Troiibles de V accommodation et de Vonentaiion auditives
a. Troubles de V accommodation {éblouissement auditif).
L'exemple classique de trouble de Taccommodation auditive est V éblouissement auditif (improprement appelé hyperacousie) que Ton observe dans certains cas de paralysie du facial.
Roux, parlant à Tlnstitut d'une paralysie du facial dont il était lui-même atteint, signale un ébranlement douloureux de sa membrane du tympan par les sons un peu forts. Wolff observe un fait analogue et Landouzy père complète la question en 1850. Pour constater ce symptôme, il se servait d'un pistolet, d'abord avec une simple capsule, puis avec poudre, et le faisait détoner derrière le malade.
Ce n'est pas, comme le fait remarquer Dechambre, de l'hyperacousie vraie, une finesse plus grande de l'ouïe ; ce serait tout au plus de Thyperalgésie, un ébranlement douloureux de la membrane du tympan ; en réalité, dans ce cas c'est un éblouissement auditif (analogue à Téblouissement d'un sujet atteint de mydriase et de paralysie de Torbiculaire des paupières) dû à ce que la membrane du tympan ne peut plus se mettre au degré de tension voulu pour l'intensité du bruit à percevoir : c'est bien une paralysie de l'accommodation auditive (1).
(1) Voir aussi, sur ce sujol : Lannois, Lyon médical, 12 juin 1897
402 CHAPITRE ONQUIÈXE
Cvi Ry mplôme peut servir à localber le siège de la lésion (latiH la poralysic périphérique du facial (1). U napparaîl que quand la lésion siège au-dessus de Torigine di» pelil pélroux, c/esl-à- dire au-dessus du ganglion génicolé.
b. Troubles de Vorientation dans le champ auditif.
J'iMnprunie à Pierre Bonnier la description des procédés rlini(iuos pour analyser, chez un sujet, Télaldeson orienlalion auditive.
H Pour examiner Torienlation d'un côté, on fait fermer rompièlomenl l'oreille du côté opposé et les deux yeux; p\iiH Ton promène un corps sonore, montre ou diapason, dans le champ auditif de loreille examinée, en priant le Hujet d^indiquer du doigt la direction selon laquelle il tMUend le son. On constate ainsi, avec quelle exactitude, la Mo restant immobile, il oriente et, s'il commet des orronrM, dans quelle portion du champ auditif elles ont lieu. Il faut encore rechercher si ces erreurs sont les m^^mcft pour les sons faibles ou forts, aigus ou graves.
« Pour reconnaître ensuite si le sujet oriente bien ses deux champs auriculaires, on lui fait fermer les yeux et il doit indi(iuer la direction du son de Tun ou de lautre côté, h droite ou & gauche, de près ou de loin.
c Knfin Taudition binauriculaire ou stéréacoustique s'examine de la fac^on suivante.
<t Le sujet fermant les deux yeux et l'oreille droite par exemple, je lui fuis indiquer la direction d'un son placé dans le champ direct de Toreille gauche. Puis, le son restant au m^me point et Toreille droite laissée libre, le sujet doit indiquer de nouveau celle direction. Si les deux indications concordent, je recommence de Tautre côté et je m'assure ainsi de la bonne concordance des opérations binauriculaires.
et nos^KNBACii, Ceniralblatt fiïr Servenheilkundf, 1887, p* 12 (Citai. Picot).
(1) Voir notre Trailé (avec Rauzier) 4* édil., t. li, p. 444.
« Il est également pratique de faire examiner au sujet dont les deux yeux sont fermés, mais dont les deux oreilles sont libres, deux sources sonores différentes, comme un diapason et une montre ou une montre et le bruit que font deux ongles en se séparant après avoir été pressés. Il doit reconnaître les positions respectives des deux sources sonores et les variations que je fais subir à ces positions.
« Ces recherches sont faciles et donnent des notions que Ton précise en les répétant à plusieurs reprises. On constate ainsi que beaucoup de personnes orientent mal d'une oreille et souvent des deux (1). >
On a môme décrit une allochirie auditive (localisation à droite d'un son perçu à gauche ou réciproquement). Mais c'est très rare.