‹ Les centres nerveux cérébro-spinauxChapitre 41 sur 90 · LEEDS & WEST RIDING MEDICO-CHIRURGICAL SQCIETY · texte numérisé non relu

LEEDS & WEST RIDING MEDICO-CHIRURGICAL SQCIETY

les unes aux autres par de nombreuses veines transversales.

Au niveau de chaque racine d'un nerf spinal, une petite veine se détache du plexus et accompagne la racine à travers la dure-mère. Ce sont les veines radiculaires allant se déverser dans les plexus veineux intra-rachidiens et extrarachidiens.

Nerfs périphériques.

Les nerfs périphériques qui dépendentde la moelle épinière portent le nom de nerfs spinaux ou nerfs rachidiens. On compte communément 3i paires de nerfs. Ils sortent du canal vertébral en traversant les trous de conjugaison.

D'après les régions du rachis dont ces nerfs traversent les trous intervertébraux, on les divise en nerfs cervicaux, nerfs dorsaux, nerfs lombaires, nerfs sacrés et nerf coccygien. Il y a 8 nerfs cervicaux, 12 nerfs dorsaux, 5 nerfs lombaires, 5 nerfs sacrés et i nerf coccygien.

Tout nerf spinal est un nerf mixte, c'est-à-dire qu'il est formé de fibres centripètes ou sensitives et de fibres centrifuges ou motrices. Il commence à la moelle par deux groupes de filets radiculaires : les uns sortent du sillon collatéral antérieur et constituent la racine antérieure ; les autres émergent du sillon collatéral postérieur et forment la racine postérieure ; fig. 168. Les fibres de la racine antérieure sont toutes des fibres motrices ; les fibres de la racine postérieure sont toutes des fibres sensitives. Les filets radiculaires antérieurs convergent les uns vers les autres et se rendent, après un trajet 'plus ou moins long, vers le trou de conjugaison. Les filets radiculaires postérieurs se com-

portent d'une façon identique. Les filets radiculaires du premier nerf cervical ont une direction légèrement ascendante, ceux du deuxième nerf cervical ont une direction horizontale ; à partir du troisième nerf spinal la direction est oblique. Cette obliquité augmente jusqu'au dernier nerf spinal, fig. loo, Entourées par un prolongement de l'arachnoïde, les deux racines de chaque nerf spinal traversent la dure-mère qui leur fournit une gaine commune. A ce niveau la racine postérieure présente un renflement ovalaire qui constitue le ganglion spinal. Pour les nerfs cervicaux, dorsaux et lombaires, le ganglion spinal est situé dans le trou intervertébral, on l'appelle quelquefois ganglion intervertébral. Celui des nerfs sacrés et du nerf coccygien occupe le canal rachidien lui-même.

En dehors du ganglion spinal les fibres de la racine antérieure se réunissent avec celles de la racine postérieure pour former le nerf mixte périphérique.

Tout nerf périphérique présente une double origine : l'une apparente et

braoat.

'r-ani

FlG. ivo.

Schéma indiquant l'origine apparente et l'origine réelle des fibres d'un nerf spinal.

g g : Ganglion spinal.

«. per : Nerf mixte périphérique.

r : Rameau récurrent méningé.

rc : Rameau communicant, s : G anglion du sympathique.

l'autre réelle. L'origine réelle d'un nerf c'est l'ensemble des cellules nerveuses d'où proviennent les cylindres-axes de ses fibres constitutives. L'origine apparente d'un nerf c'est l'endroit précis où ce nerf émerge de la face externe de l'axe cérébro-spinal.

L'origine apparente de tout nerf spinal est double : la racine antérieure émerge du sillon collatéral ventral, tandis que les filets de la racine postérieure sortent du sillon collatéral dorsal de la moelle.

L'origine réelle de tout nerf spinal est double également, fig. 170; les fibres de la racine antérieure ont comme cellules d'origine les cellules radiculaires de la corne antérieure de la substance grise de la moelle.

Les fibres sensitives de la racine postérieure ont leurs cellules dans le

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ganglion spinal, ganglion formé essentiellement par des cellules unipolaires dont le prolongement unique, à une distance variable de la cellule d'origine, se bifurque en un prologement central et un piologement périphérique. Le premier jouit de la conduction cellulifuge, le second de la conduction cellulipète.

En dehors du trou de conjugaison tous les nerfs spinaux se comportent d'une façon identique : ils émettent un petit rameau méningé qui rentre dans le canal rachidien pour s'y distribuer aux méninges, puis se divisent en une branche antérieure et une branche postérieure.

Les branches postérieures des nerfs spinaux sont généralement plus grêles que les branches antérieures correspondantes, excepté pour les deux premiers nerfs cervicaux. Elles se dirigent en arrière, restent généralement indépendantes les unes des autres, vont innerver les muscles du dos et de la nuque et porter la sensibilité à la peau qui recouvre la région de la nuque et celle des régions dorsale, lombaire et saci-ée.

Les branches antérieures, d'ordinaire plus volumineuses que les postérieures, s'anastomosent avec le ganglion voisin du sympathique par les rameaux communicants. Elles restent indépendantes dans la région dorsale où elles deviennent les nerfs intercostaux. Elles s'anastomosent entre elles dans les régions cervicale, lombaire et sacrée en donnant naissance à plusieurs plexus : le plexus cervical, le plexus brachial, le plexus lombaire, le plexus sacré et le plexus coccygien.

S 2. Le myélencéphale.

Le myélencéphale est la partie de l'axe cérébro-spinal de l'adulte qui est comprise entre la moelle épinière et la protubérance annulaire. Nettement séparée de cette dernière, au moins du côté antérieur, par un sillon transversal, la moelle allongée se continue, sans ligne de démarcation précise, avec la moelle épinière. On prend généralement comme limite, entre ces deux parties de l'axe nerveux, une ligne conventionnelle passant par le bord supérieur de l'atlas, ou bien un plan de section fait immédiatement au-dessus du filet radiculaire supérieur du premier nerf cervical.

La limite entre ces deux parties de l'axe cérébro-spinal est tout aussi peu précise pour ce qui concerne leur organisation interne. La moelle épinière ne présente pas sa structure typique jusqu:au niveau du filet radiculaire supérieur du premier nerf cervical, pour faire place brusquemeut à la structure propre à la moelle allongée. L'organisation interne de la moelle se modifie insensiblement depuis l'origine du deuxième nerf cervical, de sorte que, entre la moelle epinière telle que nous la connaissons maintenant et la moelle allongée que nous allons décrire, il existe une zone de transition qui demande une description spéciale.

Reprenons la coupe transversale de la moelle épinière au niveau de l'origine du troisième nerf cervical, fig. 171. Elle nous présente, sur la ligne médiane et d'avant en arrière, la fissure médiane longitudinale antérieure, la commissure antérieure blanche, la coinmissure grise traversée par le canal central, puis le septum médian dorsal reliant la commissure au fond du sillon médian longitudinal postérieur. Dans chaque moitié de la moelle épinière, nous trouvons la substance grise centrale entourée par la substance blanche qui constitue les trois cordons : postérieur, latéral et antérieur.

Coupe transversale de la moelle au niveau du troisième segment cervical,

Le cordon postérieur est subdivisé en faisceau de Goll et faisceau de BuRDACH par la cloison paramédiane dorsale. Dans le cordon antérieur, on distingue la zone pyramidale et le faisceau fondamental. Le cordon latéral est formé par la zone pyramidale de ce cordon, le faisceau cérébelleux dorsal, le faisceau de Gowers et le faisceau fondamental.

Examinons maintenant une coupe transversale faite au niveau des filets radiculaires du premier nerf cervical, fig. ivit.

Cette coupe difïère assez bien de celle prise vers le milieu de la moelle cervicale, comme le prouve la comparaison des deux figures 171 et 17». Elle présente, comme signes caractéristiques, les détails suivants :

1° Les cornes postérieures, au lieu d'avoir une direction légèrement oblique en arrière et en dehors, sont fortement déjetées en dehors. Elles sont reliées au reste de la substance grise par une partie rétrécie appelée col et pré-

FlG. 171.

smta. : Fissure médiane longitudinale antérieure. smlp. : Sillon médian longitudinal postérieur. r. ani. : Racine antérieure.

r. fi. : Racine postérieure.

S'- '• Substance gélatineuse de Rolando.

pr. r. : Processus ou formation réticulaire. cp. : Cordon postérieur, spp. : Septum paramédian postérieur.

cB. : Faisceau de Burdach.

cG. : Faisceau de Goll.

sentent une partie renflée et cuboïde, qu'on appelle la Ute de la corne postérieure.

FiG. 17a.

Coupe transversale de la moelle faite au niveau des filets radiculaires du premier nerf cervical, correspondant au plan de section i de la fig. 174.

2° Les cornes latérales sont volumineuses et le processus réticulaire est très développé.

3° La tète de la corne postérieure est séparée de la périphérie de la moelle par une mince bande de substance blanche, qui ne correspond plus à la zone

Fig. 173.

Schéma montrant l'origine réelle des fibres constitutives du nerf trijumeau, d'entrée des racines postérieures (zône marginale de Lissauer), mais qui est constituée par des fibres provenant du nerf trijumeau : c'est l'extrémité infé-

rieure d'un faisceau de fibres nerveuses qui constitue la racine descendante ou la racine bulbo-spinale du nerf de la cinquième paire .

Lorsque nous étudierons l'origine de cette cinquième paire des nerfs crâniens, nous verrons que ses fibres sensitives ont leurs cellules nerveuses dans le ganglion de Gasser. Ce ganglion est formé de cellules unipolaires comme les ganglions spinaux. Le prolongement unique de chacune de ces cellules nei-veuses se divise bientôt en une fibre externe destinée à la périphérie et une fibre interne qui pénètre dans l'axe cérébro-spinal. Arrivées dans l'épaisseur de la protubérance annulaire, toutes les fibres internes se bifurquent en une branche ascendante courte et une branche descendante longue, fig. 173. Les branches descendantes réunies en un faisceau volumineux traversent la partie inférieure de la protubérance, toute la hauteur de la moelle allongée et une partie de la moelle cervicale. Elles sont situées en dehors de la substance gélatineuse de Rolando et constituent la racine descendante, la racine sensitive ou la racine bulbo-spinale du trijumeau, dont nous voyons l'extrémité inférieure sur la coupe de la fig. ly». Cette racine spinale diminue de volume de haut en bas, parce que ses fibres constitutives se terminent successivement dans la substance grise voisine, qui représente le noyau terminal pour les fibres de cette

Fig. 174.

Le myélencéphale.

Les lignes pointillées indiquent les plans de section des figures suivantes.

racine. Cette colonne grise est en même temps le noyau d'origine des fibres de la voie sensitive centrale en connexion avec le nerf de la cinquième paire. Ces fibres se dirigent transversalement en dedans, passent le raphé et deviennent fibres ascendantes dans la partie de la formation réticulaire du bulbe située au-devant du noyau de l'hypoglosse. Elles se laissent poursuivre jusque dans la couche optique et constituent la voie centrale du trijumeau, ou partie de la voie sensitive bulbo-thalamique.

40 De chaque corne latérale, on voit partir les fibres nerveuses qui traversent horizontalement la substance blanche du cordon latéral et sortent sur la face latérale de la moelle un peu au-devant du sillon collatéral postérieur.

Ce sont les filets d'origine du nerf spinal ou nerf accessoire de Willis. Ces fibres nerveuses ont leurs cellules dans la substance grise de la corne latérale. Ce sont des cellules radiculaires identiques à celles qui servent d'origine aux fibres des racines antérieures. On trouve ces filets radiculaires du nerf de VViLLis sur toutes les coupes de la moelle cervicale jusque vers l'origine du troisième ou quatrième nerf cervical.

Nous arrivons maintenant aux coupes du myélencéphale. Pour nous orienter plus facilement sur le niveau exact auquel correspondent les coupes que nous allons étudier, nous avons indiqué dans la fig. 174, par des lignes pointillées, les plans de section de toutes les coupes qui vont suivre.

Une coupe passant par l'axe cérébro-spinal au niveau des fibres radiculaires supérieures du premier nerf cervical, fig. 175, montre encore la même structure que la coupe précédente. Les cordons postérieurs sont divisés par la

Fig. 175.

Coupe transversale de la moelle faite au niveau des filets radiculaires du premier nerf cervical. Coupe correspondant au plan de section 2 de la fig. 174,

cloison paramédiane en faisceau de Goll et faisceau de Burdach. Les cornes postérieures restent fortement déjetées en dehors. Elles sont recouvertes par la substance gélatineuse de Rolando et séparées de la périphérie de la moelle par la racine descendante du trijumeau, V.

Dans la moitié antérieure de cette coupe, les rapports entre la substance blanche et la substance grise ont quelque peu varié.

Le processus réticulaire est moins développé. Les faisceaux de fibres nerveuses qui occupent les mailles de ce processus ne sont plus coupés transversalement comme sur les coupes précédentes, mais toute cette région est occupée 'par de petits tronçons de faisceaux nerveux dirigés obliquement en avant et en dedans. La coupe passe, en eâet, par la partie inférieure de la déctissation des pyramides.

On donne ce nom à l'entrecroisement des fibres nerveuses des pyramides antérieures de la moelle allongée. Dans la partie supérieure de cette moelle, toutes les fibres motrices d'origine corticale sont réunies, de chaque côté de la ligne médiane, en un faisceau compact de fibres nerveuses connu

sous le nom de pyramide anlérieure. Quand ces fibres motrices passent de la moelle allongée dans la moelle épinière, leur position change. Elles quittent alors, au moins en majeure partie, la pyramide antérieure du bulbe, passent la ligne médiane au fond de la fissure médiane longitudinale antérieure, où elles s'entrecroisent avec les fibres motrices du côté opposé, traversent la sub

stance grise de la moelle au niveau de la base de la corne antérieure, en séparant celle-ci du reste de la substance grise, et se rendent dans le cordon latéral de la moelle pour y constituer le faisceau pyramidal de ce cordon, en prenant part à la constitution de la zone pyramidale ou zone des fibres descendantes,

Au-devant de ces fibres obliques, on trouve la corne antérieure plus ou moins indépendante. Elle a une forme triangulaire. De son angle antérieur partent les filets radiculaires du premier nerf cervical, tandis que de son angle latéral on voit sortir les filets radiculaires du nerf accessoire de Willis, XI.

La fissure médiane longitudinale antérieure est devenue moins profonde. Son fond est occupé par les faisceaux entrecroisés des pyramides.

Une coupe faite à quelques millimètres au-dessus de la précédente nous montre la partie supérieure de cette décussation, fig. 177. Les

Fig. 176.

Schéma montrant l'entrecroisement des pyramides à la partie inférieure de de la moelle allongée.

X : Fibres radiculaires, ns : Noyau sensitif terminal, et na : Noyau ambigii ou noyau moteur ventral du nerf fibi-gg de deUX pyramides du bulbe pneumo-gastri^ue.

pci : Pédoncule cérébelleux inférieur, s'y inclinent en bloc en dedans pour

^//: Fibres radiculaires du nerf h} goglosse. cVntrprrn^qpr au fond de la fissure

Pyramides antérieures de la moelle allongée. S Cntt ecrOlSCl aU lOnû QC la nSSUIC

f^l : Faisceau pyramidal du cordon latéral de la moelle médiane.

épinière. . ...

fpyr : Faisceau pyramidal du cordon antérieur. La SubstanCe gl'isC a SUbi aUSSl

une modification importante. Au milieu du faisceau de Goll apparaît ici une masse grise nouvelle. Elle a une forme triangulaire à base postérieure et se trouve reliée à la substance grise qui entoure le canal central ; elle forme le noyau du faisceau de Goll, nG. Au niveau du faisceau de Burdach, on voit de

même un petit cône gris triangulaire se soulever de la masse grise centrale : c'est la partie inférieure du noyau du faisceau de Burdach, uB. De chaque côté, nous retrouvons la corne postérieure recouverte par la substance gélatineuse de Rolando et séparée de la périphérie de la moelle allongée par la racine spinale du trijumeau, V. Cette racine est beaucoup plus volumineuse que sur les coupes précédentes. Dans la moitié antérieure de cette "coupe, on voit, de chaque côté des pyramides antérieures, la corne

FiG. 177.

Coupes correspondant au plan de section 3 de la fig. 174

cG : Faisceau de Goll.

tiG : Noyau du faisceau de Coll.

cB : Faisceau de Burdach.

nB : Noyau du faisceau de Burdach.

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