NAPOLÉON A SAINTE-HÉLÈNE (4 OCTOBRE >I8>I
rois sur son tillac, se dit plus maître qu'eux dans son navire; cest la coutume de la mer. Il faut détourner les yeux de ces petites querelles qui occupent la lonjjuc traversée du Norlhumberland. Le ^6 octobre, on aperçoit Sainte-Hélène , Sainte-Hélène qui semble un point au milieu des eaux, une de ces lies volcaniques, nées dans le cataclisme. Là Napoléon trouvera-t-il le repos ? Sa tête appesantie par l'infortune résistera-t-elle à une si rude épreuve ?I1 lui faudra plus de force qu'à Dioclétien , plus de résignation qu'à Cbarlcs-Quint , car ces deux grands empereurs n'avaient ni garde pour les surveiller, ni des geôliers qui fissent retentir le bruit de leurs chaînes. La volonté peut se condamner elle-même à la retraite et à la solitude ; mais quand c'est la violence qui vous impose la captivité et l'exil, elle vous tue; c'est un rocher que l'Europe avait jeté sur la poitrine d'un géant!