LOLIS XVIII A PARIS (8 JUILLET
reconnaissaient pas l'autorité; » on allait l'aire préparer les appartements des Tuileries pour le roi Louis XVIII , qui ferait son entrée le lendemain. La commission lut très surprise de cette communication; Tesprit candide de Carnot n'avait rien compris aux négociations qui se faisaient autour de lui ; il avait cru à une résistance nationale, à une négociation sérieuse, tandis que dans l'état de morcellement des partis et avec la puissance des intérêts, il n'y avait plus qu'un vœu, qu'une opinion unanime, c'était le rétablissement de la paix et de l'ordre. Quand une civilisation est arrivée à sa plus haute période, avec ses désirs cupides, ses ambitions ardentes, ses faiblesses de luxe, n'espérez pas une résistance héroïque, à la manière de Saragosse ou de Moscou. Tout se finit par des transactions et des capitulations ' .
Elle fut bien triste l'entrée de Louis XVIII à Paris! elle coûta profondément à son cœur! Le roi avait voulu éviter l'invasion de son royaume et l'occupation de la capitale; les hommes politiques qui l'entouraient savaient bien que dans l'état où les Cent Jours avaient mis le pays, bientôt
1 Voici comment tout re drame finit : tenir l'insertion de noire dernier message
Le 8 juillet, M. de Vitrolles fit insérer aux deux Chambres. »
dans le Moniteur l'article officiel suivant : Signé, Caulaincourt, Carnot, Quinette,
« Paris, ce 7 juillet. — La commission Grenier.
de gouvernement a fait connaître au roi, Fouché répondit à cette lettre par la
par l'organe de son président, qu'elle ve- déclaration que voici:
nait de se dissoudre. " Messieurs,
Ayant lu cet article, les membres de la commission écrivirent à Fouché:
•< La commission de gouvernement s'étant dissoute le 8 juillet, tout acte émané d'elle postérieurement à son message aux " Monsieur le duc, deux Chambres est nul, et doit être re-
« La commission de gouvernement gardé comme non avenu, n'ayant pu ni dû charger Votre Excellence » Votre réclamation contre l'article ind'aucune mission en se retirant, nous la séré dans le it/onifei<c du 8 juillet est juste; prions de faire désavouer l'article inséré je le désavoue comme nullement fondé, et au Moniteur de ce jour, 8 juillet, etd'ob- publié sans mon autorisation. »
envahi par onze cent mille baïonnettes, la position du roi serait difficile ! que de plaies à fermer ! que de vengeances à servir! Et puis ces étrangers, que n'allaient-ils pas demander pour prix de la victoire! Nul n'ignorait les exigences allemandes sur l'Alsace et la Lorraine, les réclamations des Belges et des Anglais ; le Piémont demandait la Savoie; la Prusse, Metz et Thionville, puis des contributions de toutes espèces, une occupation militaire; et c'est dans cet état que la coupable Chambre des représentants, après avoir brisé l'épée de Napoléon, laissait la France au gouvernement de Louis XVIII !
l'edrope contre napoléon (juin 1815). 545
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CHAPIiRE XII.