‹ Les centres nerveux cérébro-spinauxChapitre 25 sur 90 · Partie de la moelle dorsale montrant le ligament dentelé. Gr. nat · texte numérisé non relu

Partie de la moelle dorsale montrant le ligament dentelé. Gr. nat

smia : l-'issure médiane longitudinale antériôure. rac. anf. : Racines antéiieures des nerfs spinaux. a, m. : Partie de la dure-mère.

/i^. dent. : Ligament dentelé.

g^s. : Ganglions spinaux.

nerf lombaire. Le bord externe est festonné : libre le long des arcades, il s'insère par ses parties saillantes à la face interne de la dure-mère, au milieu de l'espace qui sépare la sortie de deux nerfs périphériques voisins.

A son extrémité supérieure, la dure-mère spinale adhère intimement sur tout le pourtour du trou occipital en se continuant avec la dure-mère crânienne.

L'extrémité inférieure forme un sac enveloppant toutes les racines nerveuses qui constituent la queue de cheval. Elle se termine en cul-de-sac au niveau du bord supérieur du corps de la deuxième vertèbre sacrée.

Nous avons vu que la moelle épinière elle-même ne dépasse jamais, chez l'adulte, le bord inférieur du corps de la deuxième vertèbre lombaire. Il existe donc, dans la cavité rachidienne, entre le bord supérieur de la troisième vertèbre lombaire et celui de la deuxième vertèbre sacrée, un vaste sac fibreux, doublé du sac arachnoïdien et terminé en cul-de-sac. Ce sac renferme le filet terminal enveloppé par les racines antérieures et postérieures des nerfs lombaires inférieurs, des nerfs sacrés et du nerf coccygien baignant dans le liquide encéphalo-rachidien.

Ponction lombaire. C'est là une disposition anatomique importante qu'il est bon de se rappeler quand on veut pratiquer une ponction lombaire, ou ponction de QuiNCKE, devenue si importante dans le cours de ces dernières années, soit pour recueillir quelques centimètres cubes du liquide encéphalo-rachidien dans le but d'en faire l'examen cytologique, soit pour introduire dans le confluent cérébello-médullaire certaines substances, et notamment la cocaïne.dans le but de provoquer une anesthésie plus ou moins étendue dans le domaine des nerfs cutanés provenant essentiellement de la moelle lombo-sacrée. Pour que l'introduction de l'aiguille dans le sac arachnoïdien respecte sûrement la moelle épinière, elle doit se faire toujours en dessous de l'apophyse épineuse de la troisième vertèbre lombaire. Pour être sûr d'avance de pénétrer dans le sac arachnoïdien, la ponction doit se pratiquer au-dessus de l'apophyse épineuse de la deuxième vertèbre sacrée.

A côté de ces injections dans le sac arachnoïdien, quelques auteurs ont conseillé également des injections dans l'espace épidural, ou espace compris entre le sac de la dure-mère et les parois de la cavité rachidienne. Ces injections se pratiquent d'ordinaire par l'orifice inférieur du canal sacré. Pour respecter sûrement le sac arachnoïdien elles doivent toujours se faire en dessous de l'apophyse épineuse de la deuxième vertèbre sacrée.

Dure-mère crânienne. La dure-mère crânienne forme l'enveloppe la plus externe de l'encéphale. Elle est intimement adhérente à la face interne des os du crâne, dont elle constitue le périoste interne- Cette adhérence est surtout prononcée à la base du crâne, non pas seulement à cause des nombreux nerfs crâniens qui, en passant par les orifices de la base, reçoivent de la dure-mère une enveloppe conjonctive, mais surtout à cause des différentes saillies osseuses auxquelles la dure-mère adhère intimement : l'apophyse cnstagalh de l'ethmoïde, le bord postérieur des petites ailes du sphénoïde, le bord supérieur de la portion pierreuse du temporal, le pourtour de la selle turcique, la saillie cruciforme de l'occipital, etc.

Du côté de la calotte crânienne, la dure-mère n'adhère fortement quaux sutures ; ailleurs elle se laisse détacher assez facilement de la face interne des os. Cette adhérence des os de la calotte est d'ailleurs variable d'individu a individu et augmente considérablement avec l'âge.

LEEDS t WEST BIDIl.G MEDICO-CHiHUBGlCAL SOOIETV.

— io3 —

Entre la face externe de la dure-mère et la face interne des os on trouve les ramifications des artères et des veines méningées.

Les veines méningées accompagnent les artères. Elles s'ouvrent d'une part dans le sinus longitudinal supérieur, d'autre part dans les veines extracraniennes correspondantes aux artères.

La face externe de la dure-mère est l'Ugueuse. Sa face interne est lisse et polie. Elle est tapissée d'une couche de cellules endothéliales, que les auteurs français considèrent comme représentant le feuillet pariétal d'une séreuse. Cette face interne est libre sur toute son étendue. Elle répond au feuillet méningé moyen ou arachnoïde. Elle n'est l'eliée à ce feuillet que par les veines qui viennent dê la pie-mère, traversent l'arachnoïde et les cavités sus-arachnoïdiennes pour se déverser dans les sinus veineux de la dure-mère.

De la face interne de la dure-mère crânienne partent des prolongements qui s'enfoncent entre les parties les plus volumineuses de l'encéphale pour maintenir ces parties dans leur situation respective, qu'elle que soit la position du corps.

L'un de ces prolongements est plus ou moins transversal. Il s'engage entre la face supérieure du cervelet et la face inférieure des lobes occipitaux du cerveau terminal jusque dans le voisinage du cerveau moyen. Il protège le cervelet de toute compression de la part du cerveau terminal. On l'appelle tente du cervelet. L'autre a une direction verticale. Il s'étend depuis l'apophyse cnstagalli de l'ethmoïde jusque près du pourtour postérieur du trou occipital. Il est divisé en deux parties par la tente du cervelet. La partie la plus volumineuse s'engage entre les hémisphères cérébraux : la faux du cerveau. La partie postérieure occupe l'échancrure du cervelet et porte le nom de faux du cervelet.

La face supérieure de la tente du cervelet est libre et répond à la face inférieure des lobes occipitaux, fig. Sit. Sur la ligne médiane elle donne insertion au prolongement vertical de la dure-mère qui s'enfonce entre les deux hémisphères cérébraux : \afaux du cerveau. La face inférieure est libre aussi ; elle repose et se moule sur la face supérieure du cervelet. Sur la ligne médiane elle donne insertion à un prolongement vertical beaucoup plus grêle, qui s'engage dans l'échancrure du cervelet : \sifaux du cervelet.

Le bord postérieur est convexe. Il adhère à la protubérance occipitale interne, à la partie horizontale de la gouttière latérale de l'occipital et au bord supérieur libre du rocher, pour se terminer de chaque côté à Vapophyse clinoïde Postérieure. Le long de la face interne de l'occipital, la tente du cervelet est creusée d'une cavité triangulaire, le sinus latéral transverse, qui correspond à la gouttière latérale. Au niveau du bord supérieur du rocher il existe, dans l'épaisseur du bord adhérent de la tente du cervelet, un sinus beaucoup plus petit : le sinus pétreux supérieur.

Près de l'extrémité interne du rocher, ce bord de la tente du cervelet passe comme un pont au-dessus de la petite dépression que présente à ce niveau la

portion pierreuse du temporal et aide ainsi à circonscrire un orifice ovalairo, par lequel passe le nerf trijumeau.

Le bord antérieur de la tente du cervelet est libre. Il circonscrit une ouverture ogivale, par laquelle passe le cerveau moyen. Son extrémité antérieure

FiG. sa.

La tente du cervelet vue par sa face supérieure. Gr. nat. i/3.

tente. : Tente du cervelet.

confl. : Confluent des sinus. sin. lat. : Sinus latéral ouvert.

{o7ig. in f. : Section du sinus longitudinal inférieur. IV : Nerf pathétique.

car\ Coupe de la carothide interne.

/// : Nerf oculo-raoteur commun.

//: Nerf optique.

ac. S. : Coupe de l'aqueduc de Sylvius dans le cerveau moyen. cerv. : Partie de la face supérieure du cervelet qui n'est jias recouverte par la tente.

passe au-dessus de l'extrémité antérieure du bord postérieur pour aller s'insérer à Vapophyse clinoïde antérieure.

Le petit espace triangulaire, compris de chaque côté de la selle turcique entre le bord postérieur de la tente s'insérant à l'apophyse clinoïde postérieure, le bord antérieur attaché à l'apophyse clinoïde antérieure et une ligne fictive unissant ces deux apophyses, est fermé par une expansion de la dure-mère.

— io5 —

Cette expansion est traversée par le nerf ociilo-moteur commun et par le nerf pathétique.

Le prolongement vertical de la dure-mère qui s'engage dans la scissure interhémisphérique constitue la faux du cerveau, fig. 8». Les faces latérales de ce prolongement sont libres; elles répondent aux faces internes des hémisphères cérébraux. Le bord supérieur est adhérent, il répond à la gouttière longitudinale qui existe, sur la ligne médiane, à la face interne de la calotte crânienne,

s.lat.

Fig. 83.

Section sagittale faite un peu en dehors de la ligne médiane sur un crâne où les prolongements de la dure-mère étaient conservés. Gr. nat. 2/3.

s. long. inj. ijSinus longitudinal inférieur. s. l. sup. : Sinus longitudinal supérieur. /. cerv. : Faux du cerveau.

confl. : Confluent des sinus.

y, cervel. : Faux du cervelet.

dr. : Sinus droit.

^. lat. : Sinus latéral.

ienie. .-.Partie de la tente du cervelet.

depuis la crête du frontal jusqu'à la protubérance occipitale interne. Le long de ce bord, la dure-mère présente dans son épaisseur un espace triangulaire : le sinus longitudinal supérieur. Au niveau de la protubérance occipitale interne, ce sinus s'élargit considérablement en se réunissant avec les deux sinus latéraux et forme le confluent des sinus.

Le bord inférieur de la faux du cerveau est libre : il répond en arrière à la face convexe du corps calleux ; en avant, il reste séparé de cette face sur une

— To6 —

étendue de dix à quinze millimètres, de sorte que là les deux hémisphères cérébraux sont directement en contact. Dans l'épaisseur de la dure-mère il existe, le long de la moitié postérieure de ce bord inférieur, un sinus veineux : le sinus loiigihidiiial inférieur.

Par son extrémité antérieure la faux du cerveau adhère à l'apophyse crista-galli de l'ethmoïde. Son extrémité postérieure, beaucoup plus large, se continue avec la face supérieure de la tente du cervelet. Le long de la ligne d'insertion de la faux du cerveau à la face supérieure de la tente du cervelet, il existe un sinus veineux qui relie le sinus longitudinal inférieur au confluent des sinus : c'est le sinus droit.

J^àfaux du cervelet est un prolongement vertical de la dure-mère qui part de la face interne de l'occipital, depuis la protubérance occipitale interne jusque près du bord postérieur du trou occipital, et qui s'engage dans l'échancrure que présente le bord postérieur du cervelet. Ses faces latérales sont libres et répondent à la partie postérieure des hémisphères cérébelleux. Son bord antérieur est libre et répond à l'extrémité postérieure du lobe médian. Son bord postérieur renferme deux sinus très grêles, les sinus occipitaux latéraux, qui communiquent en haut avec le confluent des sinus et se rendent en bas vers le

trou déchiré postérieur.

Outre les sinus vemeux, on trouve encore dans l'épaisseur de la dure-mère de petites cavités irrégulières, qui ont leur siège de prédilection de chaque côté du sinus longitudinal supérieur et qui sont connues sous le nom de lacs sanguins ou de lacunes veineuses. Ces cavités intra-durales communiquent avec le sinus longitudinal supérieur, avec les veines méningées et avec les veines

Quand on enlève, sur un cadavre, la calotte du crâne par un trait de scie horizontal, on trouve sur la face externe de la dure-mère ainsi mise à nu, de chaque côté et un peu en dehors du sinus longitudinal supérieur, de petites masses granuleuses blanchâtres : elles constituent ce qu'on appelle les granulations de Pacchioni ou granulations arachnoïdiennes. Elles n'existent pas chez 1 enfant, mais deviennent de plus en plus apparentes et de plus en plus nombreuses avec l'âge. Ces granulations sont des productions de la membmne arachnoïdienne; nous y reviendrons en parlant de l'arachnoïde. Elles nous intéressent pour le moment, parce que c'est précisément à leur niveau que se trouvent les cavités intra-durales qui constituent les lacs sanguins. Ces granulations font saillie sur le plancher de ces lacs ; en continuant à se développer, elles gagnent la voûte de ces cavités et l'amincissent considérablement jusqu a la réduire au simple revêtement endothélial, elles repoussent même celui-ci au-dehors et viennent toucher la face interne des os qu'elles rongent, produisant ainsi à la face interne du pariétal, tout près de son bord supérieur, des dépressions plus ou moins profondes. Dans certains cas rares, elles peuvent

LEEDS & V'/EST RIDirlG MEDICO-CHIRURGICAL SOCIETY.

percer d'outre en outre toute l'épaisseur du pariétal et faire hernie à la face externe du crâne.

Pendant ce développement lent mais continu, la granulation de Pacchioni reste toujours recouverte par le lac sanguin. En pénétrant jusque .dans le diploë des os pariétaux, ce lac peut se mettre en rapport avec des veines diploïques, voire même avec des veines extra-craniennes et servir encore de cette manière comme dérivatif à la circulation veineuse intra-cranienne.

Pie-mère.

La pie-mère constitue l'enveloppe la plus interne de l'axe cérébro-spinal. Elle se trouve partout directement en contact avec le tissu nerveux sous-jacent, auquel elle est unie intimement grâce aux nombreuses artérioles qui proviennent des vaisseaux sanguins renfermés dans la pie-mère et qui pénètrent de tous côtés dans la substance nerveuse. C'est dans la pie mère, en effet, que ce divisent et se subdivisent les artères qui doivent amener le sang au système nerveux central, de telle sorte que cette membrane est considérée à juste titre comme la membrane nourricière de l'axe cérébro-spinal.

Pie-mère spinale. La moelle épinière est enveloppée directement par la piemère. Celle-ci envoie un repli au fond de la fissure médiane longitudinale ventrale, tandis que partout ailleurs elle adhère intimement à la surface externe de la substance nerveuse.

Pie-mère cranicmie. La pie-mère crânienne recouvre immédiatement la face externe de l'encéphale : elle s'insinue dans tous les sillons et recouvre toutes les circonvolutions. L'adhérence de la pie-mère crânienne à la substance nerveuse est beaucoup moins intime que pour la pie-mère spinale, aussi, sur tout le pourtour de l'encéphale, la pie-mère se laisse-t-elle enlever avec la plus grande facilité.

L'adhérence est plus intime tout le long de la fente cérébrale de Bichat et sur la face postérieure du rhombencéphale, entre la face antérieure du cervelet et la face postérieure de la moelle allongée, parce que, à ces niveaux, la pie-mère, refoulant l'éplthélium épendymaire, pénètre dans le troisième ventricule, les ventricules latéraux et dans le quatrième ventricule pour constituer les toiles choroïdiennes.

La partie latérale de la fente de Bichat correspond à la fissure de l'hippocampe. A ce niveau, la pie-mère pénètre dans le prolongement temporal du ventricule latéral pour y constituer la partie antérieure du plexus choroïde latéral .

La partie moyenne de la fente de Bichat est limitée par le bourrelet du corps calleux et par les éminences antérieures des tubercules quadrijumeaux. Par cette fente, la pie-mère pénètre horizontalement dans le troisième ventricule jusqu'au niveau des piliers antérieurs de la voiite à trois piliers. Elle

— io8 —

recouvre directement le troisième ventricule et repose par ses bords latéraux sur les deux couches optiques. On l'appelle la toile choroïdienne du troisième ventricule.

Elle a une forme triangulaire à base postérieure, fig. 84. Ses bords latéraux s'engagent entre la couche optique et le bord libre de la voûte à trois piliers, jusque dans le ventricule latéral et reposent dans le sillon choroïdien

Fig. 84.

La toile choroïdienne du troisième ventricule. Gr. nat. 2/3.

que présente la face supérieure de la couche optique. Le long de ces bords latéraux existent les plexus choroïdes des ventricules latéraux qui se continuent en arrière avec le plexus choroïde du prolongement temporal

Sur la face inférieure de la toile choroïdienne, de chaque côté de la hgne médiane, existe le plexus choroUe médian ou plexus chorouie du troisième venfrrcule A ce niveau l'épithélium épendymaire quitte le bord supéro-mterne de la

— log —

couche optique pour tapisser les plexus choroïdes médians et former ainsi la voûte du troisième ventricule, fig. 85.

La partie interne de la face supérieure de la couche optique, située en dedans du sillon choroïdien, répond donc directement à la face inférieure de la toile choroïdienne.

La base de la toile choroïdienne répond à la partie moyenne de la fente de BicHAï, où elle se continue avec la pie-mère.

Le sommet correspond aux piliers antérieurs de la voûte. Là, les deux plexus choroïdes latéraux, passant par les trous de Monro, se continuent avec les plexus choroïdes médians qui existent, de chaque côté de la ligne médiane, sur la face inférieure de la voûte choroïdienne.

Fig. 85.

Coupe transversale passant par la toile choroïdienne du troisième ventricule et les parties voisines (d'après W. His.)

// : Ventricule latéral.

/// : Troisième ventricule.

Ce : Corps calleux,

P : Fomix ou voûte à trois piliers.

Th : Couche optique.

St. m. : Strie médullaire.

St. t. : Strie terminale, y. t. : Veine terminale.

Page 1