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passé icelui suppliant et ses parens et amis eussent eu paroles avecques ung nommé Gillart Dearion et ses amis afin de parvenir au mariaige dudit suppliant et Hanniette Denrion, fille dudit Gillart, et sur ce eussent esté aucunes journées tenues tellement que icelles parties, tant d’un costé comme d’autre, estoient d’accort des poins et condicions dudit mariaige et ne restoit que a faire les fiansailles et autres solempnités requises pour le sacrement d’icelui mariaige. Mais a l’occasion de ce que une nommée Jehanne, femme de Jehan Chevalier, demourant audit lieu de Walez, avoit dit aucunes paroles injurieuses et deshonnestes contre l’onneur d’icelui suppliant, son fait touchant ledit mariaige en avoit esté retardé pour ce qu’icelles paroles provoquoient l’indignacion et malvueillance de ladite Hannette qui, a ceste cause, estoit fort indignée a l’encontre dudit suppliant et de ses amis pareiïllement. Laquelle chose par lui sceue se trahit par divers ladite Jehanne, en lui remonstrant qu’elle avoit mal fait de l’avoir ainsi couvertement blasmé envers les amis de ladite Hannette et pourchassé son desavancement sans cause ; dont ladite Jehanne s’excusa, en disant que devant eulx elle diroit et maintiendroit le contraire. De laquelle chose faire le dessusdit suppliant requist icelle Jehanne et de le excuser de la charge qu’on lui avoit donnée envers eulx et ladite Hannette. Et pour ce faire se mist icelle Jehanne ou chemin avec ledit suppliant. Et ainsi qu’ilz aloient devers ledit Gillart et ses fille et amis, survindrent prestement a l’encontre dudit suppliant ledit Jehan Chevalier et ung sien filz illegitime, nommé Acquinet, armez et ambastonnez, assavoir ledit Jehan d’un espieu et ledit Hacquinet d’un wouge, en escriant ledit suppliant : « À la mort! » Et combien que icellui suppliant leur remonstrast par doulces parolles qu’ilz ne leur avoit oncques meffait en aucune maniere, en leur requerant de le vouloir laissier paisible, neantmoins iceulx Jehan Chevalier et Hacquinet, continuans en leur mauvaiz propoz, assaillerent, baterent et navrerent ledit suppliant en plusieurs parties de son corps a sang courant et playe ouverte, et s’efforcerent de le murdrir et mettre a mort. Pour obvier et resister a laquelle chose ledit suppliant se mist en deffense et s’efforça de resister a leurs assaulx et envayssemens. En quoy faisant, et en son corps deffendant, lesdits Chevalier et son filz bastard furent navrez tellement que assez tost après, comme l’on dit, ilz en terminerent vie par mort. Donné a Utrecht, ou mois de septembre, l’an de grace mil quatre cens cinquante et six...
Une mère ei sa fille.
B. 1687, fol. 2.
Je Guiot du Champs, conseillier et receveur general de toutes les finances de Monseigneur le duc de Bourgoigne, confesse avoir receu de Jehanne, femme Boudin Pencl, la somme de soixante solz.. pour la composicion de son rappel de ban a elle octroyé par mondit Seigneur en la ville et banlieue d’Aire, dont elle avoit esté bannie par les maieur et eschevins d’icelle ville six ans et six jours pour avoir soustenu tant de. nuit comme de jour mauvaiz hostel et souffrir Dame Alis sa fille estre en compaignie charnelle de plusieurs hommes d’eglise, mariez et a marier, et iceulx s’ust miz en sondit hostel avec sa dite fille. Le VIITe jour de may l’an mil rit LVII.
La servante forcée.
B. 1687, fol. 12.
Phelippe etc. Savoir faisons a tous presens et avenir nous avoir receu l’umble supplicacion des parens et amis charnelz de Guiot Dieu le fit, demorant a Gy en nostre bailliage d’Amont en nostre conté de Bourgoingne, contenant que comme ledit Guiot qui est eaigié de cinquante ans ou environ ou temps de la vie de sa femme nagaires trespassée et qui longuement a esté malade eust et tenist en son service une jeune fille nommée Pouroite, fille de feu Jaquot Perrin d’Igney, eaigié de environ douze, laquelle fille après le trespas de ladite femme dudit Guiot demoura avec icellui Guiot pour ce que son terme n’estoit pas encores accompli. Et avec icelle ledit Guiot eust grande familiarité et tant que le dimenche
vi jour du mois de fevrier mil x1r° Lv1 derrain passé, devers le soir et a l’eure de couchier, ilz feurent seul et seule en l’ostel dudit Guiot, lequel fut meu de concupiscence charnelle a l’occasion de ce qu’il avoit beu et estoit chargié de vin, et par inducion de l’Ennemy commanda a ladite fille et la contraignist d’aller en sa chambre pour couchier avec lui. Et laquelle fille icelui Guiot, par ses paroles et menaces, fist desvestir et metre ses vestemens sur une arche près de son lit ; et après l’ambrassa et porta oudit lit, et mist coucher emprès lui ; et après se print a gogner a ladite fille, et la gatillier et assaillir, comme pour l’esmouvoir a consentement charnel en approuchant son membre naturel d'elle. Ce qu’elle ne voult souffrir ne consentir, ains se eslenca hors dudit lit et, en la ruelle d’icellui, après laquelle ledit Guiot getta sa main et la print par le bras et la retira et mist en icelui lit, se bouta entre ses jambes et estandit au long d’elle et la congneut charnelment, oultre son vouloir et consentement, combien qu’elle ne cria point, ains seulement dit audit Guiot qu’il faisoit mal et peschié, car elle estoit orphenine. De quoy, le jeudi ensuivant, ladite fille par l’ennortement de Estiennette, sa mere qui la mena et conduisit devers le chastellain dudit Gy, se plaingnist audit chastellain comme ravie a force et oultre son vouloir. Lequel chastellain incontinent se informa dudit cas, ainsi qu’il le polt mieulx faire, et fist prisonnier ledit Guiot et a procedé avec lui, tant et si avant que ledit Guiot a congneu et confessé ledit cas tel que dit est. Donné en nostre ville de Brouxelles ou mois de mars l'an de grace mil mx LVI.
Du danger de cheminer en robe à la façon nouvelle.
B. 1687, fol. 53 vo. — Cf. nouvelles 6, 98. |
Phelippe par la grace de Dieu duc de Bourgoigne, etc. Savoir faison a tous presens et avenir nous avoir receu l’umble supplicacion de Estienne Morey et Oudin Bourey, povres laboureurs manans et demourans en la ville de Moustier Saint Jehan en nostre baïlliage d’Auxois, contenant que le mardi jour de saint Jacques et saint Christofle vingt cinquiesme jour de jullet darrain passé, lesdits supplians entre X ou XI heures après midi dudit jour, en venant qu’ilz faisoient de la ville de Viserney pres dudit Moustier Saint Jehan ou ilz avoient sejourné ledit jour a la feste qui estoit audit lieu, rencontrerent, en eulx retournant dudit Viserney, audit Moustier Saint Jehan près du pont d’Athies et de certaine croisete, une nommée Jehanne de la Croix, dame de Chandoïseaul en partie, femme de Jehan de Saint Martin, laquelle venant par nuyt et à ladite heure dudit Moustier Saint Jehan et aloit audit Viserney tres pitement acompaignié d’un petit enfant de l’eage d’environ XIII ans et en habit estrange, vestue d’un grand roichet blanc jusques aux piez et atournée de ceuvre chiefz blans, qui est ung habit tres estrange et de grand nouvelleté au païz. Lesquelz supplians, pour ce qu'ilz n’avoient pas accoustumé de veoir femmes en telle façon, et aussi qu’ilz estoient fort imbuz et comme yvres, de prime face leur sembla avoir trouvé une femme joyeuse et d’avantage et vinrent a elle ; et tous chargiez de vin, comme dit est, requirent a icelle Jehanne de la Croix qu'elle voulsist faire leur voulenté, dont elle fust refusant. Et veant son dit reffuz mirent la main 2 elle et la getterent a terre disant qu’ilz en auroient et feroient leur plaisir d’elle, et que l’on savoit bien qu’elle s’abandonnoit à plusieurs autres ; et de fait ledit Estienne se mist entre ses jambes et se perforça, a l’aide dudit Oudin, d’avoir sa compaignie a quoy elle obvia tant par resistance, signifficacion de garde comme par cry, tellement que les dis supplians se depattirent d’elle sans avoir sa compaignie charnelle. A l’occasion desquelles choses lesdits supplians ont esté et encores sont detenus de present prisonniers en prisons de Reverend pere en Dieu l'abbé de Moustiers Saint Jehan. Donné au Pont a Wendin ou mois de septembre l'an de grace mil sr LVIII.
Un soir de ducasse à l'auberge.
B. 1687, fol. 61 vo.
Philippe etc. Savoir faisons a tous presens et avenir nous avoir receu l’umble supplicacion de Daniel de Broukere et Pierre son filz de la paroiche de Nyeukerke au mestier de Belle, povres hommes chargiés de femmes et enfants, contenant que le jour de la feste de l’assumpcion Nostre Dame derrain passée ung nommé Hannekin de Rapere, josne compaignon vagabond du païs de Liege, acompaigné de cinq autres compaignons et de femmes de vie telles quelles, vint a la ducasse de ladite paroiche et en la maison dudit suppliant, lequel tient hostelerie audit lieu de Nyeukerke et vend pain, vin, cervoise, char et autres vivres, se vint seoir a table et illec se firent tres bien servir ledit Hannekin et les autres de sa dite compaignie. Et quant ilz eusrent tres bien mengié et beu et compté leur escot avec l’ostesse, duquel escot ladite hostesse vouloit estre payée, ledit Hannekin de Rapere et ceulx de sadicte compaignie, ce leverent. Et dit ledit Hannekin qu’il ne païeroïit point sadite hostesse et que pis est l’appella ribaulde, truande et lui dist plusieurs aultres vilennies et injurieuses paroles ; et avec ce gecterent en voye et rompirent les voirres, potz, cannes, plateaulx, escuelles, tables, bans, selles et dressoir. Et ce fait s’en alerent hors de ladite maison sur la rue publique en laquelle lesdits supplians le trouverent. Et lors ledit Daniel dist audit Hannekin : « Amy est ce usance de ce faire en lieu de loy et de justice ? » Et incontinent ledit Hannekin repondist bien furieusement audit Daniel : « Se vous ne me laissez en paix je vous tueray tout roidel! » Lesquelles paroles oyt Georges de Broukere, filz dudit Daniel suppliant, lequel en revangeant sondit pere frappa ledit Hannekin de son cousteaul ung seul cop duquel cop incontinent ledit Hannekin termina vie par mort... Donné en nostre ville de Mons en Haynaut ou mois de decembre l’an de grace mil CCCC cinquante et huit...
Les charretons.
B. 1687, fol. 66 v°.
Phelippe etc. Savoir faisons à tous presens et avenir nous avoir receu l’umble supplicacion de Estienne Peletier, tonnelier, nagaïres demourant en nostre ville de Nuys, contenant que comme ou mois de novembre derrian passé ledit suppliant, qui est jeune homme, pour cuidier gaingner la vie de lui et de sa femme se feust affermé à Guillaume Moynne, marchant demourant audit Nuys pour aidier a conduire trois chars chargiez de vin que ledit Guillaume faisoit cherroier et mener dudit Nuys en noz païs de Flandres par ung voicturier nommé Jaquinot Poudargent de Bar sur Aube. Et ainsi que ledit Jaquinet, ses serviteurs, et ledit suppliant menoïient ledit train de vin, eulx estans entre Monceaul et Crecy encontrerent deux chars chargiés de harens et de denrees venans dudit païs de Flandres qui vindrent a l’endroit des chars dudit Jaquinot sans eulx vouloir detourner ne mectre en autre cherriere tant qu’il convint illec desploier lesdits chars et alerent tous les dis charretons et leurs chevaulx au giste audit Monceaul et laisserent leurs dis chars et a ceste occasion se meurent de paroles ledit Jaquinot et sesdits serviteurs a l’encontre desdits voicturiers venans de Flandres, et se loigerent tous en l’ostel Jehan le Fevre à l’enseigne de la Grosse Teste. Et ce venant audit loigiz et en icellui lesdits charretons venans de Flandres, qui estoient trois personnes, injurierent tousjours ledit Jaquinot et regnierent Dieu que lui et ses complices auroient mal soir. Et après que lesdits voicturiers et charretons eurent souppé, ledit Jaquinot et ses serviteurs alerent appoinctier leurs chevaulx en l’estable dudit loigiz ; et ala avecques eulx ledit suppliant, et prinst ung baston pour aidier a faire la litiere desdits chevaulx dudit Jaquinot. Et illec vinst ung desdits charretons venans de Flandres nommé Jehan Gaulthier, natif de Beaune, comme l’on dit, qui estoit mal meu et mist la main sur un baston que tenoit ledit suppliant et regnia Dieu que ledit suppliant le mectroit
.— EXXXIII —
jus et si serait batu. Mais ledit suppliant tinst fort sondit baston et ne le voulsist laissier aler audit
Jehan Gaulthier. Et lors ledit Jehan Gaulthier s’en courut par despit sur ung solier ou estoient ses ‘bagues, et par grant malice prinst ung braquemart et une javeline, et vinst au bas pour et en intencion de faire muldre desdits Jaquinot et suppliant, regniant et jurant Dieu villainnement qu'il les tueroit; Et lors l’un des serviteurs dudit Jaquinot veant la fureur dudit Jehan Gaulthier mist la main à la javeline dont vouloit ledit Jehan Gaulthier frapper ledit Jaquinot et lui osta. Quoy veant ledit Jehan Gaulthier tira son braquemart et en frappa ung des serviteurs dudit Jaquinot, nommé Jehän de Donselle, sur la teste, tant qu’il lui fendist et cuidoit l’on qu'il feust mort, Et alors cuida ledit Jehan Gaulthier venir audit suppliant pour ainsi de lui faire. Mais ledit suppliant, pour soy revenpgier, prinst ung baston de bois non affaitié qu’il trouva d'aventure. Et quant ledit Jehan Gaulthier le cuida frapper dudit braquemart, qui estoit nud, ledit suppliant se revangea et frappa d’icellui baston de bois en soy deffendant un cop sur la teste dudit Jehan Gaulthier. Duquel cop ledit Jehan Gaultier cheut par terre et environ deux jours après ala de vie a trespas… Donné en nostre ville d’Ostun ou mois de fevrier l’an de grace mil CCCC cinquante et huit.
La simple histoire de Marguerite.
B. 1687, fol. 73 vo. — Cf. nouvelle 8.
Philippe etc. Savoir faisons a tous presens et a venir nous avoir receu l’umble supplicacion de Marguerite, fille Guillaume de la Croix de Marcilly près de nostre ville de Charroles, povre fille eagée de xvitj ans ou environ, contenant que depuis sa nativité elle a demouré avec sondit pere et sa mere, tres pauvres gens laboureurs ; et depuis qu’elle a eue congnoissance, les a serviz le mieulx qu’elle 2 peu, sans ce que elle ait eu aucun blasme ou maulvais renon. Et est avenu que icelle suppliante estoit en l’aige que dessus, assavoir d’environ Xviij ans, a esté secretement congneue charnelement sans estre mariée ; et par ce moyen a esté ensainte d'enfant, sans ce que elle sceust proprement et a la verité que elle le feust. Et environ la fin de juillet derrenierement passé, elle partant du chastel de Terzy devers matin, et après ce qu’elle avoit traict les vaiches appartenant audit seigneur dudit chastel, comme deja avoit fait par le temps de six sepmaines ou environ par le commandement dudit seigneur et consentement de ses dits pere et mere demourans Joings dudit chastel, ung quart de lieue ou environ se sentit tres fort agrevée de maladie et indisposicion de sa personne, comme desja avoit esté par intervalle de temps, non saïichant proprement que c’estoit, se tira en ung boisson près de la porte dudit chastel toute seule et après pluseurs douleurs se mist sur la terre et fit, enfanta et mist jus sur la terre ledit enfant dont elle estoit ensainte mort, qui estoit tres petit, sans ce qu'il fut porté à terme, ne qu’il eust aucun signe de vie ; dont fut mout esbaye et dolente ladite suppliante avec la douleur qu’elle avoit qui :stoit si grande et extreme qu’elle ne savoit que faire, pour ce mesmement qu’elle estoit seule et sans confort ou ayde de quelque personne que ce feust, et print ledit enfant né mort et le getta dudit boisson es fossez d’icelui chastel de Terzy plains d’eaue au pié d’une grosse tour dudit chastel, Et cheut ledit enfant en ladicte eaue, et le y laissa ladicte suppliante, esperans que de son piteux cas jamais ne seroit nouvelle. Puis après, a tres grant paine, s’en retourna en l’ostel de sesdits pére ét mere, moult malade, ja soit qu’elle dissimula sadicte maladie le mieulx qu’elle peust. Et est advenu que environ trois sepmaines après ladicte suppliante fut accusée dudit cas et prinse et mise en prison fermée en nostre chastel dudit Charroles, ou elle a estée interrogué et questionnée sur ledit cas, lequel elle a confessé par la maniere et ainsi que dit est a la verité, À l'occasion duquel cas elle est encore a present detenue prisonniere es prisons dudit chastel en grant povreté, misere et dangier de justice, et en adventure de miserablement finer ses jours se nostre grace et misericorde ne lui est sur ce impartie... Donné en nostre ville d’Ostun ou mois d’octobre l'an de grace mil IITIC LIX.
Un enfant de prêtre.
B. 1687, fol. 38 ro.
Autre legitimation in forma moyennant finance a l’arbitraige et tauxacion des gens des comptes a Dijon pour Jacot Munier de Poncey près d’Auxonne, filz illegitime de messire Velicq Munier, prestre curé d’Athet, engendré de luy ou corps de Bonnote fille de feu Perrin Merceret de Flamerant et lors femme de Guillaume Vincent dudit Poncey. Donné a Valenciennes ou mois de decembre l’an mil ij cent cinquante et sept.
Les paysans.
B. 1687, fol. Lxxt.
Philippe etc. Savoir faisons a tous presens, nous avoir receu l’umble supplicacion de Huguenin Baïlli, flz de Guillemin Bailli de la paroïche de Saint Aulbin en nostre conté de Charolois, povre laboureur de terre, contenant que le jour de la feste de la nativité saint Jehan Baptiste derrain passé ung nommé Pierre la Bonne, lequel avoit espousée la suer dudit suppliant, ala en ung villaige nommé Voleure, a demie lieue près de l’ostel dudit Guillemin Baïlli, ouquel cedit jour l’on faisoit certaine confrarie, pour illec veoir l’assemblée des gens y estans. Et demoura cedit jour jusques près de la nuyt, et puis s’en retourna en l’ostel dudit Guillemin et trouva les enfans dudit suppliant et les siens qui estoient bien en nombre de xij petiz enfans, l’eysné de l’eaige de xij ans ; ausquelz ses enfans icellui Pierre donna du pain blanc qu’il portoit en son saing, sans ce qu’il en donnast aucun peu aux enfans dudit suppliant. Lesquelz enfans d’icellui suppliant, et en sa presence, se prinrent a plorer pour ce que ledit Pierre ne leur avoit point donné dudit pain. Lequel suppliant veant sesdits enfans ainsi plorer dist audit Pierre qu’il avoit mal fait de ce qu’il n’avoit donné dudit pain a ses dits enfans et qu’il avoit fait comme meschant homme. Lequel Pierre respondit audit suppliant qu’il mentoit, et qu’il estoit aussi bon que lui. Et tellement fut par eulx procedé que des parolles ilz vindrent au fait ; et yssirent hors de l’ostel dudit Guillemin et print ledit suppliant ung espieu en sa main. Et eulx estans en ung chemin devant ladicte maison se batirent, et frappa ledit Pierre icelui suppliant d’une grosse pierre parmi le costé ; lequel suppliant, pour soy revengier, frappa ledit Pierre de l’esle du dit espieu sur la teste ung cop assez près de la partie que l’on dit l’entendement ou memoire. Après lequel cop ledit Pierre s’en retourna oudit hostel et trouva ledit Guillemin Bailli, lequel estoit venu dudit Saint Aulbin et se seoit au feu. Auquel ledit Pierre monstra sa playe et ledit sang, disant que ledit Huguenin, son filz, lui avoit fait ladicte playe. Lequel Guillemin fut de ce bien desplaisant et dist audit Pierre que c’estoit tres mal fait d’eulx ainsi entrebatre, et qu’il s’alast couchier. Lequel Pierre incontinent s’en ala couchier avec sa femme. Et le lendemain qui fut le lundi se leva assez matin et s’en ala ouvrer de son mestier de couturier en ung villaige assez près d’illec. Et ledit jour fit une robe pour ung petit enfant puis sur la nuit s’en retourna en l’ostel dudit Guillemin son beaupere et coucha avec sad. femme jusques au mardi matin qu'il se leva et ouvra, comme dit est, de sondit mestier jusques environ l’eure de vespres qu’il ala en ung autre villaige nommé Bussiere en l’ostel d’un nommé Guillaume Deschamps, auquel il avoit promis que le mercredi suivant il lui faulcheroit un sien pré qu’il avoit pris en tache de lui faulcher. Et coucha cedit mardi en l’ostel du dit Guillaume Deschamps jusques audit mercredi matin qu’il se leva assez matin ; et dist audit Guil- Jaume qu’il estoit malade et qu’il avoit tres grand mal sur le cuer, disant qu’il ne pourroit ouvrer, mais l’en convenoit retourner en l’ostel dudit Guillemin, et ainsi le fist. Et incontinent qu’il fut oudit hostel se coucha, disant a sad. femme qu'il estoit tres fort malade. Et atant, sans plus dire, perdit la parolle ; et depuis ne parla et vesquit jusques au dimenche suivant qu’il ala de vie a trespas… Donné en nostre ville d’Ostun ou mois de septembre l'an de grace mil Irc Lix.
Le mai de Valenciennes.
B. 1688, fol. 2 r°.
Phelippe.. Savoir faisons a tous presens et avenir nous avoir receu l’umble supplicacion de Hannin Joveniel contenant que la veille du mois de may MCCCC cinquante quatre que les jeunes compaignons ont accoustumé de porter le may devant l’ostel des jeunes filles, Jehan le Povre, Jehan Bromtey et Hanin Jarmin et pluseurs leurs serviteurs, ainsi qu'ilz aloient esbatre environ à douze heures en la nuyt en nostre ville de Valenciennes, virent un homme semblable audit suppliant qui estoit appoié sur le toucquet ou demeure presentement Jehan L’Espicier. Et aulx venuz en ung hostel ou ilz alerent pour faire collacion, ilz envoierent ung de leurs serviteurs audit toucquet requerir a celui qui estoit appoié qu’il venist faire collacion avec eulx, pensant que ce fust ledit suppliant.. Gand, 24 avril 1458.
Un jaloux.
B. 1688, fol 3 vo.
Phelippe. Savoir faisons à tous presens et avenir nous avoir receu l’umble supplicacion de Pierre de Scelebbe, nostre povre subget, demourant en la paroisse de Langhemarct en nostre chastellenie d’Yppre, contenant que, deux ans a passez ou plus, par plusieurs vraies presumptions et aussi par divers rappors qui par pluseurs et diverses personnes lui furent faiz de ce que ung appelé Chrestien le Cloot, son voisin, poursuivoit sa femme pour avoir compaignie charnelle avec elle, et que la renommée et fame commune estoit en ladicte paroisse que congneue l'avoir charnelment et que aux semblans et thanieres que ledit Chrestien tenoit vers sa femme, il prinst en son ymagination et courage que vray estoit. Et aussi que il fu adverti que Îles serviteurs domestiques dudit Chrestien lui avoient pluseurs foiz blasmé et dit qu’il faisoit mal de suivir la femme dudit suppliant et que mal lui en vendroïit. Mais tousijours s’en mocquoit, disant que il congnoissoit bien ledit suppliant et que riens ne lui mesferoit. Et de plus en plus continua de venir en l’ostel dudit suppliant qui tenoit cabaret et vendoit cervoise. Pourquoy ledit suppliant, doubtant que debat pourroit entre eulx mouvoir et aussi pour ce qu’il avoit getté ou visage de lad. femme dudit suppliant ung veirre plain de cervoise et dit a ceulx avec cui il buvoit qui ce lui blasmoïient que ledit suppliant estoit un gooc ou piffre et qu'il ne valoit pas ung homme. Ledit suppliant lui fist dire par aucuns de ses bons amis que il lui desplaisoit et n’estoit point content des poursuittes que il faisoit vers sa femme et du desplaisir que fait lui avoit et des injurieuses parolles que de lui avoit dittes et le fist requerre que deporter se voulsist de venir plus en son hostel et que se plus y venoit, il lui en desplairoit. Sur quoy ledit Chrestien respondi que il y vendroit tant et si longuement que on y vendroit cervoise, l’empeschast celui a qui il en desploiroit. Et en ensuivant ce, le jour Saint Clement derrenierement passé, vint boire en l’ostel dudit suppliant qui n’en fut pas content. Mais pour ce que point ne volt faire de debat en son hostel il s’en ala et prinst en son jardin ung baston et ne resta gaires après qu’il ne vint en rencontre dudit Chrestian, qui pareillement avoir aussi ung baston, auquel il dist que il se deffendist ; et l’assailli et l'assena de son baston parmi les jambes et le dit Chrestian en travers du corps telement que ledit suppliant chey a terre et luy relevé fery de rechief ledit Chrestian et l’assena ou chief telement qu’il chey par terre et dedens brief temps après, assavoir six ou huit jours, termina vie par mort. Donné en nostre ville de Bruges le viije jour de janvier l'an de grace mil quatre cens cinquante
sept [1458].
| L'hôtelier de Nieuport.
B. 1689, fol. 20 v°.
Phelippe etc. Savoir faisons a tous presens et avenir nous avoir receu l’umble supplicacion de Vincent Zoetart, bourgois et hostelain en nostre ville de Neufport, et aussi pour le present eschevin de nostre dite ville, contenant que, comme ja pieca, pour et 4 l’occasion de ce que pluseurs marchans et autres bonnes gens se logent et frequentent a l’ostel dudit suppliant, qui met grant peine a gaigner sa vie et sert ses hostes le mieulx et plus diligemment qu’il puet, ung nommé Guérard Rosin, aussi hostellain et demourant en icelle nostre ville, et lequel est marié et a debouté sa femme espousée et par dessus icelle sa femme espousée maintient publiquement hostel et mesnage avecques une nommée Marguerite de la Mote, aussi mariée, non obstant et par dessus les defenses a eulx deux faictes par la loy et justice dudit lieu de Neufport de plus habiter, resider, vivre ne tenir hostellerie ensemble dont ilz ne tiennent compte, ait conceu grant hayne et envie contre ledit suppliant, et ausi a fait ladicte Marguerite, et qu’il soit vray et apparu parce que le XVIIIe jour d’avril derrain passé et environ, icellui suppliant aiant plusieurs hostes en son hostel, lesquelx lui demanderent s’il avoit point du vin blanc et pour ce que ledit suppliant lors n’en avoit point, il print mesmes ung pot en deffault de ses gens et familiers qui estoient occupez pour la venue desdits hostes et autrement et s’en ala en la ville pour en trouver et en alant demanda a ung nommé Jacques de Vil qu’il trouva sur la rue s’il savoit nulle part du bon vin blanc : lequel lai dit que a l’ostel Saint Gorge ou pour lors demouroient et encores font a present icellui Guérard et Marguerite sa concubine, y avoit de tres bon vin blanc et que on le bailloit a tous venans. Et adont ledit suppliant se transporta audit hostel de Saint George ou il trouva icelle Marguerite, à laquelle il demanda se on lui baïlleroit du vin pour son argent, laquelle lui respondi, de tres felon courage et tres despiteusement, qu’elle aymeroït mieulx que le pot feust en son estomac qu’elle lui en baillast et qu’il ne venoit point pour autre chose que pour tirer a lui ses hostes, disant : « Je vous feroy oster la vie du corps quelque chose qu’il me deust couster », criant et brayant tres hideusement : « Faulx traictre, faulx filz de putain, ruffien, je vous feray tuer par le plus ord coquin que je pourray trouver | » Pour cause desquelles maugracieuses paroles ledit suppliant, ce voyant, se partist dudit hostel et s’en ala ung autre lieu pour vin ; et en retournant vers son hostel et passant par devant ledit hostel de Saint Gorge, ou ledit Guérard se tenoit à l’uys, icellui Guérard crya après lui : « Faulx traictre, faulx filz de putain, vous me voulez destruire. Vous prenez mes hostes. Je vous tueray et jamais ne venrez ne yrez a l’ostel de la ville que je ne vous tue ». Et de fait crya et dist a haulte voix : « Baïlliez moy mon arbalestre ». Et ledit Jacques de Vil, qui estoit près dudit Guérard, et lequel a espousé la fille bastarde dudit Guérard, crya parellement : « Faulx filz de putain, se vous avez a faire a Guérard vous avez a faire a moy. Nous sommes trop puissans pour vous et jamais ne morrez que de ma main! », tirant sa dague. Lesquelles paroles injurieuses, vilonnies et menaces ainsi dictes contre ledit suppliant, qui est homme paisible, de bonne fame et renommée et les supporta lors paciamment, les donna a congnoistre a [a justice. Donné en nostre ville de Bruxelles ou mois de may l’an de grace mil quatre cens cinquante neuf.
Le jeune danseur de Bruges.
B. 1688, fol. 12 r°.
Phelippe etc. Savoir faisons a tous presens et avenir, nous avoir receu l’umble supplicacion de Pol de le Kerchove, escuier, filz de nostre amé et féal conseillier le baïilli de Hondsche, Ernoul de le Kerchove, contenant comment ledit suppliant, qui est un jeune homme demourant avec nostre amé et féal chevalier, conseillier et chambellan le seigneur de le Gruthuse, trois sepmaines avant quaresme derrain passé, ala esbatre et danser en nostre ville de Bruges avec et en la compaignie de
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Jehan de le Vichte demourant avec ledit seigneur de le Gruthuse et les suivirent Adrien de Langhe. fils de Josse de Langhe demourant avec icelui seigneur de le Gruthuse. Et après ce qu’ilz eurent dansé et mommé en diverses maisons en nostre d. ville de Bruges vindrent en la maison de Pierre Heerkin ou ilz danserent et mommerent ung pou. Et ce fait se partirent d’illec et s’en alerent paisiblement sept ou huit maisons de la maison dudit Pierre Heerkin. Et pour ce que cellui qui porta la torche dudit suppliant demoura derrenier, icellui suppliant se retourna pour savoir quelle chose il lui faloit et pourquoy il demouroit derriere. Et lui venu devant la maison dudit Pierre Heerkin ou ilz avoient dansé, trouva illec sondit varlet qui disoit audit suppliant : « On vuelt icy tuer Adrian de Langhe ! » Et ce veant ledit suppliant et que Jehan de Olsene accompaigné de trois autres compaignons bien armez et pourveuz aguettoient et espioient a tout leurz dagues et couteaulx tirez hors de leurs gaines pour illec battre et injurier ledit Adrian de Langhe qui estoit devant luy pour yssir et ne se vouloient deporter en nulle maniere de leur mauvaise entreprinse, mais se firent tenir et s’efforcerent de batre et frapper ledit Adrian, pourquoy ledit suppliant prinst ledit Jehan de Olsene par le col et lui baïlla de son coustel une plaie dont il est gary. Et tantost ledit Adrian vint dehors a tout son coustel en sa main frappant aussi après ledit Jehan de Olstene. Et ce veant les compaignons dudit Jehan de Olstene s’en fuirent et ledit suppliant laïssa aler ledit Jehan de Olsene sans plus blechier.. Donné en nostre ville de Lille le rr1je jour d’aoust l’an de grace mil quatre cent cinquante huit...
La guerre et les paysans.
B. 1680, fol. 6 vo.
Phelipe, etc. Savoir faisons a tous presens et avenir nous avoir receu l’umble supplicacion de Jacquemart de le Croix, demourant de present en nostre ville de Valenchiennes, povre homme chargié de femme et de petiz enfans, contenant que es derrenieres guerres de Flandres en obtemperant a certain mandement par nous fait, ledit suppliant qui estoit de nouvel revenuz d’un voiage desdites guerres de Flandres et qui rapporté en avoit une longue picque, fut esleu des villes d'Onnaing et de Quaroube avec autres compaignons pour aler en nostre service et armée et pour estre et demourer en garnison en nostre ville de Tenremonde, et que lors vint a lui ung nommé Jaquemart Frappart, lequel le villena et injuria de pluseurs paroles infames et deshonnestes, en disant tres villainnement audit suppliant : « Tu t’en vas en la guerre, mais ce n’est que pour desrober ! » et que larrecineusement il avoit rapporté une picque des Gantois et qu’il conviendroit qu’il la reportast. À quoy ledit suppliant respondi que le picque qu’il avoit rapporté n’estoit point larrechin, ains l’avoit conquesté a la rescousse qui se fist emprès Englemoustier, ou il avoit esté en grant peril de sa vie, et que ledit Frappart ne vouldroit avoir ung cent pour le pris que celle lui avoit cousté. Et ledit Frappart dit audit suppliant que c’estoit dommaige que ledit suppliant et tous ceulx qui aloïent en la gueire n’estoient pendus. À quoy ledit suppliant respondi que c’estoit mal fait de souhaitter pendus tous ceulx qui aloient en nostred. service. Et ce advint le jour du sacrement. Et le dimenche ensuivant ledit Frappart, non encores content, s’aborda de rechief audit suppliant et lui dist les dessusdites paroles, en repetant que lui et les autres n’aloient en la guerre que pour derosber, et que c’estoit dommage qu’on ne les pendoit, avec autres paroles injurieuses. Et comme ledit Jaquemart de le Croix, suppliant, lui sachant estre esleux pour aler en lad. guerre, eust demandé au maire desdites villes ou estoient les armures pour lui armer, et que ledit maïre lui eust respondu qu’elles estoient a la maison Jaquemart le Male, brasseur d'Onnaing, et qu’il alast prandre et choisir ce qui lui estoit necessité, ledit suppliant vint en la maison dudit Male, brasseur. Et illec fut moult villenez et injuriez d’aucuns proismes et amis dudit Frappart ; et d’autre part Gillot et Jehan Frappart, enfans dudit Jaquemart Frappart, accompaigniez d’aucuns leurs cousins germains et de Jehan Brissart que y survint, commancerent a grandement villener ledit Jacquemart suppliant, comme avoit fait leur dit pere, et de voye de fait lui eussent couru sus et l’occiz dedens ladicte maison se n’eussent esté les bonnes gens qui y survin-