‹ Les centres nerveux cérébro-spinauxChapitre 59 sur 90 · Couche limitante interne · texte numérisé non relu

Couche limitante interne

B. L'axe nerveux :

Couche optique et corps genouillé externe.

a. Cellules nerveuses envoyant leur prolongement cylindraxile dans la rétine.

b. Cellules nerveuses envoj'ant leur prolongement cylindraxile vers l'écorce cérébrale, c

sur la face inférieure du cerveau terminal, immédiatement au devant de l'infundibulum. A ce niveau, les deux nerfs optiques présentent un entrecroisement de leurs fibres constitutives appelé chiasma des nerfs optiques ; celm-ci repose dans la gouttière transversale que présente la face supérieure du corps de sphénoïde au niveau des deux trous optiques. Des angles postérieurs du chiasma partent les bandelettes optiques, fig. »09.

L'entrecroisement des fibres du nerf optique n'est pas complet. Arrivées près du chiasma, les fibres de chaque nerf se divisent en deux faisceaux : un faisceau interne et un faisceau externe. Le faisceau externe ne subit pas d'entrecroisement, il longe le bord externe du chiasma et se rend directement dans la partie externe de la bandelette optique du même côté. On l'appelle encore

le faisceau direct. Le faisceau interne s'entrecroise au contraire avec le faisceau correspondant de l'autre nerf optique pour se rendre dans la bandelette optique du côté opposé. On l'appelle encore le faisceau croisé, fig. ava.

Des recherches cliniques ont montré que les fibres qui, dans le chiasma, ne subissent pas d'entrecroisement, proviennent de la partie externe ou temporale de la rétine, tandis que les fibres qui s'entrecroisent dans le chiasma proviennent de la partie interne ou nasale de la rétine.

De ces deux faisceaux, l'interne est le plus volumineux ; il correspond environ aux deux tiers internes, tandis que le faisceau externe ne correspond qu'au tiers externe de cette membrane.

Du chiasma des nerfs optiques partent les deux bandelettes optiques. Chacune d'elles con-

tourne le pédoncule cérébral pour gchéma montrant la constitution du chiasma se rendre dans le cerveau inter- des nerfs optiques et des bandelettes optiques, médiaire et le cerveau moyen.

Chaque bandelette optique renferme trois espèces de fibres nerveuses :

1° Des fibres directes allant du tiers externe de la rétine dans la bandelette optique correspondante.

2° Des fibres croisées reliant les deux tiers internes de la rétine d'un côté aux masses grises du cerveau intermédiaire et du cerveau moyen du côté opposé.

3° Enfin des fibres commissurales. Ce sont des fibres nerveuses n'entrant pas dans la constitution des nerfs optiques, mais qui relient entre elles les masses grises postérieures des deux moitiés du cerveau moyen. Elles longent le bord interne de chaque bandelette optique et, arrivées au niveau du chiasma, passent dans la bandelette optique du côté opposé. Elles constituent ce qu'on appelle la commissure de Gudden.

Après avoir contourné le pédoncule cérébral correspondant, chacune des bandelettes optiques arrive à la limite du cerveau intermédiaire et du cerveau moyen et là se divise en deux racines : une racine interne et une racine externe, fig. »08. Les fibres de la racine interne représentent la continuation des fibres de la commissure de Gudden. Elles pénètrent dans le corps genouillé interne et s'étendent, par le bras inférieur des tubercules quadrijumeaux, jusque dans les éminences postérieures de ces tubercules. Ces fibres

ne sont pas en rapport avec la vision, puisqu'elles ne subissent pas de dégénérescence secondaire, même après l'ablation des deux yeux.

La racine externe est la plus importante. Elle est constituée par les fibres du faisceau direct, venant du tiers externe de la rétine du même côté, et par les fibres

du faisceau croisé, venant des deux tiers internes de la rétine de l'œil opposé.

Toutes ces fibres vont se terminer, par des ramifications libres, dans la masse grise du corps genouillé externe, de l'éminence antérieure des tubercules quadrij umeaux et de 1 a par tie postérieure de la couche optique. C'est là que, par leurs ramifications terminales, elles viennent se mettre en contact, soit avec les élémentsnerveux supérieurs, FiG. 373, qui envoient leurs prolongements cylindraxiles jusque dans l'écorce grise du cerveau terminal en constituant la voie optique diencéphalo -corticale ; soit avec les cellules nerveuses dont les axones descendent vers les centres nerveux inférieurs en prenant part à la constitution du faisceau tecto-bulbaire, établissant ainsi une véritable voie optique ré/lexe,

Toutes les fibres de la racine externe du nerf optique ne se terminent d'ailleurs pas dans ces masses grises du mésencéphale et du [diencéphale.

Nous avons déjà vu qu'un mince faisceau de fibres nerveuses se détache de la bandelette optique, dans le voisinage des tubercules quadrijumeaux, pour redescendre le long de la face externe du mésencéphale, croiser transversalement la face antérieure du pédoncule cérébral, sous le nom de faisceau pédonculaire transverse, et trouver sa terminaison dans une masse grise de la région de la calotte dont on ignore les connexions ultérieures.

Les fibres du nerf optique se terminent donc en partie dans les éminences antérieures des tubercules quadrijumeaux. C'est dans le voisinage immédiat

FiG. ava.

l. 0. : Lobe occipal.

t. q. : Tubercules quadrijumeaux antérieurs, c. g. e. : Corps genouillé externe.

c. 0. : Couche optique.

de ces éminences, au-devant de l'aqueduc de Sylvius, que se trouvent les cellules radiculaires du nerf oculo-moteur commun innervant, par certaines de ses fibres se terminant dans le ganglion ciliaire, le muscle constricteur de l'iris. Une impression lumineuse un peu vive tombant sur la rétine amène la contraction de ce muscle et par suite le rétrécissement de la pupille. L'ébranlement nerveux a donc dû se transmettre des fibres optiques au groupe de cellules nerveuses en rapport avec le muscle constricteur de l'iris .11 existe , dans le noyau des éminences

antérieures, des cellules volumineuses dont les prolongements cylindraxiles se dirigent en avant et en dedans, passent au-devant du noyau du nerf oculo-moteur

commun, s'entrecroisent dans le raphé, puis se recourbent en bas pour devenir fibres constitutives du faisceau longitudinal prédorsal ou faisceau tecto-bulbaire, FiG. »74. Ces fibres abandonnent des collatérales qui se ramifient entre les cellules radiculaires du nerf oculomoteur commun et, plus bas, entre les cellules radiculaires du nerf pathétique et du nerf oculo-moteur externe, établissant ainsi une connexion anatomique entre les fibres optiques et les cellules radiculaires de tous les nerfs moteurs des muscles de l'oeil.

Considérations générales.

Le diencéphale est une partie de l'axe nerveux complètement indépendante des fonctions Inotrices. Les masses grises qui le constituent, et dont les plus importantes sont les couches optiques et les corps genouillés internes et externes, sont exclusivement des masses sensibles intercalées sur le trajet de toutes les voies nerveuses ascendantes médullaires, bulbo-protubérantielles et diencéphaliques qu'elles interrompent avant leur arrivée jusque dans l'écorce cérébrale. 23

Km

Schéma montrant l'origine et le trajet des fibres de la voie optique réflexe.

Les Voies nerveuses servant à la transmission de la sensibilité générale, aussi bien de la sensibilité superficielle que de la sensibilité profonde, s'arrêtent dans la couche optique. C'est là que se terminent, en effet, les fibres de la voie médullo-thalamique ou voie de transmission de la sensibilité profonde, les fibres des pédoncules cérébelleux supérieurs appartenant à la voie de sensibilité superficielle et les fibres de la voie centrale du trijumeau, ou voie de sensibilité superficielle pour la face et pour les muqueuses oculaire, nasale et buccale.

Les voies cochléaires ou voies acoustiques trouvent leur centre diencéphalique dans le corps genouillé interne.

Les voies optiques s'arrêtent dans le corps genouillé externe et dans la parti*e postérieure de la couche optique connue sous le nom de pulvinar.

Les couches optiques sont donc pour les voies de sensibilité générale ce que les corps genouillés internes sont pour les voies acoustiques et ce que les corps genouillés externes sont pour les voies optiques. Ces trois masses grises sont les centres sous-corticaux d'où partent les neurones diencéphalo-corticaux allant se terminer : soit dans l'écorce grise de la circonvolution centrale postérieure (neurones thalamo-corticaux de la voie de sensibilité générale), soit dans l'écorce grise de la partie moyenne de la première circonvolution temporale (neurones métathalamo-corticaux de la voie acoustique), soit dans l'écorce grise voisine de la fissure calcarine (neurones métathalamo-corticaux de la voie optique).

Applications pratiques. Les lésions destructives de la couche optique doivent donc se traduire cliniquement par des troubles de la sensibilité dans la moitié opposée du corps. Cette hémianesthésie d'origine thalamique est souvent accompagnée d'hémiplégie, et cela à cause de la lésion concomitante des fibres du bras postérieur de la capsule interne qui sont essentiellement les fibres descendantes de la voie motrice centrale.

La lésion destructive d'un corps genouillé externe, si elle est exactement limitée à cette masse grise, doit produire de l'hémianopsie homonyme, absolument comme la mise hors de fonction de la bandelette optique correspondante ; avec cette différence que la lésion de la bandelette est accompagnée d'abolition du réflexe pupillaire à la lumière, tandis que ce réflexe persiste lorsque la lésion intéresse le corps genouillé externe ou les parties sus-jacentes des voies optiques, fig. a73.

La lésion d'un corps genouillé interne doit se traduire cliniquement par de la surdité absolue du côté opposé, absolument comme toute lésion destructive de la voie acoustique métathalamo-corticale. •

Les voies optiques extra-cérébrales, depuis le globe oculaire jusqu'aux masses grises diencéphaliques, sont de la plus haute importance au point de vue pratique.

Le nerf optique, qui s'étend depuis le globe oculaire jusqu'au niveau du chiasma optique, est exclusivement formé de fibres rétiniennes. Ces fibres conservent dans le nerf optique la même situation relative que leurs cellules d'origine dans la rétine, c'est-à-dire que les fibres centrales proviennent des cellules ganglionnaires qui avoisinent la macula, tandis que les fibres périphériques sont les prolongements cylindraxiles des cellules ganglionnaires des zones périphériques de la rétine.

Une mise hors de fonction des fibres centrales se traduira donc cliniquement par de la cécité dans les parties centrales de la rétine, des taches obscures dans les parties centrales du champ visuel appelées scotomes, tandis que la mise hors de fonction des fibres périphériques du nerf optique se manifestera par un rétrécissement concentrique du champ visuel.

Le nerf optique est libre dans la cavité orbitaire. Il occupe le centre du cône musculaire formé par les quatre muscles droits. Au fond de l'orbite il traverse le trou optique creusé dans la base de la petite aile du sphénoïde.

Sur toute l'étendue de son trajet extra-cranien, depuis l'orifice interne du trou optique jusqu'à la face postérieure de la sclérotique, il est entouré par une gaine conjonctive très épaisse qui n'est rien d'autre qu'un prolongement de la dure-mère et qui, au niveau du globe oculaire, va se continuer avec les couches superficielles de la sclérotique. Entre le nerf optique et la face profonde de sa gaine dure-mèrienne, il existe une mince lame conjonctive, dépendance de l'arachnoïde, et limitant avec la face externe du nerf optique un prolongement des espaces sous-arachnoïdiens occupés par le liquide encéphalo-rachidien.

La partie intracranienne du nerf optique, qui s'étend depuis le trou optique jusqu'au chiasma, est simplement entourée par un prolongement arachnoïdien.

Ces dispositions anatomiques expliquent pourquoi, dans les cas de tumeurs cérébrales comprimant directement les organes de la base, ou bien dans les cas de tumeurs cérébelleuses, de tumeurs du pont de Varole ou de la toile choroïdienne du quatrième ventricule, oblitérant ce dernier et amenant ainsi, dans les cavités ventriculaires du cerveau, une accumulation de liquide encéphalo-rachidien sécrété par les plexus choroïdiens, la tension de ce liquide dans la gaine du nerf optique puisse augmenter au point d'excercer un étranglement sur les fibres rétiniennes se traduisant cliniquement par la papillite de stase et par une diminution concentrique du champ visuel.

La bandelette optique est formée d'un faisceau externe de fibres directes, provenant de la moitié temporale de la rétine du côté correspondant, et d'un faisceau interne de fibres croisées, provenant de la moitié nasale de la rétine du côté opposé. La mise hors de fonction d'une bandelette, — soit par compression directe dans les cas de tumeur de la base, soit par compression indirecte dans les cas de tumeur de l'hémisphère — équivaut donc à la mise hors de fonction dds moitiés correspondantes des deux rétines. Cet état anatomique se traduira

cliniquement par une obiuibilation de la moitié opposée des deux champs visuels. C'est ce que l'on désigne sous le nom de hémianopsie homonyme, ou hémianopsie du même côté. Cette hémianopsie homonyme sera droite dans la lésion de la bandelette optique gauche produisant la mise hors de fonction de la mo\t\é gauche des deux rétines. Ce sera une hémianopsie homonyme gauche quand la lésion intéresse la bandelette optique droite.

Cette hémianopsie homonyme due à la lésion de la bandelette optique (hémianopsie basale) se distingue de l'hémianopsie homonyme due à la lésion de la voie optique diencéphalo-corticale (hémianopsie cérébrale) par l'abolition du réflexe pupillaire à la suite d'une impression lumineuse tombant sur la partie insensible des deux rétines.

Un fait digne de remarque c'est que, dans l'hémianopsie homonyme droite ou gauche, le point de fixation des deux rétines, c'est-à-dire la macula des deux yeux, reste sensible. Il en résulte que l'acuité visuelle reste normale au point que le plus souvent le malade ignore l'existence de cette hémianopsie.

Ce fait ne peut s'expliquer qu'en admettant pour les fibres maculaires un entrecroisement imcomplet, de telle sorte que chaque macula enverrait des fibres nerveuses dans les deux bandelettes optiques.

Le chiasma optique est essentiellement formé par l'entrecroisement des fibres nasales des deux rétines.

Ces fibres occupent la partie interne des deux nerfs optiques. Après entrecroisement dans le chiasma elles vont occuper la partie interne de chaque bandelette. L'angle antérieur et l'angle postérieur du chiasma sont donc formés par les fibres nasales ou fibres croisées, tandis que par l'angle latéral du chiasma passent les fibres directes ou fibres temporales.

Il résulté de là que les lésions du chiasma intéresseront de préférence les fibres croisées, mettant hors de fonction les parties nasales des deux rétines, ce qui se traduit au dehors par une hémianopsie bitemporale. C'est ce que l'on voit survenir le plus souvent dans le cas de tumeur de la région hypothalamique, principalement de l'hypophyse et des parties voisines, tumeur qui exercera une compression soit sur les fibres postérieures du chiasma, soit sur les fibres internes des deux bandelettes.

Une hémianopsie nasale unilatérale, par mise hors de. fonction de la moitié temporale d'une rétine, sera généralement la conséquence d'une lésion au niveau de l'angle latéral du chiasma. Ce fait explique l'excessive rareté des hémianopsies binasales qui ne peuvent être la conséquence que d'une lésion bilatérale intéressant de chaque côté les fibres les plus externes du chiasma.

§ 7. Le télencéphale.

Le cerveau terminal est la partie la plus volumineuse de l'axe cérébrospinal. Il est constitué par les deux hémisphères cérébaux réliés l'un à l'autre par le corps calleux, la commissure blanche antérieure, le psaltérium ou com-

missure des cornes d'Ammon et les organes médians de la partie antérieure de l'hypothalamus.

Le cerveau terminal, comme tous les segments constitutifs du névraxe,est formé d'une partie ventrale et d'une partie dorsale.

La partie ventrale du télencéphale forme la partie optique de l'hypothalamus ; elle comprend l'infundibulum 'avec l'hypophyse, le chiasma des nerfs optiques, le récessus optique et la lame terminale.

La partie dorsale du télencéphale a pris un développement considérable ; elle comprend le corps strié, le manteau ou pallmm et le rhinencéphale.

Le corps strié est formé par les diverses masses grises qui existent à la

Page 1