‹ Les cent nouvelles nouvelles publiéesChapitre 22 sur 156 · Chastellain, IV · texte numérisé non relu

Chastellain, IV

2. Pierre de l’Estoile (I, 228) a raconté l’histoire du Cordelier aux belles mains, qui n’était autre

qu’une femme, qui prit le froc et fut découverte à Paris au couvent des Cordeliers sous le règne

d'Henri III.

3. C’est le diminutif de hamel qui entre dans la composition de tant de noms de lieu dans la

Picardie et le Nord de la France.

4. La « bonne ville » est aû diocèse de Thérouanne suivant la nouvelle 94.

5. C’est le terme même qui désigne la justice gracieuse du duc de Bourgogne.

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QUIÉVRAIN (Commensuram est une faute d'impression de Vérard) conte trois nouvelles (23, 62, 72).

Quiévrain désigne Philippe de Croy, seigneur de Quiévrain, capitaine général et grand bailli de Hainaut en 1458 1, neveu, comme Lannoy, du seigneur de Croy ?. « Messire Philippe de Croy, seigneur de Kievrain, conseiller et chambellan de mondit seigneur » touche les frais de son voyage à Utrecht au mois de novembre 1460 5. Le « seigneur de Quiévrain, bailli de Hainaut, assiste à l'entrée de Louis XI à Paris #, entretient la reine d'Angleterre à Saint-Pol en attendant la venue du duc : « Sy y alla le jeusne chevalier, qui moult bien savoit faire son personnage, et le reçut benignement la royne et le baisa 5. » Gentilhomme « de toutes lignes », le duc en voulait à son fils qui lui avait préféré le seigneur de Hemeries pour l'office de chambellan $. Aux côtés de Philippe Pot, il reçoit noblement la reine d’Angleterre à Hesdin. « Et la ou il luy seoit faire son personnage, la fit honneur a la maison, car il avoit beaucoup de grans biens en luy, et de sens et de mœurs, et de belle faconde en toutes matières. ? » Au conseil du duc 5, Quiévrain accompagne Lannoy vers le roi à Abbeville ?. Il dut quitter précipitamment la cour de Bourgogne en 1465 1°.

En exposant la fortune du sire de Chimay, Chastellain a esquissé son portrait : « Le seigneur de Quiévrain, fils audit de Chimay, portoit fort cause droit cy aussy, en murmure de son orgueil ; car en l’eage de vingt huit ans, sans oncques avoir vu ne estre expert, son oncle l'avoit mis et establi premier chambrelan du duc, luy absent ; s’estoit allié, par mariage a la fille du comte de Meurs, de ceux de Bavière ; se trouvoit fort en grace du duc par son beau sens et parler ; estoit grand baïlli et capitaine de Haïnau ; avoit pratiques grandes et de divers lieux venans, et tellement, que par un, qe par autre, et que ses peres sçavoit et sentoit en triomphe et en regne, et luy mesme avoir bonne pension du roy et estre a luy couvertement, il porta cœur fier, semblant pompeux et hautain, dur assez a petites gens et convoiteux, et contournant tout ce que pouvoit avoir a grandissement d’estat ; se fist de beaucoup de gens blasmer en son darriere par elation de ses manières, jasoit que moi, son tres accointé et ami privé, n’en sçauroie dire que tout ce qui bien siet a un noble homme de vertu... Ja avoit dix ans par avant, a Brusselles, pour avoir le premier lieu a l’entour du comte, cestui (le sei-

gneur de Quievrain), qui lors s’appeloit seigneur de Sempy, avoit esté cause du desplaisir du comte, et de son grand danger envers le duc son pere 4... »

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