‹ Les cent meilleurs poemes (lyriques) de la langue françaiseChapitre 7 sur 49 · CLÉMENT MAROT · texte numérisé non relu

CLÉMENT MAROT

Prince, fais amie immortelle, Et à la bien aimer entends :

Lors pourras dire, sans cautelle.

Mes amours durent en tout temps.

PIERRE DE RONSARD

^. Sonnet pour Marie.

COMME on voit sur la branche au mois de mai la rose En sa belle jeunesse, en &a première fleur Rendre le ciel jaloux de sa vire couleur. Quand l'aube de ses pleurs au point du jour l'arrose :

La grâce dans sa feuille, et l'amour se repose. Embaumant les jardins et les arbres d'odeur : Mais battue ou de pluie, ou d'excessive ardeur. Languissante elle meurt feuille à feuille déclose.

Ainsi en ta première et jeune nouveauté. Quand la terre et le ciel honoraient ta beauté, La Parque t'a tuée, et cendre tu reposes.

Pour obsèques reçoit mes larmes et mes pleura, Ce vase plein de lait, ce panier plein de fleurs, Afin que vif et mort ton corps ne soit que roses.

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