LES SOUVERAINS A PARIS (JUILLET ^8^5). 5C
de son gouvernement et des relations avec l'Europe avec les princes assis comme lui sur le trône. La question de Bonaparte venait d'être résolue; et telle était l'irritation de tous, peuples et rois, que pas une plainte ne s'éleva parmi ceux qui avaient fraternisé avec le grand Empereur pendant les entrevues du Niémen, d'Erlurtli, ou de Dresde ; on le considérait comme un homme dont la vie publique étaitfinie; on n'avait plus qu'à s'occuper de la France dans la triste position où les Cent Jours 1 avaient placée.
Une première protestation fut faite par les souverains réunis à Paris; ni l'Autriche, ni l'Allemagne ne voulurent accéder complètement aux clauses de la capitulation du 5 juillet; on la considéra comme une œuvre personnelle du prince Blùcher et du duc de Wellington, et qui n'obligeait pas les autres cabinets. Cette protestation des souverains contre la capitulation de Paris motiva une triste et humiliante mesure, la restitution des objets d'arts enlevés à l'étranger aux jours de bonheur et de conquêtes, et que contenait le Musée impénal. Par le traité de 48^4, ces nobles trophées avaient été respectés ; on voyait briller au Musée , et les belles Vierges de Raphaël, et la Madeleine du Corrège, et la
avait son quartier général à Melun ; elle de- son quartier général à Fontainebleau. Les vait occuper Seine-et-Marne pour se join- deux nombreuses armées étaient ainsi didre à l'armée anglaise, et de plus l'Aisne , visées: celle du llaut-Khin devait occuper les Ardennes, la Marne, la Meuse, la Moselle, le Cantal, la Lozère, le Gard, la Loire, la la Moselle, la Haute-Marne et l'Aube. Hauie-l.oire,les Bouches-du-Rhône, le Vau- Auxerre étaillequartiergénéral du prince cluse, les Basses-Alpes et le Var ; l'armée de Wrède ; l'armée bavaroise occupait le d'Italie, les départements de la Côle-d'Or, Loiret, l'Yonne, la Nièvre, les Vosges, et se Ilaute-Saône, Saône-et-Loire, Jura, Doubs, réunissait, par la Haute-Marne, aux Russes P.hône, Ain, Mont-Blanc, Isère , Ardèche, de Barclay de Tolly. Drôrae, Hautes- Alpes. EnQn, pour complètes Wurtembergeois devaient s'étendre ter cette vaste occupation, les Saxons et les dans le Puy-de-Dô.Tie. Badois prenaient possession du Haut et dn Le prince de Schwartzenberg avait établi Bas-Rhin.
Descente de Croix de Rubens, le Laocoon du Vatican, et la Vénus de Médicis, palpitante sous le marbre; le Musée était encore celui du vaste Empire, les conquêtes des arts nous étaient restées après avoir perdu la souveraineté des territoires.
Cependant, des réclamations étaient venues de tous côtés'; les princes d^Italie, les peuples d'Allemagne ou de Bel«|ique réclamaient les chefs-d'œuvre de leurs maîtres ; le ciel brumeux de la Belgique allait si bien aux teintes de Rubens , le beau soleil d'Espagne aux physionomies fortement empreintes de Murillo! L'Italie revendiquait son Raphaël, et Canova vint de Rome pour réclamer les chefs- <r œuvre du Vatican ; Canova, si profondément italien, si religieusement antique, fut le grand promoteur de ce pillage du musée de l'Empire; il visita tous les objets d'arts les uns après les autres avec une sorte de rage artistique. Il y eut quelque chose de lugubre dans cet as-
1 Louis WIII avait eo vain défendu le au contraire, ce même homme, à qui l'EU' Mus6e contre les étrangers. rope a fait la guerre, n'était reconnu par Héponse de M . de Talleyrand à une note aucune puissance; s'il disposait des resdc lord Castlereagh. sources de la France, il n'en disposait pas « Le ministre du roi a reçu la note que légalemenl,et la soumission était loin d'être S. Exe. milord vicomte de Castlereagh lui a complète. C'est à lui seul et à la faction qui fait l'honneur de lui adresser touchant les l'a appelé, et non à la nation, que, d'après objets d'arts qui appartiennent à la France, ses propres déclarations, l'Europe a fait la Sa Majesté, à qui cette note a été soumise, guerre. La guerre s'est donc trouvée terlui a ordonné d'y faire la réponse suivante.- minée et l'état de paii rétabli par le seul S. Ex. lord Castlereagh semble croire que fait du renversement de l'usurpateur, de la les deux guerres de 1814 et i8i5 sont de dispersion de ses adhérents et de la punimême nature, et que la seconde, comme la tion de leurs chefs. On ne voit donc point première, doit être terminée par un traité comment la guerre de 18I5 pourrait être de paix. Ces deux guerres sont de na- un motif valable pour changer l'état des lure bien différente : la première était choses établi par la paix de 1814. S. Exe. le faite véritablement à la nation française, vicomte de Castlereagh a, d'un autre côté, puisqu'elle était faite à un homme reconnu posé en foit que des objets d'arts ne pouson chef par toute l'Europe, et qui dispo- vait pas s'acquérir par la conquête; le misait légalement de toutes les ressources de nistére du roi est bien loin de vouloir faire la France. La guerre étant faite à la nation, l'apologie d'aucune sorte de conquête. Plût un traité de paix était nécessaire. En I8i5, à Dieu que le nom ni la chose n'eussent ja-