Tbtd., fol. 107 r° ; B. 1754, fol. 83 vo
4. Il est présent quand Pierre Coustain fait payer le peintre Rogier (Rogier de la Pasture, que nous avons longtemps appelé Roger van der Weyden) qui venait de peindre et de tailler deux images de saint Philippe et de sainte Elisabeth que Mgr avait fait mettre en son hôtel près de sa chambre (Arch. du Nord, B. 2045, fol. 288).
5. M. Max Bruchet a bien voulu attirer mon attention sur le rôle que Michel de Chaugy a joué auprès de Philippe le Bon dont il surveiïllait les travaux d’art, et la part qu’il prit dans la construction du Palais Rihour à Lille. Il eut sa résidence dans Ia tour, fut l’animateur de la construction. 11 était en relation avec de nombreux artistes, dont il dut être le Mécène, entre autres avec Roger van der Weyden (Max Bruchet, Notice sur la construction du palais Rihour à Lille, dans le Bulletin de la Commission historique du département du Nord, t. XXXI, 1922, p. 222-223.)
6. On voit dans le compte de Jean Vurry, receveur général de la Bourgogne pour le roi, que la pension de Michel de Chaugy a été maintenue dès 1476 (Arch. de la Côte-d'Or, B. 1778, fol. 52- 53) : « À noble seigneur messire Michiel de Chaugy, seigneur de Chissey, chevalier, conseiller et
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Ainsi Michel de Chaugy, si longtemps le domestique de Bourgogne, fut chargé par le roi Louis XI de rechercher à Dijon les titres et chartes pouvant servir à appuyer ses droits sur le domaine de Bourgogne !!
Quand Louis XI entra à Dijon, en 1470, Michel de Chaugy intervint dans le traité, prenant la qualité de conseiller et chambellan du roi, qui lui avait donné « plein pouvoir ? ». Il mourut dans les premiers mois de l’année 1480.
Telle est la carrière de Michel de Chaugy, qui, un peu avant 1466, avait fait peindre une magnifique Passion, et sur les volets, son portrait, ceux de sa femme, de son père et de sa mère, tableaux léguës à l’église d’Ambierle où ses « prédécesseurs » avaient été enterrés.
Car l'esprit de ces gentilshommes paysans revenait toujours à la terre et aux morts. Ainsi nous apparaît Michel de Chaugy dans la cotte d’armes blasonnée devant son patron, saint Michel. Nous voyons sa femme, Laurette de Jaucourt, une bonne dame, si grave, qui prie, vêtue de noir ; son père, Jean, fils du soldat qui servit sous Monseigneur de Sancerre, accompagna les huit cents hommes d’armes qui montèrent à Rosbecque, et mourut au retour de l’expédition d’Espagne, chez le comte Phæbus, à Orthez. Le grand-père est un chevalier ; le père, un administrateur et un diplomate. Guillemette, la mère de Michel, est une Montaigu ; derrière elle est son patron, le chevalier saint Guillaume. Elle est fille d’un seigneur du Bourbonnais, Jean de Montaigu le Blin.
Mais laissons Michel de Chaugy parmi les siens, lisant son livre d’heures, dans sa cotte d’armes blasonnée. Figure énergique de paysan madré et robuste, à la mâchoire volontaire, aux lèvres fines, tête ronde aux cheveux bien plantés, aux petits yeux vifs. Il faut maintenant l'entendre conter. Ce qu'il fait avec beaucoup de verve et d'esprit.
La 28 nouvelle présente une certaine ressemblance avec la facétie 85 de Poggio. Michel lestime digne d’être récueillie par le « tres renommé et éloquent Boccace ». C’est l’histoire d’un seigneur qui aurait bien voulu jouir d’une belle jeune fille, suivante d’une reine, et qui couche avec elle. La demoiselle l’a enfermé un soir avec la lévrière de la reine. Il pince les oreilles de la chienne pour la faire hurler, et la reine envoie sa suivante pour la faire taire. Mais le seigneur demeure troublé et impuissant. — La nouvelle 40 se passe à Lille où un grand clerc de l’ordre de saint Dominique Ÿ a converti la femme d’un boucher qui l’aime. Mais il lui préfère une plus jeune amie (allusion aux femmes « d’ostellerie » *). La jalouse descend par la cheminée, et y reste. — La nouvelle 64 se passe dans « ung lieu de ce pays » que Michel ne nomme pas, et pour cause. C’est l’histoire du curé qui a la rage de confesser ses paroissiennes,
chambellan de feu Monseigneur le duc de Bourgongne…. » et chargé par lui de l’assister au fait de ses finances en Bourgogne. « À mond. seigneur de Chissey, lequel le roy nostre sire par ses lettres patentes données a Terouenne, le Xe jour d’aoust mil CCCCLXXVII, pour les causes au long declairées en icelles a ordonné, commis et retenu en l’estat et office de son conseiller et chambellan ordinaire et domestique et second chevalier assistant en ses parlemens et conseilz de Bourgoingne ». 1. Arch. de la Côte-d'Or, B. 1778, fol. 277 v°. « Messire Michiel de Chaulgey et quatre maistres des comptes a Dijon pour ce qu’ils s’estoient emploiez et avoient tenu la main envers ceulx du pays au bien du Roy et de l’obeissance par lui quise desdits pays de Bourgongne et pour les peines, labeurs et travaulx qu’ils avoient euz et supportez tant a ceste cause, comme pour avoir cerché par mesdits
seigneurs des comptes icelles lectres et chartres et en avoir fait faire plusieurs extraiz et copies. » 2. Arch. de la Côte-d'Or, B. 1787, fol. 56 ro.
3. Il y avait un couvent de Dominicains à Lille. 4. Il s’agit d'Hostalrich, près de Gérone, un gîte d'étapes bien connu des voyageurs.
les jeunes, pas les vieilles, et qui voulut se moquer d’un châtreur, nommé Tranchecouille. Mais l’aventure tourne mal ; et c’est lui qui eut ses génitoires coupés. — La nouvelle 79 est l’histoire du bonhomme qui perdit son âne. La scène se passe « au bon pays de Bourbonnoys, ou voluntiers les bonnes besognes se font ». Mieux qu’un autre l’avait éprouvé notre Michel. Il y avait là un médecin qui ne savait ordonner que des clistères. Notre bonhomme champêtre s'adresse au médecin et reçoit son clistère. Comme il le rend à grand bruit dans une masure, son âne accourt : « Ainsi avez oy comment l’asne fut trouvé par un clistère, qui est chose bien apparente et qui souvent advient! » — La nouvelle 80 est un conte recueilli de la bouche de deux gentilshommes « es marches d’Alemaigne ». C’est l’histoire de la jeune Allemande de quinze ans, mariée à un gentil galant, et qui se plaint de son mari qui « avoit trop petit instrument à son gré », tandis qu’elle voyait un petit âne d’un an mieux membré que lui... « Veez cy la cause des filles d’Alemaigne ; si Dieu plaist, bientost seront ainsi en France. » Ainsi Michel transpose la facétie XLIIT de Poggio.
Des gaudrioles, qui font penser aux histoires de Poggio, voilà ce que raconte à Monseigneur son maître d’hôtel. Le Bourguignon peut bien savoir que ce n’est pas pour lui
déplaire.
PONCELLET a conté 4 nouvelles (59, 60, 61, 89). En rapportant la tentative d’empoisonnement de Jehan Coustain, valet de chambre et
garde des joyaux du duc, qui prit sur son esprit un tel ascendant, Chastellain a mentionné le dîner qu’il fit avec « un pauvre vallet clergaut, nommé Poncelet, qui luy tint les autres fois compagnie 1 ». C’est lui, vraisemblablement, notre conteur.
La nouvelle 59 rapporte l’aventure du gentil compagnon, sergent du roi à Saint-Omer, qui contrefit le malade pour coucher avec sa chambrière, une histoire qui doit être vraie. — La nouvelle 60 est située à Malines, où trois demoiselles, femmes de trois riches bourgeois, amoureuses de trois frères Mineurs, s’affublent de la robe de saint François et portent tonsure, aventure où il y a peut-être un souvenir du conte de frère Denise, Cordelier, rapporté par un fabliau ?. — La nouvelle 6r se passe dans une bonne ville du Hainaut. C’est le conte du marchand qui fit enfermer dans une huche l’amoureux de sa femme ; mais pour sa confusion, elle lui substitue un âne. — La nouvelle 89, qui développe la facétie XI de Poggio, est l’histoire du curé si simple qu’il oublia d’annoncer le carême à ses rudes paroissiens, une histoire arrivée dans un « petit hamelet ® ou village de ce monde, assez loin de la bonne ville “.. digne de venir en l’audience 5 de vous, mes bons seigneurs ».