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LE DLC: DE REICHSTADT

trop honnête pour jamais permettre qu'on restreignit ou qu'on persécutât cette jeune intelligence ' ; il fut destiné au service militaire. L'Autriche avait dans ses rangs déjà des princes déchus, et les petits-fils de Gustave- Adolphe ne commandaient-ils pas un régiment de cavalerie en Bohème? A mesure que le duc de Ileichstadt se développait, il devenait un prince accompli ; il avait quelques-uns des traits de son père, modifiés dans les contours doux et si moelleux de l'enfance, transmission mystérieuse de la chair et du sang; puis la bouche autrichienne, cette lèvre avancée et fière que la maison d'Autriche tenait de Charles-Quint, qu'on retrouve en Espagne jusqu'à l'avènement des Bourbons, et que Marie- Thérèse portait si haut à la lace des magnats.

Leduc de Reichstadt pouvait-il être une espérance pour une dynastie impériale? Sans doute, il était fils d'Empereur, c'était un grand et beau titre; mais qu'aurait-il exprimé sur le trône?L' aurait-on fait roi de France? ce titre restreintallait-il à celui qui représentait Napoléon? Auraitil été empereur des Français ? mais un empereur avec des terres limitées n'était-il pas un peu ridicule? que pouvait être l'Empire français, sans avoir même les limites du Rhin ? Le gouvernement du duc de Reichstadt n'eût donc offert qu'un pouvoir sans action et sans nationalité ; de mélancoliques pensées se rattachaient à lui ; devenu prince autrichien, qu'aurait-il offert comme garantie à la France? Le parti napoléonien pouvait bien vaguement se rattacher à cette jeune tête ; mais la France n'était plus à l'idée d'un empire militaire; elle admiraitl'image de ces temps glorieux, mais elle se gardait de les rappeler avec

^ Tous les contes qu'on a faits sur la il ne faut pas connaître la famille ailepersécution autrichienne contre le duc de mande, el le caractère moral de Fran- Reichsladt sont absurdes : pour le croire çois H.

les fléaux qu ils entraînent. Les époques de poésie pour un peuple ne sont pas les plus heureuses ; les grands drames agitent, mais ils donnent la fièvre ; on aime à les voir de loin par Toptiquesur un théâtre, en se tatant soimême pour reconnaître qu'on n y est pas acteur.

Ensuite le duc de Reichstadt supposait une régence, et elle ne pouvait être confiée qu'à sa mère Marie-Louise, qu'une bien laible popularité aurait entourée en France : sa conduite froide envers Napoléon n'avait pas réveillé des sympathies populaires. Marie-Louise s'était unie par obéissance et sans amour à l'empereur Napoléon ; jeune fille allemande, elle avait peut-être rêvé un fiancé aux blonds cheveux des bords de l'Elbe, et on lui donna un homme de 44 ans déjà, glorieux sans doute, mais presque de l'âge de son père. Elle respecta Napoléon avec celle soumission hiérarchiquequela maison d'Autriche imposeà la femme ; elle quitta la cour de France sans regret et revint habiter Schœnbrunn ' , témoin de ses premiers jeux d'enfance ; elle y vécut fort retirée, et un nouveau sentiment se manifesta chez elle pour un de ces officiers généraux qui avaientfait la guerre de la coalition. Le fief de Parme lui fut donné par le congrès de Vienne , comme archiduchesse d'Autriche ; elle y résida en souveraine, en se rappelant à peine Paris et les jours qu'elle y avait passés , dans cette cour où elle demeura presque toujours étrangère. Oublieuse pour Napoléon captif, elle le délaissa dans le malheur : il faut une ame d'élite pour comprendre la haute intelligence qui se manifeste souvent par des formes difficiles à supporter ; pour parler au

1 On fut obligé de prendre quelques pré- neur que Marie-I.ouise avait prêté la

cautions vis-à-vis de l'archiduchesse, qui main à son enlèvement pour le Champ-de-

coiiçcntait à venir à Paris dans les (;ent Mai : je crois ceci douteux. Jours ; il m'a été dit par une dame d'hon-

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