‹ Les centres nerveuxChapitre 125 sur 208 · VERS · texte numérisé non relu

VERS

Ces faits sont loin d'avoir tous une môme valeur. Pour résoudre le délicat problème de siège qui est en question, il faudrait non seulement une autopsie, mais une autopsie très soignée, établissant la non existence de dégénérescence périphérique secondaire du lingual.

De plus, il faudrait que cliniquement chacune de ces observations ait été. suivie pendant un temps long. Ainsi Krause, que nous avons vu être partisan du retentissement positif des lésions du trijumeau sur le goût, revoit un malade, deux ans après la section du trijumeau '(près du ganglion de Gasser) et ne constate aucune différence de perception gustative des deux côtés de la langue.

C'est le premier à citer des faits négatifs, c'est-à-dire des faits dans lesquels la lésion du trijumeau n'a entraîné aucun trouble gustatif.

En tête de ce groupe, il faut placer le fait'de Lussana (3) : conservation du goût et anesthésie complète de la langue par ramollissement du ganglion de Gasser. Le même auteur cite des observations semblables de Guenther, Noble,

ArNISON, BuRROWS, VoGT, BÉRARD, RomBERG, ViZlOLI, Al-

TUAus. On peut y ajouter celle de Nixon (4) et enfin les faits de Ci siiing (5).

Ce dernier auteur conclut de l'observation minutieuse de 13 malades chez lesquels il avait fait Textirpation du ganglion de Gasser (pour névralgie du trijumeau) qu'après ablation de ce ganglion la perception du goût n'est pas modifiée au niveau de la partie postérieure de la langue;

(1) Krause, Deutsche medicinische Wochenschrifiy 1893, p. 341 et Munch. medicinische Wochenschrift, 181)5, citât. Marchand, p. 244.

(2) GowERS, The Journal of Physiology, vol. III, p. 230, 1897.

(3)' Lussana, travaux échelonnés de 1862 à 1872 cités par Marchand, p. 211 et 224.

(4) XixoN, Revue des Sciences médicales, t. IX, p. 604.

(5) CusHiNG, Johns Hopkins Hospilal BuHetin^ 1903 [Revue neurologique, 1903. p. 923).

elle l'esl incomplètement et d'une fai^on passagère au niveau des deux tiers antérieurs (quelques jours seulement après Topération).

c. Facial.

En 1869, LussANA examine un homme autrefois opéré dans Toreille par un charlatan qui lui avait coupé la corde du tympan : il avait perdu le goût dans les deux tiers antérieurs de la langue. De môme, Donnel (1) a vu chez un sujet Tabolition du goût par paralysie du facial avec conservation de la sensibilité générale.

Dans le môme ordre d'idées, Marchand (2) cite des observations de Gala (1846) (paralysie du facial avec perle complète du goût), de Bellingeri, Caldani, Neumann, Stich, MoRGANTi, Cusco.-.etplus récemment de Decroly (3)et de Vaschide et MarciiaiNd (4). Dans la paralysie du facial, les troubles du goût peuvent se maaifester par des goûts plus ou moins bizarres, sortes d'hallucinations gustativeSi comme en témoignent le fait de BAzms et les observations de Trousseau.

Ces symptômes du côté du goût peuvent servir à diagnostiquer le siège de Taltération dans la paralysie du facial. Car ces troubles apparaissent dans la paralysie du facial quand la lésion est placée assez haut au-dessus de Torigine de la corde du tympan ; ils deviennent ensuite beaucoup plus rares et disparaissent quand la lésion siège plus haut du côté des centres (5).

Erb mentionne les troubles du goût dans la séméiologie de la paralysie du facial quand la lésion siège au-dessus

{1} Donnel, Revue des sciences médicales, t. VII, p. 166.

(2) Marchand, loro cit., p. 210 à 216, 255 à 311. .

(3) Decroly, Société belge de Neurologie, 28 juillet 1900, Journal de Neurologie, 1000. p. 132.

(4) Vaschide et Marcilvnd, Société de Biologie^ 20 juin 1001.

(5) Voir noire Traité (avec Rauzier), 4« édition^ t. II, p. 438 et 443.

de Tendroît où se détache la corjde du tympan et au-dessous du ganglion géniculé (fig. 57, p. 486).

2. Lésions basilaires : hase de Veyicéphale, bulhe, protubérance, capsule interne.

J'ai publié (1) (1878) un cas de paralysie labioglossolaryngée dans lequel le goût était aboli, tandis que la sensibilité tactile de la langue était conservée. Le cas de Stei- NER (2) paraît se rapporter aussi à une lésion bulbaire. On peut rapprocher de ces faits les troubles du goût observés et étudiés dans le tabès, notamment par Pierre Marie (3), et par Klippel (4). Ce dernier auteur cite des observations de TopiNARD [(5) de Joffroy et Hanot (6), de Pierret, de Magnan, de Falret, de Raymond, de Erben ; et note que ces troubles gustatifs « s'associent toujours, lorsqu'ils sont très marqués, à d'autres troubles d'origine bulbaire ».

Angelo Cipollina (7) diagnostique une hémorrhagie de la protubérance chez un malade qui avait perdu le goût dans une moitié de la langue. « Dans la syringomyélie bulbospinale, le goût est presque toujours aboli ». Schts- CHERBAK a produit la perte du goût « par l'annihilation des libres les plus postérieures de la couronne rayonnante » (8). La perte du goût fait, dans beaucoup de cas, partie de la symptomatologie des hémianesthésies capsulothalamiques.

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