VO.C
Avec le ganglion géniculé, situé sur le trajet du facial dans le canal de
-yU Fallope, et avec la corde du tympan, branche du nerf facial, il constitue un nerf unique auquel on donne quelquefois le nom de treizième nerf cérébral, fig. aao.
Le ganglion géniculé doit être considéré comme un ganglion cérébrc-spinal ; le nerf de Wrisberg est donc exclusivement formé de fibres centripètes.
Dans ces conditions, il ne reste plus que deux alternatives : ou bien, nous devons considérer le nerf intermédiaire de Wrisberg
JH).C.<
comme un nerf distinct, nerf exclusivement sensitif ayant son noyau d'origine réelle dans le ganglion géniculé ; ou bien le nerf de Wrisberg est la partie sensitive du nerf facial. Dans cette dernière hypothèse, le nerf de la septième paire serait un nerf mixte comme le trijumeau, le glosso-pharyngien et le pneumogastrique. La partie sensitive du nerffacial aurait naturellement son noyau d'origine réelle dans le ganglion géniculé.
Dans l'une et l'autre de ces hypothèses, les fibres qui dépendent du ganglion géniculé doivent, à leur entrée dans le tronc cérébral, se comporter comme les fibres d'un nerf sensitif, c'est-à-dire qu'elles doivent se bifurquer en branches ascendantes et en branches descendantes. Nous avons vu que les branches ascendantes des nerfs sensitifs crâniens sont généralement très courtes et se terminent dans la substance grise voisine, tandis que les branches descendantes sont beaucoup plus longues. Elles constituent, en effet, pour la dixième et la neuvième paires, la racine descendante de ces deux nerfs.
Le nerf de Wrisberg se comporte d'une façon identique. Après interruption de ce nerf
en dedans du ganglion géniculé, on voit, en du faisceau solitaire et les rapports . , - . „ c„o,^,-.rlo;r-
, r\ , t pffpt snrvon r la déerénércscence secondaiie
réciproques des fibres appartenant cnci, buiM ini ui i.iv.5>-.ii
aux trois nerfs VII, IX et X. dans un petit faisceau de fibres nerveuses qui pénètre dans le tronc cérébral, accolé aux fibres du nerf vestibulaire. Près
Fig. «30.
Schéma montrant la constitution
de la partie la plus dorsale de la racine descendante du nerf trijumeau ces fibres se recourbent en bas, en constituant une véritable racine descendante pour le nerf de Wrisberg. Les fibres de cette racine descendante, plus ou moins mêlées avec les fibres de la racine descendante du nerf glosso-pharj'ngien et du nerf pneumo-gastrique, interviennent ainsi, pour une petite part, dans la constitution du faisceau solitaire, fig. aso. Le long de la face interne de ce long faisceau descendant on observe une colonne grise, le noyau du faisceau solitaire, qui est à la fois le noyau terminal pour les fibres sensitives périphériques des nerfs VII, IX-et X et le noyau d'origine pour les fibres centrales, corticales ou réflexes, en correspondance avec ces mêmes nerfs.
Quant aux prolongements externes des cellules du ganglion géniculé, ils 'constituent, en grande partie, le nerf grand pétreux superficiel, en même temps qu'ils entrent dans la constitution du nerf facial lui-même, pour passer, soit dans la corde du tympan, soit dans le nerf périphérique. La corde du tympan renferme donc des fibres sensitives. Ces fibres vont se terminer, avec le nerf lingual, dans les deux tiers antérieurs du dos de la langue ; ce sont des fibres gustatives.
Nerf oculo-moteur externe.
C'est la sixième paire des nerfs crâniens. Ce nerf provient du tronc cérébral, parcourt d'arrière en avant le sinus caverneux, entre dans la cavité orbitaire par la fente sphénoïdale et va innerver le muscle droit externe du globe oculaire.
Origine réelle. Le nerf de la sixième paire ne renferme que des fibres motrices. Celles-ci proviennent des cellules nerveuses radiculaires qui constituent un noyau gris situé profondément dans la protubérance annulaire, un peu en dessous du plancher du quatrième ventricule, au niveau de l'extrémité inférieure des éminences rondes, dans la concavité de l'anse nerveuse formée par les fibres radiculaires du nerf facial, fig. 33 1. Les prolongements cylindraxiles de ces cellules nerveuses se dirigent en bas et en avant, traversent toute l'épaisseur du tronc cérébral et sortent de ce tronc par le sillon horizontal qui sépare la protubérance annulaire de la moelle allongée.
Toutes les fibres radiculaires de ce nerf ne proviennent cependant pas de ce noyau dorsal ou principal ; un certain nombre de ces fibres ont leurs cellules d'origine dans une masse grise placée dans le voisinage du nerf facial, entre le noyau d'origine de ce nerf et le noyau dorsal que nous venons de décrire. '
Origine apparente. Le nerf oculo-moteur externe sort de l'axe cérébro-spinal dans le sillon horizontal qui sépare la protubérance annulaire du bulbe, immédiatement au-dessus de la pyramide antérieure.
Nerf trijumeau.
Le nerf trijumeau forme la cinquième paire des nerfs crâniens. Il provient
— ago —
de la face latérale de la protubérance annulaire, passe au-dessus de l'extrémité interne de la portion pierreuse du temporal et présente, sur la face supérieure de la grande aile du sphénoïde, un ganglion volumineux appelé ganglion de Casser ou ganglion semilunaire, d'où partent les trois branches terminales auxquelles ce nerf doit son nom. Ces branches vont porter la sensibilité à la peau de la face, à la muqueuse de la cavité buccale et des fosses nasales et à la peau d'une partie de la tête. Elles donnent aussi la motilité aux différents muscles de lajnastication et à quelques muscles de la région sus-hyoïdienne.
FiG. asi.
Noyau d'origine du nerf oculo-moteur externe.
Origine réelle. Le nerf trijumeau est un nerf mixte ; il a donc deux noyaux d'origine : un noyau central pour sa partie motrice et un noyau périphérique pour sa partie sensitive.
Les fibres motrices du nerf trijumeau proviennent de cellules nerveuses situées dans l'axe nei-veux où elles forment deux masses grises nettement distinctes ; une masse volumineuse située dans la protubérance annulaire : le noyau principal ou noyau masticateur, et une longue traînée de substance grise qui
s'étend depuis la partie supérieure de la protubérance annulaire jusque près de l'extrémité supérieure des tubercules quadrijumeaux : le noyau accessoire.
Le noyau principal est situé profondément dans la protubérance annulaire. Il est formé de cellules nerveuses volumineuses, dont les prolongements cylindraxiles deviennent les cylindre-axes des fibres motrices périphériques.
Le noyau accessoire de la partie motrice du nerf trijumeau est formé par une longue traînée de substance grise qui commence près du bord supérieur du mésencéphale et traverse, de haut en bas, le cerveau moyen, étant située sur la face" latérale de l'aqueduc de Sylvius. Les cellules constitutives de cette colonne grise, fig. «3», envoient leurs prolongements cylindraxiles en bas.
■cac cec.
FiG. «38.
Schéma montrant l'origine réelle des fibres constitutives du nerf trijumeau. Tous ces prolongements réunis forment un petit faisceau de fibres nerveuses, augmentant de volume de haut en bas, connu sous le nom de racine motrice, racine cérébrale, racine supérieure ou racine mésencéphalique du nerf trijumeau. Arrivées dans le voisinage du noyau masticateur, les fibres constitutives dé cette racine se recourbent en dehors et se joignent aux fibres radiculaires venues du noyau principal, pour constituer ensemble la racine motrice du nerf de la cinquième paire.
l^e noyau sensitif^stsiiué en dehors de l'axe cérébro-spinal. Il est représenté par le ganglion de Casser. Ce ganglion est constitué de cellules nerveuses unipolaires, identiques aux cellules des ganglions spinaux.
Le piolongement unique de chacune de ces cellules nerveuses se bifurque bientôt en une branche externe et une branche interne. La branche externe devient le cylindre-axe d'une fibre nerveuse sensitive périphérique. La branche interne devient le cylindre-axe d'une fibre de la racine sensitive- Arrivées dans la profondeur de la protubérance annulaire, toutes ces fibres sensitives se bifurquent en une branche ascendante et une branche descendante, fig. 23«.
Les branches ascendantes sont très courtes eltrès grêles ; elles se terminent, par des ramifications libres, entre les cellules constitutives de la masse grise voisine, qui représente la partie supérieure du noyau sensitif terminal du trijumeau.
Les branches descendantes sont beaucoup plus longues. Elles se réunissent en un faisceau très compact connu sous le nom de racine descendante ou mieux encore racine inférieure, racine biilbo -spinale, racine sensitive du nerf trijumeau. On peut poursuivre cette racine à travers la partie inférieure de la protubérance et toute l'étendue de la moelle allongée jusqu'au niveau du premier nerf cervical. Cette racine descendante recouvre toujours en dehors la substance gélatineuse de RoLANDO. Elle diminue de volume de haut en bas, parce qu'à chaque instant des fibres quittent ce faisceau pour se rendre dans la substance grise avoisinante. Pendant ce trajet descendant, toutes les fibres constitutives de cette racine abandonnent de nombreuses collatérales, qui se terminent dans la longue colonne de substance grise qui l'accompagne en dedans et que l'on désigne sous le nom de noyaii, de la racine spinale du trijumeau. Cette colonne grise représente à la fois le noyau terminal pour les fibres constitutives du nerf périphérique et le noyau d'origine pour les fibres de la voie sensitive centrale.
Dans cette racine descendante, les fibres en connexion avec le nerf maxillaire inférieur occupent la partie dorsale, celles en connexion avec le nerf ophtalmique occupent la partie ventrale, tandis que la région intermédiaire est essentiellement formée par les fibres sensitives en connexion avec le nerf maxillaire supérieur.
Origine apparente. Le nerf trijumeau sort de l'axe cérébro-spinal sur la partie latérale de la protubérance annulaire, au point où celle-ci se continue avec le pédoncule cérébelleux moyen, fig. aaa. Cette origine se fait par deux racines : l'une externe, très volumineuse, constitue la grosse racine ou racine sensitive ; V autre, mtevne, beaucoup plus grêle, s'appelle la racine ou racine motrice.
Trajet périphérique. A partir de leur origine apparente, les deux racines du nerf trijumeau se dirigent en avant et en dehors. Elles passent par un orifice ovalaire formé par la petite dépression que présente la partie interne du bord supérieur du rocher et par le bord correspondant de la tente du cervelet qui passe comme un pont au-dessus de cette dépression. Arrivé ainsi sur la face antérieure du rocher, le nerf trijumeau présente son ganglion volumineux, de forme semi-lunaire, appelé ganglion de Casser. Ce ganglion est situé
dans une loge fibreuse constituée par un dédoublement des deux feuillets constitutifs de la dure-mère et connue sous le nom de loge de Meckel. La face inférieure du ganglion, ou face sphénoidale, repose simplement sur la grande aile du sphénoïde, tandis que la face supérieure, ou face cérébrale, adhère intimement à la dure-mère voisine- Son bord interne, se continuant avec branche ophtalmique, est en connexion intime avec la paroi externe du sinus caverneux.
c.muin-
FiG. «33.
Face antérieure du tronc cérébral. Gr. nat.
c. mam. : Corps mammillaires.
«■«y. : Infundibulum.
cA. : Chiasma des nerfs optiques.
s. int. : Substance interpédonculaire.
band. : Bandelette optique.
p. c. ; Pédoncule cérébral.
c. gen. ext. : Corps genouillé externe. pr. : Protubérance annulaire.
pcm. : Pédoncule cérébelleux moyen.
lob. : Lobule du pneumo-gastrique.
cire. : Sillon circonlérentiel.
o. : Olive.
py. : Pyramides antérieure».