LXXXVIII
drent. Et pour eulx monstrer qu’il ne vouloit point avoir de debat ne de hustin a eulx, il se mist en la court d’icelle maison pour garder son corps. Auquel lieu lesdit Gillot et Jehan Frappart, et avec eulx de leursdits cousins germains et ledit Brissart, le poursuirent et avironnerent telement qu’il ne se savoit ou saulver et lui disoient grandes injures et villenies en jurant orribles seremens qu’il seroit batuz qui qu’il le voulsist veoir avant son partement.. Ledit Gillot s’avanca pour venis audit Jaquemart suppliant qui tenoït one espee devant lui affin que on ne l’approchast et de son propre fait se vint icellui Gillot boutter en lad. espée telement qu’il fut navrez et dont mort s’est ensuie. À l’occasion duquel cas ledit suppliant, doubtans rigueur de justice, s’est tousjours depuis absentez de noz païs et seigneuries, et se tenu en estranges marches et contrées en grant povreté et misere et en nos dis païs n’eseroit retourner se nostre grace et misericorde ne lui estoit sur ce impartie. Donné en nostre ville de Bruges, le xx111J® jour de mars l’an de grace mil quatre cens cinquante sept.
L’écuyer qui alla voir passer le dauphin.
B. 1689, fol. 25.
Phelippe.… Savoir faisons a tous presens et avenir nous avoir receu l’umble supplicacion de Clais
Nefs et Hannequin, bastard de Waesberghe, demourans en Îa paroisse de Sainte Marie Lierde en
nostre païs et conté d’Alost, contenant comment Guillain de Ville, escuier, quant il ala derrenierement en nostre service ou voiaige d’Utrecht, acheta certain nombre d’espées qu’il presta aux compaignons qui alerent avecques lui oudit voiage, Et lui retourné dudit voiage, environ ung an après, icellui Guïillain trouva ung compaignon nommé Hannin Henricx qui avoit acheté a ung de ses serviteurs une de ses dites espées, laquelle ung appellé Chretien Zeghers avoit empruntée audit Hannyn Henricx; et après l’avoit portée en l’ostel dudit Guillain de Ville, lequel depuis venu en nostre ville de Grantmont pour veoir Monseigneur le Daulphin, ledit Hannin Henricx vint devers lui et lui demanda ladicte espée, disant que s’il ne la lui baïlloit il le feroit arrester. À quoy ledit Guillain lui respondy qu’il venist en son hostel en ladicte paroïsse de Sainte Marie Lierde et qu’il lui baïlleroït autant d’argent qu’il l’avoit achetée. Lequel Hannin Henricx deux jours après envoya en l’ostel dudit Guillain ung sien frere, appellé George Henricx, accompaignié d’un nommé Gilles le Marscalc, lesquelz aians chascun un arc a main tendu et certain nombre de flesches à leur costé vindrent devant l’ostel dudit Guillain qui est assiz sur une montaigne. Et ainsi que icellui Guïllain estoit en sa chambre et se vestoit, il vist lesdits compaignons ; et tantost il yssit hors de sadicte chambre, aiant ladicte espée en sa main pour la cuidier rompre et leur en baïllier autant d’argent qu’elle avoit cousté et esté achetée. Et ce veant lesdits George Henricx et Gilles Marscalc se retrairent a tout leursdits arcs tenduz en bas. Et incontiment ledit Hannequin, bastart de Waesberghe, suppliant, suivy ledit Gilles le Maerscalc, a cause de certaine hayne et discort estant entre lui et ledit Gilles a l’occasion de ce que icellui Gilles avoit autresfoiz batu ung des parens dudit bastart suppliant, et telement le rataindit que ledit bastart suppliant lui
donna ung cop d’ung espie sur son bras. Et après ce ledit Claiz Nefz, aussi suppliant, oyant ladicte
noise, y accourut et donna audit Gilles le Maerscalc un cop d’ung becq de faulcon en le navrant en son chief, delaquelle navrure ledit Gilles le Maerscalc dedens huit jours après termina vie par mort. Donné ou mois de juillet l’an de grace mil quatre cens cinquante neuf.
Les aventures de M. de Gavre.
B. 1680, fol. 12. Cf, Nouvelle, 98.
Phelippe.. Savoir faisons a tous presens et avenir nous avoir receu l’umble supplicacion de messire Ernoul de Gavre, chevalier, seigneur d’Escornay, et Robert Lois, bailli de la terre et seigneurie dudit lieu d’Escornay, contenant que comme en la fin du mois de juillet, environ la feste saint Jehan
derrenierement passée, Godefroy d’Escornay, le bastart Fatrissart filz, Jehan Jacotin de Vaionne, et autres leurs complices, se soient transportez en la parroisse de Stade en nostre païis de Flandres, et illec, par l’ennortement dudit Godefroy d’Escornay ou autrement, aient de faitte d’aguet appensé, prins par force la vesve de feu Loys de Lichtervuelde en une chappelle assise audit lieu de Stade, et l’aient emmenée hors d’icelle chappelle, combien que elle y resistast en criant a haulte voix pour la force que on lui faisoit. Et tant par nuyt que par jour l’aient menée es hostelx desdits supplians et d’autres, lesquelx autres et lesdits supplians, bien sachans ledit ravissement, aient soustenu et conforté lesdits Godefroy d’Escornay, le bastard Fatrissart, Jacotin de Vaionne et autres leurs complices en cette partie par prest de chevaulx, d’argent et autrement... Donné en nostre ville de Valenciennes le xxix® jour de decembre l’an de grace mil quatre cens cinquante huit.
B. 1690, fol. 8 vo.
Phelippe etc. Savoir faisons a tous presens et avenir nous avoir receu l’umble supplicacion de nostre amé et féal chevalier messire Jehan de Gavre, seigneur de Heetvelt, contenant que comme XXXI ans a ou environ Jehan de Gavre, pere dudit suppliant, fut batu et navré par ung nommé Daniel de le Werde Woutre de Bouchout, et pluseur autres leurs adherens et complices, de laquelle navrure, certain temps après, comme l’on dit, ledit Jehan de Gavre termina vie par mort, ledit suppliant estant pour lors ou voiage du Saint Sepulcre de Jerusalem. Pour lequel debat ledit suppliant, retourné dudit voiage, se meust grant guerre et debat entre ledit suppliant et ses parens et amis d’une part, et lesdits Daniel Woutre de Bouchout et leurs amis d’autre ; laquelle guerre dura long temps, pendant lequel il convint audit suppliant estre journelment accompaignié de pluseurs serviteurs et varletz armez et ambastonnez pour entretenir sadicte guerre. Et depuis XxvIJ ans a ou environ ledit suppliant estant au disner en une chambre en hault a la court de T'assignie en la parroiche de Gamarage en nostre païs de Hainnaut, Gilles et Clais Virendeel et Gilles de Croman, serviteurs dudit suppliant, eulx estans bas en ladicte court, prinrent debat a Chrestien Serye et Loys David, ouquel lesdits Chrestien et Loys furent navrez telement que mort s’en ensuy. Dont ledit suppliant ne fut onques coulpable ne consentans et ne a ceste cause en laissa oncques aler ne converser partout nostre dit païs de Haynnaut au veu et sceu de toutes justices sans Jui faire quelque destourbier ou empeschement et depuis en a esté faicte paix a partie. Et avec ce xxj ans a ou environ, ledit suppliant estant en la ville de Nievene en nostre conté de Flandres, accompaignié de maistre Jehan de Bœrem, cirurgien, Pierre Van den Abeele et Gilles Virendeel, lesdits Pierre Van den Abeele et Gilles Virendeel trouverent illec Heyne de le Bouchout, filz dudit Woutre lequel avoit esté abatre et navrez le pere dudit suppliant, comme dit est, lesquelx tantost coururent sus audit Heyne et le navrerent telement que mort s’en ensuivist. Pendant lequel debat quant ledit suppliant oy nommer ledit Heyne de Bouchout, il ÿ Survint; mais il n’y sceut si tost venir qu'il ne trouva mort ledit Heyne. Et ce fait s’en alerent tous ensemble ou bon leur sembla. Pour lequel cas et delict lesdits suppliant et facteurs furent banniz hors de nostre païs et conté de Flandres et depuis obtinrent sur ce remission de feu messire Colart de Commines, en son vivant nostre souverain baïlli de Flandres. Donné en nostre ville de Bruxelles ou mois de juillet l’an de grace mil quatre cens soixante.
Fol. 9 r°.
Phelippe etc. Savoir faisons a tous presens et avenir nous avoir receu l’umble supplicacion de nostre amé et féal chevalier messire Jehan de Gavre, seigneur de Heetvelt, située en nostre païs de Haynnau, contenant que comme environ a xxI ans ledit suppliant se feust enamouré de damoiselle Marie de Scoenvorst, fille de messire Coenrart de Scoenvorst, seigneur de Helsseloo, chevalier, lors estant chanoinesse de Mons en Haynnau, tellement qu’il la desiroit avoir a mariage en doubtant que ledit messire Coenrard n’eust point esté content dudit mariage, ledit suppliant fist tant à une
D um ee ne gen men ne
autre damoiselle, appellée la damoiselle Wicroe, antelegitime, et Renault bastard de Scoenvorst, oncle de ladite damoiselle Marie, qu’ils envoierent querir ladite damoiselle Marie leur niece oudit lieu de Mons par ung nommé Regnier de Velkem, pour lors varlet et serviteur d’icelle damoïiselle de Wicroo, pour la emmener devers eulx a Îa court de Vreckem en la parroiche de Wiendeke en nostre conté d’Alost et que la ïlz seroient au devant d’elle, ce que fist ledit varlet. Et quant lad. damoiselle fust venue audit lieu de Wiendeke, lesd. messire Jehan de Gavre, accompaignié dudit Regnault et de Matté de Scoenvorst, fille bastarde et aussi antelegitime de ladicte damoiselle Marie, Pierre Van den Abeele, Hance Robaert, Guillaume Vierendeel et Jehanin Fraybart vindrent audit lieu de Vrecquem et prindrent illec ladicte damoiselle Marie et icelle emmenerent de fait et de forche audit Heetvelt, la ou ledit suppliant l’espousa, et depuis ont adez demouré et eu de beaulx enfans ensemble sans ce que oncques a ceste cause ne autrement en ait esté faicte aucune complainte ne poursuite envers justice en maniere nulle. Neantmoins et jasoit ce que au bout de xvy jours après Îe dit mariage consommé, comme dit est, lesdits mariez s’en alerent par devers ledit messire Coenrard, pere d’icelle damoiselle, et autres leurs parens par devers lesquelx iz firent tant que de la en avant furent très bien contens dudit mariage. T'outevoies ledit suppliant obstant rigueur de justice doubte que en temps a venir on ne lui en fist quelque empeschement se nostre benigne grace ne lui estoit sur ce impartie.. Donné en nostre ville de Bruxelles ou mois de juillet l’an de grace mille quatre cens soixante.
Les bons voisins.
B. 1690, fol. 1.
Phelippe, etc. Savoir faisons a tous presens et avenir, nous avoir receu l’umble supplicacion de Jehan le François, josne compaignon chargié de femme, et Colart Bannier demourans en la ville d’Estaires en nostre païs de Flandres, contenant comment, la nuyt saint Jehan Decollace derrenierent passé, environ neuf heures du soir, ainsi que lesdits supplians aloïent et passoient par une voye commune et accoustumée emprès les fenestres de la maison Jaquemart du Molin audit lieu d’Estaires, ledit Jehan le François, suppliant, qui avoit beu et estoit joyeulx, et qui de sa nature et condicion a tout son temps, au moins la pluspars d’icellui, esté assez legier de faire joyeusetez, hurta de son poing a la fenestre dudit Jaquemart du Molin par maniere d’esbatement et sans pour ce lui cuider faire quelque desplaïsir, et sans ce aussi qu’il eust a lui quelque haynne, aïns grant hantise et conversation d’amour ensemble, ainsi que les bons voisins et amis font et doivent faire. Et quant ledit Jaquemart du Molin oyt ledit Jehan le François suppliant qui avoit ainsi hurté, il sailly hors de sa maison a tout ung baston que l’en nomme langue de buef en sa main, et par le dit chemin suivyt led. suppliant, et ala après eulx jusques assez près des maiseaulx dudit lieu d’Estaires. Lesquelx supplians, qui n’avoient aucuns bastons ne armures, fors leurs dagues qu'ils portoient journelement, veans la sieute que faisoit sur eulx ledit Jaquemart du Molin se misrent hors de ladicte voye et alerent sur la chaucée en intencion d’eulx: en aler en la maison dudit Jehan le François suppliant. Et combien que ledit Jaquemart du Molin les eust passé en alant ladicte voye et par le retour qu’ilz firent sur ladicte chaucée, neantmoins il se retourna et les suivy, tenant sondit baston en sa main, faisant semblant comme s’il les eust voulu frapper et courir sus. Et quant ledit Jehan le François, suppliant, se vist ainsi approuchier, il demanda qui c’estoit qui ainsi le suivoit. À quoy ledit Jaquemart du Molin lui respondy qu’ilz le savoient bien ; et les approuchoit faisant signe de les vouloir ferir de sadicte languc de buef. Et lors, ledit Jehan le François suppliant, doubtant d’estre villoné après ce qu’il ot oy sa responce tele que dit est, saïlli avant et de chaude cole frappa pluseurs cops de sa dague sur ledit Jaquemart du Molin en pluseurs lieux de son corps a l’aide de l’autre suppliant, telement que dedens trois sepmaines après ou environ, il ala de vie a trespas…. Donné en nostre ville de Bruxelles ou mois d'octobre l’an de grace mil quatre cens cinquante neuf.
— XCT—
Noblesse et bourgeoisie.
B. 1690, fol. 2.
Phelippe, etc. Savoir faisons a tous presens et avenir, nous avoir receu l’umble supplicacion de Marguerite Vrediere, vesve de feu Jehan de Bosquiel, en son vivant bourgois et demourant en nostre ville de Lille, contenant que comme elle soit yssue et extraicte de bonne et notable generacion de bourgoisie de nostre dicte ville, et laquelle environ vint ans se fust aliée par mariage audit feu Jehan du Bosquiel, aussi bourgoiïs d’icelle ville de Lille, qui durant son temps s’est meslé du fait de marchandise jusques a nagaires qu’il a terminé vie par mort, delaissiée ladicte suppliante, sa femme vesve et deux leurs filles, Îequel feu Jehan eust acquesté, en son vivant, d’ung bourgois de nostre ville de Valenciennes, nommé Jehan Cresté, dix bonniers de terre, ou environ, tenuz de Henry de Terenmonde et descendans de nostre salle de Lille. Et aussi ait ladicte suppliante, depuis le trespas de sondit mary, acquesté le fief, terre et seigneurie de Lesquin, et d’ung nommé Gerard Thieulaine, qui l’avoit acheté par proiximité de la vente que l’on avoit faicte des biens de feu Daniel Thieulaine, son frere, a ung nommé Jehan Gantois ; et pour ce que ladicte suppliant n’est point yssue, tant par pere comme par mere, de noble generacion l’on la vuelt constraindre a cause desd. fiefz acquestez a nous paier droit de nouvel acquest et pourroit ou encore faire cy après s’il avenoit qu’elle acquestast nouvel, obstant qu’elle n’est point yssue de noblesse, comme dit est, et si ne pourroit lad. suppliant a ceste cause joyr des franchises de noblesse, se sur ce ne lui estoit par nous pourveu de nostre grace, pour laquelle elle nous a tres humblement supplié et requiz. Pour ce il est que nous, ce que dit est consideré et moyennant la somme de deux cans lyons d’or du pris de Lx gros de nostre monnaie de Flandres que ladicte suppliant paiera promptement et en deniers comptans es mains de notre amé et féal secretaire et garde de nostre espargne, maïstre Jehan Schareel, qui en fera compte et recepte a nostre prouffit et dont il baïllera sa lectre de recepisse, icelle damoiselle Marguerite Vrediere suppliante et sa postérité avons par nous, noz hoirs et successeurs, de nostre certaine science et grace especial anobly et anoblissons.… [1459].
Un serviteur d’ Adolf de Clèves.
B. 169o, fol. 5.
Phelippe, etc. Savoir faisons a tous presens et avenir, nous avoir receu l’umble supplicacion de Anthonin de Villers, archier de corps et serviteur de nostre tres chier et tres amé neveu Adolph de Cleves, seigneur de Ravestain, contenant que le xtij® jour de septembre, l’an mil 1111 L1x derrain passé, ledit suppliant a la poursuite de ses hayneux et malveillans comme il suppose en l’assise lors tenue en nostre Salle a Lille fu banny a tousjours hors de nostre païs et conté de Flandres en lui donnant tiltre tel qu’il s’ensuit : En l’assise tenue en la Salle a Lille par nous Pierre de Haulteville, licencié en loix, conseillier de mon tres redoubté seigneur, Mgr le duc de Bourgogne, de Brabant et de Lembourg, conte de Flandres, et lieutenant de hault et noble messire Jehan de Lannoy, chevalier, gouverneur du souverain bailliage de Lille, de Douay, d’Orchies et des appartenances, le jeudy X11ÿ® jour de septembre l’an mil IIIe LIX fut fait ce qui s’ensuit : Anthonin de Villers qui avoit esté appelez au droit de mondit seigneur et sommez par Jehan des Mestres et Gillet de Hem, sergans dudit souverain baïlli, pour et sur ce que en la parroïsse de la Magdaleine lez Lille. a l’ayde d’aucuns avoit de nuyt rompu huys et fenestres et tiré de flesches sur la maison de Jehan Huette, tavernier, demourant audit lieu, ou contempt de ce que ledit Huette ne lui avoit voulu faire ouverture de sad. maison, fu bannys a tousjours hors du païs et conté de Flandres. Attendu que icellui suppliant nous a servi loyauiment en noz guerres et armées soubz et en la compaignie de nostredit neveu et a bon vouloir de encores faire. et mesmement en faveur et contemplacion d’icellui nostre neveu, duquel ledit sup-
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pliant est serviteur, comme dit est, au dessusnommé Anthonin de Villerz.. avons quittié, remis et rappelé... ledit ban. Donné en nostre ville de Bruxelles le xxvir7® jour de novembre l’an de grace mil ztrIc cinquante neuf.
| L'amoureux.
B. 1690, fol. 5 vo.
Phelippe, etc. Savoir faisons a tous presens et avenir, nous avoir receu l’umble supplicacion de Anthoine de Bavinchove, escuier, contenant comment ou contempt de certain ban proféré sur sa personne par ceulx de la loy de nostre ville de Saint Omer en l’an mil rire cinquante huit derrain passé a l’occasion de certain debat auparavant avenu en icelle nostre ville entre lui d’une part et Jehan Berthelet et ung sien compaignon d’autre, en passant par la ville de Watenes ou il rencontra trois bourgois de nostredicte ville de Saint Omer il navra et injuria les deux d’iceulx bourgois et leurs chevaulx telement que iceulx chevaulx en morurent. Et d’autre part a environ deux mois que ledit suppliant passant par le pont Hasequin trouva en son chemin ung josne compaignon nommé Omaer de Vos, lequel estoit de bon lieu et venoit de Therouenne avec une femme que l’en disoit estre concubine d’ung prestre et pource qu'il entendit que icellui Omaer avoit entencion de prandre en mariage icelle femme et soy aler avec elle, il eut pitié de lui et pour garder son honneur et eviter cete alliance le fit monter derriere lui et en lui blamant icelle aliance l’amena en la maison d’une sienne tante, auquel lieu icellui Omaer fut environ l’espace de xv jours et jusques a ce que ung sien oncle le vint querir ; et pour l'oster de l’amour de lad. femme, et affin qu’il ne la print en mariage, le mena ou chastel de Hames ou païs de Guynes, ou il a esté certainne espace de temps. Et a entendu icellui suppliant que pour occasion desdits cas nous avons baiïllié noz lectres patentes pour le prandre et apprehender.… parquoy il ne scet ou soy seurement tenir. attendu que en autres cas il est de bonne fame et renommee et qu’il nous a bien et loyaulment servi en pluseurs voiages et armées en la compaignie de nostre amé et féal chevalier, conseiller et chambellan le bastart de Bourgogne, et aussi qu’il a satisfait ausdis deux bourgois de nostre dicte ville de SaintOmer.… pardonnons par ces presentes les cas et faits dessusdiz.. Donné en nostre ville de Bruxelles ou mois de decembre l’an de grace mil rire LIX.
Les relevailles.
B. 1690, fol. 8. — Cf. nouvelles, 30, 96.
Phelippe, etc, Savoir faisons a tous presens et avenir nous avoir receu l’umble supplicacion de Abel de Woumen, demourant a Hondescoute en nostre païs de Flandres, comment icellui suppliant qui est homme simple et paisible et qui adez s’est bien et gracieusement conduit en toutes ses choses et affaires sans avoir esté famé ne renommé d’avoir commis parcidevant aucun cas dont il puisse ou doive estre reprins, lui estant nagaires avec pluseurs autres ses voisins et voisines a ung soupper d’une sa voisine, qui ce jour s’estoit relevée d’acouchement d’enfant ou par joyeuseté et recreacion les voisins et bonnes gens aïans esté audit soupper se devisoient l’un a l’autre, esquelles devises entre aultres choses ung d’eulx commança a dire a un autre : « Mon voisin, je ne scay comment il est de vous et de vostre gouvernement, il me semble que icellui vostre gouvernement est cause que je ne suys point si bien recommandé a vostre hostel ne n’ay si bien la paix de ma femme comme vous et autres, car vous venez tousjours de heure a l’ostel et pour ce que je vien plus tart de vous ma femme n’est point contente de moy et me tence souvent. » À quoy ledit suppliant non pensant a quelque mal, mais seulement par maniere de recreacion, dit en motz'generaulx et non autrement que cellui qui ainsi avoit fait les plaintes de sa femme et un sien compaignon qui tous deux estoient logiez ensemble en ung maison, avoient assez bel a faire, car aussi voulentiers s’esbanoient l’un comme l’autre, et ainsi
povoient occuper l’un l’autre, ou telles parolles en substance. Lesquelles parolles ainsi par ledit suppliant dictes et exposées par maniere de recreacion et joyeuseté, non pas pour injurier personne, comme dit est, ung nommé Mathieu de Wolbele, aussi demourant audit Hondescoute, print fort a cuer et en repliquant a icelles de plusieurs parolles peu seuvans du fait, sinon pour avoir ou prandre occasion de debat. Assavoir le VII® jour de mai derrenier passé ainsi que ledit suppliant qui avoit esté a l’enterrement et obseque d’ung de ses amis en ung village prouchain audit Houdescoute, appelé Killom, de nostre chastellenie de Berghes Saint Winnoc, se retournoit dudit enterrement avecq pluseurs bonnes gens qui pareïllement y avoient esté, ledit Mathieu de Wolbele vint ou chemin dudit suppliant tous jours querant avoir occasion, noïse ou debat audit suppliant, et boutant son visage près d’icellui suppliant disant en bas : « Vous courrouchiez vous encores » ? À quoy ledit suppliant respondi : « Laissiez moy en paix, et ne me troublez point, car se vous ne me laissiez en paix de venir si près je vous batteray ou visage. » À quoy icellui Mathieu replicqua disant qu’il ne seroit point si hardy ; et pour ce que ledit Mathieu ne s’en vuelt deporter, ledit suppliant le ferut de sa main ou visage. Et veant ledit Mathieu, mist sa main a sa dague, et de fait assaïlli ledit suppliant qui, comme constraint a soy deffendre et sauver, veant soy ainsi assailli, donna ung cop de meschief audit Mathieu de Wolbele en la poitrine dessoubz l’on de ses tetins duquel dedans quatre jours après icellui Mathieu termina vie par mort... Donné en nostre ville de Bruxelles ou mois de juillet l’an de grace mil quatre cens soixante.
Les danseurs.
B. 1690, fol. 12 r°.
Phelippe, etc. Savoir faisons a tous presens et avenir nous avoir receu l’umble supplicacion de Willot Bouche, natif de nostre chastellenie de Lille, contenant comment ou mois d’aoust derrenier passé ot ung an, ledit suppliant et pluseurs compaignons avoient disné et fait bonne chiere par ung jour de dimenche en la parroiche de Roncq en la maison de ung nommé Pierart Caisier. Et après disner ledit suppliant et ung nommé Alardin de Laubel se feussent d’illec partiz et venuz esbatre pour danser a unes nopces qui estoient lors ou vinage de Guiesten en la parroiche de Bondues, ou estoient aussi dansans Huchon le Maistre, cousin germain dudit suppliant, et Michault des Champs. Et quant ledit suppliant ot veu danser ung petit d'espace, il perchut que ung nommé Alart Roussel, homme ancien, eagié de soixante ans ou plus dansoit illec. Icellui suppliant vint devers ledit Huchon le Maistre et lui dist que pour eschever la noïse qui s’eust peu ensuir a cause du different estant entre lui et ledit Alart à l’occasion d’une buffe que ledit Huchon le Maistre avoit donnée au flz dudit Alart tandiz qu’il avoit esté trouvé en fenestrant sa seur de nuyt, icellui Huchon le Maistre se voulsist partir pour l’onneur dudit Alart et aler ailleurs esbatre. À quoy ledit Huchon le Maistre respondi qu’il en estoit content. Et de fait prestement se parti et s’en ala danser a une autre feste qui se tenoit assez près ou ledit suppliant, lesd. Michault Deschamps, Alardin de Laubel, Alardin Bouche et Hacquinet Agaiche vindrent aussi pour danser et y danserent bonne espace. Et tandiz qu’ilz dansoient illec ledit Alart Roussel aiant veu le partement dudit Huchon le Maistre s’en ala en sa maison armer et embastonner et lui accompaignié de Martinet Lepers et Jehan Bouche qui estoient garnis de trait avec Huchon Rousel, son filz, vint assaillir ledit Huchon le Maistre et ceulx de son parti en la maison ou il dansoit. Et lors ledit Huchon le Maistre pour sauver sa vie eust tiré ung grand coustel qu’il avoit et vuyda par luys derriere de lad. maison et pour le secourir eust aussi vuydié ledit suppliant Son cousin germain aiant ung arc a main pour soy deffendre et les autres dessusnommez Michault Deschamps, Alardin de Laubel, Alardin Bouche et Hacquinet Agaiche fussent aussi vuydiéz de ladicte maison et eussent tellement bastonné contre ledit Alart et ses complices que ledit Hacquinet y fut bleciez. Et quant audit suppliant les filles dudit Alart Roussel lui copperent la corde de son arc, Et pour ce que icellui suppliant cuida que ledit Alardin Bouche son frere eust esté navrez, il prinst une macque a ung nommé Pierrart Fournier et vint en l’aide dudit Huchon le Maistre son cousin
contre ledit Alart Roussel ...Neantmoins ledit Alart Roussel et Huchon son filz a l’aide desdits Martinet Lepers et Jehan Bouche se eschapperent des gens qui les tenoient.. se mirent en ung grant chemin pour copper le passages ausdits Le Maistre et suppliant. Toutevoies ledit Alart Roussel estant de rechief tenu par pluseurs gens se eschappa et a l’aide de sesdits complices vinrent par derrière ung bois a course assaillir tierce foiz les dessus nommez et se aborda ledit Alart sur ledit suppliant et d’une glane lancha et frappa quatre ou cinq cops.…. ledit Michaulit Deschamps survint en l’ayde dudit suppliant et telement qu’il frappa sur ledit Alart d’un gavrelot et tantost après icellui Alart fut encores navré.. Donné en nostre ville de Bruxelles le sixième jour de septembre l’an de grace
mil IIIJC soixante.
Les charretons.
B. 1691, fol. 80.
Phelipe, etc. Savoir faisons a tous presens et avenir, nous avoir receu l’umble supplicacion de nostre bien amé Alardin1 Bournel, escuier d’escuierie de nostre amé et féal chevalier, conseillier et chambellan Anthoine, bastard de Bourgongne, natif de nostre ville d’Ardre, contenant que derrenierement après la reddicion de la ville de Dynant et que le seigneur de Neufchastel, nostre mareschal de Bourgongne et ledit messire Anthoiïne furent de par nous entrez en icelle ville, debat se meut entre deffunct Hanin Rademakere, lors charreton dudit messire Anthoïine, et pluseurs autres charretons menans son charroy. Lequel debat le lendemain ou matin vint a la congnoissance dudit suppliant, auquel, a cause de son office, iceulx charretons estoient tenuz de obeir. Lequel suppliant pour ce que souvent avoit semblables doleances desdits charretons, fut de ce tres desplaisant et fort meu. Et lui estant ainsi meu et desplaisant, trouva 2 l’entré de l’ostel ou il estoit logié audit lieu de Dynant ledit feu Hanin Rademakere auquel il dit que lui et les dits autres charretons s’estoient conbatuz la nuyt precedente, en lui blasmant ledit desbat et autres qu’ilz faisoient, et en le menassant s’ilz le faisoient plus, de les en pugnir. Lequel Hanin, en tenant peu de compte dudit suppliant, respondit qu’ilz s’estoient combatuz voirement, et pluseurs autres haultaines paroles dont icelui suppliant se malcontenta et d’un baston qu’il tenoit nommé vulgairement partrizienne fist semblant de vouloir frapper ledit feu Hanin. Lequel Hanin marcha contre ledit suppliant, mist main a ung braquemart qu’il avoit a sa saïnture et le tira hors de la gaynne environ ung pié en disant audit suppliant pluseurs paroles, dont icelui suppliant et aussi des manieres qu’il veoit, se malcontenta et courroussa plus que devant ; et lui estant oudit courroux cuida frapper dudit baston qu’il tenoit ledit feu Hannin, ce qu’il ne pot faire, ains assena ung cheval que avoit illec amené ledit feu Hannin. Pour laquelle cause icellui feu Hanin tenant semblables manieres que dessus marcha encores contre ledit suppliant. Lequel suppliant doubtant qu’il ne l’aprouchast le frappa de la partrizienne ung seul cop en la cuisse. Duquel cop icelui Hanin par ce qu’il se laissa fort saingnier sans y faire mectre remede, comme il appartenoït, le jour mesmes alla de vie a trespassement…
Donné en nostre ville de Brouxelles ou mois d'octobre l’an de grace mil quatre cens soixante et six...
(Ses parents, de Landrecies, interviennent en sa faveur, car il est noble homme « qui par cidevant a tousjours vescu tout le cours de sa vie comme homme de tel estat doit faire. »]
La Vengeance du aloux.
B. 1741, fol. 43 v°. — Cf. nouvelles 73, 85.
Charles, etc. Savoir faisons a tous presens et avenir, nous avoir receu l’umble supplicacion de Jehan le Brasseur, povre simple homme de labeur, chargé de pluiseurs enffans, contenant comme