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CI : Racine antérieure du premier nerf cervical

/// d XI : Origine des dix dernières paires de nerfs crâniens.

La racine sensitive seule se continue avec le ganglion. De ce ganglion de Gasser partent les trois grandes branches terminales du trijumeau : i° le uerf ophtalmique de Willis, qui entre dans la cavité orbitaire par la fente sphénoïdale, 20 le nerf maxillaire supérieur, qui sort du crâne par le trou grand rond, et ^^\enerj maxillaire inférieur ou nerf mandihulairc,<ixx\ quitte la boîte crânienne par le trou ovale.

La racine motrice, d'abord située en dedans de la racine sensitive depuis le pont de Varole jusqu'au bord supérieur du rocher, passe ensuite en dessous de cette dernière, puis en dessous du ganglion de Gasser pour se jeter tout entière dans le nerf maxillaire inférieur.

Applications pratiques. Cette adhérence toute particulière du ganglion de Gasser à la face profonde de la dure-mère mérite d'être signalée. Elle explique pourquoi les traumatismes portés sur l'une ou l'autre branche périphérique, quelque violents qu'ils soient, n'intéressent jamais ni la racine sensitive, ni encore moins la substance nerveuse du pont de Varole. Dans les cas de névralgie rebelle intéressant une ou plusieurs branches on peut donc, sans danger aucun, recourir à l'arrachement brusque et violent sans devoir craindre des lésions centrales ; ce qui ne peut se faire pour aucun autre nerf périphérique, car lors de l'arrachement violent de tous les autres nerfs, la rupture se fait toujours soit à la surface immédiate de l'axe nerveux, soit dans l'axe nerveux lui-même.

Considérations générales.

Considérée dans son ensemble la protubérance annulaire est formée exclusivement de substance grise et de substance blanche. La substance grise renferme :

lo Les noyaux d'origine des nerfs moteurs qui dépendent du métencéphale : : le facial, l'oculo-moteur externe et le trijumeau.

2° Les noyaux de terminaison des nerfs sensibles : le nerf vestibulaire, le nerf cochléaire, le nerf de Wrisberg ou racine sensitive du facial et la grosse

racine du trijumeau.

Par ces masses grises le pont de Varole est véritablement un organe propre, autonome, indépendant des autres parties de l'axe nerveux, organe qui tient sous son influence : a) l'innervation motrice des muscles supei-ficiels de la face et du cou (nerf facial), des muscles de la mastication (nerf trijumeau) et du muscle droit externe de l'œil (nerf oculo-moteur externe);

b) l'innervation sensible de la face, de la muqueuse de la cavité buccale et des fosses nasales (nerf trijumeau); l'innervation gustative des deux tiers antérieurs du dos de la langue (nerf de Wrisberg); en même temps qu'il est le centre nerveux primaire où arrivent toutes les impressions de sensibilité recueillies par les fibres du nerf cochléaire et du nerf vestibulaire.

30 Certaines masses gi'ises échelonnées sur des voies nerveuses descendantes et ascendantes, tels les noyaux du pont situés snv \a voie cort\co-pontocérébelleuse, telle encore l'olive supérieure située le long du trajet de la voie acoustique bulbo-diencéphalique.

La substance blanche est formée :

10 Par lensemble des fibres nerveuses qui relient les masses grises du pont aux centres nerveux supéneurs et inférieurs : fibres descendantes cortico-

LEEDS ^ WEST RlDiNG MEDICO-CHIR'JRGICAL SOCiEÏ

protubéiantielles, fibres ascendantes formant la voie centrale du trijumeau et du nerf cochléaire, fibres ascendantes et descendantes appartenant aux connexions centrales du nerf vestibulaire.

2° Par l'ensemble des fibres nerveuses qui ne font que traverser le pont de Varole : fibres descendantes cortico-bulbaires et cortico-spinales, fibres rubro-spinales, fibres du faisceau longitudinal postérieur, fibres ascendantes médullo-thalamiques, spino cérébelleuses et bulbo-thalamiques.

Tous ces faisceaux de fibres nerveuses transforment le pont de Varole en un o>gane de passage destiné à relier le bulbe et la moelle épinière aux centres nerveux supérieurs.

Les coupes que nous avons étudiées montrent la position respective de ces masses grises et de tous ces faisceaux blancs.

Le pont de Varole comme organe propre.

Considéré comme organe propre, le pont de Varole est formé par des noyaux moteurs, ou noyaux d'origine des fibres centrifuges, et par des noyaux sensibles, ou noyaux de terminaison des fibres centripètes.

Noyaux moteurs. Les noyaux moteurs de la protubérance sont représentés par trois masses grises distinctes situées à une distance considérable l'une de l'autre : le noyau d'innervation de tous les muscles superficiels de la face, le noyau d'innervation des muscles de la mastication et le noyau d'innervation du muscle droit externe de l'œil.

Le noyau du facial se trouve dans la partie inférieure du pont de Varole. Il est souvent le siège, en même temps que les masses motrices du bulbe, d'un processus atrophique qui l'envahit cellule par cellule, donnant naissance à l'entité morbide connue sous le nom de paralysie labio-glosso-laryngée.

Le noyau du facial n'est pas une masse cellulaire compacte, mais il présente des subdivisions en colonnes cellulaires plus ou moins distinctes dont chacune représente le noyau d'innervation d'un groupe musculaire parfaitement déterminé. Examiné sur une coupe transversale, fig. ftZ4. et «35 on peut y distinguer trois colonnes ventrales (interne, moyenne et externe) et une colonne dorsale, P. Les recherches expérimentales ont établi que la colonne postérieure représente le noyau d'origine àn facial supérieur, c'est-à-dire l'ensemble des fibres nerveuses innervant le muscle frontal, le muscle sourcilier et le muscle orbiculaire des paupières, tandis que les trois colonnes ventrales donnent origine aux fibres du facial inférieur.

Applications pratiques. Ces faits anatomiques ont une grande importance au point de vue pratique. Les lésions anatomo-pathologiques qui retentissent sur le noyau d origine du facial respectent d'ordinaire la colonne cellulaire postéu ure. I s ensuit que les paralysies faciales dues à une lésion protubérantielle, 2J-ralys^es nuclea^res, sont des paralysies incomplètes, n'intéressant que le muscles innervés par le facial inférieur. C'est ce que l'on voit survenir, par

ejtemple, dans la paralj'sie labio-glosso-laryngée, contrairement à ce qui se passe dans les paralysies périphériques, qui sont des paralysies complètes intéressant les fibres du facial supérieur aussi bien que celles du facial inférieur.

Dans les paralysies nucléaires, le réflexe palpébral sera donc conservé, contrairement à ce qui se passe dans les paralysies périphériques où ce réflexe est aboli par suite de la paralysie du muscle orbiculaire des paupières.

Le noyau du nerf ociilo-mottur externe se trouve dans le voisinage du plancher du quatrième ventricule, contourné par les fibres radiculaires du nerf facial.

•• : li-.-*^. V'f V-;.' •

FiG. 334. FiG. «35.

Deux coupes passant par la partie moyenne du noyau du facial chez le lapin.

/ : Groupement cellulaire interne.

M: Groupement cellulaire moyen.

B : Groupement cellulaire externe.

P : Groupement postérieur.

Au sortir du tronc cérébral, ce nerf parcourt un certain trajet entre le pont de Varole et la gouttière basilaire avant de traverser la dure-mère.

Applications pratiques. Cette disposition anatomique explique la paralysie fréquente du nerf oculo-moteur externe dans les cas de tumeur ou d'abcès cérébelleux. Dans ces conditions, le cervelet tend à se développer dans le sens antéro-postérieur, comprimant ainsi soit directement le. noj^au d'origine du nerf, soit le plus souvent le nerf lui-même entre le pont de Varole et la gouttière basilaire. Si la compression du nerf est légère, elle entraînera de la simple parésie du muscle droit externe, se traduisant cliniquement par de la diplopie. Si la compression est plus forte la paralysie sera complète. Elle se traduira au-dehors par du strabisme convergent.

Lenoyatidu nerf trijumeau est situé dans les parties supérieure et latérale du pont du Varole. Il échappe d'ordinaire au processus anatomo-pathologique de la paralysie labio-glosso-laryngée. Sa lésion unilatérale entraîne

l'atrophie et la paralysie des muscles de la mastication. Au point de vue fonctionnel, cette paralysie peut passer inaperçue à cause de la persistance d'action des muscles du côté opposé.

Les masses grises motrices du bulbe sont encore les noyaux de terminaison des fibres descendantes cortico-métencéphaliques, fibres qui ont leurs cellules d'origine dans la zone motrice de l'hémisphère cérébral du côté opposé. Le centre cortical des muscles superficiels de la face est situé dans la partie inférieure de la circonvolution centrale antérieure. Il én est de même du centre cortical des muscles de la mastication. On ignore la localisation corticale précise du muscle droit externe. Les fibres cortico-métencéphaliques qui proviennent de ces cellules corticales forment partie de la voie pyramidale et descendent à travers la capsule interne et le pied du pédoncule cérébral. Arrivées près de la protubérance, elles quittent la voie pyramidale, s'entrecroisent dans le raphé et se terminent dans les masses motrices protubérantielles.

Applications ■pratiques. La lésion de ces fibres cortico-métencéphaliques, en un point quelconque de leur trajet descendant, se traduira donc au dehors par une paralysie dans les muscles du côté opposé de la face.

Cette paralysie respecte d'ordinaire les muscles innervés par le facial supérieur. Elle ressemble donc, cliniquement, à une paralysie nucléaire. Ce qui l'en distingue, c'est que i°) elle est généralement accompagnée de paralysie de la langue et même d'hémiplégie, 2°) elle respecte le neurone périphérique, par conséquent les muscles paralysés ne présentent ni atrophie, ni réaction de dégénérescence .

Noyaux sensibles. Les fibres centripètes renfermées dans le nerf de Wrisberg vont se terminer dans la partie supérieure de la colonne grise accompagnant le faisceau solitaire. Cette masse grise est donc le centre protubéràntiel où arrivent toutes les impressions de sensibilité gustaiive qui tombent sur la muqueuse qui recouvre les deux tiers antérieurs du dos de la langue. Elle doit être aussi le lieu d'origine des fibres métencéphalo-corticales amenant ces impressions jusque dans l'écorce cérébrale où elles vont devenir conscientes. Dans l'état actuel de la science on ignore le trajet parcouru par ces fibres ascendantes, de même qu'on ignore la région de l'écorce où elles doivent aboutir.

Les fibres centripètes renfermées dans le nerf acoustique sont ou des fibres vestibulaires, ou des fibres cochléaires.

Les fibres cochléaires se terminent dans le noyau accessoire et le tubercule latéral, deux masses grises situées sur la face antéro-externe du pédoncule cérébelleux inférieur. Ces noyaux de terminaison des fibres cochléaires périphériques sont en même temps les noyaux d'origine des fibres acoustiques centrales bulbo-diencéphaliques .

Parmi ces fibres, les unes s'inclinent en avant pour constituer le corps trapezotde, les autres s'inclinent en arrière et en dedans pour former les stries

— zgS —

médullaires ou stries acoustiques, fig. 2S0. Toutes ces fibres passent le raphé où elles s'entrecroisent avec celles du côté opposé pour se rendre jusqu'à l'olive supérieure contralatérale. Là elles deviennent ascendantes, traversent le pont

de Varole de bas en haut étant situées, dans la partie ventrale de la formation réticulaire, entre les fibres méduUo-thalamiques qui sont en dedans et les fibres du faisceau hétérogène qui sont en dehors.

La voie acoustique centrale est donc une voie formée exclusivement de fibres croisées.

Sur le trajet de ces fibres se trouvent échelonnées des masses grises :

olive supérieure, noyau

Fig. 3»6.

Schéma d'une coupe transversale du bulbe de lapin montrant les connexions bulbaires du nerf cochléaire.

R.C. : Racine cochléaire.

R. V. : Racine vestibulaire.

JV. V. : Noyau ventral.

TX. : Tubercule latéral.

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