‹ Les cent meilleurs poemes (lyriques) de la langue françaiseChapitre 27 sur 49 · Extase · texte numérisé non relu

Extase

J'ÉTAIS seul près des flots, par une nuit d'étoiles Pas un nuage aux cieux, sur les mers pas de Toiles. Mes yeux plongeaient plus loin que le monde réel. Et les bois, et les monts, et toute la nature, Semblaient interroger dans un confus murmure Les flots des mers, les feux du ciel.

Et les étoiles d'or, légions infinies, A Toix haute, à voix basse, avec mille harmonies. Disaient, en inclinant leurs couronnes de feu ; Et les flots bleus, que rien ne gouverne et n'arrête, Disaient, en recourbant l'écume de leur crête : — C'est le Seigneur, le Seigneur Dieu !

5/. ' " Puisque faî mis ma livre!*

PUISQUE j'ai mis ma lèvre à ta coupe encor pleine ; Puisque j'ai dans tes mains posé mon front pâli ; Puisque j'ai respiré parfois la douce haleine De ton âme, parfum dans l'ombre enseveli ;

Puisqu'il me fut donné de t'entendre me dire Les mots où se répand le cœur mystérieux ; Puisque j'ai vu pleurer, puisque j'ai vu sourire Ta bouche sur ma bouche et tes yeux sur mes yeux ;

Puisque j'ai vu briller sur ma tête ravie Un rayon de ton astre, hélas ! voilé toujours ; Puisque j'ai vu tomber dans l'onde de ma vie Une feuÛle de rose arrachée à tes jours ;

VICTOR HUGO

Je puis maintenant dire aux rapides années : — Passez ! passez toujours ! je n'ai plus à vieillir ! Allez-vous-en avec vos Heurs toutes fanées ; J'ai dans l'âme une fleur que nul ne peut cueillir i

Votre aile en le heurtant ne fera rien répandre Du vase où je m'abreuve et que j'ai bien rempli. Mon âme a plus de feu que vous n'avez de cendre ! Mon cœur a plus d'amour que vous n'avez d'oubli !

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