Mesure de Vacuité gustative
Si nous avons vu les auristes se plaignant de Tabsonce d'unité de mesure universellement adoptée pour apprécier la sensibilité auditive et obligés de prendi^e leur propre puissance auditive comme étalon, à plus forte raison encore sommes-nous obligés de regretter Tabsence de cette mesure pour Tappréciation de la sensibilité gustative.
Comme le remarque très bien Marchand, chaque physiologiste a une méthode à lui. L'un emploie des poudres, Tautre des solutions ; on dépose ces substances avec le doigt, avec un pinceau, avec une éponge ou avec des tubes.
D'où des résultats qu'il est impossible de comparer entre eux et la difficulté de conseiller une méthode clinique.
Toulouse et Vaschide (2) ont essayé de codifier cette recherche et ont proposé une méthode qui, si elle était acceptée par tous les physiologistes et tous les cliniciens, permettrait d'arriver à des conclusions comparables entre elles.
(1) Voir, pour tout ce paragraphe, MAm:iiAXD, lococH.^ p. 155, tout le chapitre IX.
(2) ToLLOiSE et \'aï5cuide, Académie den Sciences^ 19 mars 1900. — Voir aussi Touloise, Va-schide et Pieron, loco cit., p. 77.
Dans leur geusicslhësimètrey ces expérimentateurs emploient le chlorure de sodium pour les saveurs salées, la saccharose pour les saveurs sucrées, le dibromhydrate de quinine pour les saveurs amères elTacide citrique pour les saveurs acides. Ils emploient des solutions graduellement plus concentrées et, avec un compte-gouttes identique, ils déposent une goutte d'un cinquantième de centimètre cube sur la langue et disent au sujet de rentrer sa langue immédiatement et de Tappuyer contre le palais en faisant des mouvements pour bien sentir le goût du liquide.
La solution doit être à la température, préalablement prise, de la bouche. L'expérience doit être faite en dehors de la vue du sujet dont le nez est bouché.
On détermine ainsi, pour chaque saveur : ]<> le minimum de concentration nécessaire pour que le sujet éprouve une sensation gustative ; 2^ le minimum de concentration nécessaire pour que le sujet reconnaisse une sensation gustative.
Pour la reconnaissance des sensations, on peut ensuite compliquer le corps sapide et étudier les saveurs-odeurs que donnent des corps comme Teau de fleur d'oranger, Teau de laurier cerise, le rhum, l'huile, etc. On détermine ainsi la stéréognosie gustative.
Ces divers procédés sont applicables tels quels à la clinique quand on explore le goût, dans son ensemble, chez un malade. Si on veut comparer, au point de vue du goût, un côté de la langue à l'autre, on peut encore les employer, mais en recommandant au sujet de bien noter la sensation éprouvée avant de rentrer sa langue dans l'intérieur de la bouche.
2. Mesure des temps de réaction pour les sensalions gustatives (1).
Divers auteurs (Wittich et Grunuagen, von Vintschgau et HoNiosciiMiED, Heai Nis, Cil. Henry) ont étudié expéri-
0) Voir Marchand, loco cit., p. 16S.
mentalement cette question, que je me contente d'indiquer, parce qu'il n'y a pas là encore un procédé pratique d'exploration gustative pour le clinicien (saui peut-être dans le cas du paragraphe suivant).