‹ Les cent joursChapitre 67 sur 98 · RÉSOLUTIONS CONTRE BONAPARTE (JUILLET · texte numérisé non relu

RÉSOLUTIONS CONTRE BONAPARTE (JUILLET

considéré comme le prisonnier de TEurope (du roi de la Grande-Bretagne, des empereurs d'Aulriclie et de Russie et du roi de Prusse). Sa garde serait confiée au gouvernement britannique qui proposerait le lieu et le mode de détention ; les cours d'Autriche, de Russie et de Prusse auraient des commissaires qui surveilleraient sa présence ; le roi de France serait lui-môme invité à désigner un commissaire pour résider auprès de la personne de Bonaparte. » En conséquence de ce traité, lordCastlereagh transmit ses instructions à lord Melville, secrétaire d'État de l'amirauté; la réponse à la lettre de Napoléon fut considérée comme un acte purement ministériel , et l'amirauté décida que l'île de Sainte-Hélène serait destinée définitivement comme un lieu de captivité ; Bonaparte y serait transporté sur un vaisseau delà marine royale ' .

Cependant, le Bellèrophon, beau navire de guerre, entrait dans la rade de Plymouth, portant dans ses flancs la grande proie de l'Europe ; Napoléon n'avait point seul quitté la France, il était suivi de quelques personnages historiques mêlés à sa vie du Consulat et de lEmpire : le général Savary d'abord, l'exécuteur inflexible, aveugle, des ordres de Bonaparte; le général Lallemand, dont le nom s'était jeté fatalement dans la révolte des Cent Jours, et avec eux MM. de Montholon et de Las- Cases, que la fidélité rattachait à cette cause. Toutes les grandes infortunes ont leurs serviteurs , et le moyen âge avait personnifié cette loyauté dans la légende de Blondel, le barde et le trouvère du roi Richard. 11 faut bien remarquer que l'Angleterre était alors agitée par les deux grands partis qui divisent toujours sa population

1 Annual résister, ']\i\\le{, I8i5.

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politique. Les tories, aux affaires avec les lords Castiereagh, Liverpool et Melville, le fidèle ami de Pitt, composaient le parti implacable, si dessiné contre la Révolution française et Napoléon : ce parti exprimait les opinions et les haines de T armée et de la marine contre la France; et là des traditions fâcheuses existaient sur le gouvernement de Napoléon; le meurtre du duc d'Enghien était jeté comme un sanglant reproche. 11 y avait un grief intime et personnel à la nation anglaise, la mort du capitaine Wright , qu'on disait l'œuvre du gouvernement impérial sous la police du général Savary; c'était peut-être une calomnie, mais enfin l'opinion du peuple anglais était arrêtée sur cette triste et fatale exécution; il se croyait solidaire de la mort d'un seul de ses citoyens, car tel est l'esprit public dans ce pays. Les tories voyaient donc plutôt comme un acte d'indulgence que comme une mesure rigoureuse l'exil de Napoléon à Sainte-Hélène, et la présence du général Savary à côté de l'Empereur n'était pas capable de lui assurer la sympathie des hommes qui gouvernaient l'Angleterre.

Les wighs au contraire, sous les lords Russell et Holland, soutenus par lesBrougham, les Hobhouse, s'étaient montrés les partisans très prononcés de Bonaparte; Fox, leur maître à tous, n'avait-il pas visité le premier Consul ? et ministre depuis, n'avait-il pas cherché à se rapprocher de l'Empereur ? Mais le parti wigh était alors dans l'opposition , et plus il protégeait une idée et une cause , plus les tories se trouvaient disposés à prendre des mesures de rigueur. Ensuite Tesprit procédurier de M. Brougham ne pouvait s'élever jusqu'à la cause no ble et poétique de l'Empereur: il lui lit conseiller de tout petits actes de procureur afin de le retenir légalement en

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