Modes d'exploration et de constatation
L'inspection suffit à faire constater les changements de coloration de la peau (hyperémie, anémie, cyanose, asphyxie et syncope locales, doigt mort, gangrène). Le toucher avec la main et les thermomètres à température locale font constater l'hyper ou l'hypothermie.
La raie méningitique (Trousseau) se détermine en rayant la peau avec l'ongle : la ligne blanche étroite, bientôt entourée d'une large zone rouge persistante, est un signe de paralysie vasomotrice, qui s'observe dans la méningite, mais qu'on peut observer aussi dans d'autres états infectieux fébriles, la fièvre typhoïde (Bouchard) par exemple (1). On peut en rapprocher le dermographisme que Ton détermine avec une pointe mousse (crayon).
Laignel Lavastine (2) et Hallion ont étudié la rapidité dé disparition de la tache blanche qu'on détermine par une
(1) Voir aussi Gigaud Lafont, Séméiologie de la raie méningUique chez l'enfant, thèse de Paris, 1901, n*» 441.
(2) Laignel Lavastine, Congrès de Grenoble,/?€(;uc neurologique^ 1902, p. 814.
compression légère de la peau (par exemple en appuyant le pouce pendant trois secondes sur la peau de la face dorsale du premier espace interosseux de la main). Le temps que met cette tache blanche à disparaître varie avec Tactivité de la circulation locale.
Le pouls capillaire (1) s'observe directement ou avec un plelhysmographe.
A Tœil nu, on observe une augmentation de coloration intermittente, suivant de très près la systole cardiaque. Dans rinsuffisance aortique on le constate à la région sousunguéale « quand on a soin d'élever un peu la main du malade et de comprimer avec un doigt l'extrémité de Fongle de façon à faire apparaître une petite zone blanche qui rend plus facilement appréciables les variations de nuance de la zone colorée voisine » ou sur une zone érythémaleuse spontanément ou par frottement. Avec le pléthysmographe (François Franck, Mosso, Hallïon et Comte) on enregistre les variations de volume de la main par exemple communiquées par une masse d'eau à un manomètre ou par une ampoule de caoutchouc à un tambour de Marey.
On obtient ainsi de véritables tracés du pouls capillaire, sur lesquels on peut étudier les réflexes vasomoteurs (frayeur subite, bruit intense, piqûre, contact froid ou très chaud, etc.). On a appliqué cette méthode à Texamen des ancsthésiques (ïIallion et Comte), des hémiplégiques (Laignel Lavastine), des paralytiques généraux (Klippel).
Ces divers procédés d'exploration sont complétés par Texamen méthodique du cœur (inspection, palpation, percussion, auscultation) et des vaisseaux (pouls, sphygmographe, sphygmomanomètrc). . -