Lésions centrales
Le fait de Peltier (9) peut servir de transition entre le
(1) Montpellier mé«//ca/, juin 1878.
(2) Steiner, cil. Maiicuand, p. 232.
(3) Pierre Marie, Leçons sur les maladies de la moelle, 1892, p. 210. (À) Klippel, Archives de Neurologie, 1897, t. Ill, p. 257.
(5) TopiNARD, Traité de Valaxie locomotrice, 1864.
(6) Joffroy et Hanot, Congrès d\Alger, 1881.
(7) Angelo Cipollina, Gazetta degli ospedali e dette ctiniche^ 1902, p. 115 (Revue neurologique, 1903, p. 266).
(8) Marchand, loco cil., p. 308.
(9) Peltjer, Mouvement médical, 1872, citât. Marchand, p. 198,
groupe précédent de faits et celui-ci : son sujet avait fait une chute dans un escalier, d'où fracture de la voûte dû crâne s'irradiant vers la base (1). Un malade de Fërrier avait fait une chute sur le sommet de la tête ; de même, un malade de Ogle.
Chez une malade de Glynn (toujours avec abolition du goût) on trouve un abcès circonscrit de deux pouces de long comprenant la partie antérieure de la 1'^ temporosphénoïdale et s'étendant en dehors etenbas versla base du cerveau. Un sujet de van Gehuchten (2) éprouvait au début de ses attaques épileptiformes un mauvais goût dans la bouche et une odeur de parfum : tumeur occupant toute répaisseur du noyau lenticulaire gauche, Tavant-mùr et une grande partie des circonvolutions de Tinsula ; la plus grande partie du lobe sphénoïdal était détruite.
Voici maintenantdes faits négatifs, dans lesquels le goût était conservé malgré la localisation de la lésion dans la circonvolution de l'hippocampe ou la corne d'AMMON,
Beciiterew (3) : aucune altération du goût ; destruction complète des deux cornes d'AMMON et des portions avoisinanles du lobe temporal. Bouchaud (4) : conservation du goût ; destruction du pôle sphénoïdal et de la région de rhippocampe dans les deux hémisphères. Bartels(5) : myxosarcome du lobe temporal gauche ayant débuté par la corne d'AMMOX ; non abolilion du goût (ft).
(1) NoTiiNAGEL, cilé aussi par Mahcuand, admet que ces troubles se rencontrent le plus souvent dans les processus de la base du crAne et très rarement dons les affections intracérébrales.
(2) FEimiER, OoLE, Glynn, van Gehixiiten, citât. Marchand, loco cit., p. 191. 199.
(3) Bechterew, Les Voies de conduction,., citées p. 684.
(1) Boucha CD, Société de Neurologie, 6 février 1902, Revue neurotofjique, 1902, p. 119.
(5) Bartels, Archiu fur Psychiatrie und Servenkrankheiten, 1902, p. 326 [Revue neurologique, 1903, p 212j.
(6) Dans le cas de Bischoff {Jahrbiïcher fur Psychiatrie und Seuroloyte, p. 229, Revue neuroloyique, 1903, p. 927), il y avait ramollissement isolé de la circonvolution de l'hippocampe et de ses alen-
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Il est évident^ d'après ces faits cliniques, que la question du centre cortical du goût n'est pas encore définitivement résolue. Je ferai cependant remarquer que les faits négatifs, quelque bien observés qu'ils puissent être, n'ont pas la même valeur que les faits positifs, parce qu'on n'est jamais sûr d'abord qu'il n'a pas persisté quelque parcelle du centre qui parait détruit, et ensuite qu'une suppléance ne s'est pas établie par les parties voisines, spécialement dans les lésions à marche lentement progressive.
En terminant (sans que ces faits puissentservir à la loca* lisation) je citerai les troubles du goût observés (1) dans la paralysie générale (A. Voisin, Hermann, de Martines), Vépilepsie (Féré, Hermann, Agostino), l'idiotie (Brissaud, J. Voisin) et diverses formes de dégénérescence (di Mattei), d'aliénation mentale (Mangazzini), d'anomalie de développement (d'ABUNDo)... chez les criminels (Norwood East, Epaulard), les hystériques (Liciitwitz, Pitres)...
Symptômes réflexes on éloignés dans les maladies de l'appareil nerveux du goût.
J'indique ce paragraphe sans qu'il me paraisse nécessaire d'insister.
« Brown Sequard, à diverses reprises, a montré que l'excitation des nerfs du goût produit la sécrétion des sucs gastrique, pancréatique, biliaire et intestinal par action réflexe. Remak a observé un tabétique qui présentait de
tours immédiats, maisjenaipas trouvé mentionné Tétat du goût dans Tanalyse, que je connais seule, de ce travail.
(1) Voir, pour ce paragraphe, Marchand, loco cil,, p. 292 à 300. Voir aussi Matiiias Duval, article Goût Nouveau Diclionnaire de Médecine et de Chirurgie pratiques, p. 546.
Téphidrose réflexe sous l'influence d'une excitation des papilles gustatives (1). »
Et MoRAT (2) : la gustation entraine, par action réflexe, desmodifîcations vasomotriceset sécrétoires, dont l'appareil nerveux est contenu dans le grand sympathique et dans ses dépendances bulbaires, a L'impression sensorielle suscite, par action réflexe, le phénomène de vascularisation et de sécrétion, en vertu d'un cycle d'adaptation, pareil à celui existant dans tous les autres organes des sens... La sécrétion la plus directement liée à l'acte gustatif paraît être celle de la sousmaxillaire et de la sublinguale. »
C'est donc du côté de cette sécrétion salivaire qu'on observera le plus de retentissement réflexe dans la pathologie gustative. On comprend, par tout ce que nous avons dit dans les chapitres précédents, l'importance qu'aura la persistance ou l'abolition de ces réflexes pour le diagnostic en hauteur du siège de la lésion dans un cas d'ageusie.