wellington et du prince Bliicher pour solliciter un accord qui arrêterait la marche de l'ennemi. Leur mission, d'après Fouché, était simple : ils devaient dire aux deux généralissimes des alliés : « Vous avez annoncé que vous ne faisiez la guerre à la nation française qu'à
^Arrêté du 2i juin. laquelle ne sera employée extérieurement
«La Commission de gouvernement, vu que sur les demandes qu'en pourraient faire
la délibération des Chambres portant que les légions ou bataillons de celte garde.
a ville de Paris est en étal de siège, arrête « 3. Les tirailleurs de la garde nationale
ce qui suit: serviront, conformément à l'offre qu'ils
« Art. 1". Les approches de la capitale en ont faite , comme auxiliaires avec les
seront seules défendues ; elles le seront par troupes, à la défense des postes les plus
les troupes de ligne , lesquelles resteront rapprochés de la place.
campées hors des murs. «4. Les habitants delà campagne se hàte-
« "i. La tranquillité sera maintenue dans ront de faire entrer dans la place la plus
l'intérieur par la garde nationale ordinaire, grande quantité possible de subsistances, et
cause de Bonaparte; eh bien ! il va partir pour Rochefort ; il n'est plus à craindre , nous vous le livrons ; quel motif avez-vous désormais de continuer votre marche sur Paris ? Arrêtez-vous ; nous voulons conclure un armistice.
« A la mission militaire se joignait une pensée politique , car alors on essayait tout. Les députés désignés par la commission étaient : le général Andréossy , MM. de Valence, de Boissy-d' Anglais, Fiaugergues; M. de la Besnardière, un des commis les plus travailleurs des affaires étrangères sous M. de Talleyrand , leur était adjoint, comme M. Benjamin Constant Favait été aux premiers députés partis pour Haguenau. Les mystères de cette mission embrassaient une série de points très vastes ; les députés devaient aborder franchement la question d'une nouvelle dynastie en même temps que la difficulté militaire ; ils s'étaient entendus dans des conférences particulières sous la direction de M. de Valence. M. de Valence, depuis longues années, était Tami, le confident dévoué de la maison d Orléans; il savait T incontestable habileté, rexpérience du chef de cette branche ; il agissait sans Taveu du prince, loyalement attaché à Louis XVIII; mais une lois le point entendu avec les alliés, M. de Valence ne doutait pas que la Chambre des représentants ne résolût affirmativement cette question et ne proclamât le duc d'Orléans comme la solution la plus na-
iravailleront aux relraochemenls qui doi- dronl leurs posilions et défendront les
vent couvrir les troupes. places fortes.
« 5. L'armée du Nord se rendra sans dé- « 8. Les troupes qui sont sur la rive gaulai sous les murs de Paris. che de la Loire lornieront à Orléans une
t 6. Les ancu'us militaires en état de por- armée de réserve,
ter les armes, et tous ceux qui sont absents « 9. les hostilités n'empêcheront point
de leurs drapeaux se rallieront a cette ar- de continuer les négoc.aiions qu'il sera pos-
mée, et seront incorporés dans les cadres, sible d'entretenir pour obtenir la paix à des
« 7. Les troupes qui sont sur le llhiu et conditions honorables. » sur les frontières de la Suisse maintien-